The Jam et OK Sweetheart en vue !

26 octobre 2011

OK Sweetheart comparé à the Jam

La Vigie #64

« Alors, il paraît que tu rêves que t’es un supeeeeeeer musicien dans les années 60 ? Pfffffff… »

 

Hilare, explosant de rire entre chaque mot, ce qui rend son apostrophe encore plus longue et ennuyeuse, la Vigie, après avoir entendu parler le Plongeur, ne rate pas l’occasion de se payer Ciccio. Ce dernier lui retourne un regard noir. Il tente de tenir bon face à son collègue, qui est obligé de se tenir au mur pour ne pas tomber par terre de rire, mais il ne résiste pas longtemps. Ciccio aussi finit par exploser de rire, et se jette dans les bras de la Vigie, qui n’en demandait pas tant.

 

« Tu peux pas savoir comme j’ai ri quand j’ai entendu l’histoire. Ah la la, toi et les années 60, alors. Va falloir que tu passes à autre chose, tu sais ? Remarque, c’est pas l’actualité musicale qui va t’aider : tout sonne comme il y a 50 ans de nos jours. Pas plus tard qu’hier, justement, j’écoutais un truc qui m’a fait penser à toi. Tiens, viens dans ma cabine, je vais te faire écouter ». C’est sur ces mots que la Vigie entraine son ami derrière lui.

 

Avec OK Sweetheart, tout est rétro, même la nappe

Avec OK Sweetheart, tout est rétro, même la nappe

La Vigie lui laisse à peine le temps de s’installer qu’il lance un album qu’il vient de découvrir, et les premières et excellentes notes de You Let Me Down de OK Sweetheart résonnent. Au moment où Ciccio s’apprête à faire part de son enthousiasme, il est, comme souvent, douché par son ami. « Oh putain attends, faut que t’entendes ça ! » s’exclame joyeusement la Vigie.

 

Ni une ni deux, il embraie sur le deuxième morceau de l’album, l’éponyme Home. Instantanément, il se tourne vers Ciccio et lui fait son regard habituel, mi joyeux mi entendu, avec les sourcils qui montent et qui descendent comme pour dire « alors ?? alors ?? ».

 

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Généralement, Ciccio reste silencieux, et la Vigie entame le deuxième acte : il lève les yeux au ciel et pousse des soupirs en laissant échapper des fragments de mots. « Attends… j’veux dire… Quand même… Là… Merde… ».

 

Ce deuxième mouvement est généralement assez court, et est brutalement interrompu par le troisième et dernier acte, qui voit la Vigie froncer les sourcils, marmonner un truc inaudible dans sa barbe (Ciccio se demande d’ailleurs comment, après avoir vécu cette scène des centaines et des centaines de fois, il n’arrive toujours pas à comprendre ce que dit la Vigie), avant de se jeter sauvagement sur un disque pour le mettre rageusement dans son lecteur. La conclusion de ce mouvement est un cri de libération :
« Et là tu vas me dire que tu vois pas de ressemblance peut-être ??!! »

 

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Voyant sur le visage de Ciccio qu’il a compris, il se radoucit. Un sourire de soulagement se lit sur son visage alors que son ami, totalement emporté par la basse et le clavier de The Jam, vient de se lever pour danser frénétiquement en criant « Pa pa pa pa papapaaaaaa… » pour accompagner Paul Weller.

 

Quand ce qui reste comme l’un de ses morceaux préférés de The Jam se termine, Ciccio, en sueur d’avoir dansé et chanté à cent à l’heure pour suivre le rythme effréné de Weller, ne perd pas le nord. Il profite de ce qu’il croit être un moment d’inattention de la Vigie, prend discrètement le disque d’OK Sweetheart et se précipite dans sa cabine pour l’écouter tranquillement.

 

En vérité, la Vigie observe son manège les yeux mi-clos, et lâche un petit rire après le départ de son ami. Il se murmure à lui même : « Tu m’en diras des nouvelles, mon Ciccio… ».

 

 

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Ciccio

The Jam et Doves en vue !

9 juin 2010

Doves comparé à The Jam

La Vigie #19

C’est à une nouvelle sorte de comparaison que va s’essayer la Vigie aujourd’hui ! En effet, elle ne vous proposera pas de reconnaître une mélodie, de trouver les similarités dans les implantations de barbe de deux chanteurs, ou encore de se concentrer sur une ligne de basse. Certes, elle vous demandera malgré tout, comme l’avait dit si bien Depardieu chez Tavernier, de fermer votre gueule et d’ouvrir vos oreilles, mais dans une optique légèrement différente.

 

Mais commençons par ce qui nous intéresse : la musique.

 

En 1982, Paul Weller enregistre avec son groupe de l’époque The Jam l’un des meilleurs titres de sa carrière : Town Called Malice. Ecoutez, c’est fabuleux :

 

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23 ans plus tard, Doves enregistre un autre morceau, dont le titre seul vous fera comprendre l’angle de cet article : Black And White Town. Pas moche non plus :

 

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Qu’est-ce qui rassemble ces morceaux, donc ?

 

Vous aussi vous avez envie de donner à manger aux canards ?

Vous aussi vous avez envie de donner à manger aux canards ?

En premier lieu il y a leur introduction. On peut y entendre une référence claire à la Northern Soul britannique, elle même très endettée auprès de Tamla Motown. Notons au passage que cette touche Soul n’est pas très présente dans la discographie de ces deux groupes (certes, Town Called Malice figure sur The Gift, dernier album the The Jam avant que Paulo aille enregistrer de la Soul blanche avec son pote Mick Talbot dans The Style Council), ce qui accrédite la thèse de l’hommage de Jimi (Goodwin, chanteur de Doves) à Paul. Vous suivez ?

 

Continuons, et passons aux paroles. Le thème général, là encore commun aux deux morceaux, est assez clair, et bien résumé dans le titre : l’aliénation par la ville. Il est vrai que Doves parle plus spécifiquement des villes de banlieues, ces « satellite towns », mais le constat est plus ou moins le même. La ville nous fait du mal (encore plus quand elle est mal conçue, et c’est un thème cher à Paul Weller puisqu’il l’aborde dans un autre morceau figurant sur le même album, The Planner’s Dream Goes Wrong, et qu’il a mis le mot town dans plusieurs de ses morceaux, Strange Town, Boy About Town), elle nous oppresse, nous enfonce. « It’s almost stone cold dead », balance Paul, alors que Jimi dit être « ten feet underground ».

 

Et puis, si le constat est le même, la conclusion diffère. Weller a(vait) encore de l’espoir. Il faut se relever, se battre, changer les choses.« It’s up to us to change this town called malice », « I’d sooner put some joy back in this town called malice » gueule Paul.

 

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Jimi, lui, conseille de se tirer, pour ne pas se faire écraser : « you better make sure that you don’t crack you’re head on that pavement, man », et aussi « I gotta get out of this satellite town ». Rappelons au passage que ce morceau est issu d’un album intitulé Some Cities, dont le morceau éponyme évoque le pouvoir des villes, mais de manière plus nuancée : « Some cities crush, some cities heal, some cities laugh, while other cities steal ».

 

Est-ce le cynisme des années 2000 qui fait dire cela ? Pourtant, dans les années 80, en pleine crise Tatchérienne au Royaume Uni, l’espoir se faisait rare. C’est probablement le cas pour Weller, qui manie le contre-pied à peu près aussi bien que la Rickenbacker (souvenez-vous de Man In The Cornershop et son apologie sournoise de la petite entreprise soutenue par Dieu lui-même).

 

Bref, cynisme ou pas, nous avons là un bel hommage au glorieux aîné, et la Vigie espère que vous saurez l’apprécier à sa juste valeur.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Il ne faut pas… regarder le crunch en écoutant The Jam

21 mars 2010

Pas de The Jam pendant France-Angleterre

La Combinaison #9

Tout d’abord, un message clair et précis : LA FRANCE A FAIT LE GRAND CHELEM !!!

 

Voilà, pour vous qui n’entravez que dalle au rugby, et qui par conséquent n’aviez pas compris ce que le mot crunch signifie, et qui en plus êtes trop fainéants pour faire une recherche sur un moteur de recherche, vous le savez à présent : ce week-end est marqué par un événement dans l’Ovalie. L’équipe de France, non seulement a remporté son neuvième Grand Chelem (six ans après le dernier), mais en plus elle l’a fait contre l’Angleterre, l’équipe de Rugby qu’on aime le plus détester.

 

L’Angleterre du Rugby, c’est avant tout un joli maillot blanc, flanqué d’une magnifique rose sur le cœur : The English Rose.

 

Or, si vous êtes un amateur éclairé de musique (et c’est forcément le cas puisque vous lisez ce blog), lorsque vous entendez parler de rose anglaise, vous pensez fatalement à The Jam, et au fantastique album All Mod Cons. Et c’est là que vous êtes sur le point de faire une boulette. Car si vous écoutez English Rose avant la fin du match, il y a de fortes chances que vous vous laissiez séduire par cette ballade brute de décoffrage, chantée par un jeunot plein de culot (Paul Weller, déjà au sommet de son art), et que du coup vous vous mettiez à soutenir la mauvaise équipe !

 

Vous ne me croyez pas ? Ecoutez plutôt :

 

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Bref, si vous passez le week-end à pleurer la défaite des rosbeefs, générant haine, moqueries et autres quolibets partout où vous passez, tandis que lesdits rosbeefs, pleins comme des huîtres, ronds comme des boules, bourrés comme des coings (bref, des anglais, en somme) vous rejettent parce que selon eux vous ne savez pas boire (savoir boire = boire beaucoup et vite, et si possible vomir avec classe dans le caniveau), c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio