Les matelots jouent les touristes à Liverpool

5 décembre 2011
Périscope #81

Périscope #81

 

Résumé de l’épisode précédent : avec l’aide de l’Artilleur, le Plongeur met fin à l’obstacle terrifiant empêchant les matelots de rejoindre Liverpool.

 

La voie est libre ! Quasi instantanément après la destruction de la muraille de mauvaise goût, la bonne nouvelle fait le tour du sous-marin. Ciccio pleure des larmes de joie comme à l’annonce d’un nouvel album de Ray Lamontagne. Le Yéti pousse des cris d’extase, bondit en tout sens, suscitant la colère et l’agacement du Commandant par son comportement enfantin.
Fantasio pousse un soupir de soulagement et affiche un rictus probablement synonyme de satisfaction.

 

La légende de Liverpool

LIVERPOOL, NOUS VOILA !
Tel est le cri simple et sincère du Yéti, alors qu’il pose un pied sur la terre ferme. Transformé par cette escale très particulière, le Yéti déborde d’énergie. Il est suivi de près par les 2 autres matelots, et par les membres de l’équipage autorisés à quitter leur poste : le Radariste et le Plongeur.
Tous semblent grisés par l’arrivée en Merseyside. Ciccio a revêtu un jersey de foot rouge, floqué du numéro 8 et du nom d’une de ses idoles : GERRARD.

 

C’est Fantasio qui a programmé la première journée des matelots à Liverpool. Ce soir, ils dormiront tous au Hard Day’s Night Hotel. A la demande insistante du Yéti, il a réservé la suite John Lennon et son piano blanc.
Hilares et galvanisés, le Plongeur et le Radariste improvisent une interprétation de Penny Lane, le Plongeur se chargeant des harmonies.

 

Pitstop pour les matelots

- Fantasio, c’est quoi le programme ? demande le Radariste.

 

Fantasio, qui a une sainte horreur de répondre plusieurs fois à la même question (déjà posée 3 fois pendant le petit déjeuner), détaille une nouvelle fois le planning de la journée, qui les emmènera notamment à Strawberry Fields et au pub Rubber Soul.

 

Le groupe entame son périple sous la pluie et le vent, laissant le sous-marin jaune à quai. Fantasio se retourne une dernière fois, craignant de croiser le regard glacial du Commandant ou de l’Artilleur.
Personne.

 

Les matelots sont des touristes

Malgré tout l’enthousiasme du Yéti et de ses compagnons, la ballade n’est pas toujours à la hauteur du rêve, et pas seulement à cause des intempéries. Marchant de monument en monument, les amis, pas habitués à parcourir des kilomètres dans l’espace exigu du sous-marin, ont mal aux pieds.
C’est finalement dans le réconfort plutôt universel d’un pub qu’ils retrouvent le plus de chaleur humaine et d’émotion.

 

Ciccio pousse un râle de douleur, les genoux mis à mal par le long périple piéton dans les rues de Liverpool. Du côté du Yéti, l’enthousiasme a été divisé par 10 depuis le matin : le velu se plaint d’ampoules apparues sous ses pieds.
Fantasio a l’étrange impression d’être dans la peau d’un professeur d’Anglais accompagnant ses élèves pour un séjour linguistique.
Alors que la barmaid dépose 5 pintes de Guiness sur la table des matelots, le repos du petit groupe est interrompu par l’apparition de la Vigie :

 

- VITE, TOUS AU SOUS-MARIN JAUNE ! ALERTE, LE COMMANDANT VOUS APPELLE !

 

Vont-ils quitter Liverpool ? Pourquoi le Commandant a-t-il donné l’alerte ?

 

La suite la semaine prochaine…

---------------------
Fantasio

Otis Redding et Sly & the Family Stone réveillent le Sous-Marin Jaune

11 avril 2011

 

Périscope #56

Périscope #56

Après le Yéti, c’est au tour de Ciccio de prendre quelques vacances bien méritées.

 

Fantasio et Le Yéti se retrouvent seuls dans le Sous-Marin Jaune, et d’un seul regard ils se comprennent : Ciccio parti, c’est la fin de la dictature du Folk, de l’homme barbu portant le même prénom que le leader des Kinks et dont on taira le nom de peur qu’il n’apparaisse une nouvelle fois dans nos tags, c’est l’heure de la délivrance, la fin de la guitare acoustique.

 

Les deux comparses se ruent dans leurs cabines et reviennent les bras chargés de CDs et vinyles plus variés les uns que les autres.

Et surprise, un genre musical revient en force dans tous ces disques bannis: la Musique Noire. Soul Music, Doo-Wop, R&B, Funk : c’est le retour des cuivres et ca fait du bien. C’est décidé, on dansera dans le Sous-Marin Jaune pendant l’absence de Ciccio !

 

 

 

Stand, chef d'oeuvre de Sly & The Family Stone

Stand, chef d'oeuvre de Sly & The Family Stone

Le Yéti ne sait plus où donner de la tête. Il sait que Fantasio est lui aussi fan de Soul Music et de R&B et qu’il a déjà écouté mille fois les albums du Yéti. Mais puisque les deux matelots ont envie de mettre le feu au Sous-Marin Jaune, le Yéti choisit d’ouvrir les hostilités avec Stand de Sly & The Family Stone, sans doute l’un des disques préférés du Velu. Sur cet album, Sly réveille les morts à coup de cuivres, de chœurs psychédéliques et de rythmiques affolantes. Et puis il y a les paroles, phénoménales. Grand disque, intouchable.

 

Des paroles phénoménales… Voilà un point qui a toujours séduit le Yéti dans la Musique Noire. Alors que les groupes pop des Whiteys (pour paraphraser Sly) parlent de Surf, de drogues ou aujourd’hui de renard dans la neige, la majorité des groupes majeurs de Soul ou de R&B a toujours su glisser intelligemment des opinions politiques ou sociales dans leurs textes. Parfois, ça fait mal (comme chez The Last Poets – le Yéti adore leur Niggers are Scared About Revolution), parfois c’est plus larvé comme chez Curtis Mayfield.

Enfin, puisque Ciccio est absent et que les deux zigotos font ce qu’ils veulent, le Yéti en profite pour déclarer sa flamme au R&B actuel (lorsque c’est bien fait) : MS Dynamite avait par exemple réussi un premier album faramineux en 2002, dont le digne successeur s’appelle The Archandroid de Janelle Monáe. Dans ces deux albums, il y a plus d’idées musicales que dans l’intégrale d’Interpol. Les doigts dans le nez.

 

 

Otis Blue par Otis Redding

Otis en bleu

Fantasio se réjouit de voir le Yéti faire tanguer le Sous-Marin Jaune au son de ce qu’il est interdit d’appeler la « musique noire ». Il faut dire que c’est le moment où jamais : après ces quelques jours de répit sans Ciccio, le folk reprendra ses droits et il faudra se battre pour évoquer le nom de Stevie Wonder sans provoquer un mouvement de révolte. C’est aussi l’occasion rêvée pour glisser les MP3 de Ray Lamontagne dans la poubelle du disque dur SMJ, et lancer l’intégrale d’Otis Redding. Fantasio, en bon gardien du temps, a placé Otis Blue en début de playlist.

 

Mais plutôt que de remonter aux origines de l’écriture pop et à Chuck Berry, Fantasio préfère évoquer la période bénie des disques de la Motown et plus précisément Stevie Wonder. Il propose au Yéti de se plonger dans Songs In The Key of Life et Innervisions, deux excellents albums parmi la poignée de chefs d’œuvres publiés par l’aveugle maudit. Sans savoir quoi penser du sourire habituel du Yéti, il évoque son regret de voir Stevie pâtir de sa période immonde des années 80. Comment oublier ou – pire – snober un artiste populaire  ayant poussé aussi loin la recherche sonore, tout en conservant une grande qualité d’écriture ? Les albums évoqués plus hauts sont pourtant des pépites d’une époque antérieure à la ghettoïsation par le hip hop et au massacre vocal de Whitney Houston.

 

Alors que la célèbre intro de Sir Duke retentit dans le Sous-Marin Jaune et que le Yéti mitonne un repas pour deux, Fantasio imagine un plan machiavélique pour le retour de Ciccio. Pourquoi ne pas préparer une playlist pour Ciccio dont le seul but serait de le convertir aux musiques auxquelles il résiste ? Une sorte de cure forcée ou de désintoxications pour indécrottables barbus. Sélectionnant une poignée de titres des années 70 dans la collection du Yéti et dans la sienne, il ajoute un ingrédient vicieux : un petit Rocket Man d’Elton John (artiste certes pas noir de peau, mais censuré par Ciccio) qui devrait faire son effet le jour du retour du 3ème matelot.

 

 

 

Ray Lamontagne et Mike Posner (oui, Posner) en vue !

6 avril 2011

 

Mike Posner comparé à Ray Lamontagne

La Vigie #49

Ah, le sampler

 

C’est un instrument terrifiant, le sampler, non ? La vigie ne sait pas si cela vient du nom (après tout, échantillonneur, l’équivalent français, semble tellement plus inoffensif) ou de la promesse terrible qu’il renferme : créer des morceaux à partir d’autres morceaux n’est-il pas un incroyable aveu de défaite ?
Évidemment, il sera facile de lui rétorquer, à la Vigie, voire même de lui envoyer à travers la tronche, que depuis les années 60, voire 70 pour être généreux, reproduire pour créer est tout simplement ce que font la quasi totalité des artistes.

 

Mouais (c’est la réponse, plutôt bien argumentée, de la Vigie). Ce n’est pas tout à fait exact (finalement la Vigie se dit qu’elle va argumenter un peu). Si les influences des artistes majeurs de ces deux décennies se font encore sentir aujourd’hui, ce n’est pas au travers de la copie, mais plus de l’hommage (et la Vigie est bien placée pour le savoir, elle qui chaque semaine met en lumière un de ces hommages).

 

Mais là, aujourd’hui, la Vigie est colère, pour changer. Elle qui est d’un tempérament plutôt calme, elle que l’on n’a jamais vu lever un mot plus haut que l’autre (sauf si l’autre n’est finalement pas très haut, du coup il se peut que le mot, par un concours de circonstances rare, soit plus haut), aujourd’hui elle tonne contre la copie, et ce pour deux raisons.
La première, vous l’aurez compris, c’est qu’en amoureuse de barbe et de guitare, la Vigie n’est pas trop portée sur les appareils électroniques tels que le sampler. La seconde, c’est que la victime de l’un de ses chouchous : Ray Lamontagne.

 

Mais jugez plutôt par vous-même, en vous délectant (ou pas) de cette intro toute en cuivre, d’un Ray Lamontagne rendant hommage (puisque tout le monde le fait) à la Motown ou la Stax :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Vous l’avez bien en tête le riff de trompette/trombone du début ? Il semblerait que machin Posner il l’avait bien en tête aussi, quand il a « écrit » sa bouse :

 

 

Nan mais franchement, rien que sa tête à beignes, là, sur son putain de fauteuil d’avion, ça plante le décor !

 

Il paraît que si Zidane a mis un coup de tête à Materrazzi, en finale de la Coupe du Monde de foot 2006 (ouais, c’est bon, faîtes pas genre vous savez pas de quoi parle la Vigie…), c’est parce que l’Italien avait insulté sa famille.
La Vigie elle lui mettrait bien un coup de tête à bidule. Mais bon, ce serait sous le coup de l’énervement, donc forcément moche.

 

 

Cet article n’aurait pu avoir été écrit sans la suggestion fort à propos d’une de nos fidèles lectrices, une certaine 1somnies. Merci à elle !

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

---------------------
Ciccio

La Musique du Routard

28 mars 2011

 

Périscope #55

Périscope #55

Le Yéti a pris exceptionnellement une semaine de vacances laissant à Ciccio et Fantasio le soin de piloter avec hardiesse le Sous-Marin Jaune. A son retour, le gros velu est tout excité de retrouver ses comparses, surtout après le désert musical qu’il a traversé.
En effet, si la destination choisie par le Yéti lui a bien apporté satisfaction pour le soleil et le repos, on ne peut pas en dire autant pour la musique où il n’y avait rien de bien excitant à se mettre sous la dent.
Le Yéti a manqué de sagacité, car voilà un sujet à ne pas prendre à la légère : quelle musique doit on choisir lorsqu’on part en vacances ? Doit on se forcer à écouter les radios locales pour être dans l’ambiance ? Doit on partir avec une sélection de CDs en rapport avec la destination choisie ? Doit on forcément écouter Jean-Louis Murat quand on part en Auvergne ou les Fleet Foxes lorsque l’on traverse le grand Ouest américain ?
Les 3 matelots vous donnent leurs préférences.

 

 

 

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Ciccio a envie de rire devant la naïveté, pourtant légendaire, du Yéti. Mais merde, ÉVIDEMMENT qu’un voyage, ça se prépare musicalement ! La sélection musicale doit même être le PREMIER élément auquel on doit accorder de la réflexion, car il ne faut jamais, au grand JAMAIS, laisser les locaux vous imposer leur musique (surtout quand on part dans le pays du Zouk, Yéti…).
Chez Ciccio, tout est bien huilé : tandis que sa douce moitié étudie les guides culturels et prépare les excursions, balades et visites, lui s’imprègne des paysages, de la culture, de l’histoire, et en produit une liste d’albums à jouer à des moments précis du voyage.
Le meilleur exemple est le road trip qu’ils ont fait en 2009, parcourant 10 000 kilomètres à travers 14 états des Etats-Unis. Chaque paysage ou lieu avait sa musique : Moriarty ou Ray Lamontagne dans les grandes plaines du Dakota, la bande originale du Seigneur des Anneaux sur le crépuscule des fumées de Yellowstone, Calexico dans Joshua Tree, la bande originale de The Straight Story au milieu des champs de l’Iowa, The Carter Family dans les villages paumés du Kansas et, moment sublime et flippant à la fois, Ennio Morricone lors de la traversée de la Death Valley.
Non seulement le mélange des paysages et de la musique garantit un voyage inoubliable, mais en plus les émotions ressurgissent, intactes, lors de la ré-écoute de ces morceaux, longtemps après.

 

 

 

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

En matière de voyages, le Yéti fait tout le contraire de Ciccio. En effet, le Velu aime bien être surpris et c’est pour cela qu’en vacances, s’il part dans une contrée nouvelle, il emporte rarement de la musique, préférant miser sur la découverte.
Cela lui a parfois réussi (il garde d’excellents souvenirs musicaux en Afrique notamment) et parfois moins comme en Australie où les radios locales dégueulaient un rock FM épouvantable obligeant, lui et sa sœur, à aller acheter dans une grande surface quelques disques plus délicats dont le méconnu (et très bon) Pocket Symphony de Air. En règle général, le Yéti aime donc se la jouer couleur locale car il se dit que quitte à découvrir un pays, autant le faire à fond. Manger de la tête de poisson au son de la Kora, oui. Découvrir le Wadi Rum au son de Noir Désir, non !
Et le Yéti de se rêver Marco Polo de la musique à chaque fois qu’il a la chance de partir à l’étranger, espérant surprendre ses amis à son retour en mettant un disque de musique folklorique égyptienne sur sa platine, disque qui ira moisir au fin fond de sa discothèque ensuite, car c’est bien connu : les souvenirs de vacances finissent forcément dans une boite en carton au fond d’un placard.

 

 

 

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

Fantasio écoute ses amis avec attention, enfin surtout Ciccio, cette fois-ci, puisque ses propos l’interrogent. S’il admire des groupes comme Calexico qui parviennent à innover tout en recyclant un certain folklore, pour Fantasio tout cela relève de l’imaginaire et du fantasme. Malgré son goût pour les voyages, il n’a pas parcouru tous les continents, se contentant de l’Afrique et de l’Amérique du Nord. C’est donc logiquement qu’il a découvert (comme tout le monde) des pays comme le Brésil à travers leur musique, avec ou sans clichés, merci Caetano Veloso et Milton Nascimento. Mais écouter de la musique mexicaine en visitant les pyramides aztèques ? Non, Fantasio ne s’imagine pas une seule seconde préparer un voyage en programmant la bande sonore qui va bien (on parle bien de voyage à l’étranger, pas de congés payés en bord de mer), et il ne s’est jamais posé la question. Pourquoi essayer de superposer l’imaginaire au réel ? Le voyage c’est donc l’abandon de son attirail habituel : son téléphone mobile, et donc la musique qu’il contient. Mais, en écoutant le récit de Ciccio, il se met à imaginer ce que pourrait donner son prochain départ à Chypre sur fond de musique folkorique

 

 

 

A la Recherche de la Chanson Parfaite

14 mars 2011

 

Périscope #53

Périscope #53

Un moment de quiétude à bord du Sous-Marin Jaune.
Les trois matelots sont confortablement installés dans le salon du submersible (un peu dans le genre de celui du Capitaine Nemo, dans le Nautilus…), en train d’écouter (ré-écouter) l’excellent nouvel album de Gruff Rhys, Hotel Shampoo. Sur cet album, plusieurs chansons frôlent la perfection, comme Shark Ridden Waters qui mériterait à lui seul une rubrique Gimmick.
C’est Fantasio qui brise le silence : « Les gars, vous pensez que la chanson parfaite a déjà été composée ? Si oui, quel est votre St Graal musical et qu’est ce qui fait de cette chanson une chanson parfaite ? »

 

 

Plusieurs chansons parfaites sont sur cet album pour Fantasio...

Plusieurs chansons parfaites sont sur cet album pour Fantasio...

Une fois n’est pas coutume, Fantasio est parvenu à lancer un sujet de conversation à bord du sous-marin. Il en profite pour écouter avec délectation le Yéti évoquer les canons de la pop. Avant même d’entendre Ciccio parler de folk, il a évidemment en tête les Beach Boys, et pas seulement l’inévitable God Only Knows (qui, même si c’est un lieu commun, est un titre plus que parfait), mais aussi Wouldn’t It Be Nice, Deirdre, In My Room, et bien d’autres : She Knows Me Too Well ou Please Let Me Wonder sont d’autres exemples de morceaux pourtant ordinaires et parfois qualifiés de mièvres qui émerveillent Fantasio à chaque écoute. Difficile de dire si ce sont des chansons parfaites, mais Fantasio se dit que les classiques des années 60-70, à l’instar de vieux records du monde d’athlètes d’ex RDA, paraissent hors de portées des velléités pop actuelles de jeunes loups en activité – malgré toute l’affection qu’il porte à des énergumènes comme Gruff Rhys. Est-ce que c’est le côté « snob » de Fantasio qui s’illustre ici ?

 

 

...et ce disque comprend celle du Yéti...

...et ce disque comprend celle du Yéti...

Le Yéti jubile ! Car pour lui, la chanson parfaite est un subtil équilibre entre une mélodie facile d’accès, des arrangements classieux et une intemporalité absolue qui fait que la chanson restera indémodable dans 20 ans quand le Yéti l’écoutera. N’ayant pas le recul suffisant pour juger certaines chansons récentes, le Velu est bien obligé d’avouer que, tout comme pour Fantasio, la chanson parfaite à ses yeux a été composée par ses Beach Boys chéris et son Dieu vivant, le grand Brian Wilson. Cette chanson, c’est Til I die dont les harmonies sont éblouissantes. La mélodie peut être chantée à tue tête par n’importe qui et le final du morceau est tout simplement bouleversant, notamment par le texte profondément émouvant écrit par Brian. En moins de 3 minutes, l’essentiel de la Pop Music est là.
Mais si le Yéti devait crâner et citer un groupe plus obscur que les Beach Boys, il citerait les merveilleux Sneetches dont le 54 Hours peut tranquillement postuler au titre de chanson parfaite pour toutes les raisons avancées auparavant. Et le Yéti en est persuadé : lorsqu’il réécoutera ce titre dans 20 ans, ses nombreux poils se dresseront d’un seul homme de plaisir et de bonheur.

 

 

Les plaines su South Dakota sont-elles parfaites ?

Les plaines su South Dakota sont-elles parfaites ?

Quand Ciccio ouvre enfin la bouche, c’est pour doucher l’enthousiasme de ses comparses.
Déjà, il en a marre qu’ils le gonflent avec le très moyen album de Gruff, lui qui pourtant était un fan de la toute première heure des Super Furry Animals, mais qui a perdu son enthousiasme au fil des albums du groupe et en solo de leur (ex ?) leader. De plus, comme à chaque fois qu’une discussion de type « classement » s’engage, il ne sent pas vraiment à l’aise, toujours incertain quand il s’agit de privilégier l’impulsion à la réflexion. Et pour cause, quoi de plus impulsif que d’élire une (ou un tout petit groupe de) chanson(s) comme étant parfaite(s) ?
Pour Ciccio, ce concept n’existe pas. Il n’existe que des chansons parfaites « pour quelque chose ». I Am The Resurection, des Stones Roses, est parfaite pour danser. Wicked Gil, de Band Of Horses, est parfaite pour piquer un 100 mètres pendant deux minutes et cinquante huit secondes. Thule, d’Album Leaf, est parfaite pour fermer les yeux dans un train à grande vitesse. Laurens Walking, d’Angelo Badalamenti, est parfaite pour traverser les grandes plaines du nord des Etats-Unis au volant d’un camping car. Et A Falling Through, de Ray Lamontagne, est parfaite pour citer Ray Lamontagne (deux fois !) dans cet article.
Et Hello It’s Me, de Lou Reed, est paradoxalement parfaite pour conclure.