Le Sous-Marin Jaune part défiler avec la CGT
11 octobre 2010Cette semaine, le Sous-Marin Jaune est tranquillement amarré à Paris, en bord de Seine. Les matelots profitent d’un peu de repos lorsque soudain un triste sire déboule sur le pont et demande à voir l’équipage. Ciccio, qui adore parler avec les inconnus, bondit et pense dans un premier temps avoir en face de lui Mireille Mathieu. Fausse alerte : si la coupe de cheveu est identique, l’individu se révèle être de sexe masculin et a même un nom : Thibault. Bernard Thibault, le gars de la CGT.
« Les gars, j’ai besoin de vous. J’ai une manif monstre à organiser cette semaine, et comme vous le savez, la musique dans nos défilés est à vomir, ça va plomber l’ambiance une nouvelle fois. Vous ne pourriez pas me conseiller des musiques à passer pendant mon défilé syndical, histoire d’être percutant et moins cucul ? Je vous payerai en merguez et tracts à la gloire de Lénine ! ».
Comme nos 3 matelots n’ont aucune conscience politique (enfin surtout le Yéti, lorsqu’il y a des merguez à la clé), et devant l’offre alléchante de Bernard, ils s’empressent d’accepter le job.
Bon alors les gars, quel genre de musique pourrait-on passer dans un défilé syndical, histoire de dépoussiérer la chose et de secouer le popotin de tous ces vieux barbus en cardigan jacquard et en pantalon de velours ?
En entendant l’appel de Bernard et les cris du Yéti, Fantasio pense à un chanteur français à moustache qui s’inscrit complètement dans ce contexte: Florent Marchet. A l’approche des manifestations, difficile de trouver aussi idoine que l’auteur de La chanson du DRH et de La Charrette pour accompagner la lutte finale et défendre le modèle social français. Car finalement, comme Fantasio le rappelle à ses comparses, ce serait un comble d’omettre l’importance des paroles.
Concernant le caractère entrainant de la musique proposée à Bernard, Fantasio compte sur la production pêchue de Courchevel pour faire bouger le gros cul du Yéti.
Pour le Yéti, défiler, c’est forcément éructer. Et du coup, pour Bernard, le Yéti conseillerait bien les fabuleux Undertones et le classique Teenage Kicks, brûlant et fougueux, qui devrait dynamiter toutes les jambes de nos amis cégétistes.
Rappelons que les Undertones étaient le meilleur groupe punk, avec les Buzzcocks car eux, au moins, savaient jouer de la musique, à la différence des Pistols qui n’avaient que l’attitude.
Mais le Yéti a un doute : l’anglais n’est pas une des aptitudes reconnues du syndiqué, loin de là. Du coup, ce serait peut être mieux de partir d’un morceau en français. Et là, aucune hésitation: CONTAGION !! Ce formidable morceau de A3 dans les WC n’a pas pris une ride depuis 1979 et sera le carburant parfait pour défiler dans les rues de France et de Navarre.
« Contagion,contagion,contagion,contagion,
L’aliénation c’est la raison
C’est la base d’une constitution »
Ouais !! Vas’y Bernard, le point levé, c’est parti mon kiki !
Evidemment, le punk, de par sa rythmique plus-binaire-tu-meurs-en-chantant-tiens-voilà-du-boudin, les thèmes qu’il aborde (hormis les groupes punk romantiques que le Yéti cite : Buzzcocks et Undertones), et l’attitude de ses représentants (Ciccio, contrairement au Yéti, pense que l’attitude fait intégralement partie de ce mouvement, et que les Pistols, du coup, en sont des dignes représentants), semble a priori la musique idéale pour manifester. Ciccio avait même immédiatement pensé, comme probablement la plupart des lecteurs du Sous-Marin, à London Calling, de The Clash. Après, libre aux manifestants de changer les paroles en gardant la mélodie, comme ils le font si souvent.
Mais finalement, ne serait-ce pas plus flippant et impressionnant pour les observateurs (les médias, notamment) de filmer des gens qui défilent sur une musique sombre, funèbre, et en silence ? Un bon Ennio Morricone (dans la bande originale de Once Upon A Time In The West, le final ou le morceau de l’homme à l’harmonica, par exemple) pourrait bien foutre les miquettes à tout le monde, non ? Ciccio imagine d’ici la grosse gueule ébahie de Pujadas ou Pernaut en train de relater l’événement, et ne peut s’empêcher de rire, d’un rire sardonique et démoniaque, comme à la fin de Thriller (d’ailleurs, si Ciccio ne détestait pas autant Michael Jackson, il aurait sûrement proposé ce titre également).
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Le Yéti










