Emmanuelle Seigner est-elle vraiment dingue ?
25 mars 2010Cette semaine, Le Yéti projette d’écrabouiller l’aînée des Seigner, à la seule force de ses pattes velues. Fantasio se présente en défenseur des femmes maltraitées.
Le Yéti :

Emmanuelle Seigner - Dingue
Mais comme la demoiselle s’est bien entourée (Keren Ann et Doriand s’occupent des mélodies et des textes), j’étais plein d’espoir, surtout que le single, Dingue, était assez affriolant. Emmanuelle Seigner y montre assez d’espièglerie pour intriguer et nous tenir en haleine. On croirait presque un inédit de Nancy Sinatra. C’est dire.
Quelques titres plus tard pourtant, je sors mes griffes et hurle au scandale, totalement trompé par la marchandise. Soyons clair, le filet de voix d’Emmanuelle Seigner est plutôt agréable, pouvant rappeler April March sans l’accent. Mais on le sait, une jolie voix n’a jamais fait un bon album, et là, je me demande où est passé le talent de Keren Ann et de Doriand. En effet pour ceux qui suivent ces deux excellents chanteurs français, on a vraiment l’impression d’entendre des fonds de tiroir ou des mélodies déjà archi-entendues (Jamais d’autre que moi ou Emmanuelle). Mais le plus désolant reste à mon gout les textes particulièrement indigents. On navigue entre cucuteries (Alone à Barcelone et ses rimes pauvres), name dropping se voulant branché (P’tite Pédale) et textes bâclés (le duo avec Roman Polanski dont le texte m’a fait hurler de rire, mais à ses dépends).
Je n’ai jamais aimé Emmanuelle Seigner actrice (elle a bousillé Frantic et la dernière scène de La Neuvième Porte est un monument de Grotesque), mais j’appréciais l’image qu’elle renvoyait, icône un peu chic et légère. Avec cet album, je vois les limites de ses poses, de ses minauderies. Tout cela est finalement totalement insignifiant et un brin risible.
Fantasio :

Avant quand elle était actrice
Et puis, à l’écoute de ce nouvel album, tout m’est revenu : mais oui, putain, Ultra Orange, c’était bien !
Passé ce premier constat et cet effet madeleine (même si ce nouvel album est loin d’être une photocopie du premier), j’aime ce disque clair, pas compliqué, ses qualités et ses défauts, un peu comme j’aimais l’album de Fred Jimenez. Ni chanson française à textes, ni variétoche, cet album se place plutôt comme petit instantané pop, chose improbable en France puisque faire de la pop ou du rock avec des vrais mots de la langue française est interdit depuis les années 60. Dingue, et Le Jour Parfait suffisent à garantir une addiction qui durera quelques semaines. Passé cette période d’enthousiasme, il faudra probablement ranger tout cela dans une boîte « plaisirs fugaces » (ou plaisirs coupables, si je prête attention aux cris de sauvages poussés par le Yéti à chaque apparition d’Emmanuelle Seigner dans le Sous-marin).



