Nos Tops de fin d’année: les meilleurs disques velus, les meilleurs disques pour Geek et les meilleurs disques pour changer de job en 2010!

20 décembre 2010

 

Périscope #43

Périscope #43

Ce matin, le Yéti déboule tout excité dans la cuisine du Sous-Marin Jaune, en braillant un peu plus que d’habitude :
« Les gars, les gars, ca y’ est, tous les blogs et fanzines de musique publient leur tops de fin d’année ! Nous aussi on va faire pareil !! ». A ces mots, Fantasio fusille le poilu du regard et Ciccio sort un couteau tranchant…
« Rhooo, attendez les enfants, je sais bien que vous n’aimez pas ça, les Tops de fin d’année !! Fantasio l’avait d’ailleurs dit, vous croyez que j’ai la mémoire courte ? Non, là, pour railler un peu cet exercice, je vous propose de faire du grand n’importe quoi et de composer chacun un top en fonction de ce que nous sommes. Ainsi, toi, Ciccio, cette année, tu as changé de boulot donc je veux que tu nous donnes ton Top 3 des disques de 2010 pour changer de job. Toi Fantasio, déjà tu reposes ton Ipad, et tu m’écoutes ! Tu vas nous donner ton Top 3 des disques de Geek pour 2010. De mon coté, je vous donnerai le Top3 des disques velus de 2010 ! Ça vous va ? Let’s Go, Folks ! ».

 

 

MGMT - Congratulations

MGMT - Congratulations

Il n’y a rien d’illogique à ce que le Yéti réclame un trio de disques geek au camarade Fantasio. Seulement, à part la BO récente de Scott Pilgrim, il n’est pas très sûr que ses disques préférés correspondent aux critères geek, à moins que cela ne se résume à une apparition dans une pub Apple. Voici en tout cas un top 3 mâtiné de geek attitude, ne serait-ce que parce qu’il exclut le chanteur de l’année (Arnaud Fleurent Didier) :
- Congratulations de MGMT
- Big Echo des Morning Benders
- Innerspeaker de Tame Impala
Fantasio regrette simplement que le Yéti n’ait pas demandé un top 5 qui lui aurait permis de citer une nouvelle fois Deerhunter et Sufjan Stevens.
Un pochette hideuse façon jeu vidéo, un chanteur à lunettes, des Australiens chevelus et pas de trace de Kanye West. Qui dit mieux ?

 

 

Archie Bronson Outfit - Coconut

Archie Bronson Outfit - Coconut

Toute l’année, le Yéti s’est vu rappeler par ses acolytes qu’il était une grosse boule de poils. Ce petit top 3 est l’occasion de rappeler qu’il ne fut pas le seul en 2010.
A tout seigneur tout honneur, les velus préférés du Yéti en 2010 auront été les Archie Bronson Outfit, une bande de barbus hirsutes, jouant sur Coconut un blues démoniaque et festif. Dommage que leur concert à la Maroquinerie ait été si sage. Le Yéti et son frangin, le Tazz (autre bête sacrément poilue) s’y étaient ennuyés ferme.
Le disque velu n°2 de l’année 2010 sera Courchevel de Florent Marchet. Si l’ami Florent arbore une chouette moustache sur la couverture de son album, c’est surtout la splendide peau de bête sur lequel il trône qui aura retenu l’attention du Yéti ! 20/20 pour la pochette et les chansons.
Enfin le troisième grand disque velu de l’année 2010 du Yéti, c’est le sublime ep de La Féline, Wolf & Wheel. Parce qu’un groupe qui se baptise ainsi en hommage à Jacques Tourneur, est forcément dans le top velu du Yéti. Attention, les 6 perles qui composent cet ep sont en revanche d’une délicatesse folle, même s’ il est question de Loup et de Rat, deux animaux poilus que le Yéti affectionne.

 

I Am Kloot - Sky At Night

I Am Kloot - Sky At Night

Même s’il ne comprend pas bien ce à quoi pourrait ressembler un top 3 des albums pour changer de boulot, l’idée a tellement plu à Ciccio qu’il s’est creusé la cervelle pour en tirer un petit classement qu’il espère non dénué d’intérêt.
Premier lauréat de ce top, donc, I Am Kloot. Pourquoi ? Tout simplement parce que Ciccio a l’impression que la grâce qui sort de Sky At Night semble avoir été obtenue par de la besogne, du labeur, du travail.
Deuxième album : Courchevel, de Florent Marchet. Sur cet album, une chanson donne une autre facette du monde merveilleux du travail : La Charette. Pas besoin de faire un long discours, le titre aura donné au lecteur une idée du sujet de cette excellente chanson.
Et puis finalement, pour montrer qu’il n’y a pas que le travail dans la vie, et que l’essentiel est ailleurs, le troisième album de Ciccio est le paradisiaque Love To Live des Living Sisters. Le supergroupe d’Inara George, Becky Stark et Eleni Mandell est un hymne au farniente, ce qui est toujours salutaire lorsque les cadences s’accélèrent.

 

D’ailleurs, puisque l’on parle de dur labeur, il est temps pour nos trois amis de boucler cette année 2010 par un peu de repos. Plus de détails dans quelques jours…

 

 

Deerhunter, où l’on comprend pourquoi et comment on aime un disque

4 novembre 2010

Deerhunter Alcyon Digest

L'exctincteur #3

Une comparaison à un groupe mythique comme les Beach Boys ou les Zombies, le portrait d’un leader charismatique : voilà ce qu’il fallait pour me donner envie d’acheter un album, il y a dix ans. En bref, la prescription détaillée et argumentée d’une haute autorité musicale.
Aujourd’hui et depuis quelques années déjà, tout cela a bien changé. Quand on a accès en quelques secondes à toute la musique de la terre, pourquoi se fier à autre chose que son oreille ?

 

Pour découvrir Deerhunter, je n’ai donc pas lu de chronique, je n’ai pas été influencé par un bloggeur ou un ami. En tout cas, je ne savais rien ou presque du groupe avant d’écouter et d’apprécier cet album étonnant.

 

Deerhunter - Halcyon Digest

Deerhunter - Halcyon Digest

Le peu que je connaissais du groupe n’avait d’ailleurs a priori pas grand chose pour me faire sauter au plafond : un nom rustique parfait pour Pitchfork, une pochette pas loin du pénible Antony and the Johnsons, et un nom d’album qui ne m’évoque rien de particulier. Et pourtant….

 

Le cas de l’album me rappelle un peu le disque de Tame Impala, écouté une première fois distraitement avant d’être adoré. Conclusion : mais qu’est-ce qui fait que Fantasio aime ou pas un album ?
Il y a bien un point commun entre Deerhunter et Tame Impala : ils sont adulés par mon ami le Muffin Man.

 

Mais que s’est-il passé dès la première écoute de Halcyon Digest ? Si la chasse est ouverte (oui je l’ai faite !) dès le titre d’introduction (je l’ai déjà dit mais j’adore les albums qui commencent lentement), ce sont les titres Don’t cry et Revival qui sont pour moi décisifs. Mélodies évidentes, guitares tranchantes, voix légèrement en retrait : les ingrédients sont là. J’ai pensé à l’album de Little Joy pour la nonchalance de l’ensemble (comme comparaison, c’est quand même moins générique que Neil Young non ?).

Little Joy

Little Joy


Le paradoxe de tout cela, c’est finalement peut être qu’un titre aussi rétro que Desire Lines m’aurait certainement agacé si j’avais lu le dossier des presse du groupe avant de commencer mon écoute.
Bizarre, vous avez dit bizarre ? On s’en fout, en fait.

 

Alors, si vous êtes comme moi, un peu vieux mais toujours curieux, ne perdez pas votre temps à acheter des magazines ou lire des chroniques d’un autre temps : continuez d’ouvrir les oreilles, même si vous devez subir 90% de disques qui ne servent à rien, au grand désarroi du Yéti et au bonheur de Ciccio qui s’impose cette discipline sur son temps libre.
Vous tomberez peut être sur un Deerhunter qui réveillera votre intérêt, suscitant un sentiment vaguement nostalgique (des disques comme celui là on en fait plus les gars !) de vos premiers émois musicaux (quelque part entre 1992 et 1995, en ce qui me concerne).

 

Si vous avez lu ce billet parce que vous pensiez trouver une chronique de Deerhunter, vous risquez d’être déçu. Il aime ou il aime pas ? Mais qu’est-ce qu’il raconte et c’est quoi son problème d’ailleurs ? Mais, si vous m’avez bien suivi, vous êtes peut-être en train d’écouter Halcyon Digest (et pas ce putain de barbu chapeauté de Ray Lamontagne, pour une fois), ce qui constituerait déjà une bonne nouvelle.

 

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Fantasio

Qu’est ce que tu fais pour les vacances ?

19 juillet 2010

 

Périscope #27

Le Sous-Marin Jaune part en vacances

Fantasio l’a décidé : l’équipage du Sous-Marin est prié de prendre quelques vacances et d’aller profiter du soleil.
Le Yéti, obéissant, a préparé un petit baluchon, regardé quelques destinations… mais pourtant il ne se sent pas bien. Des vacances, ok, mais avec qui ? Le Yéti, comme tout abominable homme des neiges qui se respecte, a peu d’amis et fait peur aux gens. Il est interdit de croisière Costa, pas la bienvenue au Club Med, ni en Auberge de Jeunesse…
En fait le Yéti aimerait bien passer ses vacances dans une maison isolée, avec un chanteur qu’il aime bien, histoire de refaire le monde le soir avec lui, autour d’une bonne bouteille de vin, quand la nuit tombe.
Mais avec qui ? Tiens, peut être que Ciccio et Fantasio ont, eux aussi, un avis sur la question. « Hey, les gars, si vous pouviez prendre des vacances avec un musicien actuel, vous partiriez avec qui ? ».

 

 

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Le Meilleur ami de Ciccio: Son Ukulele

Ciccio, s’il devait prendre des vacances dans une maison isolée, n’emmènerait personne. Il prendrait quelques instruments (son ukulélé, sa batterie et sa trompette, pour démarrer) et en profiterait pour essayer de progresser un peu, ce qui ne serait pas du luxe !
Pourquoi le ukulélé ? Tout simplement parce que c’est un instrument minimaliste qui permet de faire un peu tout et n’importe quoi. Il a un son apaisant et Ciccio se voit bien passer des soirées à discuter avec son petit instrument en bois, lui demandant notamment pourquoi il refuse si souvent de jouer la bonne note lorsque Ciccio se lance, à la demande express du Yéti, qui en profite pour inviter Fantasio à danser un slow, dans le solo de Still Loving You.
Pas d’artiste pour Ciccio, donc , car s’il y a bien une chose qu’il n’aime pas faire, le Ciccio, c’est choisir. Choisir un meilleur film, un artiste préféré, un album à emmener sur une île déserte, choisir entre le Yéti et Fantasio, ou encore, comme c’est le cas ici, choisir un chanteur, qui plus est pour discuter avec lui ! C’est la raison pour laquelle Ciccio ne sort jamais de chez lui sans son iPod 160 Go.
Concernant le chanteur ou la chanteuse à emmener, qui plus est, le risque de rester assis face à face sans mot dire, voire, encore pire, de se retrouver déçu par ce qu’il/elle aurait à dire, est bien trop grand.

 

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

Innerspeaker, brillant album de Tame Impala

 

 

A la différence de Ciccio, la complainte du Yéti tombe plutôt bien pour Fantasio : il a en effet décidé d’inviter les 3 australiens psychédéliques de Tame Impala (quelqu’un a-t’il déchiffré l’anagramme ?), pendant ses 3 semaines de vacances estivales.
3 semaines à fumer l’herbe charentaise avec les auteurs de Innerspeaker, loin des krachs mélancoliques du Yéti et de la moue boudeuse de Ciccio. Sensible aux arguments de Solitude Is Bliss, Fantasio se doute bien que le trio se fera la malle avant la fin du séjour.
Dans ce cas, en hommage au Yéti, il rappellera les Beach Boys à la rescousse, pour ne pas mourir d’ennui à la plage.

 

 

Ernesto du groupe Viol

Ernesto du groupe Viol

Tout comme Fantasio, le Yéti va privilégier le présent et se verrait bien partir en vacances avec Ernesto Violin, chanteur compositeur d’un obscur groupe français : Viol.
Déjà le Yéti aimerait bien demander à Ernesto pourquoi il a choisi ce nom horrible pour sa musique aussi belle que délicate. Et puis ensuite parler avec lui des Byrds, de Nick Drake, de Midlake, de Love, toutes ces chouettes références qui se bousculent en écoutant le magnifique nouvel album du Monsieur, Welfare Heart, en téléchargement libre ici : http://violsboat.blogspot.com/
Et puis disséquer avec lui les splendides Living in a Cemetery ou The Tempest, certainement les chansons pop-folk que le Yéti a préféré écouter ces dernières semaines.
Enfin le dernier jour, le Yéti partirait s’incruster chez Fantasio (peut être avec Ernesto) pour discuter avec Tame Impala qu’il aime beaucoup, lui aussi. Ah, ce seraient de chouettes vacances !