Jack White et Andy Serkis en vue !

5 janvier 2012

Andy Serkis comparé à Jack White

La Vigie #70

« C’est tout simplement le meilleur titre que Jack White n’a jamais écrit. Et puis c’est tout. »

 

En quelques mots, deux phrases, la Vigie a résumé le fond de la pensée de Ciccio, tout en traduisant parfaitement la frustration qui s’est emparé du matelot lorsque le Commandant a choisi Lonely Boy au détriment de Little Black Submarines, le titre préféré de Ciccio sur El Camino, le dernier et fabuleux album des Black Keys. A présent, les deux amis se regardent sans dire un mot, et même sans écouter la moindre musique, ce qui est rarissime.

 

C’est finalement la Vigie qui brise le silence, pour divertir Ciccio qui a le regard vague de celui qui a conscience d’avoir échappé à quelque chose de dangereux, sans pour autant se sentir satisfait du résultat : « D’ailleurs, en parlant de Jack, tu trouves pas qu’il aurait fait un bon hobbit ? ».

 

Ciccio répond par une espèce de moue, puis l’idée fait le tour de son cerveau, et il esquisse un sourire avant même que la Vigie, qui était affairé à son ordinateur, n’en retourne l’écran pour lui montrer une photo de Jack White :

 

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

Un mélange de Hobbit et d'Elfe...

 

Ciccio rit de bon coeur :
- C’est vrai qu’il y a un truc, c’est indéniable !
- Attends, t’as rien vu, répond la Vigie. Ton Jack White, tu lui mets quelques cernes, des cheveux un peu gras et hop, le voilà ton hobbit !

 

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

Un mélange de Hobbit et de truc qui fait peur...

 

Cette fois, Ciccio explose littéralement de rire :
- N’importe quoi, lâche-t-il quand il arrive enfin à reprendre sa respiration.
- J’avoue que c’est un peu tiré par les cheveux, mais le principal c’est que je t’ai fait rire. Allez, on va finir en chanson, je parie que ça va te plaire.

 

Effectivement, Ciccio comprend dès les premières millisecondes de quoi il s’agit, et il s’affale complètement sur le fauteuil de la Vigie.

 

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Comme le fait souvent la Vigie, il ferme ses yeux pour mieux écouter, tout en marmonnant dans sa barbe les premières phrases de la chanson.
Little Black Submarines, operator pleeeaaaase…

 

 

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Ciccio

La Pop, c’est vraiment pour les gonzesses

19 décembre 2011
Périscope #83

Périscope #83

 

Résumé de l’épisode précédent : le séjour des matelots à Liverpool est écourté par un évènement inattendu. Attaqué par surprise de tous les côtés, le Sous-marin Jaune est en grand danger. A bord, c’est le Mécanicien qui semble le plus mal en point.

 

- Je le savais, je le savais, je le savais ! répète Ciccio, qui vient de comprendre l’origine de l’attaque du Sous-Marin Jaune.

 

Le mécanicien du SMJ

Une prière pour le Mécanicien

Les autres matelots le regardent, et, encore sous le choc de la vision du corps ensanglanté du Mécanicien, ne réalisent pas encore ce que Ciccio vient de révéler. Les minutes s’écoulent, le temps pour le Médecin d’administrer des soins d’urgence au Mécanicien.

- Aidez-moi à le transporter, on va l’installer à l’infirmerie.

 

Le Radariste et le Plongeur soulèvent délicatement le Mécanicien, le tenant par les épaules.

Le Yéti, les larmes aux yeux, regarde son ami partir avec inquiétude. Fantasio, une fois n’est pas coutume, pose une main sur son épaule, conscient de la grande détresse de son ami.

 

Les 3 matelots se retrouvent seuls, comme anesthésiés par la situation de crise.

- J’aurais pu faire quelque chose, on aurait du l’emmener avec nous ! sanglote le Yéti en serrant la main de Fantasio. Comme ça il ne lui serait rien arrivé. Si vous saviez comme je m’en veux.

- Le Yéti tu débloques ou quoi ? s’étonne Ciccio. S’il y a bien un membre de l’équipage qui ne doit JAMAIS quitter son poste, c’est le Mécanicien. Sans lui, le Sous-Marin Jaune est bien trop vulnérable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est à lui qu’ils s’attaquent en premier.

 

Le côté obscur

- ILS ? Tu veux dire que ce sont EUX qui nous ont attaqués ? Les jambes du Yéti se mettent à flageoller, la réalité implacable venant de le frapper.
- Oui, tu m’as bien compris. Il n’y a qu’une explication possible pour une attaque pareille. C’est le Sous-Marin Rouge et Noir qui a tenté de nous couler.

 

Le Sous-Marin Jaune et Noir est l’ennemi juré du Sous-Marin Jaune. A son bord, trois matelots férus de rock, notamment des Rolling Stones, sillonnent les océans. Ils sont à la musique pop ce que Hadopi est au téléchargement de musique. Ils se sont jurés d’exterminer tout ce qu’il y a de doux et de trop mélodique pour être honnête, sur cette terre.

 

La pop, c'est pour les gonzesses


Le Yéti serre les dents, prêt à en découdre avec les 3 matelots ennemis.
- Ils vont me le payer ! Ca ne se passera pas comme ça ! Allons voir l’Artilleur, je suis sûr qu’il y a moyen de se défendre contre ces attaques déloyales.
- Tu as raison, on ne peut pas se laisser faire comme cela. Mais je m’étonne encore de la violence de cette attaque. On ne leur a rien fait ! tempère Fantasio.

 

Fantasio se souvient de l’époque où il avait fait connaissance avec Jack (fan des White Stripes), Iggy (grand défenseur des Stooges) et Mick (adorateur des Rolling Stones), alors que ces derniers n’avaient pas encore fait équipe à bord du Sous-Marin Rouge et Noir.

 

A l’époque, il s’était pris d’affection pour ces tronches attachantes et intéressantes. Avec sa personnalité extravertie, Mick était un peu son alter ego inversé. Fantasio était fasciné par cette « bipolarité » entre amis, et avait envisagé de proposer aux 3 matelots de rejoindre le Sous-Marin Jaune.

 

Fantasio n’eut jamais l’occasion d’évoquer le sujet avec Mick, Jack et Iggy, puisque ces derniers décidèrent, un beau jour, de monter leur propre équipage, aux couleurs du Sous-Marin Rouge et Noir. Pour marquer leur différence, ils décidèrent de « tagger » le Sous-Marin Jaune de l’inscription « LA POP, C’EST POUR LES GONZESSES ». Depuis ce jour, les matelots devenus ennemis n’ont cessé de pourrir la vie des Matelots jaunes et noirs.

 

Remontés comme des horloges, les 3 matelots se dirigent vers la salle des armes, à la rencontre de l’Artilleur.

 

Le Sous-Marin Rouge et Noir va-t’il poursuivre son acharnement ? Quelles sont les solutions de l’Artilleur ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

 

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Fantasio

Jonny et les Supergroupes

14 février 2011

 

Périscope #50

Périscope #50

Depuis quelques jours, le Yéti est morose. Les débuts d’année lui font souvent cet effet, la faute à une actualité musicale plutôt pauvre et guère emballante. Et puis, il a lu ce petit bout d’article sur ce projet musical baptisé Jonny. A la barre, Norman Blake des Teenage Fanclub et Euro Child des fabuleux Gorky’s Zygotic Mynci. En attendant l’album, le groupe a eu la délicatesse de mettre en téléchargement libre un petit ep (disponible ici) qui a permis au Yéti d’écouter quelques chouettes salves pop, bien foutues mais pas inoubliables non plus.
Pourtant sur le papier, Teenage Fanclub + Gorky’s Zygotic Mynci, ça avait de la gueule. Mais en musique, 1+1 est il toujours égal à 1 ? Quelles furent les collaborations les plus marquantes de ces dernières années ? Ciccio et Fantasio ont-ils écouté Jonny et aimé cet ep ? Le Yéti va-t-il reprendre du gratin dauphinois ce midi ?

 

 

Me Me Me, un supergroupe qui a marqué l'histoire de la musique...

Me Me Me, un supergroupe qui a marqué l'histoire de la musique...

Ciccio comprend à présent pourquoi Fantasio est parfois paternaliste avec le Yéti. C’est la naïveté incurable de ce dernier qui génère chez ses amis, outre une tendresse et une affection infinies, cette posture inattendue puisque ses deux comparses sont infiniment plus jeunes que lui (près d’une trentaine d’années de moins, en moyenne). En effet, en creusant sa mémoire et remontant ainsi au tout premier « supergroupe » dont il a assisté à la naissance (Me Me Me, formé par Alex James – bassiste de Blur – Justin Welch – batteur d’Elastica – et Stephen Duffy – de Lilac Time), Ciccio n’a pas souvenir d’un projet de supergroupe qui d’une ne l’avait pas surexcité au départ, et de deux ne l’avait pas déçu à l’arrivée.
Et d’ailleurs, Ciccio n’y trouve rien de surprenant, pourquoi est-ce que deux ou plusieurs personnes, habituées à composer soit seule(s), soit avec d’autres artistes, arriveraient soudainement à adapter leur songwriting à d’autres artistes, fussent-ils excellents ? Ce qui est amusant, c’est que l’inverse est également vrai : combien de « couples » d’auteurs compositeurs ont vu la qualité de leur production s’effondrer quand ils se sont retrouvés seuls, après la dislocation du groupe dans lequel ils officiaient ?
Tous les artistes qui osent aborder le thème de l’écriture musicale dans leur autobiographie évoquent son côté magique et son équilibre fugace. Parfois ça vient tout seul, parfois il faut lutter et lutter…
Sèche tes larmes, vieux Yéti, et retourne écouter Grand Prix, le chef d’œuvre indémodable de Teenage Fanclub.

 

Quelqu'un a des nouvelles de Loose Fur ?

Quelqu'un a des nouvelles de Loose Fur ?

A propos des super groupes, Fantasio a deux exemples très différents en tête. Le premier c’est Loose Fur, la collaboration d’une partie de Wilco et de Jim o’Rourke pour deux albums plutôt réussis. Si Fantasio ne se fait jamais trop d’illusions sur ce genre de side projects, et si Loose Fur bénéficie probablement de l’aura des immenses disques de Wilco, il y a quelque chose de magique à retrouver les qualités d’un musicien comme Jeff Tweedy. L’indulgence est d’autant plus grande que ces disques sont souvent vite enregistrés et vite sortis, sans susciter une attente folle.
Le deuxième exemple, c’est les Raconteurs, qui voit Jack White bricoler deux albums avec Brendan Benson. Avec eux, Fantasio s’est parfois demandé si la faiblesse du projet était un simple accident artistique ou le révélateur de l’absence de talent de Jack White, derrière les quelques coups d’éclats des White Stripes. Mais, le reste du temps, il est plutôt admiratif de ces personnalités qui n’hésitent pas à casser la routine du groupe qui sort un album tous les 3 ans.

 

Alors, quel destin pour Jonny ?

Alors, quel destin pour Jonny ?

Finalement le Yéti partage assez l’avis de Ciccio. Pour reprendre l’équation du début, en musique 1+1, ca fait souvent 0, mais rarement 1 (un groupe uni ou soudé).
Tout comme son compère barbu, le Yéti se souvient avoir toujours été déçu par des collaborations qui pourtant s’annonçaient prometteuses sur le papier.
Si on reprend le cas de Jonny, ce premier EP est pourtant fort honorable : Beach Party est porté par une jolie mélodie primesautière et Michelangelo est une vraie réussite de songwriting. Mais bon, en même temps il faut se farcir Continental dont le début est un décalque flagrant de Stoked des Beach Boys avant de virer comme du sous 96-Tears.
Le problème est toujours le même : le Yéti attendait monts et merveilles de deux icônes et le résultat est malheureusement juste plaisant.
Le Yéti va donc suivre le conseil de Ciccio et se remettre un coup de, non pas Grand Prix, mais Bandwagonesque, tout en se resservant de gratin dauphinois !

 

 

Il ne faut pas… associer une chanson à une victoire

27 mars 2010

Pas de chanson pour une victoire

La Combinaison #10

 

La semaine dernière, nous avons assisté à deux victoires, très différentes, mais qui ont un point commun : une chanson leur était associée. Les journalistes ont passé à l’envie L’important C’est La Rose, de Gilbert Bécaud, en toile de fond de leurs reportages sur la « victoire » du Parti Socialiste. De leur côté, les rugbymen français, pour le neuvième Grand Chelem de l’histoire du rugby français, ont entonné, de manière peu originale, le riff de Seven Nation Army, des White Stripes.

 

On pourrait citer de nombreux autres exemples (les sportifs ne sont avares ni de clichés ni de choix musicaux douteux), le plus fameux étant certainement les footballeurs français vainqueurs de la Coupe du Monde en 1998. Ces derniers avaient choisi le tube de Gloria Gaynor, I Will Survive, qu’ils massacraient dans les vestiaires après chaque victoire.

 

Certes, d’aucuns pourraient objecter que l’unité d’un groupe, dans le cadre d’une compétition sportive aussi importante, ne peut être maintenue que grâce à ce genre d’artifice, et que d’une certaine manière Gloria Gaynor a participé à la victoire des bleus en 1998 (pour ce qui est de l’unité du groupe en politique, je crois que nous tomberons d’accord pour dire qu’elle n’existe pas, chacun se mettant d’abord au service de soi avant de penser – éventuellement – au groupe).

 

Néanmoins, ce genre d’association victoire/musique ne peut que faire du mal à la musique choisie, en la connotant tellement qu’elle perd son contexte original, voire, pire encore, son identité (« oh, mais c’est la chanson de l’équipe de France 98 ??!! »). Il ne faut donc pas céder à la tentation, et garder les chansons que l’on aime pour ce qu’elles sont.

 

Bref, si vous passez le week-end à marmonner sur l’air de L’important C’est La Rose une rose à la main, de Seven Nation Army un ballon ovale à la main, ou de I Will Survive un ballon rond à la main, tandis qu’autour de vous les gens vous demandent s’il s’agit bien de la musique de la dernière pub pour tel ou tel produit débilisant, attirant sur vous honte et quolibets, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio