
Périscope #50
Depuis quelques jours, le Yéti est morose. Les débuts d’année lui font souvent cet effet, la faute à une actualité musicale plutôt pauvre et guère emballante. Et puis, il a lu ce petit bout d’article sur ce projet musical baptisé
Jonny. A la barre, Norman Blake des
Teenage Fanclub et Euro Child des fabuleux
Gorky’s Zygotic Mynci. En attendant l’album, le groupe a eu la délicatesse de mettre en téléchargement libre un petit ep (
disponible ici) qui a permis au Yéti d’écouter quelques chouettes salves pop, bien foutues mais pas inoubliables non plus.
Pourtant sur le papier,
Teenage Fanclub +
Gorky’s Zygotic Mynci, ça avait de la gueule. Mais en musique, 1+1 est il toujours égal à 1 ? Quelles furent les collaborations les plus marquantes de ces dernières années ? Ciccio et Fantasio ont-ils écouté
Jonny et aimé cet ep ? Le Yéti va-t-il reprendre du gratin dauphinois ce midi ?

Me Me Me, un supergroupe qui a marqué l'histoire de la musique...
Ciccio comprend à présent pourquoi Fantasio est parfois paternaliste avec le Yéti. C’est la naïveté incurable de ce dernier qui génère chez ses amis, outre une tendresse et une affection infinies, cette posture inattendue puisque ses deux comparses sont infiniment plus jeunes que lui (près d’une trentaine d’années de moins, en moyenne). En effet, en creusant sa mémoire et remontant ainsi au tout premier « supergroupe » dont il a assisté à la naissance (
Me Me Me, formé par Alex James – bassiste de
Blur – Justin Welch – batteur d’
Elastica – et Stephen Duffy – de
Lilac Time), Ciccio n’a pas souvenir d’un projet de supergroupe qui d’une ne l’avait pas surexcité au départ, et de deux ne l’avait pas déçu à l’arrivée.
Et d’ailleurs, Ciccio n’y trouve rien de surprenant, pourquoi est-ce que deux ou plusieurs personnes, habituées à composer soit seule(s), soit avec d’autres artistes, arriveraient soudainement à adapter leur songwriting à d’autres artistes, fussent-ils excellents ? Ce qui est amusant, c’est que l’inverse est également vrai : combien de « couples » d’auteurs compositeurs ont vu la qualité de leur production s’effondrer quand ils se sont retrouvés seuls, après la dislocation du groupe dans lequel ils officiaient ?
Tous les artistes qui osent aborder le thème de l’écriture musicale dans leur autobiographie évoquent son côté magique et son équilibre fugace. Parfois ça vient tout seul, parfois il faut lutter et lutter…
Sèche tes larmes, vieux Yéti, et retourne écouter
Grand Prix, le chef d’œuvre indémodable de
Teenage Fanclub.

Quelqu'un a des nouvelles de Loose Fur ?
A propos des super groupes, Fantasio a deux exemples très différents en tête. Le premier c’est
Loose Fur, la collaboration d’une partie de
Wilco et de
Jim o’Rourke pour deux albums plutôt réussis. Si Fantasio ne se fait jamais trop d’illusions sur ce genre de
side projects, et si
Loose Fur bénéficie probablement de l’aura des immenses disques de
Wilco, il y a quelque chose de magique à retrouver les qualités d’un musicien comme Jeff Tweedy. L’indulgence est d’autant plus grande que ces disques sont souvent vite enregistrés et vite sortis, sans susciter une attente folle.
Le deuxième exemple, c’est les
Raconteurs, qui voit Jack White bricoler deux albums avec
Brendan Benson. Avec eux, Fantasio s’est parfois demandé si la faiblesse du projet était un simple accident artistique ou le révélateur de l’absence de talent de Jack White, derrière les quelques coups d’éclats des
White Stripes. Mais, le reste du temps, il est plutôt admiratif de ces personnalités qui n’hésitent pas à casser la routine du groupe qui sort un album tous les 3 ans.

Alors, quel destin pour Jonny ?
Finalement le Yéti partage assez l’avis de Ciccio. Pour reprendre l’équation du début, en musique 1+1, ca fait souvent 0, mais rarement 1 (un groupe uni ou soudé).
Tout comme son compère barbu, le Yéti se souvient avoir toujours été déçu par des collaborations qui pourtant s’annonçaient prometteuses sur le papier.
Si on reprend le cas de
Jonny, ce premier EP est pourtant fort honorable :
Beach Party est porté par une jolie mélodie primesautière et
Michelangelo est une vraie réussite de songwriting. Mais bon, en même temps il faut se farcir
Continental dont le début est un décalque flagrant de
Stoked des
Beach Boys avant de virer comme du sous
96-Tears.
Le problème est toujours le même : le Yéti attendait monts et merveilles de deux icônes et le résultat est malheureusement juste plaisant.
Le Yéti va donc suivre le conseil de Ciccio et se remettre un coup de, non pas
Grand Prix, mais
Bandwagonesque, tout en se resservant de gratin dauphinois !