Comment l’Artilleur nettoie le rock FM de Liverpool

28 novembre 2011
Périscope #80

Périscope #80

 

Résumé de l’épisode précédent : Le Plongeur a effectué une descente effrayante dans les profondeurs, à quelques centaines de mètres du Sous-Marin Jaune. Sous le choc, il regagne le navire et les autres membres de l’équipage.

 

Le Plongeur tend une main tremblante au Radariste. Son visage est exsangue.
-Qu’est-ce qui se passe ? on dirait que tu as été poursuivi par une famille de requins ?
Il faut près de 5 minutes au Plongeur pour retrouver ses esprits et l’usage de la parole. Lorsqu’il enlève son scaphandre, son mal de crâne ne le quitte pas. Le refrain des Christians, « If I Could find Words, to tell you I’m sorry » lui vrille encore la cervelle.

 

Une arme chaude

Il préfère ne pas traumatiser le Radariste avec le récit de son périple.
- Mec, j’ai trouvé ce qui nous empêche de rejoindre Liverpool. Il faut que j’aille voir l’Artilleur.
- Mais tu ne veux pas m’expliquer un peu ce que tu as trouvé ?
- Pour ta santé mentale, je préfère ne rien te raconter. Il faut agir sans attendre, mec.

 

Étonné par la détermination du Plongeur, le Radariste n’a pas le temps de réagir. D’habitude mille fois plus nonchalant, le Plongeur n’est pas du genre à se précipiter et à suggérer une action rapide et immédiate. Il faut croire que l’urgence est réelle.
BAM BAM BAM

 

Le Plongeur frappe de toutes ses forces à la porte de l’Artilleur. Plus tard, il s’étonnera lui-même de son comportement, de son absence totale de peur, même à l’idée de rencontrer l’un des membres les plus imprévisibles et violents de l’équipage.
- QUI OSE ME DÉRANGER ?

Sauver le soldat Pale Fountains


Visiblement très affairé, l’Artilleur est en plein dans son immuable rituel quotidien : écouter Happiness is a Warm Gun des Beatles, le volume de la chaîne Hi-Fi à fond, en hurlant le refrain.
HAPPPINESSSS IS A WAAAAAARM GUUUUUUUN

 

La voix tonitruante de l’Artilleur n’arrête pas le Plongeur, qui est déjà dans la cabine du locataire le plus colérique du Sous-Marin Jaune.
- J’ai besoin de ton aide. Si nous ne pouvons pas encore rejoindre Liverpool, c’est à cause de ces connards de Christians et FGTH, qui polluent les profondeurs avec leurs merdes des années 80.
La furie de l’Artilleur ne dure pas plus de quelques secondes, alléché par l’idée de représailles.
- Tu veux tout péter, c’est ça ? Tu veux qu’on démolisse cette putain de barrière de bouse FM ?
Le sourire de l’Artilleur est de plus en plus large et carnassier.
- OUI !!!!

 

Une raison d'aller à Liverpool

L’Artilleur se lance alors dans les préparatifs d’un torpillage en règle. Bien que les occasions d’utiliser la force pour défendre le Sous-Marin Jaune soient rares, l’Artilleur perpétue l’entretien quotidien des ogives, et se tient toujours prêt au combat. Médusé, le Plongeur l’observe, ce qui lui permet d’évacuer la vision du visage de Gary Christian.
– Plus que quelques minutes à tenir, et la mer sera débarrassée de cette vermine ! hurle l’artilleur en armant une demi-douzaine de missiles.
Le Plongeur a les larmes aux yeux : il imagine déjà le bonheur des 3 matelots approchant de Liverpool. Le Yéti marcherait sur les traces des Pale Fountains, Ciccio se perdrait dans le souvenir des Boo Radleys et Fantasio prendrait une cuite avec ses vieux potes de Gomez.

 

VRRRRRAAAAAAAM
Le Sous-Marin Jaune vacille, alors que les missiles sont éjectés en direction de l’horrible muraille.
Pour une fois sur la même longueur d’ondes, l’Artilleur et le Plongeur observent avec délice The Christians et FGTH disparaitre du radar.
La voie est libre !

 

La suite la semaine prochaine…

 

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Fantasio

Le gimmick selon The Boo Radleys

23 novembre 2011

Le radariste #2

Le radariste #2

Voir le radariste, c’est déjà rare, mais le voir rire, c’est tellement improbable que c’est limite flippant.

 

C’est exactement la réflexion que se fait Ciccio en le croisant dans un couloir, forcément sombre, du Sous-Marin. Voyant le matelot pétrifié, le radariste reprend immédiatement son air sérieux et énigmatique. Le silence est palpable. Ca tombe bien, le radariste ne parle que lorsque tout le monde s’est tu.
- Tu vois, moi aussi je suis content, dit-il à Ciccio.

 

Car le radariste sait bien que Ciccio est ravi de rester bloqué au large de Liverpool, ville dont il adule la musique, le football et l’accent à couper au couteau. Et avant même que Ciccio ne sorte de sont état de surprise, le radariste enchaîne :

 

Un groupe incroyablement et injustement sous-côté

Un groupe incroyablement et injustement sous-côté

- Liverpool, du point de vue des gimmicks, c’est une ville formidable. Tu te rends compte du nombre de groupes qui sont sortis de cette ville ? Je pourrais t’en citer mille, mais je ne vais en mentionner qu’un seul, car ils ont tellement joué avec les sonorités que leur discographie est truffée de gimmicks : The Boo Radleys.

 

Ciccio retrouve immédiatement son sourire. Le groupe de Martin Carr reste une référence absolue pour lui, des expérimentations sonores de Giant Steps à la pop indie maitrisée de Kingsize, en passant par les trompettes fabuleuses de Wake Up Boo!. Il commence à s’exciter en sautillant sur place, à l’idée des pépites dont va lui parler le radariste.

 

- Les bons gimmicks selon moi, continue le radariste, sont ceux qui se font un peu attendre. Ca monte, ça monte, et puis tout à coup, PAF, ça explose. Tu vois ce que je veux dire ? C’est pour cela qu’un de mes gimmicks préférés chez les Boo, c’est celui de Lazarus.

 

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Ciccio connaît évidemment par coeur ce morceau phénoménal, mais il adore écouter le radariste décortiquer ses gimmicks.
- D’abord tu as ces guitares qui s’entrecroisent, avec tous les effets improbables que Martin a mis dessus. C’est paradoxal parce que tu sens que la mayonnaise commence à prendre, et en même temps tu sens que ça ne peut pas être une fin en soi : quelque chose se prépare, tu le devines, mais tu es incapable de prévoir ce qui va arriver.

 

Le radariste s’arrête quelques secondes pour profiter de l’effet qu’il a provoqué sur Ciccio : il a les yeux et la bouche grand ouverts, ne respire quasiment plus, totalement pendu aux lèvres de son interlocuteur. Le radariste reprend.
- Car ce qui arrive, au bout d’une grosse minute, ce n’est ni plus ni moins un déluge de trompettes. Le tourbillon de guitares se meut en un décollage de cuivres, et nous sommes transportés, totalement en apesanteur, dans un bonheur complet.

 

Ciccio a fermé les yeux, il a la sensation d’entendre Lazarus dans ses oreilles… Quand il les rouvre, le radariste est déjà loin.

 

 

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Ciccio

3 destinations au choix après Liverpool

31 octobre 2011
Périscope #76

Périscope #76

 

Résumé de l’épisode précédent : les 3 matelots ont passé une nuit agitée. Leurs rêves les ont emporté dans les années 60 et 70, aux côtés de David Bowie, Brian Wilson et des Kinks.

 

Le réveil est difficile pour les 3 matelots, qui se retrouvent autour d’un petit déjeuner. Une fois n’est pas coutume, Ciccio, Fantasio et le Yéti prennent leur boisson matinale ensemble. Le Yéti déguste un chocolat bien chaud en fredonnant Breakfast in America de Supertramp, Ciccio descend une demi douzaine de verres de jus de fruit bien frais, et Fantasio tente de se réveiller avec un mug de café noir. Ciccio brise le calme pour évoquer son dernier rêve, et trouve immédiatement l’empathie des 2 autres matelots.
Tout en dévorant bruyamment une demi-douzaine de biscottes beurrées, le Yéti pousse des cris d’horreur en découvrant le récit de la réunion des Kinks.

 

Qui y sera

Qui sera au concert ?

De son côté, Fantasio hausse les sourcils devant une telle coïncidence. Il arrête de beurrer sa tartine et la plonge machinalement dans son café – fait rarissime pour Fantasio. Que signifient ces 3 rêves qui plongent les matelots dans le passé ? Si l’incident rapproche et fait parler les 3 matelots, Fantasio s’inquiète et cherche des explications. Au même moment, le Radariste fait son apparition dans la pièce.

 

- Salut les matelots ! Il me semblait bien avoir entendu des voix familières. Vous en faites une tronche tous les 3. C’est le changement d’heure ou c’est parce qu’aucun de vous trois n’a eu de place pour les concerts de Metronomy ?
- Non, c’est à cause du rêve qu’on… que j’ai fait cette nuit, répond Ciccio, livide.

 

Direction Liverpool

Direction Liverpool ?

Le sourire de façade du Radariste s’efface. Il se met à expliquer le motif de sa visite.
- Chers matelots, les instruments du Sous-Marin connaissent de graves perturbations. J’ai passé toute la nuit à observer nos radars qui se détraquent sans arrêt. Quelque chose ne tourne pas rond et il nous faut modifier notre itinéraire. Notre objectif est toujours de faire une escale à Liverpool pour rencontrer Echo & The Bunnymen et les Boo Radleys. Mais pour ne rien vous cacher, je vais préconiser au Commandant de faire un détour et de retarder notre escale d’une semaine au moins.

 

En ce qui concerne la perturbation des instruments de navigation, je n’ai pas tellement d’explication, je recherche toujours son origine. Soit elle est de type extérieure et électromagnétique et dans ce cas un détour devrait suffire pour continuer notre route ; soit elle est causée par un élément étranger à bord… et là c’est plus inquiétant. Je vous invite à signaler tout comportement anormal au Commandant : il y a peut être un traitre à bord. Aussi, j’ai demandé au plongeur d’effectuer une sortie pour vérifier les environs du Sous-Marin.

 

Destination Mykonos

Destination Mykonos ?

J’attire aussi votre attention sur un point important : vos disputes et vos désaccords, notamment sur un album, ou un artiste, peuvent perturber le bon fonctionnement du Sous-Marin. Une discussion sur les Fleet Foxes ou sur Coldplay, par exemple, peut fausser mon itinéraire : un excellent moyen de faire sortir le Commandant de ses gonds. Dans le cas où le problème ne serait pas résolu, nous devrons changer d’itinéraire… ce n’est pas ce que je souhaite évidemment. Pour notre prochaine escale après Liverpool, pouvez-vous, s’il vous plait, essayer de vous mettre d’accord sur un lieu de pèlerinage commun ?

 

Le commandant vous propose San Francisco, Reykjavík ou Rio de Janeiro.

Les 3 matelots baissent les yeux, comme des enfants punis. Puis, ils se lancent des regards incrédules : laquelle de ces destinations, après Liverpool, pourrait faire l’unanimité parmi les matelots ?

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

The Beatles et The Boo Radleys en vue !

10 février 2010

The Beatles comparé à The Boo Radleys

La Vigie #5

C’est le plus grand cliché du monde, et ça n’en est pas moins vrai : les Beatles ont influencé une part gigantesque de la production de musique mondiale à partir des années 60. Il y a ceux qui les ont copié pendant (The Monkees, qui ont imité jusqu’au jeu de mot de leur nom) et ceux qui les ont copié bien plus tard (Oasis, pour ne citer qu’eux, et pour faire chier Fantasio en recasant leur nom dans mon article).

 

Les exemples de pillage de l’héritage des quatre garçons dans le vent sont tels qu’il est légitime de se demander pourquoi Le Sous-Marin Jaune prend la peine d’aborder le sujet (si vous ne vous êtes pas posé la question, demandez-vous pour commencer ce que vous foutez sur ce blog…). La réponse est simple : on fait ce qu’on veut, et pis c’est tout. Ca répond à la question que vous ne vous êtes pas posée ?

 

Mais passons plutôt aux choses sérieuses. Tout le monde connaît les Beatles, mais qui se souvient des fantastiques Boo Radleys ? Probablement pas grand monde, même si le Yéti m’a avoué récemment avoir été un fan de la grande époque. Outre leur ville d’origine, ces deux groupes ont des affinités musicales communes, et c’est ce que nous allons voir au travers de deux morceaux peu connus. Le premier s’appelle Wilder, et il est sorti en 1995 (vache, Yéti, ça nous rajeunit pas… enfin surtout toi). Si vous n’avez pas le temps et/ou que vous n’avez pas envie d’écouter un morceau de musique absolument renversant (je me répète, mais qu’est-ce que vous foutez sur ce blog ?), rendez-vous directement à 3m37s de musique, et écoutez jusqu’au son de cloche :

 

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Effectuez l’opération plusieurs fois pour avoir bien la tonalité et la couleur en tête. Ayé, c’est bon ? Bon, maintenant écoutez Sun King, autre morceau incroyable :

 

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Plutôt que parler de siphonnage grossier, La Vigie souhaite souligner ici l’hommage rendu aux glorieux ainés locaux, à travers cette ambiance musicale proche, d’une part, mais aussi à travers le bout de morceau caché à la fin de Wilder, dernier morceau de l’album Wake Up Boo!, qui n’est pas sans rappeler l’effet produit par Her Majesty, à la fin d’Abbey Road, album sur lequel on retrouve… Sun King !

 

La boucle est bouclée, la Vigie peut retourner à son poste.

 

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Ciccio