Pour ou contre Ray LaMontagne ?

7 octobre 2010

Ray la merde ou bien ?

Babord - Tribord #4


Cette semaine, il y a du rififi à bord du Sous-marin Jaune : après des mois à supporter l’obsession de Ciccio pour le barde barbu, le Yéti craque et va tout casser sur son passage.

 

Le Yéti :
La première fois que j’ai écouté Ray LaMontagne, c’était avec l’album Trouble en 2004. Les années passent, et Ray sort toujours le même album, avec sa grosse voix éraillée qui ouhlala-me-colle-des-frissons-partout. Son dernier album en date, avec les Pariah Dogs ne changera pas la donne, c’est pour moi toujours le même mélange de chansons folk, puis soul, puis bluesy.

 

Numéro de charme à barbe

Ce qui m’énerve le plus concernant Ray, c’est le manque total d’imagination du Monsieur. Car sincèrement, quand Ray joue du folk, la ressemblance avec n’importe quel titre de Nick Drake est troublante (vous ne me croyez pas ? Réécoutez Sarah sur Gossip In the Grain). Et idem lorsque Ray se prend pour James Brown ou Eric Burdon.

 

Il n’y a pas à tortiller : je trouve que cette musique manque désespérément d’âme, de personnalité. Parfois j’ ai même l’impression d’entendre un filet d’eau tiède couler, comme sur le (assez faible) dernier album God’Willin and the Creek Don’t Rise.

Quand j’entends Ciccio, j’ai envie de beugler que plutôt d’écouter Ray, les gens feraient mieux d’écouter Ron Sexsmith qui depuis 15 ans sort des albums brillants dans l’indifférence générale. Quelle injustice ! Car là où Ray semble figé dans le passé, Ron, lui, a toujours su ajouter fraicheur et insouciance dans sa folk teintée de soul.

 

Comme quoi, la publicité raconte que des conneries : LaMontagne n’a pas gagné le Yéti…

 

 

Ciccio :
Pour moi, tout a commencé (comme souvent, à l’époque) par un conseil de Fantasio, en 2004 : “Toi qui ne jures que par Van Morrison ces temps-ci, tu devrais tester Ray Lamontagne”. Qui eut cru qu’après une introduction aussi fracassante et joyeuse de mon sérieux comparse, j’allais tout simplement rencontrer l’artiste folk que je cite généralement en premier quand on me dit “Ah bon, t’aimes la folk ? [s'ensuit un début de rire, vite étouffé quand la personne s’aperçoit que je suis on ne peut plus sérieux, presque autant que Le Yéti quand il parle d’un groupe qui s’appelle VIOL ou que Fantasio en général] Vas-y, donne moi un exemple, pour voir…”

 

Glabre et poupin comme Ron Sexsmith

Avec ou sans poil ?

Tant et si bien qu’aujourd’hui, me voilà forcé de monter au créneau contre l’ignoble, l’inadmissible, l’intolérable : une attaque en règle du célèbre poilu du Sous-Marin Jaune contre Ray.
Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pas lu ladite attaque (c’est la règle de ce Babord-Tribord). J’espère simplement qu’il n’est pas parti dans une faiblarde diatribe anti vieux, comme j’ai pu l’entendre récemment (“Ray Lamontagne, c’est de la musique qui véhicule la vieillesse. Il faut l’écouter dans une SAAB en roulant dans le Midwest américain” – euh, j’aime le Midwest et j’y roulerais bien en SAAB, à choisir. C’est grave ?).

 

Cela dit, mon objectif n’est pas de ridiculiser le Yéti (il s’en charge souvent très bien sans mon aide), mais plutôt de donner envie aux lecteurs du Sous-Marin d’écouter Ray. J’ai beaucoup réfléchi et je vois sept raisons valables d’aimer, que dis-je, d’adorer chacun des albums de Ray Lamontagne :

 

Dis-moi quelle voiture tu conduis

Voiture à folk


1. Son nom sonne français. Comment ça c’est pas une raison valable ? M’en fous, y’en a encore six derrière, alors continuez de lire au lieu de râler tout le temps. Merde à la fin…
2. Sa voix est incroyable. Non mais pas incroyable façon chanteur(se) québecquois(e) qui menace d’avaler le micro, plutôt incroyable hypnotique, du genre capable de murmures assourdissants et de montées en charge apaisantes.
3. Dès premier album, Trouble, il a rallumé la flamme depuis longtemps éteinte d’un Folk Soul blanc, flamme portée haut et fort par Van Morrison avant qu’il ne devienne trop gros pour porter quoi que ce soit. Ses trois premiers albums marient le folk pur-jus (guitare sèche, banjo, harmonica) et le meilleur de la Soul (voix éraillée, des cuivres dignes de la Stax ou la Motown).
4. Son quatrième album, God Willin’ And The Creek Don’t Rise, représente un puissant virage folk. Les cuivres et basses groovy ont laissé la part belle au pedal steel, sûrement l’instrument le plus fabuleux jamais inventé.
5. Et puisqu’on parle de pedal steel, la meilleure chanson de Ray en est justement gorgée. Ecoutez A Falling Through et osez me dire que vous n’avez pas la chair de poule (tu quoque, Yéti !).
6. Ce n’est pas un poseur ou un opportuniste profitant de la vague folk qui déferle sur nous depuis une petite dizaine d’années. On le sent habité par ce qu’il fait, que c’est pour lui une question de survie.
7. Y’a pas vraiment de septième raison, mais sept c’est le chiffre magique, ça sonne bien, et en plus c’est le chiffre magique (et ça sonne bien, non ?).

 

Allez, n’écoutez pas le Yéti et donnez une chance à Ray. Vous ne le regretterez pas.

 

 

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Fantasio

Stanley Brinks et Van Morrison en vue !

30 juin 2010

Stanley Brinks comparé à Van Morrison

La Vigie #21

Il arrive souvent qu’un de vos amis, par exemple la Vigie (car la Vigie, croyez-le ou non, EST votre amie, si si…), vous dise un truc du genre « Dis, tu connais tel morceau, de tel artiste ? », et que vous vous répondiez (notamment si vous vous appelez, au hasard, le Yéti) « Euh… non ». Dans ces cas-là, la Vigie prend le taureau par les cornes et, après avoir levé les yeux au ciel pour montrer son impatience, joue le morceau en question, et que le Yéti l’identifie aussitôt, en concluant par un truc du style « Ah oui !! En fait je connaissais le morceau mais je connaissais pas son nom.

 

Vous voyez ce que je veux dire ?

 

Et bien voilà, la chanson qui suit, avec son riff d’intro totalement imparable et inoubliable, fait partie de cette catégorie de morceaux :

 

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Brown Eyed Girl, c’est le genre de chanson dont on ne se souvient plus quand on l’a entendue pour la première fois, tout simplement parce qu’on a l’impression de l’avoir toujours connue. Elle est tellement évidente, tellement parfaite, qu’elle est à ranger dans la catégories des « Classiques ».

 

Et comme c’est souvent le cas avec les classiques, elle a influencé bon nombre d’artistes, certains de manière évidente (le premier album De Ray Lamontagne est totalement Vanmorrisonien), ou totalement inattendue, comme nous allons à présent le voir.

 

Derrière Stanley Brinks se cache André Herman Düne, ex deuxième tiers de Herman Düne, qui fonctionne à présent avec deux moitiés, puisqu’un tiers s’est barré. Ses albums sont aussi bons qu’ils sont compliqués à obtenir, et quand on a la chance de tomber sur l’un d’entre eux, on le choie, on le cajole, on le circonvient, bref on le sur-écoute, et à la 45ème seconde de ce morceau (ou même à 1m28, c’est encore plus franc), on entend un riff qui nous dit quelque chose :

 

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Je vous fais pas l’onomatopée qui va avec, mais le cœur y est je peux vous l’assurer.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio