Le Sous-Marin Jaune à la Recherche du Temps Perdu
21 juin 2010Ces derniers temps le Yéti écoute beaucoup le triple album de Joanna Newsom, Have One on Me.
Un triple album souvent magnifique mais gargantuesque, qui va prendre des années au Yéti pour en faire le tour. Et justement, à l’écoute de ces 3 longs Cds, le Yéti s’est mis à repenser à l’un de ses sujets préférés : y-a-t’il un temps idéal pour un album de musique ? L’oreille ne se lasse t’elle pas au bout d’un certain temps, même si le contenu mélodique est exemplaire ? De même un album trop court laissera t’il forcément l’auditeur sur sa faim ? Quel groupe sait (ou a su) parfaitement agencer ses compos dans un album ?
Comme d’habitude, le Yéti convoque de suite Ciccio et Fantasio dans la cuisine du Sous-Marin Jaune et commence à s’empiffrer de curly en attendant ses deux comparses.
En musique, le Yéti a plein de théories fumeuses, dont il est très fier et auxquelles il croit avec une mauvaise foi absolue qui n’a d’égale que celle de Ray Domenech. Ainsi, il vous parlera bientôt de la saisonnalité des disques, un de ses dadas. Mais là, c’est une autre de ses théories qu’il va défendre : un bon album de pop doit faire 40mn-45mn point barre. Au-delà, c’est foutu, ne cherchez pas.
Car la pop est un plaisir simple, spontané, qui ne demande pas d’artifices balancés pendant des plombes.
Un album des Beach Boys ou des Beatles a toujours fait moins de 45mn (sans le remplissage lié aux bonus et alternate tracks). Ils avaient tout compris. Aujourd’hui, un album des Shins fait souvent 40mn, parfois un poil moins et c’est parfait, on revient vers ces albums régulièrement. Bon ça c’est pour la Pop. Bien sur en krautrock, cette règle ne s’applique plus, puisque plus c’est long, mieux c’est. Les albums d’Amon Düül II ou d’Harmonia en témoignent.
Mais en règle général, le Yéti est pour la concision. Il n’aime pas les albums qui trainent, bourrés de fausses chansons qui ne font que du remplissage. Et il se souvient avec tristesse des premiers albums de St Etienne ou de Primal Scream, dégueulant d’instrumentaux pathétiques pour que l’album atteigne péniblement les 40 minutes.
45 minutes, une durée qui plait aussi à Fantasio : le temps d’un trajet en train maison-boulot. Le problème, c’est que cette durée évoque aussi celle d’une période en football. Et aujourd’hui, Fantasio a envie de vider le sous-marin jaune de tout élément touchant de près ou de loin au monde du ballon rond. Après les affaires rocambolesques et cauchemardesques des jours passés, oublions le foot et limitons la durée des disques à 43 minutes : il n’y a pas de mal à laisser l’auditeur sur sa faim, c’est même plutôt bon signe s’il en redemande. Pour Fantasio, cette nouvelle ère commence avec Karen Elson et The Ghost Who Walks qui a le bon goût de ne pas pousser jusqu’à 45 minutes et d’éviter le titre de trop.
20, 30, 45, 50 ou même 60 minutes… Ciccio a envie de dire « peu importe la longueur ». Seule la qualité fera que 45 minutes passent affreusement vite, comme pour Meat Is Murder, fabuleux album des Smiths, ou alors qu’elles semblent durer plusieurs années, comme la première mi-temps de France – X (remplacer X par n’importe quelle équipe qu’a affrontée l’équipe de France de football lors de ces quatre dernières années).
Ciccio remarque cependant que les albums pop-rock qu’il a préféré ces derniers mois (Zeus, Miniature Tigers, Two Door Cinema Club, Morning Benders, Harlem Shakes) tournent TOUS en dessous de 40 minutes, voire même de 30 minutes.
La théorie du Yéti serait-elle vraie ? Ciccio n’ose y penser.








