Il ne faut pas… passer sa soirée du 11 juin 2010 (France-Uruguay) sans écouter Supergrass

12 juin 2010

pas de 11 juin 2010 sans Supergrass

La Combinaison #21

Cela ne vous a pas échappé, vendredi dernier, le 11 juin, il s’est passé un événement planétaire dont on ne mesure pas encore totalement la portée, notamment en France, puisque ce pays était en première ligne de cet événement, mais qui restera dans les annales pendant encore quelques années :

 

Supergrass a donné son concert d’adieu à La Cigale.

 

Alors, certes, cet événement était concomittent avec un autre, bien moindre, mais apparemment assez suivi dans notre pays : l’entrée de l’équipe de France dans la Coupe-Du-Monde-de-la-FIFA-marque-protégée-si-vous oubliez-un-des-mots-de-la-marque-vous-allez-en-taule-ou-pire-encore-vous-êtes-obligé-de-passer-une-soirée-avec-Sepp-Blatter.

 

Même moi, taré de foot devant l’éternel, j’ai préféré aller rendre hommage à ce groupe qui m’a enthousiasmé pendant quinze ans sans la moindre faute de goût, et avec pratiquement pas de baisse de régime (bon, à la sortie du concert, j’ai mis mon casque, enfourché mon vélo, et ai pédalé comme un inconscient dans Paris pour rejoindre ma télé et mon enregistrement, que j’ai pu regardé sans aucune indication de score de la part des gens dans la rue ou de mes proches).

 

Une superbe photo prise vendredi soir par Rod, de le-hiboo.com, que je ne connais pas mais que je remercie au passage

Une superbe photo prise vendredi soir par Rod, de le-hiboo.com, que je ne connais pas mais que je remercie au passage

Et oui, Supergrass aura duré quinze ans, même si depuis la sortie de Diamond Hoo Ha, leur dernier album, en 2008, il n’est pas passé grand chose. Pendant ce concert d’adieu, ils se sont amusés à découper le show en six parties distinctes.
Chaque partie était dédié à un album, en remontant le temps, et ils ont joué quatre morceaux de chaque album (avec une exception pour The Road To Rouen, pour lequel ils n’en ont joué que trois, dont le très long – et très bon – Tales Of Endurance (Parts 4, 5 & 6). L’ambiance montait d’un cran que fur et à mesure que nous revenions en arrière : la foule connaissant de mieux en mieux (et chantait de plus en plus) les paroles, et il y a fort à parier que les souvenirs véhiculés par les morceaux procuraient de nombreuses émotions au public, comme elles l’ont fait pour moi.

 

Inutile de préciser que juste avant et juste après le concert, j’ai fait tourner l’intégralité des six albums dans mon iPod, et pas seulement pour me préserver du résultat du match de foot (les albums tournent encore aujourd’hui, et demain ça devrait être la même chose).
Dans ce contexte difficile de choisir un morceau à vous faire écouter. Comme souvent dans ces cas-là, il faut appliquer une règle arbitraire, et c’est pourquoi j’ai choisi de vous faire écouter le tout premier morceau que j’ai entendu d’eux, en 1995, il y a quinze ans :

 

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Et je n’ai même pas peur de dire que le concert était bien mieux que le match (ceux qui n’ont vu que le match n’en douteront d’ailleurs pas…).

 

Si vous passez le week-end à vous lamenter parce que vous avez raté, n’ayons pas peur des mots, le concert de la décennie, provoquant l’incompréhension, voire la méfiance, chez vos amis fans de foot, qui eux sont surenthousiastes parce que la France n’a pas perdu contre une fantômatique équipe honteusement surnommée La Céleste, et que du coup vous sombrez dans la dépression, passant le reste de la compétition (je ne redis pas le nom exact parce que c’est bien trop long, encore plus long que cette parenthèse) à écouter Supergrass plutôt qu’à regarder les matchs, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

 

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Ciccio

Je n’aime pas les pogos

13 mai 2010

Je n'aime pas les pogos

Torpille #8

Ce n’est un secret pour personne, et si c’était un secret pour vous, nous pourrions affirmer que cela ne le sera plus dès lors que vous prendrez la peine de lire la fin de cette phrase en entier, je n’aime pas la musique qui fait mal aux oreilles. Dès que les mélodies sont un peu dissonantes, dès que les guitares sont un peu trop saturées, dès que le chanteur ou la chanteuse crie plus qu’il ou elle ne chante, dès que le batteur « laisse le feeling dans les loges » (comme le dit si bien Richard Chappoteaux), bref dès que c’est trop fort, je n’arrive plus à écouter.

 

Attention, loin de moi l’intention de dire que les musiques que je rejette pour ces raisons sont forcément nulles à chier (on peut penser un truc très très très fort dans sa tête, et pour autant jamais le dire – c’est soit de la diplomatie, soit de la trouille). J’ai même de très bons amis qui écoutent de la musique « qui tend », ou de la musique industrielle, voire même de la musique hardcore… Bon, j’ai aussi des amis qui disent que je suis sectaire, snob, et me traitent d’Ayatollah. Comme quoi, faudrait que je fasse gaffe aux gens avec qui je me lie d’amitié. Mais revenons à nos moutons.

 

Oh ! Une guitare moche !

Oh ! Une guitare moche !

La musique qui fait du bruit, surtout celle dont le bruit sort de guitares moches, s’accompagne d’un style bien particulier et de comportements, notamment lors de concerts, que j’ai bien du mal à comprendre d’une part, et à supporter d’autre part.

 

Le fameux pogo, pour ceux qui ne connaissent pas (j’en doute, mais bon, on sait jamais…), consiste à, lors d’un concert plutôt énergique, à tourner sur soi même en se projetant le plus violemment possible vers d’autres gens qui eux aussi tournent sur eux mêmes, et qui eux aussi se projettent sur vous. Je reconnais que raconté comme ça, ça peut paraître un peu bête. Mais il faut le voir, le vivre, et là vous verrez, ce n’est pas bête du tout, c’est en fait totalement crétin. Non seulement les mecs sont contents de participer, mais le top du top pour eux c’est de se faire mal, un peu comme cette série appelée Jackass, dont la simple évocation suffit à me donner envie de casser ma télé sur la tronche de la personne qui m’en parle.

 

Pour vous donner une idée plus précise sur les objectifs du pogo, voici un exemple de ce que l’on peut entendre le lendemain d’un concert (notez la transformation du substantif en verbe conjugué au passé composé, un vrai bonheur) : « Putain hier on a pogoté comme des malades au concert de Phakochera, je me suis pris une bonne béquille, du coup là je boite. Mais le mec plus tard, enfin je crois que c’était lui, ben je lui ai mis un bon coup de tête, et il est parti avec le nez en sang. Trop bien, quoi… » :

 

Arrivé ici, le lecteur (car oui, nous n’en avons qu’un) doit normalement tonner, éructer, bref se lever pour me dire : « Mais pourquoi diable nous parles-tu de ça ? Il te suffit de pas y aller, dans ces concerts, et l’affaire sera entendue ?! »

 

Oh ! Une autre guitare moche !

Oh ! Une autre guitare moche !

Hélas, cher lecteur, la vie n’est pas aussi simple. Car dès mes premiers concerts, il y a de cela presque 20 ans (The Cure, snif snif, quelle émotion…), et surtout dans les années 90 (ma grande période Britpop : Oasis, Pulp, etc…), j’ai été obligé de subir les assauts des pogos, dès lors que je me trouvais dans la fameuse fosse.

 

Force est d’avouer que j’en vois de moins en moins, d’une part parce que pogoter sur Richard Hawley (mon prochain concert), c’est quand même pas évident, mais j’ai également l’impression que cette pratique est en train de se raréfier. Mon concert suivant, le dernier de Supergrass, me permettra de valider cette intuition.

 

Cher lecteur, si tu as pris ta place pour Supergrass (et si tu ne l’as pas fait c’est trop tard), de grâce, ne pogote pas. Viens plutôt au fond de la salle me payer une bière.

 

 

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Ciccio

J’aime bien le nouvel album de MGMT (finalement)

22 avril 2010

Finalement pour MGMT nouvelle version

Extincteur #1

Ben Goldwasser, l’une des têtes pensantes de MGMT, a dit la phrase suivante : « Nous ne sommes pas du tout concernés par la mode : ce que nous préférons, c’est découvrir de vieux groupes obscurs, sans être snobs pour autant ». Cette phrase bizarre et heurtée résume la situation de pas mal de groupes qui connaissent le succès.

 

En paraphrasant Monsieur MGMT, je dirais que le groupe a une conscience aiguë de son projet musical, ce qui lui permet de se marketer tout seul, en se positionnant « pas à la mode », et « pas snob ». Cette capacité à exister dans le « ni trop ni pas assez » est en adéquation complète avec les critères de notre temps, (ne lancez pas le Yéti sur le sujet, il partirait dans un délire anti-bobo dont il a le secret). Soyons bourgeois mais pas riche, sexy mais pas pute, soyons cool.

 

MGMT - Congratulations

Le retour de MGMT

MGMT s’évertue donc à être là au bon moment dans le bon temps, à paraître cool, excentrique sans être inquiétant, original mais pas bizarre, jeune mais pas complètement régressif, mûr sans avoir l’air adulte. N’ayez pas peur, il ne peut rien vous arriver de grave avec MGMT.

 

La preuve, on retrouve MGMT en musique de fond de dizaines de pubs, séries TV, et films.

 

Sauf que, tout bien réfléchi, et surtout tout bien écouté, puisque ce Congratulations repasse en boucle dans mon casque, cet album est très bon. Là où pour moi l’écoute du premier album était aussi pénible que le générique des Barbapapas, j’ai découvert un disque brillant, rempli de pépites : Song For Dean Tracy, Flash Delirium, Brian Eno, autant de titres qui fonctionnent à merveille, entre production diablement efficace, chant habité et paroles délirantes.

MGMT, l'art et la manière

MGMT x2

Sans atteindre le génie de Supergrass grande période (soyons sérieux quelques instants), le résultat, hautement psychédélique, tout en changement de rythme, est assez ahurissant et hautement addictif.

 

Pour un divertissement de masse, c’est une collection de chansons franchement plus enthousiasmante qu’un album des Flaming Lips.
Finalement, mon seul regret c’est de ne pas avoir réussi à faire débat au sein du Sous-marin jaune. Le Yéti (qui, bonne bête, aime tout le monde) adore, et Ciccio s’en tient à son adage habituel (qui ne dit mot est tiède). Et vous, qu’en pensez-vous ?
Fantasio est-il devenu superficiel ?
Faut-il brûler MGMT ?
Cet article est-il inutile ?

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Fantasio