Je n’aime pas… les gens qui jugent un second album en le comparant au premier

1 juillet 2011

 

Torpille 13

Torpille #13

Chaque jour, de nombreuses choses contrarient les trois compères du Sous-Marin Jaune. Plutôt que de ruminer sa colère seul dans son coin, le matelot est sommé à chaque fois par ses comparses de s’expliquer. Cette semaine, c’est Ciccio qui en a gros sur la patate. Vas-y, Ciccio, tu peux t’épancher !

 

N’y a-t-il sur cette terre une chose qui fasse plus délirer et rêver les critiques de musique que le second album d’un groupe qui les a convaincus lors du premier ?

 

Et plus l’attente est longue (comme par exemple pour les Stone Roses, qui ont fait patienter leur monde cinq ans avant de délivrer le bien nommé Second Coming, se faisant dépasser au passage par le train de la Britpop, emmené par Blur et Oasis), plus ils glosent et se perdent en hypothèses aussi improbables que fantasmées, se basant sur des morceaux de bouts de live écoutés ici et là, ou encore sur des rumeurs d’amis de frères de relation de soirée de cousin germain du petit ami d’une obscure groupie de l’artiste.
Tout ça pour ça, pourrait-on dire…
Car à la vérité, quelle que soit la qualité de ce second album, quel que soit son style, il sera de toutes façons mal reçu, et ce de deux manières uniquement, que je m’en vais vous décrire ici, que ça vous plaise ou non.

Il est bien ce second album des Stones Roses?

Il est bien ce second album des Stones Roses?

 

Disclaimer (je sais pas le dire en français, ce mot, désolé).
Évidemment, il arrive que l’on assiste à quelques exceptions de critique de second album, rarissimes, mais elles ne sauraient en aucun cas remettre en cause la règle fondamentale (sans exception, pas de règle), que je n’invente d’ailleurs pas, me contentant de la faire passer à mon prochain, qui veut qu’un second album sera forcément moins bien perçu, car condamné à être comparé au premier. Ne vous fatiguez donc pas à blinder les commentaires de contre-exemples : vous avez tort avant même de commencer à écrire (et puis même si vous avez raison, vu que j’ai déjà écrit l’article, c’est trop tard, fallait le dire avant – et j’ajoute que je m’en tape).

 

 

Scénario numéro 1 : “Pffff, l’est nul le second album de The _____, il est pareil que le premier…
Et alors ?! On s’en balance non ? Si le premier était bon, et que le second lui ressemble, ben c’est que le second est bon aussi, oui ou merde ? Qu’est-ce qu’on en a à battre que l’artiste révolutionne son style tous les deux ans, bordel…
Si je vous dis Richard Hawley, Elbow, Herman Düne, Band Of Horses, Ben Folds Five, Grandaddy pour les plus récents, ou The Band, The Beach Boys, The Rolling Stones ou Neil Young pour les monstres sacrés. Tous ces artistes ont en commun d’avoir fait non seulement deux premiers albums marqués à la fois d’un fort mimétisme et d’une qualité rare (qui plus est en progression), mais également d’avoir creusé un sillon au fil des albums, de sorte que leurs meilleurs albums sont finalement ceux qui se ressemblent le plus.
Vous imaginez si on avait dit à Neil Young d’arrêter de faire de la musique sous prétexte que ses deux premiers albums se ressemblaient trop ?

 

Trop nul cet album: Nico ne chante pas !

Trop nul cet album: Nico ne chante pas !

Scénario numéro 2 : “Pffff, l’est nul le second album de The _____, il a rien à voir avec le premier…
Et alors ?! Voire même “Et alors MERDE ?!”. Ils ont pas le droit de tenter autre chose ? Du moment qu’on prend du plaisir à l’écouter, on s’en bat la race de savoir qu’il ressemble pas au premier album ! Et puis bordel, faut savoir ce que vous voulez (cf le scénario numéro 1)…
Ça m’énerve tellement que je suis obligé de sortir une liste, c’est malheureux mais c’est comme ça (et puis du coup on met les noms de groupe en gras, il paraît que c’est top pour le référencement naturel) : The Velvet Underground, The Who, Pink Floyd pour les anciens, puis aussi Noah & The Whale, The Cure, Jack Peñate, Radiohead
Vous imaginez qu’on puisse râler parce que sur le deuxième album du Velvet y’a pas Nico à la voix ?

 

La conclusion s’impose : un second album ne peut et ne doit être jugé que sur ses qualités intrinsèques, et non pas en comparaison de son prédécesseur, d’autant plus s’il est illustre.

 

Donc, si j’entends encore le Yéti râler parce que le second album de je-sais-pas-qui est nul parce qu’il ressemble trop (ou pas assez) au premier, je tue le chien (paraît qu’il y en a un dans le Sous-Marin, et c’est forcément au Yéti, vu son amour pour les poils).
C’est compris ?

 

 

Ciccio

 

 

The Cure et The Horrors en vue !

8 juin 2011

 

The Horrors comparé à The Cure

La Vigie #55

Quand on tend à jouer la même musique qu’un groupe plutôt très connu, autant puiser également dans son héritage visuel, voire même, allez, soyons fous, dans les titres de ses morceaux !

 

C’est probablement à cette conclusion, pas si évidente que cela, qu’ont du arriver nos amis anglais de The Horrors lorsqu’au début de 2009 ils se sont mis à réfléchir sérieusement à leur deuxième album. Certes, s’ils ne seront jamais des copieurs aussi appliqués que les Hollandais pas très volants de The Essence, les Horreurs ont quand même quelques arguments de poids dans la course à la copie du groupe de l’idole de jeunesse de la Vigie : Robert Smith.

 

Déjà ils s’appellent The Horrors, un mot dont le champ lexical doit être présent dans les paroles de Robert autant de fois que le champ lexical religieux dans la bible. Ensuite, leur deuxième album, donc, s’appelle Primary Colors. Primary, c’est tout simplement un des meilleurs titres de l’album Faith.

 

Et puis, ce qui intéresse tout particulièrement la Vigie ici, c’est la pochette de cet album. Elle ne vous rappelle pas quelque chose ?

 

Merde, les mecs, on est flou sur la photo !

Merde, les mecs, on est flou sur la photo !

 

Et oui, elle vous rappelle la pochette de l’album qui a suivi Faith, encore plus noir que son prédécesseur (qui l’eut cru ?), si noir qu’il a changé le groupe à (quasi) tout jamais…

 

Devinette : où est Robert Smith sur cette photo ?

Devinette : où est Robert Smith sur cette photo ?

 

En fait, c’est dommage, il aurait suffi d’une petite référence à 17 Seconds pour que la trilogie magique soit invoquée…

 

 

Ce modeste texte n’aurait pu être écrit sans la judicieuse suggestion de Blake. Merci à lui.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Eloge de Lloyd Cole et Richard Hawley

8 novembre 2010

 

Périscope #37

Périscope #37

Ce week-end le Yéti est sorti du Sous-Marin Jaune. Il a pris les transports en commun, a rejoint une ancienne collègue de travail et est allé voir Lloyd Cole en concert. Et une nouvelle fois, ce fut grand, immense.
C’est drôle car quand on demande au Yéti ses artistes préférés, il cite toujours les Beach Boys, Broadcast ou Divine Comedy. Mais jamais Lloyd Cole. Pourtant ce type occupe une place à part dans le cœur du Yéti : premier CD qu’on lui a offert (Rattlesnakes), des émois en veux tu en voilà sur les albums solos qui ont suivi. Lloyd est l’artiste que le Yéti vénère secrètement, une passion qu’il partage avec peu d’amis (par peur des quolibets ou bien d’être obligé de ré-expliquer pourquoi ce type est talentueux alors que tous ses albums le prouvent).
Mais ces temps sont révolus, le Yéti se sent en confiance avec Ciccio et Fantasio. Alors cette semaine, il aimerait savoir ce que représente Lloyd Cole pour ses comparses, s’ils partagent sa ferveur pour l’artiste et son dernier album Broken Record.

 

 

Lloyd Cole - Broken Record

Lloyd Cole - Broken Record

Ciccio se souvient de cette époque lointaine où il habitait chez ses parents, avec sa grande sœur, de quatre ans son aînée. Parmi les artistes qu’elle écoutait, il y avait Depeche Mode et The Cure, que Ciccio écoute encore aujourd’hui avec beaucoup de plaisir. Et puis il se souvient qu’elle lui avait aussi fait écouter un morceau appelé Forest Fire, signé Lloyd Cole & The Commotions, et que ce morceau lui avait beaucoup plu. Il a le vague souvenir d’un album appelé Bad Vibes, et d’un Lloyd Cole légèrement mauvais garçon sur une autre pochette, d’un album appelé justement Lloyd Cole
Que reste-t-il aujourd’hui ? L’album Love Story fait partie de la discothèque de Ciccio, tout comme Broken Record, qui correspond bien à l’air du temps et à la musique américaine qu’il apprécie. Ciccio se dit qu’en fait, Lloyd, c’est un peu ce vieil ami qu’on perd de vue sans trop de tristesse, mais qu’on prend énormément de plaisir à revoir, en se disant que cette fois-ci, c’est juré, on n’attend pas cinq ans avant de reprendre des nouvelles.

 

Lloyd Cole - Don't Get Weird on me babe

Lloyd Cole - Don't Get Weird on me babe

 

De son côté, Fantasio hésite : faut-il rouer le Yéti pour son manque de confiance en soi (pour ne pas dire de cran) quand il confesse son affection pour Lloyd Cole ? Ou faut-il lui tendre la main et convoquer les émotions. Fantasio pose une main sur l’épaule de son ami et se prépare à lui adresser un coup de boule, quand un objet tombe de la poche de son pantalon. Il se penche pour le ramasser et le tendre à ses amis : la k7 audio de Don’t get weird on me babe. Il oublie son agacement coutumier et se précipite sur le ghetto blaster du Yéti. Il enfonce la touche play et éructe dès l’intro de Tell your sister : « Putain mon Yéti, qui t’a traumatisé au point que tu aies honte des disques d’un type aussi doué ? ».

 

 

LloydCole - Rattlesnakes

LloydCole - Rattlesnakes

Face à Fantasio, le Yéti baisse la tête et prend conscience de sa bêtise. Dans la petite sphère snob du rock indépendant, Lloyd Cole a au mieux été méprisé (les Inrocks ignore royalement ses derniers albums depuis au moins 10 ans), au pire été vilipendé (musique surannée et vieillotte, crient les détracteurs). Or Fantasio a raison: Lloyd Cole est doué. Car depuis vingt ans, Lloyd Cole compose des mélodies intemporelles au service d’un humour acide et désenchanté, qui aujourd’hui forment la plus étonnante des chroniques des années 90 et 2000. Le concert à l’Alhambra vendredi soir en fut une nouvelle preuve éclatante: Lloyd était accompagné de deux autres guitaristes et a joué deux heures, des anciennes chansons, notamment de Rattlesnakes, un des meilleurs albums des années 80, et de Broken Record, le petit dernier. Ce fut un set d’une classe folle, digne de Richard Hawley. Un moment inouï et rare.
Le Yéti ne s’en cache plus désormais et vous le dit avec aplomb : Lloyd est tout simplement l’un des meilleurs compositeurs aujourd’hui. Et puis c’est tout.

 

 

Le Gimmick selon Echo & The Bunnymen

29 octobre 2010

Le Gimmick selon Echo and the Bunnymen

Le Sonar #1

Récemment, sous l’impulsion du Yéti, les matelots du Sous-Marin Jaune avaient disserté sur les meilleurs gimmicks de l’histoire planétaire depuis le crépuscule de l’aube de la nuit des temps de la musique pop rock (pour les fainéants qui n’ont pas cliqué sur le lien précédent – je parle du truc souligné, dans la phrase, là – rappelons qu’un gimmick est un espace musical, peuplé de quelques notes ou d’un bruit spécifique, capable de capter l’oreille de l’auditeur et de le rendre fou amoureux de la chanson dans laquelle ledit espace est placé).
Aussi avons-nous décidé, à l’unanimité, d’y consacrer une nouvelle mini rubrique : le Sonar !
Honneur au Yéti, donc, qui inaugure aujourd’hui ce nouvel espace de liberté d’expression unique dans le monde du blog musical.

 

 

Je suis vieux. Très vieux. J’ai connu un certain rock indé que les moins de… fichtre je ne sais plus trop, ne peuvent pas connaitre.

 

Ainsi, j’ai vécu la grande aventure Echo & The Bunnymen dans les années 80. Avec ferveur et passion, car Ian McCulloch était (reste) mon idole quand j’étais gamin, pour sa morgue, sa classe, sa voix et pour ses chansons. Parmi elles, l’inoxydable Rescue, présente sur le premier album des Hommes-Lapins, Crocodiles. Ce titre s’ouvre sur un énorme gimmick, quelques notes entêtantes de guitare qui carillonnent, d’une pureté cristalline avant que Ian ne vienne y foutre le feu.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Aujourd’hui encore, c’est l’un de mes riffs préférés. D’une grande simplicité certes, mais pour moi le meilleur exemple d’un certain son anglais typique des années 80. Un son qui n’a pas trop mal vieilli, je trouve, et qui ne vous colle pas un cafard monstre comme celui des nombreux comparses d’Echo à l’époque (The Cure et Joy Division en tête). Un gimmick qui prouve à lui seul la grande classe de ce groupe sous-estimé et souvent raillé.

 

Mais tremblez, bande de sauvageons ! Un jour, Ian reviendra avec un album solo qui enterrera tout le monde, un album que l’on rangera entre Richard Hawley et Scott Walker. Je le sais, je l’ai lu dans le marc de mon café ce matin.

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Robert Smith et Amélie Nothomb en vue !

27 octobre 2010

Amélie Nothomb comparée à Robert Smith

La Vigie #32

Vous êtes au courant qu’Amélie Nothomb a sorti un nouveau livre ?

 

Et si, c’est vrai. Ça s’appelle Une forme de vie, même. Oh, n’allez pas croire que la Vigie soit une fan d’Amélie. A vrai dire, si elle n’a jamais lu aucun de ces livres, elle trouve le personnage plutôt amusant (du moins sur les quelques plateaux télé où elle l’a vue).

 

Non, la raison pour laquelle la Vigie parle de son dernier livre, c’est justement pour ce dernier livre, et plus précisément sa couverture. Dès qu’elle l’a vue, dans la rue, sur un abribus, elle a eu un flash.

 

Jugez par vous même :

 

Amélie qui fout de plus en plus la frousse

Amélie qui fout de plus en plus la frousse

 

Le flash en question a renvoyé la Vigie à l’une de ses idoles de jeunesse, Robert Smith, leader des fabuleux The Cure (oui, fabuleux, vieux Yéti !).

 

Alors bien sûr, tout le monde sait à quoi ressemble Robert, et il existe des milliers de photos de lui sur Internet. Malgré cela, la Vigie a été totalement infoutue d’en trouver une sur laquelle il ressemble de près ou de loin à Amélie. Pourtant, c’est manifeste lorsque l’on regarde la couverture du livre : chemise sombre, cheveux noirs, teint trop blanc, yeux trop noirs… Il ne manque plus que le rouge à lèvres soit un peu plus rouge dégueulasse pour que l’hommage soit criant.

 

Mais non, rien à faire, pas la moindre photo de Robertpour corroborer à sa thèse.

 

Qu’à cela ne tienne, pour se faire plaisir, la Vigie a retrouvé la photo correspondant à un des posters qu’elle arborait fièrement dans sa chambre, au tout début des années 90, en plein paroxysme de sa période pseudo-corbeau :

 

 

Robert, qui file finalement moins la frousse qu'Amélie

Robert, qui file finalement moins la frousse qu'Amélie

 

De deux choses l’une, ce texte vous a donné envie soit de lire le dernier Nothomb, soit d’écouter un des meilleurs morceaux de The Cure, que la Vigie de peut s’empêcher de dédicacer à Amélie, scared princess pour un soir au moins.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio