Le Sous-Marin Jaune s’interroge sur le cas Phoenix

29 mars 2010

 

Le Sous-Marin Jaune s'interroge sur le cas Phoenix

Périscope #12

Après un album unanimement acclamé en 2009, on se disait que Phoenix venait en terrain conquis pour un concert unique, à L’Olympia, lundi dernier, aidé par les petits jeunes de Two Door Cinema Club.
Le groupe, méga star à l’étranger (aux Etats-Unis et au Japon notamment), a pourtant toutes les difficultés à s’imposer en France. Allait il enfin conquérir Paris et recueillir les fruits des critiques dithyrambiques de son excellent Wolfgang Amadeus Phoenix ? Le Yeti était sur place pour en juger. Quant à Ciccio et Fantasio, ils en profitent pour livrer leurs impressions sur ce groupe, finalement à part sur la scène française.

 

 

Dans le Sous-Marin Jaune, seul le Yéti avait donc été intéressé par le concert de Phoenix. Lui qui a vivement aimé leur dernier album de l’an dernier ne voulait absolument pas rater ce concert, annoncé comme le plus trendy de la semaine.
Après 1h30 de concert, le Yéti sort plutôt mitigé du set, un peu grognon, pas emballé, mais pas non plus déçu. Un concert trop lisse pour lui, bien carré, mais surtout totalement déséquilibré. En effet, le Yéti ne s’y fera pas, mais les titres de United, le premier album trop sage de Phoenix, adulé par certaines personnes, se révèlent en live impersonnels et fades. Limite soupe FM.
En revanche, les chansons de Alphabetical et de Wolfgang Amadeus Mozart se voient parés de mille feux avec des rebondissements en veux tu en voilà, notamment sur un Run Run Run d’anthologie. Mais entre temps, on aura eu droit aussi à des titres sans aucune saveur, se ressemblant trop et à un groupe très poli, sans cette petite folie qu’on aimerait leur voir.
Le problème de Phoenix en France, pense le Yéti, c’est son public de midinettes, qui n’est pas encore prêt à écouter Love Like A Sunset et ses expérimentations à la croisée du krautrock. Ce public veut les tubes et que les tubes, et du coup les gars de Phoenix se plient à leurs exigences. C’est dommage.
De là à hurler que Phoenix est un groupe surestimé, peut être pas, mais finalement se cherchant encore, oui c’est indéniable.

 

Phoenix

Phoenix

Le nom de Phoenix évoque beaucoup de souvenirs à Ciccio, des souvenirs très contrastés d’ailleurs. Le premier, c’est la pochette mystérieuse du premier album, United, qu’il avait acheté sans connaître le groupe, sur la base d’un single qui l’avait soufflé : Too Young. Il avait été notamment emerveillé par le morceau de bravoure qui cloturait l’album, Funky Squaredance : un courageux mélange de rock FM façon Queen et de country digne du Kansas. Ensuite il y a eu Alphabetical, album acheté encore plus vite, sans la moindre écoute, et qui n’a pas du passer plus de cinq fois sur sa platine. Les deux derniers albums ont eux aussi été acheté, et même (très) apprécié (Ciccio pense qu’il a écouté 1901 plus de cent fois déjà).
Ciccio n’a donc pas la ferveur d’un vrai fan, mais il continue de suivre et d’écouter ce groupe, qui vient d’une banlieue parisienne qu’il a bien connue étant jeune.

 

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

 

Depuis l’album It’s Never Been Like That, Fantasio a mis le groupe de Thomas Mars dans une catégorie très particulière, un peu à part. Mais de quelle catégorie s’agit-il exactement ? Celle des groupes dont la musique est « au-dessus du lot », catégorie éminemment personnelle, puisque chacun est libre de penser que Phoenix est un groupe surestimé ou surcoté. Mais cette semaine, c’est Fantasio qui parle en dernier à bord du Sous-Marin Jaune, et il est bien content de pouvoir clore le débat initié par le Yéti. Et puis d’abord, que peut-on réellement attendre des apparitions scéniques d’un groupe comme Phoenix, dont les exploits discographiques reposent en grande partie sur sa capacité à élaborer un « son » studio aussi excitant qu’artificiel ? Conseil de la semaine : (ré)écouter Wolfgang Amadeus sur un bon casque Hi-Fi.