Je n’aime pas… les comédies musicales hommages

23 septembre 2010

Non aux comédies musicales hommages

Torpille #10

Mike Brandt et Joe Dassin aujourd’hui, Queen et Claude François hier, Johnny Halliday à n’en pas douter demain… La comédie musicale, lorsqu’elle est basée sur la vie et l’œuvre d’un artiste, bien souvent rime avec nullité abyssale (critiquez pas la rime, j’ai même respecté le nombre de pieds).

 

Avant que de continuer, je dois préciser que je n’ai assisté en tout et pour tout qu’à deux comédies musicales de toute ma vie (enfin deux et demi) : Tommy (à Londres, il y a près de quinze ans, je crois avoir aimé), Les Dix Commandements (je l’avais offert à ma mère, j’allais tout de même pas la laisser y aller seule – bon, je me suis caché le visage en sortant, façon suspect qui sort de la voiture de flic pour aller vers le tribunal, une pochette en carton devant la tête) et une moitié d’une comédie musicale hindi (à Londres, encore, pour faire plaisir à ma moitié, et même elle a trouvé cela si faible que nous sommes partis à l’entracte).

 

Joe, c'est moi ou le mec d'à côté que tu regardes là ?

Joe, c'est moi ou le mec d'à côté que tu regardes là ?

Les mauvaises langues pourraient donc dire que je suis bien mal placé pour juger de la qualité des comédies musicales biographiques. Je préfère donc prévenir tout de suite les langues en question : non seulement je vais critiquer sans avoir testé, mais en plus je vais ajouter un peu de mauvaise foi, ce qui généralement ne gâche rien.

 

Combien de soirées télé ont-elles été consacrées à la carrière de Joe, Mike ou Claude ? (j’apprends que Johnny serait en fait toujours vivant, lui – je me disais aussi, s’il était mort, je pense que je me serais souvenu des trois jours de deuil national avec le président Sarkozy en train de chanter Que Je T’Aime en duo avec Carla lors de la soirée hommage au Stade de France, clou du troisième soir) Et, par extension, à combien de soirées me suis-je réfugié de honte dans les toilettes pendant que tout le monde se ruait sur la piste pour pouvoir entonner en chœur « Leeeeees sirènes du port d’Aleeeeeeeeeeeeeeexandriiiiiiie » ?

 

Mike, laisse nous te dire qu'on n'en peut plus...

Mike, laisse nous te dire qu'on n'en peut plus...

Je n’ai pas le chiffre exact, et pourtant je connais la réponse : beaucoup trop.

 

Déjà, qu’on nous fasse chier tous tous les ans, voire plusieurs fois par an, avec des chanteurs complètement merdiques, sur lesquels il est qui plus est quasiment impossible de dire du mal, je ne comprends pas. Mais qu’en plus on pollue les planches des salles de spectacles pour les même raisons, ça me dépasse complètement.

 

Pourquoi le culte Claude François ? Ses chansons étaient insupportables (oui, insupportables !), son look dégueulasse, ses danseuses pourraves, ses paroles creuses et sa coupe de cheveux interdite dans certains pays sous peine d’exécution sommaire. Joe Dassin louchait et a quand même chanté une chanson sur l’avenue la plus insupportable de Paris. Et sa coupe de cheveux est interdite dans certains pays sous peine d’exécution sommaire. J’ai un peu plus de sympathie pour Mike Brandt, non pas parce qu’il a un nom de famille de lave linge, mais parce qu’il a eu la lucidité de comprendre qu’il fallait arrêter de souiller l’humanité avec sa musique.

 

Mais la vie et l’oeuvre de ces chanteurs mérite-t-elle vraiment que l’on y consacre un spectacle (forcément) affligeant de deux heures, avec un pauvre type en perruque qui va tout donner chaque soir, persuadé qu’il “habite” le personnage ?

 

Si TF1 est dans le coup alors ça va !

Si TF1 est dans le coup alors ça va !

Je dois avouer que j’aimerais tout de même bien assister à “Mike – Laisse nous t’aimer” (au moins les dix dernières minutes), pour voir comment ils évoquent le suicide (si c’est réaliste, peut-être que j’applaudirai en criant “BIS !”).

 

Et aux personnes qui me rétorqueront que X millions de personnes possèdent au moins un album d’un des trois “artistes” sus-mentionnés, et que par conséquent X millions de personnes ne peuvent pas avoir tort, je répondrai que si, X millions de personnes peuvent se fourrer le doigt dans l’oreille au même moment.
Après quoi j’ajouterai “Mort aux cons !”.

 

 

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Ciccio

Le Sous-Marin Jaune s’interroge sur le cas Phoenix

29 mars 2010

 

Le Sous-Marin Jaune s'interroge sur le cas Phoenix

Périscope #12

Après un album unanimement acclamé en 2009, on se disait que Phoenix venait en terrain conquis pour un concert unique, à L’Olympia, lundi dernier, aidé par les petits jeunes de Two Door Cinema Club.
Le groupe, méga star à l’étranger (aux Etats-Unis et au Japon notamment), a pourtant toutes les difficultés à s’imposer en France. Allait il enfin conquérir Paris et recueillir les fruits des critiques dithyrambiques de son excellent Wolfgang Amadeus Phoenix ? Le Yeti était sur place pour en juger. Quant à Ciccio et Fantasio, ils en profitent pour livrer leurs impressions sur ce groupe, finalement à part sur la scène française.

 

 

Dans le Sous-Marin Jaune, seul le Yéti avait donc été intéressé par le concert de Phoenix. Lui qui a vivement aimé leur dernier album de l’an dernier ne voulait absolument pas rater ce concert, annoncé comme le plus trendy de la semaine.
Après 1h30 de concert, le Yéti sort plutôt mitigé du set, un peu grognon, pas emballé, mais pas non plus déçu. Un concert trop lisse pour lui, bien carré, mais surtout totalement déséquilibré. En effet, le Yéti ne s’y fera pas, mais les titres de United, le premier album trop sage de Phoenix, adulé par certaines personnes, se révèlent en live impersonnels et fades. Limite soupe FM.
En revanche, les chansons de Alphabetical et de Wolfgang Amadeus Mozart se voient parés de mille feux avec des rebondissements en veux tu en voilà, notamment sur un Run Run Run d’anthologie. Mais entre temps, on aura eu droit aussi à des titres sans aucune saveur, se ressemblant trop et à un groupe très poli, sans cette petite folie qu’on aimerait leur voir.
Le problème de Phoenix en France, pense le Yéti, c’est son public de midinettes, qui n’est pas encore prêt à écouter Love Like A Sunset et ses expérimentations à la croisée du krautrock. Ce public veut les tubes et que les tubes, et du coup les gars de Phoenix se plient à leurs exigences. C’est dommage.
De là à hurler que Phoenix est un groupe surestimé, peut être pas, mais finalement se cherchant encore, oui c’est indéniable.

 

Phoenix

Phoenix

Le nom de Phoenix évoque beaucoup de souvenirs à Ciccio, des souvenirs très contrastés d’ailleurs. Le premier, c’est la pochette mystérieuse du premier album, United, qu’il avait acheté sans connaître le groupe, sur la base d’un single qui l’avait soufflé : Too Young. Il avait été notamment emerveillé par le morceau de bravoure qui cloturait l’album, Funky Squaredance : un courageux mélange de rock FM façon Queen et de country digne du Kansas. Ensuite il y a eu Alphabetical, album acheté encore plus vite, sans la moindre écoute, et qui n’a pas du passer plus de cinq fois sur sa platine. Les deux derniers albums ont eux aussi été acheté, et même (très) apprécié (Ciccio pense qu’il a écouté 1901 plus de cent fois déjà).
Ciccio n’a donc pas la ferveur d’un vrai fan, mais il continue de suivre et d’écouter ce groupe, qui vient d’une banlieue parisienne qu’il a bien connue étant jeune.

 

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

 

Depuis l’album It’s Never Been Like That, Fantasio a mis le groupe de Thomas Mars dans une catégorie très particulière, un peu à part. Mais de quelle catégorie s’agit-il exactement ? Celle des groupes dont la musique est « au-dessus du lot », catégorie éminemment personnelle, puisque chacun est libre de penser que Phoenix est un groupe surestimé ou surcoté. Mais cette semaine, c’est Fantasio qui parle en dernier à bord du Sous-Marin Jaune, et il est bien content de pouvoir clore le débat initié par le Yéti. Et puis d’abord, que peut-on réellement attendre des apparitions scéniques d’un groupe comme Phoenix, dont les exploits discographiques reposent en grande partie sur sa capacité à élaborer un « son » studio aussi excitant qu’artificiel ? Conseil de la semaine : (ré)écouter Wolfgang Amadeus sur un bon casque Hi-Fi.

 

The Cure et Sufjan Stevens en vue !

10 mars 2010

Sufjan Stevens comparé à The Cure

La Vigie #9

Ah… La Jeunesse… Epoque dorée où nous prenons fait et cause sans réfléchir, et sans imaginer un seul instant revenir en arrière. Combien d’entres nous aujourd’hui n’osent pas dévoiler le nom des artistes qu’ils écoutaient avec ferveur pendant leurs jeunes années ? La Vigie, vous vous en doutez, possède par contre un passé irréprochable. Car elle n’a jamais été fan, et par conséquent n’a JAMAIS possédé le moindre disque de Queen, et ce, quoi qu’en disent ses parents (d’ailleurs, si ces derniers s’aventuraient à dévoiler des preuves du contraire, elle leur collerait un procès au cul).

 

Non, la Vigie, au lycée, s’habillait en noir, se foutait du spray bon marché dans les cheveux, et portait de magnifiques Doc Marten’s coquées bordeaux. Vous l’avez compris, elle était fan de The Cure. Par chance, elle était assez âgée lorsqu’est sorti l’album qui a rendu célèbre le groupe de Robert Smith : The Head On The Door (Non, non et non ! Elle n’écoutait pas encore Queen à l’époque ! D’ailleurs elle ne voit pas de qui vous voulez parler, c’est pour dire…).

 

Parmi les tubes en puissance de cet opus, on pouvait entendre Inbetween Days, A Night Like This, et bien évidemment Close To Me :

 

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Tout était délicieux dans ce morceau : cette intro acoustique, portée par des clappements rageurs, sucrée et râpeuse à la fois, ce clip improbable, dans une armoire en train de couler dans l’eau… Ce morceau à succès a été remixé par Robert Smith lui-même, repris à droite à gauche… et… et réutilisé par notre ami Sufjan Stevens, dans son titre Come On Feel The Illinoise !

 

Ecoutez bien, cela se passe à la minute 2’25 :

 

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Au début de ce pont musical, on se dit « Tiens, ça me dit quelque chose, ça… ». Et puis, à la minute 2’40, le doute n’est plus possible, lorsque les percus répondent aux cuivres, reprenant très précisément ce qu’on entend aux environs de la minute 1’00 sur le morceau des chevelus anglais.

 

En fait, la musique, c’est simple. Non ?

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio