Gigi – Maintenant
25 février 2010
Babord-Tribord #2
Les deux textes ont été écrits en parallèle, chaque auteur découvrant le texte de l’autre au moment de la publication.
Fantasio:
Si vous avez aimez l’âge d’or des productions de Phil Spector, les tubes des Ronettes des années 60, vous aimerez l’album de Gigi. Malheureusement ou heureusement, les choses ne sont évidemment pas si simples, sauf si vous êtes, au choix, une machine, un auditeur un peu amnésique avide des recommandations d’Amazon à ses clients, un lecteur indolent de la presse spécialisée.

Maintenant
Mais non : pas plus que les comparaisons (un nouveau groupe par jour ?) aux « harmonies vocales » des beach boys et des beatles ne sont justifiées, la comparaison ne tient pas debout. Il n’y a pas de Wall of Sound chez Gigi, juste quelques gimmicks répétés, une chorale du dimanche qui n’a rien de honteux, mais qui se révèle exaspérante dès le premier titre, et ennuyeuse dans son intégralité.
En tant que nostalgique d’une certaine époque et pas du tout anti-passéiste, les bras m’en sont tombés. Le titre prête évidemment à sourire : un album qui s’auto-tamponne 1965 sur chaque titre et qui intitule son album « maintenant », ça ne manque pas de panache !
Pour les chansons et le Wall of Sound, on repassera.
Ciccio :
Le dernier album arrivé par la poste sur mon bureau est Maintenant, de Gigi. Chose rare dans mes achats, je ne connais rien du groupe (artiste seul bien entouré ? collectif à taille variable ?). Je n’avais d’ailleurs plus entendu prononcer ce nom depuis le générique de cet insupportable dessin animé pour filles datant de cette époque où je trouvais que les filles, c’était nul (j’ai depuis beaucoup mûri, et je trouve à présent que les filles, c’est en fait pas trop nul).

Gigi, la vraie
Bref, si vous me proposez de la pop bien énergique, en provenance directe des années 50, à l’époque où la frontière entre pop et soul était plutôt floue, une basse motownisée (No, My Heart Will Go On), des trompettes easy-listening (Some Second Best), des choeurs féminins bien sucrés (Alone At The Pier), et une production que Phil Spector ne renierait pas, et bien moi je fonce, tête baissée, sans réfléchir.
Et tant pis si les empêcheurs de chanter en rond viennent gâcher mon plaisir en me disant que cette musique n’est pas novatrice, qu’on oubliera Gigi avant même qu’ils (elles ?) tentent de sortir leur second album (qui se souvient aujourd’hui des Pipettes, groupe très proche au niveau du style, malgré leur premier album, que j’ai pour ma part écouté en boucle pendant plusieurs mois ?).
Moi, c’est aujourd’hui que j’ai envie de les écouter, et d’ailleurs c’est ce que je vais (re)faire tout de suite !
Ciccio & Fantasio



