Le Sous-Marin Jaune cherche une introduction musicale parfaite

30 août 2010

 

Périscope #28

Le Sous-Marin Jaune part en vacances

Les meilleures choses ont une fin : Ciccio, Fantasio et le Yéti sont de retour de vacances et ont ré-embarqué dans leur fier vaisseau, le désormais fameux Sous-Marin Jaune.
Chacun vaque à ses occupations, range ses maillots de bain, raconte ses petits souvenirs musicaux de l’été. Le Yéti en profite pour se raser (un peu) la barbe hirsute qui lui bouffe les joues depuis quelques jours. Une tâche qu’il opère en écoutant Blue Monday de New Order.

 

« Fichtre, cette intro, elle est tout de même intemporelle… » se dit il. « Rhaaaaa, impossible de me raser avec ses beats qui pilonnent ma salle de bain, j’ai envi d’onduler mon gros corps velu ! »
En nage, le Yéti déboule dans la salle des machines et harangue ses comparses : « Damned les gars, Blue Monday a la meilleure intro musicale du monde, non ? Vous êtes d’accord avec moi, ou vous avez un meilleur exemple d’introduction musicale mythique ? C’est important pour vous une bonne introduction musicale ? »

 

 

New Order BM88

New Order BM88

En fait, en y réfléchissant bien, l’intro de Blue Monday était revenue titiller le Yéti le jour du concert de The Divine Comedy à Pleyel, lorsque Neil se mit à chanter At the Indie Disco et qu’il imita façon Human Beatbox le début du tube de New Order. A peine 3 notes jouées et tout le public était en transe, hurlant, pas loin d’un orgasme collégial. C’était fascinant à écouter, le pouvoir de cette petite boîte à rythmes. Tout le génie de New Order était là.
Mais après avoir joué aux derviches tourneurs sur le dance-floor, le Yéti se mit à penser à une autre brillante introduction, celle beaucoup plus calme de California Girls des Beach Boys, avec ses petites notes douces et élégiaques qui s’évaporent doucement pour laisser la place à une belle chanson pop forcément sublime. Pas de doute, le Yéti est un amoureux transi des introductions musicales réussies.

 

Television - Marquee Moon

Television - Marquee Moon

Ciccio, quant à lui, les yeux rivés sur le visage du Yéti, répond « FAUX » ! En effet, quand on a une barbe aussi belle et fournie que celle du Yéti, on ne la rase pas. Ciccio ne s’est pas rasé depuis son départ en vacances il y a plus d’un mois, et il compte bien ne pas s’arrêter en si bon chemin, espérant ressembler bientôt au Yéti, voire, mieux encore, à Joaquin Phoenix dans I’m Still There.
Par contre, lui aussi s’accorde à dire que les intros, quand elles sont réussies, subliment une chanson. Ce qui ne signifie aucunement que les chansons sans intro sont forcément mauvaises (Ciccio est dans une phase Bob Dylan / The Band ces jours-ci, et c’est amusant de voir comment leurs morceaux se passaient allègrement d’intro, voire même de toute partie instrumentale pour Dylan dans les années 60 : le morceau commence sur le premier mot du texte et s’achève en même temps que le dernier).
Ce que Ciccio affectionne tout particulièrement, c’est quand les instruments arrivent l’un après l’autre, dans les intros (oui, c’est bateau, il en a conscience, mais il aime). Marquee Moon, de Television, est une de ses préférées, au même titre que l’évident A Forest de The Cure ou le beaucoup moins connu Italian Leather Sofa de Cake.
Autre type d’intro qu’il adore, celle qui laisse la part belle à la guitare pop, qui la laisse partir, revenir, s’envoler, s’entrechoquer gentiment avec les autres instruments, sans jamais tirer la couverture à elle avec un solo vulgaire et bruyant, préparant parfaitement le terrain pour l’entrée de la voix. Les deux exemples qui lui viennent immédiatement en tête sont le tourbillonnant From Time To Time de Ride et l’excellentissime The Headmaster Ritual de The Smiths.

 

Spoon - GA GA GA GA GA

Spoon - GA GA GA GA GA


Fantasio prend enfin la parole. Ravi de retrouver ses deux comparses velus aussi déterminés et sûrs de leur fait, il leur répond sans hésiter.
« Non, franchement mon Yéti, tu as vu juste, une fois de plus. » Sur le moment, il ne sait pas trop si c’est son manque de répartie, le ralentissement estival de ses neurones ou l’enthousiasme du Yéti et de Ciccio qui le pousse au consensus.
En fait, Fantasio aime surtout les intros d’albums, les titres lents ou syncopés placés en tête de disque, et qui se démarquent d’une manière ou d’une autre : l’entêtant Don’t Make Me a Target au début du Ga Ga Ga Ga Ga de Spoon par exemple. Ou alors dans un style complètement différent, le Mojo Pin de Jeff Buckley, probablement l’introduction d’album la plus bizarroïde de tous les temps.
De retour à bord du vaisseau pour cette nouvelle rentrée musicale, Fantasio préfère finalement observer le Yéti se raser sur le rythme de Blue Monday, convaincu que le Sous-Marin avancera un peu plus vite, boosté par l’énergie du trio.

 

 

Le Sous-Marin Jaune fait remonter les idoles à la surface

12 juillet 2010

Périscope #26

Le Sous-Marin Jaune et ses idoles

Cette semaine, branle-bas de combat à bord du Sous-Marin Jaune : Fantasio, débarque en salle des machines, tel un Yéti en rogne. Ses amis l’observent, effarés, débiter un discours fleuve, où reviennent les termes « responsabilité », « prise de pouvoir » et « ambition ». Sa diatribe s’achève sur la phrase suivante : « Cette semaine, c’est moi le patron, et vous allez faire ce que je vous dis ».
Ciccio, incrédule mais pragmatique, « Fantasio, tu veux quoi ? »
« D’abord, qu’on mette le cap vers le large et qu’on prenne tous des vacances. Quand on sera partis, on ouvrira des bières et vous me raconterez à quel chanteur/artiste vous vouliez ressembler quand vous étiez petits. »

 

Après avoir accompli ce qu’il lui incombait en salle des machines, le Yéti regagne la cuisine pour ouvrir cette fameuse bière promise par Fantasio. Ah, décidément, il a bien peu de moral, ce Yéti… On lui promet une bière et il accepte sans sourciller le coup d’état de son ami Fantasio ! Tssss…

 

En cuisine, il retrouve Ciccio qui a déjà mangé la moitié des Tucs au fromage et Fantasio qui ouvre cette fameuse bière. Le Yéti se détend et se livre.

Tête de Ian Brown

Ceci est un Yéti

« Quand j’étais ado, moi je voulais ressembler à Ian Brown des Stones Roses ou Clint Boon des Inspiral Carpets ! »

 

Parce que, pour le Yéti, ces types étaient la quintessence même du mec cool, très classe avec leurs fringues psychés et leurs coupes de cheveux des années 60 (genre coupe au bol). Le Yéti était jaloux de leur grande gueule, de leur talent (n’oublions pas que les Inspiral Carpets furent un formidable groupe à singles).

 

Et puis il faut comprendre que pour toute une génération de blancs-becs indie, le Summer of Love de Manchester de 1989 fut une véritable révolution, le premier courant musical qu’ils pouvaient s’approprier. Ces branleurs mancuniens osaient tout, donnaient des interviews démentes sans queue ni tête (n’est ce pas Shaun Ryder et Bez des Happy Mondays ?), avaient le meilleur slogan du monde (Cool as Fuck) et composaient des foutus hymnes à beugler dans sa chambre parisienne. La TRÈS grande classe.
Le Yéti n’a jamais retrouvé cette effervescence depuis, cette excitation… Sentant les larmes lui monter aux yeux, le Yéti s’enquille fissa la moitié de sa bière pour se redonner une contenance.

 

Ciccio, cadet du Yéti d’une petite trentaine d’années, a raté Madchester. Certes, les albums dont parle son vieux collègue ne lui sont pas étrangers, et, qui plus est, il les vénère lui aussi, mais il les a connus après, et la coupe au bol de Clint Boon ne le faisait pas rêver quand il était au lycée.

 

Robert Smith est vivant

Ceci n'est pas Ciccio

Non, Ciccio, au moment d’avoir 18 ans, rêvait de ressembler à Robert Smith ! D’aucuns objecteront que les années 90 ne sont pas à proprement parler la période la plus qualitative pour la troupe à Bebert, mais c’est l’époque où il s’éveillait à la musique, et The Cure était son groupe préféré, et donc il mettait des Doc Marten’s coquées marron, se foutait du spray dégueulasse dans les cheveux et adoptait un air contrit en toute occasion.
Le même air contrit dont il se para tandis que le Yéti ravalait ses larmes et avalait sa bière.

 

Blur - The Great Escape

Au lycée avec Fantasio

Fantasio, comme le savent bien ses camarades, n’est pas du genre à passer des heures à deviser sur sa jeunesse, encore moins à dévoiler son intimité. Il préfère écouter ses amis évoquer les années 80-90 (rayer la mention inutile) et étancher leur soif avec des litres de bières. Après le récit du Yéti et la plongée dans la genèse de Ciccio, Fantasio évoque pourtant les années Blur (celles de Parklife et The great escape), l’époque où il s’imaginait dans la peau de Damon Albarn accompagné de ses acolytes à lunettes. Si ces mecs ni beaux ni moches avec des patronymes ordinaires pouvaient y arriver, il y avait des raisons d’espérer.

 

Sur ces paroles, le Yéti se leva et tituba jusqu’aux toilettes. Emprise de l’alcool ou moment de grâce impromptu (ou les deux), Ciccio et Fantasio eurent le même sentiment de voir la silhouette du Yéti habitée par le corps torturé de Ian Brown.

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Fantasio

Foals – Total Live Forever

24 juin 2010

Foals, c'est bien ou pas

Babord - Tribord #3

Après le coup de grisou des Bleus à la Coupe du Monde, c’est le clash à bord du Sous-Marin Jaune : Le Yéti et Ciccio ne sont pas d’accord à propos de l’album des Foals. Fantasio, une fois n’est pas coutume se pose en arbitre de leur violente confrontation.



Ciccio :
C’est un lieu commun : il est impossible d’avoir une première écoute objective. Il y a de nombreuses raisons à cela, et ce même lorsqu’il s’agit d’un groupe tout neuf, dont personne n’a jamais entendu parler. A la limite, la seule exception possible à cette règle serait d’écouter un album sans pouvoir voir la pochette, le nom du groupe, le nom de l’album, le nombre et le titre des morceaux. Et puis si possible avoir les yeux fermés.


Pour le nouvel album de Foals, le biais principal pour moi est le fait que je n’ai pas aimé le premier album, Antidotes. Bien sûr, je ne l’ai pas trouvé aussi insupportable que l’odeur du Yéti après son jogging dominical, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans.


Foals - Total Live Forever

Foals - Total Live Forever

Je suis donc immédiatement méfié de Total Life Forever, d’autant que les gens qui m’en ont parlé m’ont dit qu’il était très décevant par rapport à son prédécesseur. Moins bien qu’un truc que je n’ai pas aimé ? Ouh là, ça fait peur…

Mais toute personne qui a fait (et a compris les grandes règles) des mathématiques après la sixième sait que – et – font +, et que donc plutôt que d’avoir peur, j’aurais du trouver cela encourageant.


Bref, oubliant mathématiques, logique, objectivité et avis d’amis, je me suis lancé dans l’écoute d’une traite, sans m’arrêter, et je n’ai pas été déçu. En quelques semaines, au gré de mes listes de lectures, j’ai écouté certains morceaux, comme notamment le fantastique Blue Blood, tout en montée progressive et tension sous-jacente, près de 10 fois.

The Cure - Faith

The Cure - Faith

L’ensemble de l’album est très homogène, et évoque pour moi l’album Faith, de The Cure, qu’on aurait accéléré et remixé, pour qu’il donne moins envie de se tirer une balle (ceci n’est pas une critique, Faith est un de mes albums préférés). Donc on a des morceaux qui pourraient presque passer en club (Miami, Total Life forever), mais dont le fond de l’air reste bien cold. L’excellent Spanish Sahara est également un bon exemple de cette fraiche tension, avec son introduction très (trop ?) calme, planante, et sa conclusion à fond les manettes.


Récemment, après deux ou trois écoutes toujours plus enthousiastes de cet album, je me suis dit qu’en fait j’avais rien compris au premier, et que je me devais de lui donner une seconde chance. N’ayant hélas pas réussi à l’écouter jusqu’au bout, je me dis que finalement, mon écoute de Total Life Forever était aussi objective que possible.



Le Yéti :
J’ai voulu aimer ce disque. De toutes mes forces. Car je sens bien que cet album est important, un peu comme The Xx l’an dernier. Alors, j’ai écouté cet album sans relâche, au casque chez moi, au bureau, en marchant, en courant. Mais à chaque fois, je lâche prise. Inexorablement. Lassé, fatigué par ces percussions rêches et ces rythmes syncopés. K.O. dès le 2ème round.

The XX

The XX

La presse a souvent été tenté de présenter ce disque comme un OK Computer bis. Mais à mes yeux, il manque à cet album un ingrédient essentiel pour se hisser au niveau du faramineux opus de la bande à Thom Yorke : les mélodies.

J’ai en effet souvent l’impression d’entendre sur ce disque une longue suite de climats, d’atmosphères. Bien sur, c’est chouette tout cela, mais ça manque de corps, de chair pour tenir en haleine jusqu’au bout et pour fixer mon attention.

Et puis autre souci pour moi, ce disque suinte la claustrophobie, une moiteur étouffante qui le rend difficile à écouter. Pourtant j’ai aimé des disques lourds et oppressants (de Joy Division au Third de Portishead), mais il n’y a ici aucune fascination à entendre les étranges mélopées de Yannis Phillipakis : juste l’impression d’entendre la même chanson avec ces sempiternelles percussions africaines dont les groupes à la mode aujourd’hui usent et abusent. Une vague posture arty qui me laisse froid et indifférent, et cela malgré quelques fulgurances et quelques chansons bien foutues.

Dommage, j’ai vraiment voulu aimer ce disque…


Il ne faut pas… écouter de la musique religieuse après le jeudi de l’Ascension

15 mai 2010

pas de musique religieuse le jeudi de l'Ascension

La Combinaison #17

Parmi son gigantesque flot d’abondantes inutilités, il est encore certaines choses apportées par la Religion que personne ne souhaite remettre en cause. Les jours fériés font assurément partie de cette catégorie, même si la plupart d’entre nous serait bien incapable d’en expliquer la signification, ou, pire encore, de les défendre (« ben, en fait… comment dire… il était mort quelques temps avant, puis il est revenu, c’est ce qu’on appelle la Résurrection. Si si, c’est vraiment arrivé… Bref, et après ben il est parti au ciel… Comment ? Oui, il est re-mort, si tu veux… Et c’est ce qu’on appelle L’Ascension »).

 

J’imagine d’ici la foultitude de questions à la fois innocentes et piégeantes que ma fille de six ans et demi poserait après une telle explication.

 

Au Sous-Marin, nous ne sommes pas des grands défenseurs de la Religion, même si nos prises de positions musicales pourraient être comparés à des dogmes dictés par un représentant de l’une des trois grandes sectes de notre temps. Nous avons la foi, donc, mais pas celle dont parlait le barbu illuminé. Nous ce serait plutôt celle d’un chevelu illuminé appelé Robert Smith.

 

Et, puisque Universal nous fait le plaisir de rééditer l’album Disintegration en coffret trois disques, avec album remastérisé, live intégral de l’album à Wembley, et enfin un disque de raretés comprenant probablement mon morceau préféré du groupe, en version live, je ne résiste pas au plaisir de partager une autre version live de ce même morceau, ici et maintenant, en attendant la sortie prochaine dudit coffret :

 

 

Certes, nous vous prévenons un peu tard, mais il vous reste encore tout le week-end pour rectifier le tir, jeter vos albums de rock évangéliste à la poubelle et vous ruer sur le mini site dédié à la réédition de Disintegration, en attendant sa sortie dans une grosse semaine…

 

Si vous passez le week-end à repousser les assauts de vos voisins bigots qui tapent à la porte en hurlant qu’ils ont entendu chez vous la voix de Jésus, et qu’ils ont des choses à vous communiquer sur son prochain retour, tandis que vous essayez de leur expliquer qu’en fait non, c’était pour rire, que vous n’êtes pas vraiment croyants, que vous vouliez juste voir à quoi ressemblait le rock chrétien, et que finalement vous êtes obligés d’appeler la police (un comble) pour les déloger de votre palier, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

 

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Ciccio

Je n’aime pas les pogos

13 mai 2010

Je n'aime pas les pogos

Torpille #8

Ce n’est un secret pour personne, et si c’était un secret pour vous, nous pourrions affirmer que cela ne le sera plus dès lors que vous prendrez la peine de lire la fin de cette phrase en entier, je n’aime pas la musique qui fait mal aux oreilles. Dès que les mélodies sont un peu dissonantes, dès que les guitares sont un peu trop saturées, dès que le chanteur ou la chanteuse crie plus qu’il ou elle ne chante, dès que le batteur « laisse le feeling dans les loges » (comme le dit si bien Richard Chappoteaux), bref dès que c’est trop fort, je n’arrive plus à écouter.

 

Attention, loin de moi l’intention de dire que les musiques que je rejette pour ces raisons sont forcément nulles à chier (on peut penser un truc très très très fort dans sa tête, et pour autant jamais le dire – c’est soit de la diplomatie, soit de la trouille). J’ai même de très bons amis qui écoutent de la musique « qui tend », ou de la musique industrielle, voire même de la musique hardcore… Bon, j’ai aussi des amis qui disent que je suis sectaire, snob, et me traitent d’Ayatollah. Comme quoi, faudrait que je fasse gaffe aux gens avec qui je me lie d’amitié. Mais revenons à nos moutons.

 

Oh ! Une guitare moche !

Oh ! Une guitare moche !

La musique qui fait du bruit, surtout celle dont le bruit sort de guitares moches, s’accompagne d’un style bien particulier et de comportements, notamment lors de concerts, que j’ai bien du mal à comprendre d’une part, et à supporter d’autre part.

 

Le fameux pogo, pour ceux qui ne connaissent pas (j’en doute, mais bon, on sait jamais…), consiste à, lors d’un concert plutôt énergique, à tourner sur soi même en se projetant le plus violemment possible vers d’autres gens qui eux aussi tournent sur eux mêmes, et qui eux aussi se projettent sur vous. Je reconnais que raconté comme ça, ça peut paraître un peu bête. Mais il faut le voir, le vivre, et là vous verrez, ce n’est pas bête du tout, c’est en fait totalement crétin. Non seulement les mecs sont contents de participer, mais le top du top pour eux c’est de se faire mal, un peu comme cette série appelée Jackass, dont la simple évocation suffit à me donner envie de casser ma télé sur la tronche de la personne qui m’en parle.

 

Pour vous donner une idée plus précise sur les objectifs du pogo, voici un exemple de ce que l’on peut entendre le lendemain d’un concert (notez la transformation du substantif en verbe conjugué au passé composé, un vrai bonheur) : « Putain hier on a pogoté comme des malades au concert de Phakochera, je me suis pris une bonne béquille, du coup là je boite. Mais le mec plus tard, enfin je crois que c’était lui, ben je lui ai mis un bon coup de tête, et il est parti avec le nez en sang. Trop bien, quoi… » :

 

Arrivé ici, le lecteur (car oui, nous n’en avons qu’un) doit normalement tonner, éructer, bref se lever pour me dire : « Mais pourquoi diable nous parles-tu de ça ? Il te suffit de pas y aller, dans ces concerts, et l’affaire sera entendue ?! »

 

Oh ! Une autre guitare moche !

Oh ! Une autre guitare moche !

Hélas, cher lecteur, la vie n’est pas aussi simple. Car dès mes premiers concerts, il y a de cela presque 20 ans (The Cure, snif snif, quelle émotion…), et surtout dans les années 90 (ma grande période Britpop : Oasis, Pulp, etc…), j’ai été obligé de subir les assauts des pogos, dès lors que je me trouvais dans la fameuse fosse.

 

Force est d’avouer que j’en vois de moins en moins, d’une part parce que pogoter sur Richard Hawley (mon prochain concert), c’est quand même pas évident, mais j’ai également l’impression que cette pratique est en train de se raréfier. Mon concert suivant, le dernier de Supergrass, me permettra de valider cette intuition.

 

Cher lecteur, si tu as pris ta place pour Supergrass (et si tu ne l’as pas fait c’est trop tard), de grâce, ne pogote pas. Viens plutôt au fond de la salle me payer une bière.

 

 

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Ciccio