Polos, chemises hawaïennes et look de bûcheron

27 juin 2011

 

Périscope #64

Périscope #64

Résumé de l’épisode précédent :

Ciccio et le Yéti refont le monde en évoquant la musique pop nordique de I Am From Barcelona aux Cardigans. Alors qu’ils terminent leur pinte de bière, Fantasio les rejoint.

 

Le Yéti aperçoit le carton volumineux apporté par Fantasio et bondit de la banquette en velours. Alors que le velu déballe bruyamment le paquet en déchirant le scotch marron avec ses dents, que sa tête disparaît dans l’emballage, les regards de Fantasio et Ciccio se croisent, incrédules. Le visage du Yéti ressort du carton, tel un périscope, le sourire aux lèvres.

 

- Yéti, tu nous intrigues avec tes surprises, questionne Ciccio, en feignant l’étonnement (ce n’est pas la première fois que le poilu reçoit des paquets aussi volumineux que farfelus), toujours soucieux de ne pas éteindre l’enthousiasme du Yéti

- J’ai enfin reçu mes nouveaux polos Abercrombie !!!

Polo de Federer

Les polos c'est pour le tennis

 

D’ordinaire doté d’un sens de la répartie à toute épreuve, Ciccio reste muet. Des polos à bord du Sous-Marin Jaune ? Alors que le Yéti vérifie le contenu du carton – 7 polos de taille M pour les 7 jours de la semaine, Ciccio se dit que les polos, c’est bien pour le tennis et le rugby, pas pour voguer à bord du Sous-Marin Jaune. Alors qu’il s’apprête à ouvrir la bouche pour « tacler » son ami matelot, c’est Fantasio qui prend la parole.

 

- Après les chemises hawaïennes de Ciccio, il faut supporter les polos du Yéti… putain c’est quoi cette mode les gars ? Je vous demande pas de choisir un uniforme, mais vous pourriez au moins essayer de vous mettre un peu d’accord. On est un équipage, oui ou merde ?

 

Du style, avant tout


Le Yéti, piqué au vif par la remarque de Fantasio, se lance dans une diatribe au nom de l’importance de la mode dans l’histoire de la musique. Des années 50 à aujourd’hui, le look a toujours eu beaucoup d’importance, s’exclame le Yéti.
- Je te comprends bien mais imagine un peu ce que cela aurait donné si les Beatles ne s’étaient pas mis d’accord sur un look commun, lui répond Fantasio, laconique.

 

Le Yéti, les mains chargés de polos neufs, se trouve un peu désarçonné par la remarque de Fantasio. Il lance un regard un peu perdu à Ciccio, dont la large chemise hawaïenne semble soudain illuminer la pièce de son éclat bleu vif.
- Jamais de la vie je n’échangerai ma chemise contre un polo, affirme soudain Ciccio.

 

L'illustre tenue de bûcheron

Le look Fantaso circa 1994

Sans se dire un mot de plus et sans se concerter, les 3 matelots prennent place sur les banquettes du petit salon. Fantasio, qui porte un T-Shirt noir et jaune Rio Baril acheté à un concert de Florent Marchet, est assis en face du Yéti et de Ciccio. Le Yéti qui semble avoir repris ses esprits et presque oublié les polos relance la conversation.

 

- Dis-moi, Fantasio, tu faisais quoi en 1994 ? Avec Ciccio, on s’est rendu compte qu’on était au même concert des Cardigans.

 

En quelques instants, les souvenirs se précipitent dans la tête de Fantasio et se précisent peu à peu. Avant de découvrir Blur et la brit pop en 1995, Fantasio a traversé une période Chemise de Bûcheron, marquée par l’écoute répétée des albums de Nirvana, tout particulièrement Nevermind et MTV Unplugged in New York. Fantasio évoque ces années de lycée, quelque part entre la Seconde et la Première, où sa collection de musique ne comportait que quelques CD et où le mot MP3 n’était pas encore entré dans les mœurs.

 

Alors qu’il achève l’évocation de ses souvenirs, Fantasio redoute que les deux matelots exigent la photo de classe de cette année 1994 pour attester de l’utilisation de la chemise à carreaux.

 

 
Les matelots vont-ils opter un uniforme officiel à bord du Sous-Marin ?
Fantasio va-t-il devoir retrouver sa photo de classe ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

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Fantasio

Les canons de la pop nordique et les souvenirs de l’Erotika

20 juin 2011

 

Périscope #63

Périscope #63

Résumé de l’épisode précédent :

Fantasio se met au régime norvégien et n’écoute plus que Sondre Lerche. Le Yéti erre dans les couloirs du Sous-Marin Jaune, à la recherche de Ciccio.

 

Le Yéti, le front encore humide du quiproquo norvégien, se dirige naturellement vers le petit salon du Sous-Marin Jaune, situé à bâbord du submersible. Tout en avançant, il tend une de ses oreilles décollées, intrigué par ce qui n’est encore qu’un brouhaha lointain et confus. Le son s’éclaircit et ce n’est pas une mais plusieurs voix qui semblent dialoguer sur un ton joyeux. Le Yéti écarquille les yeux, toujours curieux de connaître les occupations des autres matelots et avide de chaleur humaine. Des invités à bord du Sous-Marin ? On croirait entendre une trentaine de personnes s’esclaffer.

 

Ils sont pas de Barcelone

Ils sont pas de Barcelone

« Ciccio ? » éructe-t-il en approchant. Pas de réponse et des voix qui s’amplifient, maintenant accompagnées de clappements de mains. Incrédule, le Yéti passe le seuil du petit salon.
Il découvre le visage plein de béatitude de son ami, seul, en pleine (ré)écoute du premier album de I Am Barcelona. A ce moment-là, le refrain de Treehouse jaillit des enceintes disposées aux 4 coins du salon.

 

Le sang du Yéti ne fait qu’un tour et le velu replonge immédiatement en 2006, date de la sortie de ce premier album mémorable. Il a soudain envie de rejoindre son ami, oubliant complètement l’éventualité d’un concert de Sondre Lerche évoquée avec Fantasio. Le petit blondinet de Bergen ne pèse plus très lourd face aux Suédois multiples.

 

Les deux matelots, sans réfléchir, s’adonnent à une danse complètement spontanée, pris dans l’énergie de la musique. A la fin du morceau, Ciccio et le Yéti s’installent sur une des banquettes en velours jaune et noir du salon, séparés par deux pintes bien fraîches.
- Ce groupe c’est vraiment le top de la pop nordique, non ? interroge Ciccio
- Ouais c’est vrai c’est génial*.

 

*nul n’est sensé ignorer que, lorsqu’on lui demande son avis sur quelque chose, le Yéti donnera cette réponse 99 fois sur 100.

 

Les débuts des Cardigans

Le niveau des verres baisse en quelques minutes et la conversation se déplace rapidement vers d’autres incontournables Suédois : les Cardigans. Au fil de la conversation et de l’évocation des souvenirs des deux matelots trentenaires, le débat se concentre sur l’année 1994 et un fameux concert auquel Ciccio a assisté : Les Cardigans de Life dans une petite salle de Paris !
- Tu veux dire à l’Erotika, avec Popsicle en première partie ?
- Oui c’est ça ! Tu veux dire que…

 

Ciccio et le Yéti réalisent alors soudain qu’ils ont assisté au même concert mythique, il y a une presque une éternité, alors que les 2 matelots ne feraient connaissance qu’une dizaine d’années plus tard… Ciccio finit sa deuxième pinte quelques secondes après le Yéti et, au détour d’un couplet du dernier album de I am Barcelona, se souvient du concert de Sondre Lerche en octobre prochain. Il demande alors au Yéti, la bouche pâteuse :

 

- On y va pas à ce concert, hein, Yéti ?

- On y va pas, on y va pas, on est bien là, on est bien…
Alors que les derniers accords de Headphones retentissent, Fantasio fait son entrée dans le salon et dépose un paquet volumineux aux pieds du Yéti.

 

 

Où était Fantasio en 1994 ?
Que contient le paquet du Yéti ?

 

La réponse la semaine prochaine…

 

 

Le Sous-Marin Jaune et la notion de Déclin

14 juin 2010

 

Périscope #23

Voilà, la Coupe du Monde a débuté et le Yéti a été frappé par le titre d’un journal parlant de l’équipe de France : « Le Début de la Fin ? ». Il faut dire qu’après ce premier match nul peu engageant face aux Uruguayens, on est en droit de le penser.

 

Le début de la fin… voilà une expression que le Yéti a souvent ressenti en écoutant un album d’un de ses groupes chéris. Un album qu’il a trouvé bien faible par rapport aux précédents, révélant des tics qu’il n’aimait pas et qui lui ont fait craindre (à raison) le pire. En a-t-il été de même pour Ciccio et Fantasio ? Sur quels albums, pour quels groupes, et l’avenir leur a-t-il donné raison ?
Allez, hop, convocation immédiate dans la cuisine du Sous-Marin Jaune : le Yéti sort les cacahuètes et les bières, et attend ces deux compères.

 

 

En pensant au début de la fin, le Yéti pensait très fort à l’un de ses groupes chéris de tous les temps, devenus depuis presque insipide et sans saveur : Belle & Sebastian. Dieu sait que Le Yéti a aimé ce groupe, surtout If you’re feeling sinister et The Boy with The Arab Strap. Quels albums ! Et les singles, ils les avaient tous, car Stuart Murdoch vous sortait des chansons incroyables sur des ep à l’ancienne : Legal Man, Just a Modern Rock Song… pfff, la grande classe.
Fold Your Hand était toujours aussi bon, et puis est arrivé Storytelling. Un drôle d’album, soit disant la BO d’un film. Et là, pour la première fois, le Yéti a été un peu déçu. Il sentait que le groupe tournait en rond, allait voir ailleurs mais pas dans la direction que le Yéti aimait. Le début de la fin. D’ailleurs, les concerts étaient moins bons, plus pros (le Yéti se souvient avec tendresse de la trouille du groupe la première fois à Paris).
Aujourd’hui, le Yéti n’a pas acheté les deux derniers albums de B&S, produits par l’horrible Trevor Horn. Il les a vaguement écoutés et flanqués aux oubliettes. Même les sessions BBC n’ont pas réussi à ranimer la flamme. Le Yéti reste avec The Fox In the Snow. Parce qu’il a toujours aimé les renards.

 

 

Le début de la Fin de Belle & Sebastian: Storytelling

Le début de la Fin de Belle & Sebastian: Storytelling

Le début de la fin ? Mouais… Ciccio n’a jamais vraiment ressenti cette impression. Certes, certains albums sont moins bons que d’autres, mais il arrive souvent que, soit directement après, soit quelques années plus tard, l’artiste en question retrouve son inspiration. C’est arrivé à Neil Hannon, de The Divine Comedy, avec Regeneration et Absent Friends après Fin De Siècle, ou encore à Hawksley Workman avec Treeful Of Starling après Lover Fighter.
Et puis surtout, SURTOUT, Ciccio ne peut pas laisser le Yéti dire des âneries grosses comme lui à propos de renards. Fox In The Snow est la plus mauvaise chanson de If You’re Feeling Sinister, voire de Belle & Sebastian, voire de l’Ecosse, de l’Europe, du monde, de l’univers et de la galaxie. Ce qui nous ramène à la question de départ, et qui découle sur une autre : cette fin évoquée est peut-être le début pour un autre auditeur, un auditeur qui aurait le bon sens de trouver que Dear Catastrophe Waitress est un très bon album.

 

Le début de la fin pour Divine Comedy: Fin de Siècle ?

Le début de la fin pour Divine Comedy: Fin de Siècle ?

Quant à Fantasio, il sait bien qu’un artiste mis sur un pied d’estale en retombe souvent très vite. La faute au Syndrome du 2ème album : aussi bon soit-il, il ne suscitera jamais autant d’intérêt que le premier, si bien qu’il vaut presque mieux passer inaperçu avec son 1er album. Si Fantasio prend le sujet de la semaine à rebrousse-yéti, c’est surtout pour rendre hommage au meilleur 2ème album de tous les temps, In it for the money de Supergrass.

 

A sa sortie, certains le virent déjà comme le début de la fin : affirmation incroyable pour qui a jamais pris la peine de plonger dans ce disque. Fantasio repense aussi au troisième album des Cardigans, successeur du fantastique Life/Emmerdale. C’était le début de la fin de la légèreté pour Nina Persson et ses blondinets poupins.

 

Rétrospectivement, comment s’imaginer que les Suédois sauraient reproduire indéfiniment la même magie ? Mais toutes les bonnes choses ont une fin, non (ce n’est pas feu Supergrass qui le contredira) ?

 

Mark Linkous (1962 – 2010)

15 mars 2010

 

Mark Linkous (1962 - 2010)

Périscope #10

Samedi 6 mars, on apprenait le suicide de Mark Linkous, l’homme qui composait derrière Sparklehorse de si délicates et émouvantes folk songs.
A bord du Sous-Marin Jaune, la nouvelle n’a laissé aucun des matelots indifférents et chacun souhaitait faire part de ses impressions sur sa musique, de sa relation avec Mark, et du trou béant qu’il va laisser. Tout du moins pour Fantasio et le Yéti.

 

En effet, la mort de Mark Linkous a laissé Ciccio relativement indifférent. Voici en verbatim sa réaction à l’annonce de la mort du leader de Sparklehorse : « Mark qui ??!! Linkous ? Ah oui, le mec de Pavement. Désolé, je suis pas super fan de… Ah non merde, lui c’est Malkmus… Donc Linkous c’est le type de Sparkletruc, là… Ah, il est mort, ah ben merde, c’est con ça, il paraît que c’était un groupe culte. Mais désolé, je suis pas super fan… »
En effet, même si Ciccio possède deux albums du groupe (It’s A Wonderful Life et Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain), force est d’avouer que Sparklehorse n’est jamais entré dans son panthéon musical plutôt orienté musique simple et directe, peu torturée. Cela ne l’empêche pas de respecter la douleur de ses co-matelots, mais si cette petite note dissonante peut faire chier Fantasio et le Yéti, ce sera toujours ça de pris.

 

Mark Linkous de Sparklehorse

Mark Linkous de Sparklehorse

A la différence de Ciccio, le Yéti, lui, a été profondément marqué par cette douloureuse nouvelle. Le Yéti a découvert Mark Linkous à travers le troisième album de Sparklehorse, It’s a Wonderful Life. Et il n’est pas près d’oublier cette voix, qui lui chuchotait à l’oreille Gold Day. Un groupe à écouter la nuit tombée, doucement, voilà l’impression que lui faisait la musique de Sparklehorse. Et encore aujourd’hui. Une musique cotonneuse où il faisait bon se lover, se blottir.
Sur Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain paru en 2006, Mark avait une nouvelle fois composé des petits miracles de chansons, formidablement attachantes. Et puis le Yéti n’oubliera jamais que grâce à Mark, la belle Nina Person des Cardigans s’était émancipée de ses garçons à travers l’excellent premier album de A Camp. Et rien que pour cela, le Yéti est triste. Très triste.
En fait il ne s’était pas senti aussi triste depuis la mort de Grant Mc Lennan des Go-betweens. La même impression de perdre un ami, quelqu’un avec qui on a partagé des instants fragiles et importants. Putain de début d’année.

 

Sparklehorse - It's A Wonderful Life

Sparklehorse - It's A Wonderful Life

De même, si l’on demande à Fantasio d’évoquer Mark Linkous et Sparklehorse, il voyagera volontiers dans le temps jusqu’en 1995 (!) et le diaboliquement intitulé Vivadixiesubmarinetransmissionplot. Il se souviendrait aussi de Good Morning Spider et de It’s A Wonderful Life, il en dirait certainement le plus grand bien. D’un autre côté, il n’aurait pas forcément envie de se re-plonger immédiatement dans cette discographie irréprochable. Pourquoi ne pas redécouvrir ces merveilles maintenant ? Tout simplement parce qu’elle lui semblerait désormais encore plus douloureuses. Forcément, le simple souvenir de la voix de Mark Linkous sur n’importe lequel de ses titres imposerait la conclusion suivante, aussi facile qu’accablante : la fin de sa vie est à l’image de tout le mal de vivre qui semblait peser sur ses épaules. Dans 2 ou 3 semaines, Fantasio ressortira les albums de Sparklehorse de son chapeau, et réécoutera probablement Heart of Darkness en boucle, comme si 2010 était 1996.

 

 

The Cardigans et Pete Yorn & Scarlett Johansson en vue !

17 février 2010

The Cardigans et Pete Yorn & Scarlett Johansson

La Vigie #6

« J’adore les mélodies de Nina ! » ou encore « Scarlett, quand même, elle a une sacrée voix » sont autant de phrases hypocrites sortant d’une bouche masculine pour ne pas dire les choses comme elles sont : Nina Persson et Scarlett Johanson sont deux femmes très attirantes. Loin de nous l’idée de dénigrer leurs talents vocaux, mais force est simplement de constater que l’attirance physique ne gâche rien (n’est-ce pas, Maurane ?)

 

Ces deux demoiselles n’ont pas que cela en commun, fort heureusement, sans quoi le Sous-Marin Jaune ne prendrait pas la peine d’écrire un article. Non, la Vigie a remarqué une étrange ressemblance entre la pochette de l’album First Band On The Moon des Cardigans d’un côté (groupe de Nina Persson, pour ceux qui suivent pas et qui devraient arrêter de lire ce blog s’ils ne comprennent rien à rien), et celle du dernier projet de Scarlett d’un autre côté, écrit et co-interprété par Pete Yorn, appelé Break Up.

 

Jugez plutôt :

 

Pete Yron & Scarlett Johansson - Break Up

Pete Yron & Scarlett Johansson - Break Up

 

The Cardigans - First Band On The Moon

The Cardigans - First Band On The Moon

 

Même lumière aveuglante à l’arrière, même chevelu penché sur son instrument, même grain un peu vieillot… Alors, bel hommage ou vilain plagiat ?

 

Par contre, ne nous demandez pas de choisir entre Nina et Scarlett…

 

A la semaine prochaine !

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune.

 

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Ciccio