Les rêves des matelots, Part III

24 octobre 2011

Périscope #75

Périscope #75


Ce soir, Ciccio s’endort dans la cabine du Plongeur. Il a passé la soirée à s’émerveiller des pépites découvertes récemment. Ses paupières se ferment alors qu’il découvre l’album de Jonathan Wilson, pépite parmi les pépites malgré sa pochette à mi-chemin entre un vieux Steely Dan et un vieux Genesis.

 

Ciccio se retrouve au début des années 60, dans un hôtel du Nord de Londres. Autour de lui il reconnait des visages familiers : les 2 frères Ray et Dave Davies. Pete Quaife sort de la salle de bain en titubant et en riant très fort.

La classe anglaise des Kinks

La classe anglaise

Il ne faut pas beaucoup de temps à Ciccio pour comprendre qu’il est dans la peau du quatrième larron des Kinks, en l’occurrence le batteur. Le visage de Ciccio s’illumine, sans qu’aucun son puisse sortir de sa bouche.

 

Très vite, l’enthousiasme de Ciccio de se retrouver à proximité de ses idoles éternelles s’émousse. Les visages des frères Davies sont sombres et fermés. La discussion fait rage. Malgré l’accent à couper au couteau, Ciccio parvient à comprendre quelques bribes de la conversation et à les traduire en français.

 

- Ray, je sais pas comment te le dire. Mais ton nouveau batteur c’est vraiment de la merde. Tu peux m’expliquer pourquoi tu l’as préféré à Mick ?
- De la merde ? C’est pas toi qui me disait que tu en avais plus qu’assez des histoires de cœur de Mick ? Et en dehors de la barbe et du look, je vois pas ce que tu lui reproches, à notre nouveau batteur.

 

Mick Avory mieux que Ciccio

Un batteur comme Ciccio ?

Ciccio est partagé : il frissonne de bonheur à l’idée d’être transporté dans l’histoire des Kinks. Quoi de plus exaltant que de faire partie de cette aventure incroyable ? Il se demande tout de même s’il sera capable d’imprimer le rythme aussi bien que Mick Avory – sans doute est-ce du à son penchant naturel pour l’auto-dépréciation.

 

A l’autre bout du canapé la conversation s’envenime autour des 2 frères Davies. Dave s’adresse directement à Ciccio et lui reproche d’avoir ruiné le titre You Really Got Me.
- Tu nous as pourri ce qui devait être notre premier succès. Quand on l’a répété sans la batterie c’était beaucoup mieux ! Maintenant ça fait 3 mois que le single est sorti et notre maison de disques veut qu’on prenne la porte.
Ciccio reste muet, et son enthousiasme a cédé la place à une peur panique.
- Dave, on est un groupe et notre échec est celui du groupe. Ciccio n’y est pour rien. On va bosser comme des dingues pour rebondir. On a plein de chansons en stock…

 

Le monde sans Ray Davies

Le monde sans Ray Davies

La dispute continue d’enfler et les deux frères haussent la voix. Ciccio veut intervenir mais ses mains sont collées à son fauteuil et il n’arrive pas se lever. Pendant ce temps là, Pete Quaife ne semble pas concerné par le débat et décide se se faire couler un bain. Les frères Davies se lèvent et Dave assène un violent coup de tête à Ray Davies. Ciccio pousse un cri d’horreur : NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

 

La lutte continue, Dave empoigne sa volumineuse guitare et frappe Ray à la tête. La tête de ce dernier vient heurter le radiateur de la pièce, recouvrant la moquette d’une flaque de sang.
Ciccio pousse un nouveau cri d’horreur.
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

 

Le plongeur pose une main sur la bouche de Ciccio pour étouffer son cri.
- Hé mec, tu vas te calmer oui ? J’avais l’impression que tu dormais paisiblement mais là ça vire au cauchemar mon pote…
Ciccio ouvre les yeux, et la vision du visage serein du Plongeur suffit à ralentir son rythme cardiaque quasi instantanément, et à éloigner l’hypothèse terrifiante d’un monde sans Ray Davies.

 

 

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Fantasio

En 2010, Le Sous-Marin Jaune a raté les disques de Stromae et Das Racist, mais pas Ray Davies

13 décembre 2010

 

Périscope #42

Périscope #42

Confortablement installé dans le salon du Sous-Marin Jaune, le Yéti lit tranquillement un compte rendu des Transmusicales de Rennes. Le festival breton vient de commencer, et visiblement en ouverture, Stromae, l’ovni belge de l’année, a livré un show très impressionnant. En y repensant, le Yéti se dit qu’il est un peu passé à coté de Stromae justement, par flemme mais aussi par appréhension, le disque ayant une réputation assez sombre. Et là, soudainement, il a bien envie d’écouter ce disque. Tout excité, le Yéti appelle ses deux comparses de sa voix douce et chaude:
« Woooow, les gars !! Est ce que là, en cette fin d’année, vous avez l’impression d’avoir raté un disque et vous aimeriez l’écouter ? Si oui, lesquels ? Et pourquoi auriez vous envie d’écouter ces disques ? ».

 

 

Le Yéti a raté Stromae...

Le Yéti a raté Stromae...

Le disque que le Yéti a raté et qu’il aimerait bien écouter, c’est donc le premier album de Stromae. A tort peut être, mais tout ce qu’il a lu sur ce drôle de chanteur le titille vivement. Une voix profonde à la Jacques Brel, des rythmes electro assez dance, des paroles très sombres voire franchement déprimantes, l’album ressemble tout bonnement à un chausse-trappe, une suite de faux-semblants propre à fasciner le Yéti. Après, l’animal velu reste sur ses gardes: en comparant Stromae à la montagne Jacques Brel, tous les ingrédients sont réunis pour un immense foutage de gueule et une terrible déception. Du coup, le Yéti compte sur le lecteur de passage par ici pour qu’il lui donne son avis. Puis regardant Fantasio, il s’apprête à se lancer dans une nouvelle logorrhée dont il a le secret.

 

... Fantasio a raté Das Racist...

... Fantasio a raté Das Racist...

 

Fantasio coupe aussitôt la chique au Yéti : « Des disques, j’en ai certainement raté des wagons, mon ami ! » Des grands et bons albums de 2010, il lui en reste probablement quelques-uns à découvrir : c’est d’ailleurs tout l’intérêt des listes rétrospectives et des tops de fin d’année. En 2010, Fantasio a moins écouté de disques qu’en 2009 (mais pas moins de musique), il est donc fort probable qu’il en ait raté un bon nombre. Lesquels ? Il compte sur ses 2 amis et leur réseau de confiance pour lui dire s’il doit d’urgence donner sa chance à Das Racist, Robyn, ou encore No Age.

 

 

...Ciccio aurait aimé rater le dernier Ray Davies

...Ciccio aurait aimé rater le dernier Ray Davies

Ciccio, lancé dans sa folle et paradoxale entreprise d’écoute tous azimuts appelée At First Glance, ne se sent pas vraiment concerné par la question du Yéti. Son souci, en cette fin d’année, c’est justement de ne pas être passé à côté de certains albums. Au premier rang de ces mines, la dernière bouse de Ray Davies qui, non content de ne plus savoir écrire de bonnes chansons, s’entoure ici d’artistes douteux (Metallica, Bon Jovi…) qu’il ose, insulte suprême jetée à la tronche de ses fans les plus fidèles, dont Ciccio fait partie, appeler ses amis.

 

Et voilà, avec ses idées à la con et sa légendaire bonne humeur, le Yéti a foutu le cafard à tout le monde. Heureusement, Ciccio se souvient in extermis d’une liste de fin d’année à la fois originale et désopilante, appelée 1001 albums you should dire before you hear, en référence aux insupportables listes d’albums du type « 100 disques à emmener sur une île déserte ».

 

C’est bête et méchant mais (du coup) ça fait rire même Fantasio. Et ça, ça ne gâche rien.

 

 

Le Sous-Marin Jaune aime les Beatles mais pas Steve Jobs

22 novembre 2010

 

Périscope #39

Périscope #39

Toute cette semaine, Fantasio a arboré un sourire béat dans le Sous-Marin Jaune. Gentil, poli, discutant volontiers de fadaises, on l’aurait cru tout droit sorti d’un épisode des Bisounours. Surpris au début, Ciccio et le Yéti sont rapidement devenus très inquiets, se demandant s’il ne fallait pas emmener leur fidèle acolyte d’urgence à l’hôpital.
N’y tenant plus, ils lui demandent enfin ce qui rend leur camarade aussi joyeux. « Mais les gars, vous n’avez pas vu la nouvelle ?? Les Beatles sont ENFIN disponibles sur iTunes !! C’est magnifique !! ENFIN !! ».
Le Yéti et Ciccio se regardent incrédules. « Ben les gars, ne me dites pas que cela vous indiffère ? C’est LA nouvelle du mois de Novembre, non ? ».

 

 

Revolver sur iTunes ? Ca le fait pour le Yéti

Revolver sur iTunes ? Ça le fait pour le Yéti

Le Yéti est un peu abasourdi et déçu: il pensait que Fantasio avait déniché un inédit d’ XTC. Alors les Beatles sur itunes, cela ne lui fait a priori ni chaud ni froid. De plus, il a déjà en CD tous les albums importants des Fab Four…
Et puis, le Yéti se met à réfléchir. Et s’il se la jouait un peu plus altruiste et qu’il pensait aux autres ? Les Beatles, tout comme les Beach Boys et les Kinks, c’est la source en pop music. Or quand on est collégien ou même étudiant, on trouve que les CD des Beatles sont souvent hors de prix, car rarement en promotion. Le Yéti se souvient avoir attendu de travailler pour s’offrir Revolver. Alors si aujourd’hui, un djeun peut s’offrir l’intégrale des Beatles pour moitié prix et enfin délaisser Lady Gaga ou les Maroon 5, et bien oui, le Yéti applaudit des deux paluches !
Mais bon sang, bien sur que Fantasio a raison : les Beatles sur iTunes, c’est la fin d’un certain élitisme par l’argent, d’une scandaleuse ségrégation par le porte-monnaie, c’est une EXCELLENTE nouvelle ! Et pour fêter ça, il va aller voir si certaines archives ou pièces rares des Beatles ne sont pas en vente sur la plateforme à la pomme, quitte à renflouer une nouvelle fois les caisses déjà pleines de Steve Jobs (le Yéti n’est pas à une contradiction près…).

 

Steve Jobs va s'en mettre plein les fouilles...

Steve Jobs va s'en mettre plein les fouilles...

En entendant le Yéti parler, Ciccio se sent comme après avoir vu le dernier film de Pierre Carles, Fin de concession (qu’il recommande chaudement, au passage) : il ne sait pas s’il doit rire aux éclats du ridicule de la situation ou bien pleurer toutes les larmes de son corps face à la réalité cruelle.
Comment peut-on s’imaginer une seule seconde que les Beatles, le groupe le plus souvent cité au monde comme influence, aient besoin d’iTunes pour être « démocratisés » d’une part, et d’autre part que Jobs, le patron de la seule boîte au monde dont les produits sont impossibles à obtenir autrement qu’à prix fort, aille casser les prix des albums des Fab Four pour le bien du plus grand nombre ?
Non, pour Ciccio, il s’agit là d’un non événement total, comparable au nouvel album de Ray Davies, qui figure pourtant, au même titre que les Beatles, dans son panthéon musical.

 

Rien ne vaut Beatles Rock Band pour réconcilier nos 3 matelots

Rien ne vaut Beatles Rock Band pour réconcilier nos 3 matelots

Fantasio, ravi d’avoir trouvé une nouvelle occasion d’évoquer les Beatles – ça change des Beach Boys – laisse ses deux amis circonspects et se précipite dans sa cabine. Il tire un carton planqué sous son lit, couvert de poussière. Fier et toujours aussi bêtement heureux, il retourne vers ses amis et pose le carton devant Ciccio et le Yéti. Il en ressort une guitare en plastique qu’il balance au Yéti poilu et sort les pièces qui constituent une batterie flanquée du logo des Beatles. Ciccio, qui a déjà enfilé son casque pour écouter Ray Lamontagne, n’a pas entendu Fantasio remonter – à moins qu’il fasse volontairement la sourde oreille. Alors que le Yéti, parfois un peu lent à la détente, interroge Fantasio sur ces mystérieux instruments, celui-ci rafraichit la mémoire du poilu :
« Putain mon Yéti c’est Beatles Rock Band ! Tu me dois toujours une partie. Ciccio, tu es partant ? »
Les deux comparses s’exécutent, craignant une nouvelle dépression nerveuse de Fantasio.

 

 

The Beach Boys, The Beatles et The Kinks en vue !

17 novembre 2010

 

Les Beach Boys comparés aux Beatles et aux Kinks

La Vigie #35

Et ouais, on est pas là pour tricoter au Sous-Marin. Quand on sort l’artillerie lourde, on fait pas semblant !

 

Cette semaine, la Vigie a réuni le groupe culte du Yéti-garçon-de-plage, de Fantasio-fab-one, et de Ciccio-bisKornu, probablement trois des groupes les plus cités au monde par les groupes pop-rock d’aujourd’hui, trois groupes dont la discographie, lors des années 60, était intouchable, inattaquable, imbattable, inoubliable.

 

C’est là que le plus dur commence : reste-t-il encore des choses à dire sur ces monstres sacrés de la musique pop ? Humblement, la Vigie tente une réponse aussi courageuse qu’inattendue :

 

Oui.

 

Et, sans plus attendre, elle vous propose de démarrer par un morceau rare, obscur, que vous n’avez sûrement jamais entendu, et ton le titre ne vous évoquera rien :

 

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Jusque là, vous n’êtes pas à proprement parler renversés par cette révélation : les Beach Boys parlaient de choses futiles (les filles) dans leur chanson, et aimaient mentionner le fait qu’ils habitaient dans une contrée ensoleillée appelée la Californie.

 

Le premier tour d’écrou arrive en 1968, lorsque Paul McCartney, pourtant pas le mauvais bougre, décide de se moquer gentiment de ses amis plagistes, en plaçant un clin d’œil fabuleux, lors du pont de Back In The USSR, où il vante les mérites des filles de Russie, au bout d’une minute de chanson :

 

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Mais les plus mélomanes d’entre vous savaient déjà probablement tout cela, aussi la Vigie vous propose un second tour d’écrou, avec Australia, des fantastiques Kinks :

 

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Le surf, c'est plus marrant quand on partage une planche

Le surf, c'est plus marrant quand on partage une planche

Dans cette chanson, le malicieux Ray Davies présente l’Australie comme le nouveau « Nouveau monde », l’El Dorado où tous les espoirs sont possibles. Pour l’anglais moyen du XXème siècle qu’est Arthur, le héros de l’album concept dont est tiré ce morceau, l’Australie serait ce qu’ont été les États-Unis pour ses ancêtres qui ont formé les colonies quelques centaines d’années plus tôt. C’est la chance d’une vie, pour tous ceux qui sont prêts à travailler dur (toute ressemblance avec des doctrines politiques françaises est purement fortuite).
Australia, the chance of a lifetime
Australia, you get what you work for

 

Et puis là, au détour d’un couplet, Ray place son clin d’œil à lui, un peu moins évident que celui de Paul (encore que), avec références au surf, et surtout moultes mélodies vocales Wilsonniennes en arrière plan.
We’ll surf like they do in the U.S.A.

 

Entre moquerie et hommage appuyé à un génie de la musique, la frontière peut parfois être plus mince que prévue, pour le plus grand bonheur de la Vigie.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

The Kinks et Pulp en vue !

1 septembre 2010

Pulp comparé à The Kinks

La Vigie #24

Quand on pense à Pulp, les mots qui viennent en bouche sont souvent « originalité », « synthétiseurs », « bizarre » ou encore « (injustement) méconnu ». Bref, pas grand chose à voir avec leurs glorieux aînés The Kinks, si ce n’est qu’eux aussi sont injustement méconnus aujourd’hui, et que ça, ça fout en l’air le moral de la Vigie, bien qu’elle rentre de vacances gorgée de soleil et de bonne musique.
Un jour, c’est sûr, quelqu’un réhabilitera l’oeuvre de The Kinks et alors la Vigie pourra aller s’allonger tranquillement et mourir en paix.

 

Mais en attendant ce jour trop lointain, il faut parler, reparler, et rereparler de The Kinks.

 

Les gens normaux en balade

Les gens normaux en balade

Mais revenons à nos moutons, car il y a bien en vérité un lien entre ces deux groupes, et ce lien, c’est le verbe. Jarvis Cocker et Ray Davies, respectivement parolier/leader/chanteur de Pulp et de The Kinks, écrivent des paroles intelligentes et drôles, nées de l’observation de la société anglaise dans laquelle ils évoluent. C’est un thème vieux comme le monde, en particulier sur la scène pop / folk / rock britannique, cependant cela nous permet de parler de deux morceaux aux destins totalement différents, mais basés sur un thème commun : toi, moi, lui et elle… les gens normaux, ordinaires, ou lambda comme disent les journalistes, bref, la majorité d’entre nous.

 

Au commencement, donc, il y eut The Kinks, qui sortit en 1974 un titre appelé Ordinary People. Ce morceau se trouvait sur un (énième) album concept, A Soap Opera, le groupe était en perte de vitesse (trop d’albums concept tuent l’album concept ?) et il y a fort à parier que peu de gens connaissent cette chanson pourtant pas inintéressante :

 

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Puis, une grosse vingtaine d’années plus tard, Pulp a lui connu une reconnaissance (un peu tardive, mais reconnaissance tout de même) avec un titre qui a fait le tour du monde (le Yéti lui-même doit se souvenir de 1995, année où il a remué son arrière-train velu au son de ce morceau), appelé Common People :

 

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Les gens normaux au bar

Les gens normaux au bar

Evidemment, l’analogie entre ces deux morceaux ne s’arrête pas à leurs titres, les contenus possèdent également quelques similarités. Dans l’opéra rock de Ray Davies, le héros / narrateur est un chanteur qui veut, tel un chercheur, et pour l’amour de l’art, vivre comme les gens ordinaires (For the sake of art I will mix with the ordinary people). Il veut vivre la vie de l’homme ordinaire et décide donc de le remplacer dans toutes ses activités quotidiennes : il va à son travail à sa place, boit son mauvais alcool, porte ses costumes sans originalité, et, bien évidemment, couche avec sa femme.

 

Chez Jarvis Cocker, il est souvent question de sexe, et cette chanson ne fait pas exception à la règle. Dans sa chanson, le narrateur est par contre la « victime » : c’est l’homme ordinaire qui se fait accoster par la chercheuse qui, telle une sociologue, veut absolument tout faire comme les gens ordinaires, afin de tout connaître d’eux. Elle propose assez rapidement de coucher avec eux (donc avec le narrateur), ce qui est une entrée en matière pour le moins intéressante, convenons-en.

 

Les gens normaux au lit

Les gens normaux au lit

Ce que l’on remarque également, c’est le décalage temporel entre les deux textes. Dans les années 70, les valeurs de la working class britannique (car, ne nous voilons pas la face, c’est bien d’elle que l’on parle ici) reposaient sur des valeurs saines (se lever tôt pour travailler mieux, rentrer sagement retrouver sa femme le soir). 20 ans plus tard, quelque chose s’est cassé, et leurs enfants ne pensent qu’à danser, boire et baiser (dance and drink and screw), pour oublier qu’ils ont un boulot de merde, dans un appart de merde, près d’un supermarché de merde.

 

Si vous demandez à la Vigie laquelle de ces situations est la pire, elle ne saura quoi vous répondre. Elle bottera sûrement en touche en disant que, bon, tout de même, un monde où le seul moyen de connaître quelqu’un ce serait de coucher avec, ça aurait du bon, vous ne croyez pas ? Quoique…

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio