A la recherche de The Left Banke

10 mars 2012

A la recherche des Left Banke

Le plongeur #2


Le disque des Great Lake Swimmers encore dans la main, le Yéti retourne dans sa cabine quand soudain, une mélodie familière vient lui titiller les oreilles. Instinctivement il se met à chanter « Sing, Little Bird, Sing… ». Sauf que les paroles ne viennent pas, c’est une version instrumentale de la magnifique chanson des Left Banke.
Etonné, le Yéti regarde la porte de la cabine d’où vient la musique : c’est celle du Plongeur.

 

Il frappe timidement à la porte, le Plongeur lui ouvre rapidement et le fait entrer.
« Hey Mec ! Je pensais à toi justement ! Regarde le trésor que je viens de récupérer sur le blog http://larryhovis.net/leftbanke.
C’est une mine d’or, mec, tu vas halluciner ! »

 

Le Poilu regarde le butin du Plongeur et se met à trembler : devant lui s’étalent plusieurs pistes inédites des Left Banke, des jingles publicitaires, des prises live de certaines chansons et des réinterprétations. Pour un fan de Pop Baroque comme le Yéti, c’est tout simplement mirifique et il ne sait plus où donner de la tête.

 

« Waow, mec, doucement, tu vas me faire une syncope là ?! Je sais que tu es tout excité, mais calme toi, tout n’est pas formidable dans ce butin, il faut faire un tri. Je vais te guider.
Tu vois ce gars, Larry Hovis ? Et bien tout comme toi et moi, il pense que les Left Banke sont le plus grand groupe pop des années Soixante, parfois même devant les Beach Boys ! Même si l’intégrale des Left Banke tient dans un double CD, il n’hésite pas à dire que Michael Brown, le compositeur, est l’égal de Brian Wilson.

 

Le meilleur groupe pop de tous les temps ?

Le meilleur groupe pop de tous les temps ?


Le problème avec les Left Banke, c’est la taille de leur discographie : juste deux albums, une grosse compilation et puis c’est tout. Or là, grâce à Larry, on découvre de nouvelles chansons à se mettre sous la dent ! Tout ça, c’est dans sa section Download.

 

Sur Leftbankeisms V1, Larry a regroupé plusieurs inédits comme l’anecdotique Foggy Waterfall, des publicités incroyables et des early mix intéressants. Mais c’est Leftbankeisms V2 qui est le plus dingue. Il y a déjà deux inédits indispensables, Airborne et Love Songs In The Night. Et puis il y a aussi des réinterprétations de Michael Brown avec sa femme, Yvonne Vitale, comme Desiree ou Shadows Breaking Over My Head. Là, mon Yéti, c’est beau à pleurer.

 

Le reste, malheureusement, est nettement moins intéressant car datant des années 70-80. Il y a notamment l’épouvantable album de la reformation des Left Banke, Strangers on a Train, gras comme un loukoum. A fuir.
Voilà mon Yéti. Tu en penses quoi ? Hey, Ho, Mec, je te parle !! »

 

Le Yéti ne regarde plus le Plongeur. Les yeux écarquillés, il semble absent, un filet de bave perçant à la commissure de ses lèvres. Inquiet, le Plongeur frappe le Velu qui sursaute.
« Hey, Mec, me refais plus jamais ça, tu es flippant ! C’est juste de la Pop, mec, juste de la Pop… »

 

 

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Le Yéti

 

 

Les prescriptions du Médecin : Smile des Beach Boys

16 décembre 2011

 

Le Médecin #3

Le Médecin #3

En voyant le visage du Mécanicien ensanglanté, le Poilu a un bref mouvement de panique. Mais alors l’homme aux outils s’effondre dans ses bras, le Yéti rassemble ses esprits et met délicatement le Mécanicien en Position Latérale de Sécurité.
Tout étonné de voir ses réflexes revenir, le Velu se félicite d’avoir suivi pour une fois la formation de secourisme dispensée à bord du submersible.

 

Le Médecin s’accroupit à coté du Yéti.
« Bien joué le Velu. Reste à mes cotés, tu vas tenir la tête de notre ami. Il semble inconscient, je n’aime pas beaucoup cela. »
Le Yéti sent ses jambes flageoller et comme souvent dans ces moments riches en émotion, il cherche une petite musique pour lui donner du cœur à l’ouvrage et du courage. Or cette fois ci, le Poilu n’a pas à chercher très longtemps : il pense aussitôt aux magnifiques sessions de Smile, l’album maudit des Beach Boys, qui viennent enfin d’être compilées dans un superbe coffret et qui dévoilent enfin ce que Brian Wilson avait en tête en enregistrant les fantastiques chansons qui composent ce disque.

 

Le Yéti prie au son de Smile

Le Yéti prie au son de Smile


Rassuré, le Yéti ferme les yeux et se met à chantonner Our Prayer, la merveilleuse prière qui ouvre l’album.

 

Surpris, le Médecin regarde le Velu, se met à sourire, puis à fredonner la mélodie. Autour d’eux, c’est le chaos : les autres matelots courent partout pour dresser un bilan de l’attaque. Mais il était écrit que l’esprit de Brian veillerait sur le Sous-Marin Jaune. Le Mécanicien ouvre enfin les yeux, et pousse un gémissement.
« Merde, j’ai mal au crâne ! Qu’est ce qui se passe ? Ils sont devenus fous ? Et dîtes donc, les gars, au lieu de fredonner les Beach Boys, faites sonner les Black Keys !! Ça va galvaniser l’équipage ! Ca suffit les prières, on passe à la contre-offensive ! »
Et dans une scène digne d’un western hollywoodien des années 50, le Mécanicien se met debout, ajuste sa ceinture et regarde le Médecin : « I’M BACK, DOC’ !! ».

 

 

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Le Yéti

 

 

Les Prescriptions du Médecin: Sun & Shade de Woods

2 décembre 2011

 

Le Médecin #2

Le Médecin #2

 

Dans un sous-marin, lorsqu’ils sont 20 000 lieues sous les mers, les matelots perdent souvent leurs repaires temporels. Ils ne savent plus trop si c’est le jour ou la nuit, l’obscurité semble permanente.
C’est ce qui effraie le plus le Yéti dans le submersible. Le Velu en fait même des crises d’angoisse qu’il soigne à coup de Beach Boys et de Musique Cosmique Allemande, les deux seuls styles qui l’apaisent vraiment.

 

Alors qu’il se sent une nouvelle fois très mal, qu’il a du mal à respirer, le Yéti se précipite chez le Médecin pour voir si celui-ci ne pourrait pas à nouveau lui sauver la mise.
Après avoir écouté le Yéti déclamer ses sempiternels mêmes symptômes, le Médecin le regarde affectueusement et l’ausculte.
« Bon tu sais, le Poilu, je devine que ces derniers temps tu n’as pas beaucoup écouté de krautrock et de musique cosmique. Ok, tu te gaves de SMILE Sessions, cela te fait le plus grand bien, mais tu sais bien que cela ne te suffit pas. Et comme tu sembles avoir fait le tour de La Düsseldörf, je vais te prescrire un nouveau disque tout à fait intrigant. C’est le nouvel album de Woods, Sun and Shade.
Tu verras au début, le groupe joue une pop indé mélodique et délicate, un peu dans la veine de Deerhunter. La voix du chanteur fait un peu penser aux Monkees sous helium…

 

Le Krautrock de Woods, c'est pour le Yéti !

Le Krautrock de Woods, c'est pour le Yéti !


Et puis bing, mon Yéti, sur le 4eme morceau, tu vas tomber sur Out Of The Eye. Alors que tu es un plein trip Sunshine Pop, une basse se met à ronronner, le batteur imprime un rythme méthodique et une guitare (très Velvet underground) se greffe petit à petit là-dessus. Et ça mon Yéti, je sais que tu vas adorer. Ces 7 minutes folles de transe vont te remettre d’aplomb, tu vas y retrouver tout ce que tu chéris tant dans le krautrock. En fait, Out Of The Eye, c’est le meilleur de Monster Movie, de Can, en une chanson !

 

Bon si cela ne te suffit pas, Woods remet ça trois pistes plus loin, avec un titre cosmique totalement planant, Sol y Sombra, dans la veine de Popol Vuh. Cet album va te sauver tes futures soirées, mon Yéti, je te le promets. Laisse toi aller, abandonne toi, c’est de la bonne ! »

 

Le Yéti n’a pas arrêté de sourire pendant la prescription du Médecin. Il trépigne d’impatience, et lorsque le Médecin lui confie enfin le précieux CD, le Yéti se rue hors du dispensaire à la vitesse de la lumière en hurlant MERCI.

 

Le Médecin n’a pourtant pas le temps de pester contre l’ingratitude de la Boule de Poils : le Cuisinier se tient face à lui et d’une voix tremblante lui annonce: « Doc, je me suis brûlé en faisant des bananes flambées…».

 

 

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Le Yéti

 

 

Les prescriptions du Médecin: Vomit de Girls

14 octobre 2011

Le Médecin #1

Le Médecin #1

Après le petit déjeuner gargantuesque que lui a servi le Commandant, le Yéti se précipite dans sa cabine pour s’isoler un peu. Il prend un disque reçu récemment : Father, Son, Holy Ghost de Girls. Il regarde la jaquette et, intrigué, va de suite au morceau appelé Vomit.
Le niveau d’anglais du Yéti a beau être primitif, il comprend que ce titre a quelque chose à voir avec ce que le poilu vient de faire dans la cuvette de ses toilettes (trop de vodka bue avec l’artilleur).

 

Il écoute le titre et est à nouveau pris de convulsion. Mais cette fois-ci, le Yéti est saisi d’un doute : la vodka peut elle être incriminée ? En effet, le Yéti a été sacrément bringuebalé par les guitares stridentes de Vomit.
Parce qu’il est un peu sado-maso, le Yéti appuie une nouvelle fois sur PLAY et réécoute le titre en entier. Et là, il est subjugué par l’agencement du morceau.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Déboussolé, le Velu se précipite chez le Médecin.

 

« Médecin, Médecin, j’ai vomi sur Vomit et maintenant je chéris ce Vomit !! »
Abasourdi, le Médecin regarde le Yéti et repense immédiatement à la nuit au gnouf du Velu. Il s’apprête à sortir une boite de Temesta, voire la camisole, puis se ravise :

Girls - Father, Son, Holy Ghost

Girls - Father, Son, Holy Ghost

- Dis donc, la boule de Poils, tu parles bien du titre Vomit de Girls ?
- Ben oui ! Tu pensais que je parlais de quoi ?
Je ne sais plus où j’en suis avec ce titre. Un coup je suis malade, un coup je suis transporté et je reste béat d’admiration. Je suis inquiet, ce n’est pas normal. Tu dois me prescrire un antidote !

 

Le Médecin sourit et regarde le Yéti paniquer. Il connait bien ce morceau de Girls. Lui aussi a été désarçonné par sa construction: un morceau qui joue avec nos nerfs, planant au début, puis très agressif avec ses guitares saturées, pour finir en orgie élégiaque avec des chœurs piqués à la Motown et une ambiance digne d’Electric Light Orchestra. Mais vu l’état du Yéti, le Médecin ne se sent pas le courage de lui expliquer tout cela.
- Bon, mon Yéti, tu es fatigué. Tu vas aller écouter Sunflower des Beach Boys. Là tu es en terrain connu. Tu laisses Vomit à Fantasio. Lui il comprendra la magie de ce titre. Et s’il te plait, FOUS NOUS LA PAIX MAINTENANT !.

 

 

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Le Yéti

 

 

Les rêves des 3 matelots, Part. I

10 octobre 2011
Périscope #73

Périscope #73

Résumé de l’épisode précédent :
Ciccio flâne dans la cabine du Plongeur. Il y trouve des dizaines de pépites qui le laissent pantois.
Au même moment, le Yéti est reclu au Gnouf, puni par le Commandant.

 

Ce soir, les 3 matelots s’endorment. C’est une nuit un peu particulière puis qu’aucun des 3 irréductibles ne se trouve dans son environnement habituel. Le Yéti n’a malheureusement pas pu enfiler son pyjama orange et noir traditionnel. Enfermé et isolé par le Commandant, il s’allonge sur le sol froid sans quitter sa salopette rouge. Ses longs poils l’isolent efficacement et il se met en boule sur lui-même pour optimiser la chaleur de son corps.

 

Il pleurniche pendant de longues minutes, parvenant même à verser des larmes de crocodiles. Puis il se mouche bruyamment sur son t-shirt en laine de mouton. Le temps passe et le Yéti, visiblement exténué finit par trouver le sommeil, contre toute attente.

 

La belle Lana obsède le Yéti

La belle Lana obsède le Yéti

Ses rêves le plongent immédiatement dans un univers désuet aux couleurs fatiguées, à mille lieux du Sous-Marin Jaune. Il reconnait immédiatement l’univers du clip Video Games de Lana del Rey. Les images défilent, tandis que le Yéti est assis à l’arrière d’une moto. Dans son rêve, c’est le Commandant qui conduit la moto, et le Yéti qui occupe le siège arrière. Au moment de s’arrêter à un feu rouge, le Yéti aperçoit le Plongeur qui effectue quelques acrobaties de skateboard. Le rêve emmène le Yéti dans les rues de Beverly Hills et s’arrête alors qu’il aperçoit la villa de Brian Wilson.

 

C’est une maison bleue, adossée à une colline. Brian en sort et fait signe au Yéti de le rejoindre. Fou de joie, celui-ci saute de la moto du Commandant, qui part en trombe (le Yéti en profite pour lui faire un bras d’honneur mesquin, mais qui fait du bien par où il passe). Puis il fonce vers la maison et se met à genoux devant son maître absolu, en mimant une scène de prière. Il a envie de lui dire mille choses, mais aucun mot ne sort de sa bouche. Il a beau essayer et essayer, rien n’y fait, sa bouche s’ouvre mais aucun son ne s’en échappe. A bout de nerfs, il se met debout et se prépare à lâcher un cri tonitruant, mais le sourire de Brian, franc et apaisant, le calme aussitôt.

 

Où êtes-vous, Lisette et Luc ?

Où êtes-vous, Lisette et Luc ?

Brian, qui parle étonnamment bien le français (le Yéti a un niveau d’anglais de 4ème techno), lui propose de faire un voeu : « Choisis ce qui te ferait le plus plaisir, et non seulement tu l’obtiendras, mais en plus nous l’accomplirons ensemble ! ». Le sang du Yéti, qui a attendu ce moment toute sa vie, ne fait qu’un tour : il sait exactement et précisément ce qu’il voudrait faire avec Brian et, comme il n’aime pas tourner autour du pot, il lui dit franchement.

 

« Je voudrais qu’on prenne des trucs qui font mal, genre battes de baseball ou barres à mines, et qu’on aille ruiner la gueule de ce connard de Mike Love. Qu’on lui fasse mal, tu vois ? Qu’on lui passe l’envie de rechanter un seul morceau des Beach Boys, et bien évidemment d’en écrire des nouveaux ! »

 

Brian lui répond que c’est aussi une chose qu’il veut faire depuis longtemps, et que cela fait plusieurs années qu’il se ballade avec deux belles battes en bois, à l’ancienne, dans le coffre de sa voiture bleue, justement garée devant la maison bleue. Ce faisant, il ouvre le coffre, sort une des battes, la balance au Yéti, qui se met immédiatement et frénétiquement à taper sur tout ce qui lui passe devant les yeux : les plantes du jardin, la voiture de Brian, la boite aux lettres… Tout en criant « Mike Love on va te défoncer la gueuuuuuuuule !!! Tu vas manger, tu vas voir ce que tu vas MANGER !!!! ».

 

Le Yéti sent alors quelqu’un qui se jette sur lui pour le désarmer, puis le secoue dans tous les sens. Il se réveille au son de la voix du Commandant qui lui dit « Réveille toi Yéti, c’est l’heure de manger. Hey, Yéti, tu veux manger ? ». Le Yéti se réveille en criant « Miiiiiike !!!! ». Puis, réalisant où il se trouve, il se jette sur le petit déjeuner copieux que lui a amené le Commandant, riant entre deux bouchées en pensant au bonheur d’une ratonnade chez les Love en compagnie de Brian.

 

 

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Fantasio