The Jam et OK Sweetheart en vue !
26 octobre 2011
Hilare, explosant de rire entre chaque mot, ce qui rend son apostrophe encore plus longue et ennuyeuse, la Vigie, après avoir entendu parler le Plongeur, ne rate pas l’occasion de se payer Ciccio. Ce dernier lui retourne un regard noir. Il tente de tenir bon face à son collègue, qui est obligé de se tenir au mur pour ne pas tomber par terre de rire, mais il ne résiste pas longtemps. Ciccio aussi finit par exploser de rire, et se jette dans les bras de la Vigie, qui n’en demandait pas tant.
« Tu peux pas savoir comme j’ai ri quand j’ai entendu l’histoire. Ah la la, toi et les années 60, alors. Va falloir que tu passes à autre chose, tu sais ? Remarque, c’est pas l’actualité musicale qui va t’aider : tout sonne comme il y a 50 ans de nos jours. Pas plus tard qu’hier, justement, j’écoutais un truc qui m’a fait penser à toi. Tiens, viens dans ma cabine, je vais te faire écouter ». C’est sur ces mots que la Vigie entraine son ami derrière lui.
La Vigie lui laisse à peine le temps de s’installer qu’il lance un album qu’il vient de découvrir, et les premières et excellentes notes de You Let Me Down de OK Sweetheart résonnent. Au moment où Ciccio s’apprête à faire part de son enthousiasme, il est, comme souvent, douché par son ami. « Oh putain attends, faut que t’entendes ça ! » s’exclame joyeusement la Vigie.
Ni une ni deux, il embraie sur le deuxième morceau de l’album, l’éponyme Home. Instantanément, il se tourne vers Ciccio et lui fait son regard habituel, mi joyeux mi entendu, avec les sourcils qui montent et qui descendent comme pour dire « alors ?? alors ?? ».
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Généralement, Ciccio reste silencieux, et la Vigie entame le deuxième acte : il lève les yeux au ciel et pousse des soupirs en laissant échapper des fragments de mots. « Attends… j’veux dire… Quand même… Là… Merde… ».
Ce deuxième mouvement est généralement assez court, et est brutalement interrompu par le troisième et dernier acte, qui voit la Vigie froncer les sourcils, marmonner un truc inaudible dans sa barbe (Ciccio se demande d’ailleurs comment, après avoir vécu cette scène des centaines et des centaines de fois, il n’arrive toujours pas à comprendre ce que dit la Vigie), avant de se jeter sauvagement sur un disque pour le mettre rageusement dans son lecteur. La conclusion de ce mouvement est un cri de libération :
« Et là tu vas me dire que tu vois pas de ressemblance peut-être ??!! »
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Voyant sur le visage de Ciccio qu’il a compris, il se radoucit. Un sourire de soulagement se lit sur son visage alors que son ami, totalement emporté par la basse et le clavier de The Jam, vient de se lever pour danser frénétiquement en criant « Pa pa pa pa papapaaaaaa… » pour accompagner Paul Weller.
Quand ce qui reste comme l’un de ses morceaux préférés de The Jam se termine, Ciccio, en sueur d’avoir dansé et chanté à cent à l’heure pour suivre le rythme effréné de Weller, ne perd pas le nord. Il profite de ce qu’il croit être un moment d’inattention de la Vigie, prend discrètement le disque d’OK Sweetheart et se précipite dans sa cabine pour l’écouter tranquillement.
En vérité, la Vigie observe son manège les yeux mi-clos, et lâche un petit rire après le départ de son ami. Il se murmure à lui même : « Tu m’en diras des nouvelles, mon Ciccio… ».
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Ciccio








