Le Sous-Marin Jaune sèche la rentrée des classes
4 octobre 2010Chaque année, c’est la même rengaine: après les vacances estivales, on nous promet une rentrée musicale (mais aussi littéraire) chargée et passionnante. Comme si nous arrêtions d’écouter des disques intéressants au mois d’août et surtout comme si nos labels préférés s’arrêtaient de travailler l’été et qu’aucun disque ne sortait alors qu’on se dore la pilule au soleil.
Tout cela consterne le Yéti qui naturellement voit bien l’argument marketing de nous vendre une rentrée musicale excitante, mais n’est pas dupe. Du coup, en réaction aux diktats du consumérisme effréné, le Yéti demande à Ciccio et Fantasio de défendre non pas un coup de cœur de la rentrée, mais un coup de cœur de cet été qui perdure et ne mérite pas de tomber aux oubliettes.
AHAH !! Le Yéti se sent comme Don Quichotte soudainement ! Mais qui de Ciccio ou de Fantasio acceptera de faire Sancho Panza ?
Quand il entend l’appel guttural du Yéti, Fantasio ne voit qu’une seule issue à la conversation: dire deux mots du dernier album du norvégien Julian Berntzen, intitulé Rocket Ship Love. Ce n’est peut-être pas le meilleur album de son auteur, comparse surdoué du non moins surdoué Sondre Lerche, mais c’est le moment où jamais. Si Fantasio ne s’en charge pas, qui parlera jamais de cet artiste méconnu dont les albums sont distribués au compte-gouttes ? Ceux qui, comme Fantasio, aime la musique pop sensible dans la lignée de Paul McCartney, des Zombies ou de XTC, ne peuvent pas passer à côté de Julian Bertzen et de titres comme Julias Jewelry. Pour preuve, même Ciccio, l’homme qui n’écoute habituellement rien d’autre que des groupes barbus et/ou acceptant l’étiquette folk, a apprécié jadis ces pop-songs improbables. Espérons en tout cas que le disque du norvégien sortira le Yéti de son addiction pour les groupes infréquentables aux noms de scène inavouables (VIOL, au hasard).
Avant de répondre au Yéti, Ciccio a envie de répondre à Fantasio : effectivement, personne d’autre que lui ne parlera jamais de Julian Berntzen si Fantasio lui-même n’en parle pas à ses comparses ! Le Yéti, malgré ses nombreux défauts, a au moins une qualité : il est partageur et volubile. Alors, certes, cela oblige ses deux compagnons à régulièrement entendre des morceaux de discours à limite du cohérent, et parfois à la limite du soutenable, comme l’extrait suivant, entendu récemment dans la cale inférieure tribord du Sous-Marin Jaune : « Hé les mecs, j’adore le dernier VIOL ! ». Mais, au bout du compte, c’est probablement pour le meilleur.
A part ça, RAS chez Ciccio, qui écoute Ray LaMontagne en boucle depuis plus d’un mois, et qui ne voit pas pourquoi il devrait parler d’autre chose. A ce propos, il lance un défi au Yéti, lui donnant rendez-vous sur le pont jeudi prochain pour un duel à mains nues.
Ohoh ! Mais le Yéti accepte avec empressement ce duel concernant Ray. En attendant, le Yéti va réécouter son disque chéri du moment. Pas le nouvel album de VIOL, même si effectivement il pourrait en remettre une louche, mais plutôt le dernier Hey Hey My My, A Sudden Change of Mood. Ce brillant groupe français a composé de très belles chansons pop auparavant, mais sur ce nouvel album, sorti cet été justement, le groupe a sorti les guitares électriques et a su mélanger habilement des chœurs sucrés avec une power-pop énergique, parfois même psyché. Et chose incroyable, le Yéti n’arrive toujours pas à s’en lasser tant le disque se révèle prenant et bien foutu. Vivement recommandé, comme dirait Nick Kent.













