A la recherche de The Beau Brummels
30 septembre 2011
- Yo mec, qu’est-ce tu fais par ici ? Tu vas où avec ton clavier sous le bras ? lui demande le jeune aventurier après avoir retiré le casque de son scaphandre.
- Je vais jeter cette saleté, vu que je suis incapable de m’en servir correctement, lui répond d’un ton ferme Ciccio.
- Attends, mec, t’es pas sérieux, mec ? Ton truc il est trop vintage, mec. Quitte à le jeter, autant que je le récupère. Suis-moi jusqu’à ma cabine, mec. On le posera là, on réfléchira à tout ça à tête reposée, et puis je te montrerai ce que je viens de trouver lors de ma dernière sortie.
Ciccio, qui n’était jamais venu dans les appartements de ce nouvel arrivant à bord du Sous-Marin, reste bouche-bée à la vision de tous les trésors entreposés, en vrac. Des CDs, des vinyls, parfois sans pochettes, parfois brisés : bref un bordel sans nom, auquel le Plongeur allait ajouter sa dernière trouvaille, d’un jet presque dédaigneux, juste avant qu’il ne se ravise :
- Tiens, avant que je ne range cette petite merveille, je vais te la faire écouter. Ça fait plus de 40 ans qu’il trainait dans le fond des mers, mais il a pas été abîmé, protégé par le fond de la mer. Ca s’appelle Bradley’s Barn, par un groupe inconnu, The Beau Brummels.
Ni une ni deux, il met le disque dans son lecteur, et dès les premières notes Ciccio en prend plein les oreilles. Il pose rapidement son clavier, que le Plongeur s’empresse de récupérer pour le regarder sous toutes les coutures, avant de le balancer sur un autre tas, celui des vieux instruments, un peu plus loin dans sa cabine.
Lorsqu’il revient, on en est déjà au troisième morceau, l’excellent Deep Water.
Ciccio remue sa tête doucement, sur le rythme du morceau, et il a les yeux fermés. Il entend à peine les commentaires que le Plongeur sort de temps à autres, entre deux bouffées de cigarette. Quelques mots s’échappent de la fumée : « précurseur », « folk soul », « psychédélisme contrôlé », « comparable aux Byrds« …
Mais très vite, tout le monde se tait pour apprécier à sa juste valeur cette pépite oubliée. Ciccio en oublie la raison même de son arrivée ici. Il se trouve une place confortable, près du tas de vêtements, et s’allonge, les bras derrière la tête, les yeux fermés.
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Ciccio










