RIP Levon Helm

10 mai 2012

Levon Helm for ever

La Vigie #78

« J’ai l’impression qu’il va mieux, là, non ? »

 

Ciccio veut tellement y croire qu’il se dit que s’il arrive à convaincre le Yéti, alors cela signifiera que la Vigie est définitivement sortie d’affaire. L’ami barbu et bougon de Ciccio n’a plus donné signe de vie depuis la mort de l’un de ses héros, l’ancien batteur de The Band, aussi connu pour son excellente fin de carrière solo sous son nom : Levon Helm.

 

La Vigie a commencé par s’enfermer dans sa cabine, en passant en boucle tout ce qu’elle possède de lui : les albums de The Band, les Basement Tapes avec Dylan, le Ramble At The Ryman, ce formidable live, enregistré en 2011, grâce auquel tout le monde pouvait croire que Levon avait gagné son long combat contre la maladie qui le rongeait.

 

Ahhh, cette intro au violon, qui n’en finit plus de lui donner des frissons tout le long du dos…

 

 

Mais aujourd’hui, la Vigie donne des signes de vie, des signes que Ciccio interprète, probablement à juste titre, comme un retour à la normale : il voit bien son ami en train de fourrager dans ses affaires. « A tous les coups, dit Ciccio au Yéti, il va nous sortir deux morceaux qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, nous raconter une petite histoire à leur propos, et exploser de rire en voyant nos deux tronches ahuries… »

 

Mais c’est un cornet que la Vigie sort d’une superbe boîte noire et, serrant fort cette version miniature de la trompette, les yeux fermés et humides d’émotion, il met toute sa force dans son souffle et joue les premières notes de la section cuivres sur The Night They Drove Old Dixie Down, ce qui est probablement son titre préféré chanté par Levon :

 

 

Ciccio sent les larmes lui monter aux yeux, il serre le bras du Yéti, qui lâche un petit cri de douleur. La Vigie ouvre les yeux, écarte le cornet de sa bouche et, tout sourire, s’adresse aux deux matelots.
« Ah, bah vous étiez passés où tout ce temps ? »

 

Puis il explose de rire, et leur fait signe de le suivre au fond de sa cabine.
« Je vous déjà ai dit à qui il ressemblait, Levon Helm ?… »

 

 

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Ciccio

Plants And Animals et The Band en vue !

1 mars 2012

Plants And Animals comparé à The Band

La Vigie #73

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

 

L’âme en peine, la Vigie erre comme un zombi dans les couloirs du Sous-Marin. Depuis que ce dernier a accosté à Brest, il est quasi vide en permanence. La solitude ne dérange pas la Vigie, au contraire, mais de temps à autre, notre homme aime à retrouver Ciccio. Quand il est dans sa cabine, il est certain de passer un bon moment.

 

Mais Ciccio est loin, perdu dans Brest, et la Vigie s’ennuie ferme. Il n’a plus le goût à rien, et a même délaissé son activité favorite : déchirer le plastique protégeant les nombreux CD qu’il reçoit. C’est en revenant dans sa cabine qu’il en prend conscience, devant le tas qui s’amoncèle près de son installation audio, tas qui a doublé depuis leur arrivée à Brest.

 

Dans un soupir qui en dit long sur sa motivation, la Vigie se met à l’oeuvre. Il commence très machinalement mais rapidement l’enthousiasme reprend le dessus et le rituel se met en branle. Arrachage du plastique, ouverture la boite, reniflage à l’intérieur (si c’est un digipack), prise du cd dans la main pour observation minutieuse et, le meilleur pour la fin, lecture studieuse du livret.

 

La pile de disques se réduit tout doucement, et soudainement s’arrête, pétrifié, devant la pochette du dernier Plants And Animals.

 

Des plantes et des animaux. Comme quoi, l'anglais, c'est finalement hyper simple

Des plantes et des animaux. Comme quoi, l'anglais, c'est finalement hyper simple

 

Après quelques secondes pendant lesquelles on ne saurait dire s’il réfléchit, s’il dort ou s’il vient d’être pétrifié, la Vigie se rue sur ses étagères de disques et se met à chercher fiévreusement en marmonnant des paroles inaudibles.

 

Puis il se fige de nouveau, dans la même position que précédemment, et avec l’exacte même non-expression, devant la pochette du fabuleux vrai faux concert d’adieu de The Band.

 

La bande. Dingue comme c'est simple...

La bande. Dingue comme c'est simple...

 

Puis son sourire reprend le dessus. Il revient vers sa chaine pour y jouer The Last Waltz. Le Plants And Animals attendra, pense-t-il. Il attendra Ciccio, qu’il pourra faire tourner en bourrique en lui montrant les pochettes des deux disques.

 

 

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Ciccio

The Band, Tom Waits et Oasis en vue!

14 décembre 2011

Oasis comparé à The Band

La Vigie #68

« Quand les temps sont durs, les durs prennent le temps. »

 

C’est exactement ce que se dit la Vigie, un grand sourire aux lèvres, alors que l’agitation bat son plein dans le vaisseau jaune. La première raison de sa joie, c’est qu’il n’est pas peu fier d’avoir traduit le fameux idiomatique anglais en un équivalent français qui, non content de garder l’allitération, en retourne complètement le sens. « Ça leur fera les pieds, à ces connards de rosbeefs », pense-t-il en pouffant de rire.

 

La seconde raison de sa bonne humeur au milieu de la catastrophe que traverse le Sous-Marin actuellement, c’est qu’il est confortablement installé sur sa magnifique rocking chair. L’idée de s’essayer de nouveau à la traduction d’un mythe l’effleure, mais la perspective de lutter pour y arriver le met de mauvaise humeur. « Puisque je peux pas la traduire, je vais l’écouter ! », s’écrit-il.

 

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

La rocking chair selon Oasis, tout dans le bon goût

Ni une, ni deux, il ouvre son ordinateur portable et affiche les trois morceaux de sa discothèque nommés Rockin’ Chair. Il se demande quelques secondes par lequel commencer, ferme les yeux et appuie au hasard. De nouveau, un large sourire lui barre le visage dès les premières notes :

 

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Tout revient en un souffle chaud et violent : la guéguerre avec Blur, le deuxième album forcément un peu décevant, mais toujours, toujours ces faces B incroyables, ces faces B qui explosaient tout. Et puis il portait tellement d’espoir, ce Rockin’ Chair d’Oasis. Il était censé ouvrir une nouvelle ère pour le groupe de Manchester, en retournant vers les racines, en tâchant de finir le boulot commencé par les Stone Roses, plutôt que d’aller se vautrer dans l’arena rock.
Ah, la Britpop…

 

La rocking chair rustique de The Band

La rocking chair rustique de The Band

Quand la nostalgie s’invite, rien que tel que de se laisser emporter par la voix de Robbie Robertson :

 

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S’il était resté debout pendant le morceau précédent, avec des envies de devenir le Bez du Sous Marin, la Vigie est à présent de retour dans sa chaise roulante (non, vraiment pas possible cette traduction). Il la fait bouger au rythme nonchalant de Le Groupe. Quelques guitares, un harmonica, une mandoline, et la nostalgie devient plus épaisse. Le refrain (Oh, to be home again…) prend forcément une couleur différente pour quelqu’un pour qui le mot maison se résume à une cabine dans un navire itinérant, et dont les possessions se limitent à des disques, un lit et une chaise qui rock (pas encore ça, mais on s’en rapproche).

 

Et lorsque la voix encore jeune de Tom résonne dans sa cabine, la Vigie a tout simplement l’impression que la nuit vient de tomber, qu’il est seul dans le Sous Marin, pour ne pas dire seul au monde, sur sa chaise à rock (pas mieux…) :

 

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Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

Tout en confort moëlleux, la rocking chair de Tom Waits

La Vigie n’a jamais compris pourquoi personne ne parlait jamais des débuts de Tom Waits. Sa voix était belle, ses mélodies évidentes, sa musique d’une simplicité désarmante. Mais il y a longtemps qu’il a abandonné son combat, et qu’il chérit ses tous premiers albums sans plus se soucier de ses dernières productions.

 

Puis l’ultime morceau dédié à sa chaise préférée se termine, et la Vigie a les yeux fermés. Il n’entend plus rien de ce qui se passe à bord, l’agitation intense est comme étouffée par la barrière ouatée de sa nostalgie. Il s’endort comme un bienheureux, étranger aux dangers qui guettent l’équipage tout entier.

 

 

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Ciccio

Je n’aime pas… les gens qui jugent un second album en le comparant au premier

1 juillet 2011

 

Torpille 13

Torpille #13

Chaque jour, de nombreuses choses contrarient les trois compères du Sous-Marin Jaune. Plutôt que de ruminer sa colère seul dans son coin, le matelot est sommé à chaque fois par ses comparses de s’expliquer. Cette semaine, c’est Ciccio qui en a gros sur la patate. Vas-y, Ciccio, tu peux t’épancher !

 

N’y a-t-il sur cette terre une chose qui fasse plus délirer et rêver les critiques de musique que le second album d’un groupe qui les a convaincus lors du premier ?

 

Et plus l’attente est longue (comme par exemple pour les Stone Roses, qui ont fait patienter leur monde cinq ans avant de délivrer le bien nommé Second Coming, se faisant dépasser au passage par le train de la Britpop, emmené par Blur et Oasis), plus ils glosent et se perdent en hypothèses aussi improbables que fantasmées, se basant sur des morceaux de bouts de live écoutés ici et là, ou encore sur des rumeurs d’amis de frères de relation de soirée de cousin germain du petit ami d’une obscure groupie de l’artiste.
Tout ça pour ça, pourrait-on dire…
Car à la vérité, quelle que soit la qualité de ce second album, quel que soit son style, il sera de toutes façons mal reçu, et ce de deux manières uniquement, que je m’en vais vous décrire ici, que ça vous plaise ou non.

Il est bien ce second album des Stones Roses?

Il est bien ce second album des Stones Roses?

 

Disclaimer (je sais pas le dire en français, ce mot, désolé).
Évidemment, il arrive que l’on assiste à quelques exceptions de critique de second album, rarissimes, mais elles ne sauraient en aucun cas remettre en cause la règle fondamentale (sans exception, pas de règle), que je n’invente d’ailleurs pas, me contentant de la faire passer à mon prochain, qui veut qu’un second album sera forcément moins bien perçu, car condamné à être comparé au premier. Ne vous fatiguez donc pas à blinder les commentaires de contre-exemples : vous avez tort avant même de commencer à écrire (et puis même si vous avez raison, vu que j’ai déjà écrit l’article, c’est trop tard, fallait le dire avant – et j’ajoute que je m’en tape).

 

 

Scénario numéro 1 : “Pffff, l’est nul le second album de The _____, il est pareil que le premier…
Et alors ?! On s’en balance non ? Si le premier était bon, et que le second lui ressemble, ben c’est que le second est bon aussi, oui ou merde ? Qu’est-ce qu’on en a à battre que l’artiste révolutionne son style tous les deux ans, bordel…
Si je vous dis Richard Hawley, Elbow, Herman Düne, Band Of Horses, Ben Folds Five, Grandaddy pour les plus récents, ou The Band, The Beach Boys, The Rolling Stones ou Neil Young pour les monstres sacrés. Tous ces artistes ont en commun d’avoir fait non seulement deux premiers albums marqués à la fois d’un fort mimétisme et d’une qualité rare (qui plus est en progression), mais également d’avoir creusé un sillon au fil des albums, de sorte que leurs meilleurs albums sont finalement ceux qui se ressemblent le plus.
Vous imaginez si on avait dit à Neil Young d’arrêter de faire de la musique sous prétexte que ses deux premiers albums se ressemblaient trop ?

 

Trop nul cet album: Nico ne chante pas !

Trop nul cet album: Nico ne chante pas !

Scénario numéro 2 : “Pffff, l’est nul le second album de The _____, il a rien à voir avec le premier…
Et alors ?! Voire même “Et alors MERDE ?!”. Ils ont pas le droit de tenter autre chose ? Du moment qu’on prend du plaisir à l’écouter, on s’en bat la race de savoir qu’il ressemble pas au premier album ! Et puis bordel, faut savoir ce que vous voulez (cf le scénario numéro 1)…
Ça m’énerve tellement que je suis obligé de sortir une liste, c’est malheureux mais c’est comme ça (et puis du coup on met les noms de groupe en gras, il paraît que c’est top pour le référencement naturel) : The Velvet Underground, The Who, Pink Floyd pour les anciens, puis aussi Noah & The Whale, The Cure, Jack Peñate, Radiohead
Vous imaginez qu’on puisse râler parce que sur le deuxième album du Velvet y’a pas Nico à la voix ?

 

La conclusion s’impose : un second album ne peut et ne doit être jugé que sur ses qualités intrinsèques, et non pas en comparaison de son prédécesseur, d’autant plus s’il est illustre.

 

Donc, si j’entends encore le Yéti râler parce que le second album de je-sais-pas-qui est nul parce qu’il ressemble trop (ou pas assez) au premier, je tue le chien (paraît qu’il y en a un dans le Sous-Marin, et c’est forcément au Yéti, vu son amour pour les poils).
C’est compris ?

 

 

Ciccio

 

 

Rick Danko et Albert Dupontel en vue !

6 octobre 2010

Albert Dupontel comparé à Rick Danko

La Vigie #29

Il y a quelques temps, la Vigie a enfin compris.

 

Après plusieurs écoutes aussi infructueuses qu’elles étaient motivées et intentionnelles, c’est finalement un livre, de la fantastique série 33 1/3, dont nous vous avons déjà parlé ici, qui a mis le feu aux poudres, faisant par la même occasion déborder le vase pourtant loin d’être rempli au départ.

 

Ce livre, c’est Music From Big Pink, dans lequel le narrateur est le dealer / ami du groupe qui, lorsque Bob Dylan s’est installé à Woodstock, a accompagné ce dernier lors d’interminables et fabuleuses sessions dans son sous-sol, avant d’enregistrer son propre premier album, dont le nom est le titre du livre.

 

Ce groupe, c’est bien évidemment The Band.

 

Quand la Vigie commence un obsession musicale, elle a tendance à chercher l’exhaustivité : tout écouter (attention, chronologiquement, par contre, car elle veut comprendre l’évolution), et tout voir. Or, qui dit « voir The Band dit fatalement voir The Last Waltz, le docu-concert filmé par Martin Scorcese sur ce qui était sensé être la dernière apparition sur scène du groupe (il n’en a rien été, mais on s’en fout, parce que ce concert était mémorable).

 

Et donc, pendant ce concert, alors qu’elle identifiait péniblement les différents membres du groupe, débutante qu’elle était dans sa connaissance du groupe, la Vigie a eu un flash. Le bassiste, appelé Rick Danko…

 

'Quoi, t'aimes pas ma chemise ? Ben attends de voir celle de mon pote...'

'Quoi, t'aimes pas ma chemise ? Ben attends de voir celle de mon pote...'

 

…est en fait le sosie d’Albert Dupontel :

 

Finalement, il a pas l'air si méchant que ça Albert...

Finalement, il a pas l'air si méchant que ça Albert...

 

Pour une fois, je veux bien reconnaître que la ressemblance ne semble pas, eu premier abord, si frappante que ça. Mais je vous jure que sur le film, certains moments c’est frappant !

 

Oh et puis merde, je m’en fous si vous ne me croyez pas, ce sera pas la première fois…

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio