Les Prescriptions du Médecin: Sweet Heart Sweet Light de Spiritualized

12 mai 2012

Le Médecin #6

Le Médecin #6


Un peu secoué, le Yéti laisse Ciccio avec la Vigie. Il ne connaissait pas trop Levon Helm, mais son évocation avec ses deux amis l’a laissé groggy et très triste.

 

L’âme en peine, il déambule dans les couloirs jusqu’à passer devant la cabine du Médecin. Coup de chance, le Médecin est là et il est seul.
« Salut Doc’ !
- Hey le Yéti ! Comment va ma boule de poils préférée ?
- Bof. Tu connaissais Levon Helm ? Il est mort récemment et ca me fait de ma peine pour Ciccio et La Vigie qui idolâtraient le Monsieur. Je me sens tout flagada, Doc.
- Mmmh, toi tu as besoin d’une cure de mélodies pop, des chœurs sucrés et d’orchestrations psychés pour te remettre d’aplomb, non ?
- Ah, Doc, tu sais me prendre par les sentiments !! Mais actuellement, mis à part le formidable Yeti Lane, il n’y a pas grand-chose, si ?
- Mon Velu, tu es fou ?? Et ça alors ?! »

 

Le Médecin brandit le nouveau CD de Spiritualized, baptisé Sweet Heart Sweet Light, et regarde la réaction du Yéti. En voyant juste le nom du groupe, le Yéti se met à sourire, à rouler des yeux et à s’agiter comme un toutou devant son os.
« Il est de retour !! JASON PIERCE EST DE RETOUR !! j’attendais de ses nouvelles depuis 2008 et Songs in A&E !! Enfin !! Alors, alors ?? »

 

Jason est de retour et on ne le regrette pas.

Jason est de retour et on ne le regrette pas.

 

Le Médecin sourit en voyant le Poilu tout excité. Son coup de blues semble loin et déjà oublié.
Décidément, le Yéti s’enthousiasme facilement.

 

« Et bien je peux te dire que si tu es fan de Spiritualized, tu ne vas pas le regretter. Déjà l’album s’ouvre sur un titre dantesque, certainement l’une des meilleures chansons de l’année, le turbulent Hey Jane. La construction du morceau va te laisser pantois, promis !
C’est 9 minutes de bonheur pur.
Ensuite Jason enchaine avec plusieurs autres morceaux de très très haute tenue, comme Little Girl, Too Late et Mary. Sincèrement, je me demande si nous ne tenons pas là le meilleur album de Spiritualized, au dessus du très beau Ladies and Gentlemen We Are Floating in Space.
Et sur ce disque tu retrouveras tout ce que nous aimons chez Jason : des murs de guitares comme chez les Jesus and Mary Chain, des chœurs sucrés comme chez les Ronettes et toujours ce talent inné pour envelopper ses chansons dans un cocon vaporeux. Bref, mon Yéti, tu vas adorer. »

 

Les yeux brillants, le Velu ne peut cacher sa joie et il saute au cou du Médecin et l’embrasse comme du bon pain. Il prend le disque prescrit et se rue vers sa cabine en chantonnant, laissant le Médecin songeur :
« Mais quel âge il a, bon sang, cet animal poilu ? On dirait vraiment un gamin de 4 ans prisonnier d’un corps multi centenaire… »

 

 

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Le Yéti

 

 

Gigi – Maintenant

25 février 2010

Chronique croisée de Gigi Maintenant

Babord-Tribord #2

Cette semaine, Fantasio essaie de noyer Gigi, du coup Ciccio lui fait du bouche-à-bouche.

 

Les deux textes ont été écrits en parallèle, chaque auteur découvrant le texte de l’autre au moment de la publication.

 

 

Fantasio:

 

Si vous avez aimez l’âge d’or des productions de Phil Spector, les tubes des Ronettes des années 60, vous aimerez l’album de Gigi. Malheureusement ou heureusement, les choses ne sont évidemment pas si simples, sauf si vous êtes, au choix, une machine, un auditeur un peu amnésique avide des recommandations d’Amazon à ses clients, un lecteur indolent de la presse spécialisée.

 

Maintenant

Maintenant

Évidemment, le coup est un peu rude, et on pourra toujours dire que Gigi ne mérite pas ça, pas plus ses fans d’ailleurs. Et puis d’abord, c’est fort d’entendre ça de ma part, moi qui ai adulé les Pipettes ou Ladybug Transistor il y a quelques années.

 

Mais non : pas plus que les comparaisons (un nouveau groupe par jour ?) aux « harmonies vocales » des beach boys et des beatles ne sont justifiées, la comparaison ne tient pas debout. Il n’y a pas de Wall of Sound chez Gigi, juste quelques gimmicks répétés, une chorale du dimanche qui n’a rien de honteux, mais qui se révèle exaspérante dès le premier titre, et ennuyeuse dans son intégralité.

 

En tant que nostalgique d’une certaine époque et pas du tout anti-passéiste, les bras m’en sont tombés. Le titre prête évidemment à sourire : un album qui s’auto-tamponne 1965 sur chaque titre et qui intitule son album « maintenant », ça ne manque pas de panache !

 

Pour les chansons et le Wall of Sound, on repassera.

 

 

Ciccio :

 

Le dernier album arrivé par la poste sur mon bureau est Maintenant, de Gigi. Chose rare dans mes achats, je ne connais rien du groupe (artiste seul bien entouré ? collectif à taille variable ?). Je n’avais d’ailleurs plus entendu prononcer ce nom depuis le générique de cet insupportable dessin animé pour filles datant de cette époque où je trouvais que les filles, c’était nul (j’ai depuis beaucoup mûri, et je trouve à présent que les filles, c’est en fait pas trop nul).

 

Gigi, la vraie

Pourquoi donc cet achat que certains rabat-joies dont je tairais le nom (ça commence par un F, ça finit par un O, et au milieu ça ressemble à ‘antasi’) qualifieraient d’impulsif, voire de regrettable ? Et bien tout simplement parce que ce disque m’a emballé dès la première écoute, et c’est assez rare pour être souligné. Je suis en effet un adepte de l’immédiateté, c’est à dire que j’aime la musique tout de suite et beaucoup, ou alors pas du tout.

 

Bref, si vous me proposez de la pop bien énergique, en provenance directe des années 50, à l’époque où la frontière entre pop et soul était plutôt floue, une basse motownisée (No, My Heart Will Go On), des trompettes easy-listening (Some Second Best), des choeurs féminins bien sucrés (Alone At The Pier), et une production que Phil Spector ne renierait pas, et bien moi je fonce, tête baissée, sans réfléchir.

 

Et tant pis si les empêcheurs de chanter en rond viennent gâcher mon plaisir en me disant que cette musique n’est pas novatrice, qu’on oubliera Gigi avant même qu’ils (elles ?) tentent de sortir leur second album (qui se souvient aujourd’hui des Pipettes, groupe très proche au niveau du style, malgré leur premier album, que j’ai pour ma part écouté en boucle pendant plusieurs mois ?).

 

Moi, c’est aujourd’hui que j’ai envie de les écouter, et d’ailleurs c’est ce que je vais (re)faire tout de suite !

 

 

Ciccio & Fantasio