Je n’aime pas… Le nouvel album des Rapture

7 octobre 2011

 

L'artilleur

L'Artilleur #2

L’intervention du Commandant a totalement douché les velléités festives des matelots du Sous-Marin Jaune et chacun est retourné à son poste, plus vigilant que jamais. Le calme règne à nouveau dans le submersible.

 

Le lendemain pourtant, le Yéti découvre sous sa porte un billet laconique : « Le Poilu, viens me retrouver ce soir dans ma cabine vers 23h. Signé : l’Artilleur ».

 

Terrifié, le Yéti se demande bien pourquoi l’autre fondu le somme de le rejoindre et envisage toutes les options (y compris sexuelles, même si l’Artilleur semble totalement dépourvu de libido). Et cela inquiète encore plus le Yéti qui frappe tout doucement à la porte du fou furieux, à 23h pétantes, en tremblant comme une feuille.

 

L’Artilleur ouvre sa porte, et sans un mot fait rentrer le Yéti, lui montre une bouteille de vodka et un disque, le nouvel album des Rapture, In the Grace of Your Love.
« Hey la boule de Poils, je sais que sur ce vaisseau, tu es le seul fan des fantastiques Rapture. Je viens de recevoir leur nouvel album, on va se l’écouter, boire et danser comme des bêtes, ca va être une chouette soirée ! ».

 

Le Yéti, soulagé, acquiesce de suite. Les Rapture sont responsables pour lui d’un des meilleurs disques des années 2000 (le vertigineux Echoes) et écouter le troisième album des New-Yorkais le réjouit fortement. Surtout que le disque débute avec l’incroyable Sail Away, et le Yéti regarde l’Artilleur incrédule : Oui les Rapture sont de retour et au top.

 

The Rapture rate son 3eme album...

The Rapture rate son 3eme album...

Puis c’est le drame.
Après Sail Away, les matelots entendent une atroce bouillie electro-cheap. Philippe Zdar produit chaque morceau avec des gros doigts boudinés, pour un résultat pachydermique, avec des beats tellement gras que même Bob Sinclar n’en voudrait pas. Impossible de tortiller ses fesses sur un album pareil, tout semble téléphoné et manquant cruellement d’originalité (l’indigeste Come Back to Me, le dramatique Never Die Again, comme du mauvais Phoenix, ou le saxo pourrave sur How Deep is your Love).

 

Et ce qui devait arriver arriva: l’Artilleur devient dingue. Il fracasse le CD et la bouteille de vodka contre le mur de sa cabine, et se met à pousser des hurlements de possédé.
Puis il se jette sur le Yéti en bramant comme un furieux.

 

Le Commandant déboule, plaque le forcené au sol et le Médecin lui injecte une forte dose de tranquillisant. Puis le Commandant chope le Yéti par les poils et le colle au gnouf pour la nuit en gueulant : « Ça t’apprendra à écouter un album aussi merdique ».
Tout est dit.

 

 

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Le Yéti

 

 

Scott Pilgrim contre Florent Marchet

3 décembre 2010

 

Scott Pilgrim contre Florent Marchet

Babord - Tribord #5

Peut-on aimer à la fois la bande originale du film Scott Pilgrim et le dernier album du chanteur bien de chez nous Florent Marchet ? L’album Courchevel est-il meilleur que la compilation faisant office de Sountrack au dernier film de l’éternel ado Michael Cera ?
Cet article ne répondra probablement pas à ces questions farfelues, en tout cas pas complètement.

 

Je suis parti du constat assez simple qui veut que nos goûts musicaux soient généralement très prévisibles, si bien qu’on peut les ordonner dans des cases en utilisant des étiquettes. Du coup, la plupart des gens n’aiment pas ce qui ne rentre pas dans des cases prédéfinies, ce qui n’est pas facilement identifiable – à moins que la case soit justement prévue pour accueillir des disques bizarres et musicalement non identifiés. On est tous pareils…

 

Chronique de la musique du film Scott Pilgrim

Scott Pilgrim Vs the World

Mais revenons à nos moutons : il est a priori plutôt incongru d’associer la chanson française telle que l’entend Florent Marchet, et l’univers vidéo-ludique formaté geek de Michael Cera. Au menu de la BO de Scott Pilgrim : Beachwood Sparks, T-Rex, Metric, mais aussi les titres joués par le groupe de Scott (le punk rock de Sex Bob-omb)dans le film. A première vue, on pourrait supposer que ces disques (même si Scott Pilgrim est surtout un film et pas un album) s’adressent à des publics différents.

 

C’est là que ça devient intéressant. Tout d’abord parce que j’aime Scott Pilgrim le film et la musique, et que ça ne m’empêche pas de rester accro à Courchevel.
Passé ce constat, je n’oublie évidemment pas qu’il y a une probabilité que je ne sois pas le seul dans ce cas. Merci la longue traîne.

 

La deuxième chose intéressante, c’est que derrière l’emballage et les dispositifs marketing plus ou moins voulus par les créateurs de ces œuvres, il y a des points communs. Quels sont-ils ?

 

Chronique de Courchevel

Florent Marchet n'attend pas l'hiver

D’abord, le fait que je m’identifie facilement aux deux personnages : l’anti-héros Scott Pilgrim, mal dégrossi, mal coiffé, mais qui se demmerde plutôt bien à la fin. Du côté de Courchevel, l’identification se fait plutôt par les mots et l’évocation (Benjamin, La famille Kinder) mais le résultat est le même : un anti-héros.

 

La deuxième chose, c’est le passé : les jeux vidéos 8 bit d’un côté, et les vacances au ski de l’autre. Même si ni l’un ni l’autre ne sont un pastiche d’une époque donnée, une certaine forme de nostalgie est palpable. Au minimum, les fantômes de l’adolescence sont de sortie.
Côté musique et influences, puisqu’il faut bien que j’en dise deux mots, il n’y pas plus de kilomètres entre Benjamin et Scott qu’il n’y en a entre Phoenix (si si, il y a du Phoenix dans Courchevel !) et Beck.

 

Dernier aspect notable qui réunit les deux albums : le temps de l’année (l’hiver) et la géographie (le Canada de Scott et la montagne de Courchevel). Le film comme le disque de Florent la moustache, comme la météo, ont de l’avance sur les saisons.

 

En définitive, ce que j’apprécie dans les deux cas, c’est la subtilité du résultat. Ce sont des œuvres générationnelles mais qui ne manient pas les références avec un marteau piqueur. Si Scott Pilgrim est un gadget qui dessine un chemin moins sinueux que Courchevel, il est tout aussi touchant. Dans les deux cas, je vous invite fortement à mettre vos bottes et à gravir la montagne*.

 

*Estimez-vous heureux, j’aurai pu vous filer dix fois plus de métaphores hivernales !

 

 

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Fantasio

Le Sous-Marin Jaune s’interroge sur le cas Phoenix

29 mars 2010

 

Le Sous-Marin Jaune s'interroge sur le cas Phoenix

Périscope #12

Après un album unanimement acclamé en 2009, on se disait que Phoenix venait en terrain conquis pour un concert unique, à L’Olympia, lundi dernier, aidé par les petits jeunes de Two Door Cinema Club.
Le groupe, méga star à l’étranger (aux Etats-Unis et au Japon notamment), a pourtant toutes les difficultés à s’imposer en France. Allait il enfin conquérir Paris et recueillir les fruits des critiques dithyrambiques de son excellent Wolfgang Amadeus Phoenix ? Le Yeti était sur place pour en juger. Quant à Ciccio et Fantasio, ils en profitent pour livrer leurs impressions sur ce groupe, finalement à part sur la scène française.

 

 

Dans le Sous-Marin Jaune, seul le Yéti avait donc été intéressé par le concert de Phoenix. Lui qui a vivement aimé leur dernier album de l’an dernier ne voulait absolument pas rater ce concert, annoncé comme le plus trendy de la semaine.
Après 1h30 de concert, le Yéti sort plutôt mitigé du set, un peu grognon, pas emballé, mais pas non plus déçu. Un concert trop lisse pour lui, bien carré, mais surtout totalement déséquilibré. En effet, le Yéti ne s’y fera pas, mais les titres de United, le premier album trop sage de Phoenix, adulé par certaines personnes, se révèlent en live impersonnels et fades. Limite soupe FM.
En revanche, les chansons de Alphabetical et de Wolfgang Amadeus Mozart se voient parés de mille feux avec des rebondissements en veux tu en voilà, notamment sur un Run Run Run d’anthologie. Mais entre temps, on aura eu droit aussi à des titres sans aucune saveur, se ressemblant trop et à un groupe très poli, sans cette petite folie qu’on aimerait leur voir.
Le problème de Phoenix en France, pense le Yéti, c’est son public de midinettes, qui n’est pas encore prêt à écouter Love Like A Sunset et ses expérimentations à la croisée du krautrock. Ce public veut les tubes et que les tubes, et du coup les gars de Phoenix se plient à leurs exigences. C’est dommage.
De là à hurler que Phoenix est un groupe surestimé, peut être pas, mais finalement se cherchant encore, oui c’est indéniable.

 

Phoenix

Phoenix

Le nom de Phoenix évoque beaucoup de souvenirs à Ciccio, des souvenirs très contrastés d’ailleurs. Le premier, c’est la pochette mystérieuse du premier album, United, qu’il avait acheté sans connaître le groupe, sur la base d’un single qui l’avait soufflé : Too Young. Il avait été notamment emerveillé par le morceau de bravoure qui cloturait l’album, Funky Squaredance : un courageux mélange de rock FM façon Queen et de country digne du Kansas. Ensuite il y a eu Alphabetical, album acheté encore plus vite, sans la moindre écoute, et qui n’a pas du passer plus de cinq fois sur sa platine. Les deux derniers albums ont eux aussi été acheté, et même (très) apprécié (Ciccio pense qu’il a écouté 1901 plus de cent fois déjà).
Ciccio n’a donc pas la ferveur d’un vrai fan, mais il continue de suivre et d’écouter ce groupe, qui vient d’une banlieue parisienne qu’il a bien connue étant jeune.

 

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

Phoenix-Wolfgang Amadeus Phoenix

 

Depuis l’album It’s Never Been Like That, Fantasio a mis le groupe de Thomas Mars dans une catégorie très particulière, un peu à part. Mais de quelle catégorie s’agit-il exactement ? Celle des groupes dont la musique est « au-dessus du lot », catégorie éminemment personnelle, puisque chacun est libre de penser que Phoenix est un groupe surestimé ou surcoté. Mais cette semaine, c’est Fantasio qui parle en dernier à bord du Sous-Marin Jaune, et il est bien content de pouvoir clore le débat initié par le Yéti. Et puis d’abord, que peut-on réellement attendre des apparitions scéniques d’un groupe comme Phoenix, dont les exploits discographiques reposent en grande partie sur sa capacité à élaborer un « son » studio aussi excitant qu’artificiel ? Conseil de la semaine : (ré)écouter Wolfgang Amadeus sur un bon casque Hi-Fi.