Le Sous-Marin Jaune sèche la rentrée des classes

4 octobre 2010

 

Périscope #32

Périscope #32

Chaque année, c’est la même rengaine: après les vacances estivales, on nous promet une rentrée musicale (mais aussi littéraire) chargée et passionnante. Comme si nous arrêtions d’écouter des disques intéressants au mois d’août et surtout comme si nos labels préférés s’arrêtaient de travailler l’été et qu’aucun disque ne sortait alors qu’on se dore la pilule au soleil.
Tout cela consterne le Yéti qui naturellement voit bien l’argument marketing de nous vendre une rentrée musicale excitante, mais n’est pas dupe. Du coup, en réaction aux diktats du consumérisme effréné, le Yéti demande à Ciccio et Fantasio de défendre non pas un coup de cœur de la rentrée, mais un coup de cœur de cet été qui perdure et ne mérite pas de tomber aux oubliettes.
AHAH !! Le Yéti se sent comme Don Quichotte soudainement ! Mais qui de Ciccio ou de Fantasio acceptera de faire Sancho Panza ?

 

 

Julian Berntzen - Rocket Ship Love

Julian Berntzen - Rocket Ship Love

Quand il entend l’appel guttural du Yéti, Fantasio ne voit qu’une seule issue à la conversation: dire deux mots du dernier album du norvégien Julian Berntzen, intitulé Rocket Ship Love. Ce n’est peut-être pas le meilleur album de son auteur, comparse surdoué du non moins surdoué Sondre Lerche, mais c’est le moment où jamais. Si Fantasio ne s’en charge pas, qui parlera jamais de cet artiste méconnu dont les albums sont distribués au compte-gouttes ? Ceux qui, comme Fantasio, aime la musique pop sensible dans la lignée de Paul McCartney, des Zombies ou de XTC, ne peuvent pas passer à côté de Julian Bertzen et de titres comme Julias Jewelry. Pour preuve, même Ciccio, l’homme qui n’écoute habituellement rien d’autre que des groupes barbus et/ou acceptant l’étiquette folk, a apprécié jadis ces pop-songs improbables. Espérons en tout cas que le disque du norvégien sortira le Yéti de son addiction pour les groupes infréquentables aux noms de scène inavouables (VIOL, au hasard).

 

Ray LaMontagne - God Willin' & the Creek don't Rise

Ray LaMontagne - God Willin' & the Creek don't Rise


Avant de répondre au Yéti, Ciccio a envie de répondre à Fantasio : effectivement, personne d’autre que lui ne parlera jamais de Julian Berntzen si Fantasio lui-même n’en parle pas à ses comparses ! Le Yéti, malgré ses nombreux défauts, a au moins une qualité : il est partageur et volubile. Alors, certes, cela oblige ses deux compagnons à régulièrement entendre des morceaux de discours à limite du cohérent, et parfois à la limite du soutenable, comme l’extrait suivant, entendu récemment dans la cale inférieure tribord du Sous-Marin Jaune : « Hé les mecs, j’adore le dernier VIOL ! ». Mais, au bout du compte, c’est probablement pour le meilleur.
A part ça, RAS chez Ciccio, qui écoute Ray LaMontagne en boucle depuis plus d’un mois, et qui ne voit pas pourquoi il devrait parler d’autre chose. A ce propos, il lance un défi au Yéti, lui donnant rendez-vous sur le pont jeudi prochain pour un duel à mains nues.

 

Hey Hey My My - A Sudden Change Of Mood

Hey Hey My My - A Sudden Change Of Mood

 

Ohoh ! Mais le Yéti accepte avec empressement ce duel concernant Ray. En attendant, le Yéti va réécouter son disque chéri du moment. Pas le nouvel album de VIOL, même si effectivement il pourrait en remettre une louche, mais plutôt le dernier Hey Hey My My, A Sudden Change of Mood. Ce brillant groupe français a composé de très belles chansons pop auparavant, mais sur ce nouvel album, sorti cet été justement, le groupe a sorti les guitares électriques et a su mélanger habilement des chœurs sucrés avec une power-pop énergique, parfois même psyché. Et chose incroyable, le Yéti n’arrive toujours pas à s’en lasser tant le disque se révèle prenant et bien foutu. Vivement recommandé, comme dirait Nick Kent.

 

 

 

Le Sous-Marin Jaune a un joujou extra qui fait crac boum hue

27 septembre 2010

 

Périscope #31

Périscope #31

Ce matin, le Yéti écoute un nouveau titre de Tom Poisson, Trapéziste.
Malgré le texte pas terrible, c’est bien chanté et bien arrangé. Mais le Yéti n’est pas plus emballé que ça. Et puis soudain Tom se met à siffloter. Un peu comme chez Ennio Morricone. Et là, le Yéti dresse l’oreille, est plus attentif, tape du pied.
Fichtre ! Alors que la chanson s’étirait doucement, ce sifflement soudain la rendrait plus intéressante, plus percutante ? Mais pourquoi ? Ce genre de gimmick, tout comme les hand clapping ou une sonnette de vélo, c’est assez artificiel, cela relève du gadget en musique, non ? Et pourtant, le Yéti adore ça les gimmicks, les petits trucs qui rendent une chanson sexy et entêtante. Est-ce grave ? Ciccio et Fantasio partagent ils cette fascination pour les gimmicks ?

 

 

PBJ - Young Folks

PBJ - Young Folks

Pour le Yéti, le plus bel exemple de gimmick réussi reste sur le Young Folks de Peter Bjorn and John : vous virez les sifflotements du début et le morceau perd 50% de son intérêt et de son coté addictif. Car avec ce gimmick là, vous avez envie, vous aussi, de siffloter avec le trio suédois. On est clairement dans le but premier de la pop music : pouvoir chanter la mélodie écoutée, l’avoir dans la tête toute la journée.
Mais le Yéti aime aussi un autre gimmick dont la fonction est plus obscure : les cloches. Prenez Hurricane of Kisses, l’un des joyaux de Welfare Heart de VIOL. Bing, en plein milieu de cette chanson, Ernesto vous colle un carillon qui rend le morceau presque mystique et encore plus beau. Là, le Yéti dirait que ce gimmick-ci apporte une touche sacrée au morceau (Lars van Trier l’avait bien compris dans Breaking the Waves) et sans entrer dans une bigoterie bas du front, on ne peut qu’être ému et touché par ce type d’arrangement.
En y réfléchissant bien, le Yéti se dit qu’il est clairement fan des gimmicks et que c’est même l’une des conditions nécessaires à la réussite d’un morceau pop.

 

 

Cake - The Distance

Cake - The Distance

Fantasio regarde son ami velu et sort son ordinateur de poche.
Wikipédia : Un gimmick est une cellule de quelques notes de musique capable de capter l’oreille de l’auditeur. Le terme vient du jazz. Il est souvent très court, comme une petite phrase dont le son particulier, le dessin mélodique ou la formule rythmique imprègnera facilement la mémoire, donc la reconnaissance, donc l’identification.
A propos de gimmick, il songe une nouvelle fois à Supertramp, groupe inavouable pétri de gimmicks, d’un tube à l’autre : intro mi-wurlizer mi-bontempi de Logical Song, intro à l’harmonica de School. Dans un style très éloigné mais tout aussi marquant, Fantasio pense aux chœurs de Cake, à l’irruption du mélodica dans The Distance. L’art du gimmick, s’il y en a un, est probablement de savoir utiliser cette figure à bon escient, pour façonner un style musical immédiatement reconnaissable et unique. Le meilleur gimmick entendu dans une chanson pop ? Finalement, se dit Fantasio, les gimmicks qu’il admire le plus sont dans la vraie vie : le rire inimitable du Yéti velu ou encore les blagues à répétition de Ciccio.

 

 

Ray LaMontagne

Ray LaMontagne


Si Ciccio n’a jamais véritablement réfléchi au concept du gimmick, il ne peut qu’abonder aux dires du Yéti, notamment sur deux points en particulier : le clappement (de mains) et le sifflement. Tout comme lui, il remarque qu’il est des morceaux qui sembleraient totalement vides sans leur simple clappement de main, l’exemple le plus immédiat lui venant en tête étant l’intro de Hold You In My Arms de l’adoré Ray Lamontagne. Le clappement étant souvent rajouté après les autres instruments, il imagine Ray et son producteur de l’époque, Ethan Johns, autour du micro en train de taper des mains, un casque sur la tête, les yeux mi-clos pour se concentrer sur le morceau.
Quand au sifflement (qui selon lui est plus morriconien que pop), Ciccio est persuadé qu’il y a dans sa discothèque des albums qu’il n’aurait pas autant aimé à la première écoute sans lui. Il pense au premier album d’Andrew Bird qu’il avait écouté (Weather Systems), et au premier album de Goldfrapp.
De la folk, de l’électro, du western spaghetti… qui a dit que le gimmick était par essence pop ?

 

 

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Le Yéti

 

 

Qu’est ce que tu fais pour les vacances ?

19 juillet 2010

 

Périscope #27

Le Sous-Marin Jaune part en vacances

Fantasio l’a décidé : l’équipage du Sous-Marin est prié de prendre quelques vacances et d’aller profiter du soleil.
Le Yéti, obéissant, a préparé un petit baluchon, regardé quelques destinations… mais pourtant il ne se sent pas bien. Des vacances, ok, mais avec qui ? Le Yéti, comme tout abominable homme des neiges qui se respecte, a peu d’amis et fait peur aux gens. Il est interdit de croisière Costa, pas la bienvenue au Club Med, ni en Auberge de Jeunesse…
En fait le Yéti aimerait bien passer ses vacances dans une maison isolée, avec un chanteur qu’il aime bien, histoire de refaire le monde le soir avec lui, autour d’une bonne bouteille de vin, quand la nuit tombe.
Mais avec qui ? Tiens, peut être que Ciccio et Fantasio ont, eux aussi, un avis sur la question. « Hey, les gars, si vous pouviez prendre des vacances avec un musicien actuel, vous partiriez avec qui ? ».

 

 

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Ciccio, s’il devait prendre des vacances dans une maison isolée, n’emmènerait personne. Il prendrait quelques instruments (son ukulélé, sa batterie et sa trompette, pour démarrer) et en profiterait pour essayer de progresser un peu, ce qui ne serait pas du luxe !
Pourquoi le ukulélé ? Tout simplement parce que c’est un instrument minimaliste qui permet de faire un peu tout et n’importe quoi. Il a un son apaisant et Ciccio se voit bien passer des soirées à discuter avec son petit instrument en bois, lui demandant notamment pourquoi il refuse si souvent de jouer la bonne note lorsque Ciccio se lance, à la demande express du Yéti, qui en profite pour inviter Fantasio à danser un slow, dans le solo de Still Loving You.
Pas d’artiste pour Ciccio, donc , car s’il y a bien une chose qu’il n’aime pas faire, le Ciccio, c’est choisir. Choisir un meilleur film, un artiste préféré, un album à emmener sur une île déserte, choisir entre le Yéti et Fantasio, ou encore, comme c’est le cas ici, choisir un chanteur, qui plus est pour discuter avec lui ! C’est la raison pour laquelle Ciccio ne sort jamais de chez lui sans son iPod 160 Go.
Concernant le chanteur ou la chanteuse à emmener, qui plus est, le risque de rester assis face à face sans mot dire, voire, encore pire, de se retrouver déçu par ce qu’il/elle aurait à dire, est bien trop grand.

 

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

 

 

A la différence de Ciccio, la complainte du Yéti tombe plutôt bien pour Fantasio : il a en effet décidé d’inviter les 3 australiens psychédéliques de Tame Impala (quelqu’un a-t’il déchiffré l’anagramme ?), pendant ses 3 semaines de vacances estivales.
3 semaines à fumer l’herbe charentaise avec les auteurs de Innerspeaker, loin des krachs mélancoliques du Yéti et de la moue boudeuse de Ciccio. Sensible aux arguments de Solitude Is Bliss, Fantasio se doute bien que le trio se fera la malle avant la fin du séjour.
Dans ce cas, en hommage au Yéti, il rappellera les Beach Boys à la rescousse, pour ne pas mourir d’ennui à la plage.

 

 

Ernesto du groupe Viol

Ernesto du groupe Viol

Tout comme Fantasio, le Yéti va privilégier le présent et se verrait bien partir en vacances avec Ernesto Violin, chanteur compositeur d’un obscur groupe français : Viol.
Déjà le Yéti aimerait bien demander à Ernesto pourquoi il a choisi ce nom horrible pour sa musique aussi belle que délicate. Et puis ensuite parler avec lui des Byrds, de Nick Drake, de Midlake, de Love, toutes ces chouettes références qui se bousculent en écoutant le magnifique nouvel album du Monsieur, Welfare Heart, en téléchargement libre ici : http://violsboat.blogspot.com/
Et puis disséquer avec lui les splendides Living in a Cemetery ou The Tempest, certainement les chansons pop-folk que le Yéti a préféré écouter ces dernières semaines.
Enfin le dernier jour, le Yéti partirait s’incruster chez Fantasio (peut être avec Ernesto) pour discuter avec Tame Impala qu’il aime beaucoup, lui aussi. Ah, ce seraient de chouettes vacances !