Mehdi Zannad vs Fugu et JP Nataf

27 mai 2011
Fugu c'est comment ?

Babord - Tribord #10

Fugu, est-ce que c’est mieux que Mehdi Zannad ? Que faut-il penser de Fugue ? Est-ce qu’il vaut mieux chanter des pop-songs en français ou en anglais ? Un joueur français s’imposera-t-il un jour de nouveau à Roland Garros ? Cette semaine, Fantasio tentera de répondre à ces questions, en évoquant les nouvelles chansons de l’auteur de deux albums absolument indispensables.

 

Quoi de plus naturel, pour un fan de pop, des Beach Boys et des Beatles (pour ne prendre que les plus gros clichés et les références absolues), que de chanter en langue anglaise. C’est probablement ce que ce se disait Mehdi Zannad à l’époque de As Found. Personnellement, je suis toujours très sceptique vis à vis de ce choix « contre-nature », même si j’adore cet album et son accent bien reconnaissable.

 

Quand j’ai appris que Fugu se décidait à publier un troisième album sous son nom Mehdi Zannad, j’ai trouvé cela courageux. Plus tard, à l’écoute de l’album, je n’ai pas changé d’avis, mais je me suis dit que c’était un choix plutôt casse-gueule. La transition de l’anglais vers le français serait-elle compliquée ?

 

La fugue de Zannad

La fugue de MZ

Le ton est donné dès le premier titre : Ecoute et ses paroles qui semblent avoir été écrites en anglais avant d’être traduites en français. Et cette voix étonnamment perchée, c’est bien celle de Fugu ? Passé le léger malaise de ces paroles si omniprésentes, qui rappellent le phénomène Arnaud Fleurent-Didier, on se demande ce qui a changé depuis le premier album chanté quasiment intégralement en anglais. On ré-écoute The Best of Us mais aussi Au départ et force est de constater que c’est notre mémoire qui nous joue des tours : Mehdi Zannad chante plutôt mieux qu’avant. Donc il est où le malaise ?

 

Probablement dans l’approche un peu différente et dans la production, qui met l’accent sur les voix. Moins profil bas, la fugue étonne par son côté Coming Out, accentué par les paroles de Ecoute. La limite de l’exercice, celle qui risque de laisser de côté quelques auditeurs, sans doute ceux dont les dents grincent à l’écoute du dernier album d’AFD évoqué ci-dessus, c’est la fragilité de l’edifice, la silhouette frêle des chansons et des refrains.

 

Fugu avant Zannad

Fugu avant Zannad

Mais alors, Mehdi Zannad, c’est moins bien que Fugu finalement ? Et non, car tout n’est pas si simple, et après 20 ou 30 écoutes de Fugue, je n’ai pas encore d’avis tranché sur la question. A moins que la seule répétition des écoutes, parfois en boucle (Le tableau, L’Allemagne et d’autres) se passe des commentaires. J’ai bien été tenté de revenir à mes premiers amours (cf The Best of Us et l’incroyable Pick Me Up), mais contrairement à ce que j’imaginais, je suis toujours revenu à ce troisième album si risqué.

 

Une fois qu’on a fait le tour de la question, comparé les qualités de Fugu et de son alter ego, on réalise que rien n’a changé : le talent est le même, quelques variations près, Au Revoir revisite Pick Me Up avec succès. Si vous êtes comme moi, vous aimerez même le mélange de charme (les choeurs, la mélodie) et de maladresse des paroles de Comment faire.
Si vous préférez les barbus habités qui récitent des paroles interchangeables en anglais comme si leur pilosité en dépendait, vous pouvez retourner du côté de Fleet Foxes, c’est moins risqué. Oui, je sais, c’est nul.

 

Une idée pour le prochain album de Fugi Zannu : garder les paroles en français et s’éloigner un peu de la formule pop ultra-classique. C’est super, admirable, un délice à écouter, mais le salut est peut-être ailleurs, comme le laissent supposer les morceaux moins formatés comme L’ Allemagne. Pourquoi pas chercher du côté d’un (une fois n’est pas coutume) excellent barbu français ? Une sorte de super groupe composé de JP Nataf et de Mehdi Zannad, ça aurait de la gueule, non ?

 

Pour finir, on conseille le visionnage du clip Ecoute à ceux qui n’ont pas froid aux yeux :
Ecoute – Mehdi Zannad par ThirdSideRecords

Sans oublier JP Nataf : Viens me le dire de JP Nataf

 

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Fantasio

The Beatles et Frank Zappa (et Supergrass…) en vue !

16 mars 2011

 

Frank Zappa comparé aux Beatles (et à Supergrass)

La Vigie #47

Existe-t-il encore des gens qui ne connaissent pas la pochette de Sgt Pepper des Beatles ?

 

En 2011, tout le monde en parle encore, faisant référence à la fois à cette musique qui changea bien des choses, mais aussi au design du disque, totalement conceptuel et intrigant. C’est le genre de pochette que, même plus de quarante ans après, on peut toujours passer des heures à regarder.

 

En 1968, quelques mois à peine après la sortie de l’album le plus (re)connu des quatre de Liverpool, il y a peu de chances que Frank Zappa n’en ait jamais entendu parler. Et, quand bien même ce fut le cas, quelles seraient les probabilités pour que ce blagueur potache de Zappa réalise cette pochette :

 

Zappa : "Comment ça, j'ai copié ??!!"

Zappa : "Comment ça, j'ai copié ??!!"

 

…sans s’être inspiré de celle ci :

 

Zappa : "Ah bon, vous trouvez que ça ressemble ? Mouais..."

Zappa : "Ah bon, vous trouvez que ça ressemble ? Mouais..."

 

Alors pourquoi ensuite avoir choisi ce titre, We’re In It For The Money, et l’avoir mis en relation avec cette pochette, sorte de freak show reflet du celebrity show de Pepper, qui s’affiche clairement comme un hommage aux Beatles ? Faut-il y voir en fait un pied de nez ? La Vigie ne le sait point, mais peut-être que le trio d’Oxford qui a ré-utilisé quasiment le même titre, en 1997, aurait son mot à dire :

 

Zappa : "Qui a choisi ce titre ??!! C'est une honte, ce plagiat !"

Zappa : "Qui a choisi ce titre ??!! C'est une honte, ce plagiat !"

 

 

Un grand merci à l’homme mufin, sans qui cet article n’aurait jamais vu le jour.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Bill Evans et Jay-Jay Johanson en vue !

2 mars 2011

 

Jay-Jay Johanson comparé à Bill Evans

La Vigie #45

Qu’est-ce qui peut bien pousser un artiste à imiter la pochette d’un album d’un autre artiste ?

 

S’il y a plusieurs réponses possibles à cette question aussi vaste qu’elle est passionnante, la première qui vient en tête est forcément l’admiration. C’est l’admiration, ou au moins le respect de l’œuvre d’un artiste pour un autre album ou artiste qui lui donne envie de lui rendre hommage.
D’ailleurs, il arrive la même chose avec les titres d’albums très régulièrement. Qui n’a pas entendu parler du Black Album de Jay Z et du subséquent Grey Album de Danger Mouse utilisant du matériel issu du White Album des Beatles ? (probablement beaucoup de monde, mais démarrer cette phrase par « peu de gens le savent, mais… » a tout de même beaucoup moins d’impact sur le lecteur, et ne l’encourage aucunement à poursuivre sa lecture, mettant en péril la réussite même de ce projet extraordinaire qu’est le Sous-Marin Jaune, déclenchant par la suite une onde de choc retentissant en premier lieu sur la Vigie, la poussant éventuellement au petit suicide cher à Alain Chabat – et le petit suicide, c’est pas beau à voir)

 

Une autre réponse possible, moins logique, plus magique, et donc plus intéressante, serait de dire que l’artiste en fait n’avait aucune idée de l’existence d’une pochette précédente, et que la ressemblance est totalement fortuite, comme ils disent au début des films où le héros dit beaucoup de mal de plein de trucs et qu’on a peur des procès.
Et c’est précisément pour cette option là que la Vigie pense concernant les deux albums suivants.

 

Jay-Jay Johanson a sorti The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known en 2007 :

 

Un album super drôle

Un album super drôle

 

Bill Evans a sorti Sunday At The Village Vanguard en 1961 :

 

Une pochette qui vieillit bien finalement

Une pochette qui vieillit bien finalement

 

Et même si Jay-Jay connaissait Bill, même s’il a précisément fait cette pochette pour lui rendre hommage, même si l’un est le fils caché de l’autre, et bien la Vigie s’en fout. Elle préfère se laisser bercer par la douce illusion de la magie.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Aimez vous Brahms ?

24 janvier 2011

 

Périscope #47

Périscope #47

Cette semaine, profitant d’une escale à Paris (oui, le sous-marin jaune peut naviguer sur la Seine), le Yéti est allé voir Nikolai Lugansky jouer du Schumann, du Brahms et surtout du Chopin. Le concert fut magnifique et le Yéti s’est surpris à siffloter une polonaise toute la soirée.
Finalement tout ceci n’est pas très surprenant puisque la musique dite classique aujourd’hui était certainement le rock’n’roll des siècles précédents.
Curieux, le Yéti se demande si ses comparses sont eux aussi sensibles à la musique classique, s’il y a un auteur qu’il vénère, et si la musique classique, on y vient que quand on vieillit parce que quand on est ado, c’est la musique qu’écoutent nos parents, et ça, c’est pas punk du tout.

 

 

Le truand André Rieu

Le truand André Rieu

Fantasio imagine la scène avec un plaisir certain : le Yéti, Ciccio et Fantasio assistant à un concert de musique classique. Une situation incongrue à plus d’un titre : Il faudrait déjà que les 3 comparses parviennent à passer les services de sécurité. Ensuite, Ciccio s’endormirait au bout de quelques minutes, pendant que Fantasio ferait semblant d’écouter attentivement l’orchestre. Enfin, le Yéti se ferait remarquer d’une manière ou d’une autre, par un rire nerveux ou un grincement de dents, avant de quitter la salle en hurlant que André Rieu est beaucoup plus rock’n'roll que tout ça. Non, décidément, le sous-marin jaune n’est pas bien placé pour parler de musique classique en dehors des expérimentations des Beatles.

 

 

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Le Yéti regarde Fantasio et sourit. Effectivement, il n’est pas très qualifié pour parler de musique classique : il n’y connaît rien en solfège et autres signes kabbalistiques qu’on trouve sur une portée. Pourtant, le Yéti est venu à la musique classique par la Pop. Avant, il exécrait toutes ces symphonies ou opéras qui le gonflaient royalement. Et puis il a découvert les arrangements pour cordes de l’immense Van Dyke Parks pour les Beach Boys, a aimé le coté symphonique des albums de Scott Walker, et finalement s’est retrouvé avec des disques de Grieg ou de Schubert dans sa discothèque. Aujourd’hui, le Yéti met même Erik Satie sur le même piédestal que Brian Wilson ou Paul McCartney : des virtuoses de la mélodie, du gimmick qui tue, d’une sensibilité qui vous touche durablement. Comme quoi, tout arrive.

 

 

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Pour Ciccio, la musique classique, c’est un peu comme le jazz : plein de noms qu’il ne connaît pas, des possibilités qui paraissent infinies, un monde totalement nouveau à explorer… Il subsite malgré tout une attirance forte : dès qu’il a la chance d’en écouter un peu (ce qui reste très rare), Ciccio prend beaucoup de plaisir, et se promet d’explorer le compositeur dont on lui dit le nom, nom qu’il oublie au bout de quelques minutes hélas.
Il ne lui reste alors plus qu’à rentrer chez lui et à mettre le Concerto pour Clarinette de Mozart, encore un morceau découvert « par hasard », dans l’énorme Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier.
Ciccio a vu au moins 150 fois la scène inoubliable dans laquelle Dewaere et Depardieu forcent Serrault à écouter Mozart. Il rêverait de pouvoir faire la même chose au sein du Sous-Marin : Ciccio Dewaere et Fantasio Depardieu en train de maltraiter Yéti Serrault afin de lui faire entendre raison à propos de Bob Dylan :
Yéti : Je tiens à vous dire qu’il est 5h du mat, et que demain je me lève tôt pour aller travailler à la banque, donc vous allez couper votre zinzin, sinon j’appelle les flics !
Ciccio : Toi tu vas venir écouter Bob Dylan avec nous !
Yéti : Mais je m’en fous de Bob Dylan, je l’emmerde Bob Dylan, moi.
Ciccio : Dis pas du mal de Bob Dylan, parce que c’est mon pote !
Fantasio : Ferme ta gueule, et ouvre tes oreilles…

 

 

Le Gimmick selon The Rolling Stones (2)

21 janvier 2011

Le Gimmick selon The Rolling Stones

Le Sonar #5

Ciccio revient donc en deuxième semaine nous parler encore des Stones, afin de rendre honneur au trop souvent décrié Brian Jones.

 

 

Si je vous dis Sitar et pop music, vous me répondez forcément Beatles, et plus particulièrement George Harrison. Et là je vous dis « FAUX ! ». Car l’année même de la sortie de l’album Revolver, qui voyait Harrison signer un morceau écrit à la Sitar (Love You To) et contribuer avec ce même instrument à un morceau épique signé Lennon (Tomorrow Never Knows), un mois plus tôt, sortait un 45 tours qui, s’il n’était pas totalement inspiré de musique indienne dans sa structure, proposait un des gimmick les plus originaux de l’époque.

 

J’ai découvert ce morceau presque par hasard, au milieu des années 90, en pleine fin d’adolescence. Évidemment, je connaissais The Rolling Stones, mais passé les tubes ultra connus, je n’avais jamais développé plus de curiosité que cela. Alors, lorsque notre prof de phonétique anglaise à l’université nous a dit qu’on allait utiliser un de leurs morceaux comme base de travail, je n’ai pas littéralement sauté au plafond. Le but était de montrer que Mick, tiraillé entre son amour inconditionnel pour la musique américaine et sa mère patrie anglaise, passait allègrement d’un accent à l’autre sur le morceau.
Aujourd’hui, quand j’écoute ce morceau (que j’adore), je m’amuse à essayer de retrouver les indications que nous avait données notre petite assistante anglaise. Mais à l’époque, je n’avais pas été très réceptif, car j’avais totalement bloqué sur l’intro, et cet incroyable Gimmick à la Sitar :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

J’avais adoré les paroles, la rythmique, la mélodie et la performance vocales, mais surtout, surtout, je n’arrivais plus à me sortir ce Gimmick du crâne.
Cette chanson, désormais entrée dans mon panthéon musical, fut ma porte d’entrée vers les pierres qui roulent, groupe que je re-découvre par l’écrit ces jours-ci, puisque je dévore la passionnante auto-biographie de Keith Richards, mon Stones préféré, juste derrière le grand, le génial, le fantastique Charlie Watts !

 

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio