Le Sous-Marin Jaune rend visite à Liliane B.

5 juillet 2010

 

Périscope #25

Comme vous le savez tous désormais, le Yéti travaille dans une étrange banque privée avec plein de clients très très riches. La morale, le Yéti s’en contrefout, il n’en a jamais eu du fin fond de sa grotte tibétaine.

 

Hier, une vieille dame, Liliane B. (Le Yéti ne tient pas à dévoiler l’identité de sa cliente préférée), lui a laissé un télégramme alarmant : « Mon cher Monsieur Yéti, j’ai plein de souci, tout le monde m’en veut, pouvez-vous venir au plus vite ? ». Ni une ni deux, le Yéti prend les commandes du Sous-Marin Jaune, profitant de la sieste du Ciccio qui ronfle tellement fort qu’il couvre le bruit des machines, et de l’absence de Fantasio qui ne sort plus de sa cabine depuis qu’il a acheté Red Dead Redemption.

 

France Culture, la radio préférée de Fantasio

France Culture, la radio préférée de Fantasio

Rapidement, grâce à sa fantastique science des canaux, le Yéti conduit le Sous-Marin Jaune chez Liliane qui accueille toute la troupe avec effusion : « Mes Amis, je savais que je pouvais compter sur vous. J’ai de graves problèmes financiers : mon amant me pique tous mes sous et ma conseillère privée, Florence, a planqué mon argent un peu partout en Suisse, je ne sais même plus où ! Du coup j’ai décidé d’aider un artiste, un groupe non signé ou qui n’a jamais eu de succès et de lui consacrer toute ma fortune pour qu’il conquiert le monde ! Mais vous devez me conseiller. Qui choisir ?? ».

 

 

Alors que le Sous-Marin Jaune débarque chez Liliane, Fantasio éprouve une sensation de gêne qu’il n’ose même pas évoquer en présence de ses deux amis : mais qu’est-ce que je fous là ? se dit-il secrètement. Lorsque le langage du Yéti se pare d’un champ lexical financier, Fantasio se sent au bord du malaise vagal. Fantasio pense aux paroles de France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier entendues une nouvelle fois samedi soir à la salle Pleyel: « on ne m’a pas dit comment faire avec les filles, comment faire avec l’argent ».
« Liliane, ton pognon, tu peux te le garder! » s’entendit-il répondre devant Ciccio et le Yéti, ébahis. « La musique peut exister en marge de l’économie ! ». Alors que le Yéti commençait l’inventaire de la fortune de Liliane, Fantasio s’enferma dans sa cabine pour terminer sa partie de Red Dead Redemption en réécoutant l’inusable Veckatimest de Grizzly Bear.

 

Un des disques de chevet du Yéti: Celui de Martin Newell

Un des disques de chevet du Yéti: Celui de Martin Newell

Étourdi par la sortie de Fantasio, le Yéti reprend rapidement ses esprits et murmure à Liliane : « Vous devez absolument excuser notre ami, Liliane. Fantasio est en train de subir un contrôle fiscal féroce, il n’est pas dans son assiette. » Liliane sourit d’un air entendu.
Profitant de ce petit moment complice, le Yéti en profite pour enchaîner :
« Liliane, votre argent peut servir une cause noble : révéler ENFIN au monde entier l’immense talent de Martin Newell, sans doute le meilleur compositeur anglais actuel, ami d’Andy Partridge, auteur du fabuleux The Greatest Living Englishman en 1993 !
Imaginez le meilleur des Kinks ou d’XTC dans un album ! Damon Albarn lui doit tout !! »
Liliane se souvient de Ray Davies, elle avait aimé ce garçon dans les années 60.
« Il faut louer un studio, un orchestre pour que Martin puisse enregistrer un nouvel album. Et puis ensuite, on réserve l’Olympia, on invite en première partie The Divine Comedy, ce serait formidable. »
Liliane regarde le Yéti, réfléchit 2 secondes et se tourne vers son majordome et crie « Albert, une tournée de Pim’s pour ces deux messieurs ! »

 

Qui a oublié sa déclaration d'impôts ?

Qui a oublié sa déclaration d'impôts ?

Ciccio, en bon médiateur qu’il est, souhaite calmer tout son monde. Si Fantasio n’est pas dans son assiette (fiscale), qu’il aille vomir sur le pont et qu’on n’en parle plus. Après tout, c’est son droit (fiscal), personne ne peut l’empêcher de penser ce qu’il pense, et si la recette (fiscale) proposée par le Yéti ne lui revient pas, on ne va pas le forcer.
Quant au Yéti, justement, Ciccio se demande s’il ne pousse pas à la fraude (fiscale), et ne voudrait pas qu’il fasse auprès de Liliane une sorte de prescription (fiscale) avec un de ses groupes inconnus à la noix. Ciccio n’étant pas du genre à opter pour l’évasion (fiscale), il préfère faire jouer sa puissance (fiscale) pour ramener le Yéti à la raison, et militer pour l’intégration (fiscale) de Fantasio, qui était lui aussi sur le point de commettre l’exode (fiscal).
Ayant réuni tout son monde, il procède donc à une déclaration (fiscale) visant à ramener le calme dans le sous-marin, qu’il conclut par la chaleureuse invitation suivante : « Et pour fêter notre réconciliation, allons boire impôt ! ».

 

 

Il ne faut pas… faire un régime en écoutant les Kinks

5 juin 2010

pas de régime sans les kinks

La Combinaison #20

La particularité d’un régime, outre le fait que ce soit chiant à mourir, c’est que c’est long, voire interminable (au sens premier du terme). Du coup, les chances de tomber sur des musiques inappropriées sont très élevées, et je ne parle même pas des jingles pubs insupportables nous incitant à ingurgiter des merdes en chocolat.

 

Non, je parle de la musique, la vraie, la bonne, celle dont on parle sur le bidule, celle qui, a priori ne donne pas dans la réclame bête et méchante. Pourtant, même chez un groupe fabuleux comme The Kinks, dont la force mélodique n’a d’égale que la qualité des paroles, toutes en observation sociale cynique et moqueuse, les incitations à se péter le bide ne manquent pas.

 

J’en veux pour preuve cette chanson, qui n’est ni plus ni moins une liste de choses à manger, dont la simple évocation me donnerait presque envie d’aller vivre en Angleterre :

 

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I’ll have some clam chowder, followed by beef steak on rye,
Pumpkin pie, whipped cream and coffee,
I wanna green salad on the side,
Don’t forget the french fries,
Pizza pie, garlic and anchovie.

 

Enlevez simplement le café, dont la simple odeur me répugne, et je signe pour ce repas tous les soirs pendant un an.

 

En plus, ce pourri de Ray Davies enfonce le clou, histoire de bien vous énerver pendant que vous luttez face à un morceau de Brillat Savarin :
I keep burning up calories as fast as I keep putting them down

 

C’est criminel de dire des choses comme ça, alors que vous êtes en train de vous battre pour éliminer la graisse autour de votre ventre, gramme par gramme, non ?

 

Si vous passez le week-end à refaire la grande bouffe de Marco Ferreri dans votre salon, ratissant absolument tout sur votre passage, des croquettes du chat au petits pots de votre enfant, en passant par le café en poudre tartiné sur une biscotte (pour caler le bide) et les gaufres à la viande hachée décongelée à la dernière minute, vous faisant vomir toutes les deux heures afin de pouvoir recommencer, et finir en apothéose en mangeant toute la liste de Maximum Consumption, dans l’odre et la forme indiqués par Ray, tandis que votre douce moitié se tire, prenant les enfants avec elle, et jurant qu’elle ne reviendra qu’après le passage d’une société de nettoyage industriel, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

 

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Ciccio

The Kinks et Blur en vue !

24 février 2010

The Kinks comparé à Blur

La Vigie #7

Il y aurait tant de choses à dire sur The Kinks, ce groupe que j’aime à citer comme mon préféré de tous les temps, que je ne sais par où commencer. Alors je vais juste partager une petite anecdote : c’est grâce à Blur que j’ai découvert The Kinks. Oui ! En 1994, au crépuscule de mon adolescence, je découvre, émerveillé l’album Parklife. Tous les critiques (et Damon Albarn lui même) décrivent la filiation directe entre Ray Davies et Damon Albarn, tant au niveau de la fibre pop que de l’écriture sociale douce amère.

 

C’est Muswell Hillbillies, pourtant pas l’album le plus représentatif de The Kinks, qui va immédiatement démarrer mon apprentissage. Et depuis cette année fatidique il ne se passe pas une semaine sans que j’écoute au moins un titre de ce groupe aussi fabuleux que sous estimé à la grande époque des années 60.

 

Mais vous n’êtes pas sur ce blog pour entendre la Vigie parler de sa vie (si vous êtes passionné par sa vie, voire totalement amoureuse – la Vigie est en effet un homme – de lui, pourquoi ne pas le contacter directement, voire, encore mieux, le crier à la face du monde ?), mais plutôt pour assister, avec une douzaine d’années de retard, à un hommage vibrant d’un excellent groupe des années 90 au meilleur groupe des années 60-70. Ca commence avec It Could Be You :

 

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Nul besoin d’user le lecteur audio, sauf si vous avez bon goût et que vous souhaitez entendre ce morceau jusqu’à son terme, car tout est dit dans l’introduction. Introduction qui existait en fait 25 ans plus tôt, dans Top Of The Pops :

 

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Plutôt que parler de siphonnage grossier, La Vigie souhaite souligner ici l’hommage rendu aux glorieux ainés locaux, à trav… Comment ça j’ai déjà utilisé cette tournure ? Quoi ??!! J’ai un parti pris qui voudrait que je parle d’hommage quand j’aime les groupes et de plagiat quand je ne les aime pas ??!!

 

Et quand bien même, j’ai envie de dire ?

 

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Ciccio