Une bouée pour Peter Bjorn & John

22 septembre 2011

 

Le mécanicien du SMJ

Le Mécanicien

 

Le Yéti s’ennuie. De plus ses côtes le font terriblement souffrir après le violent coup de boule que Ciccio lui a asséné la dernière fois.
Pour tromper sa morosité, il part dans la salle des machines aider le Mécanicien.

 

Soyons clair : le Yéti est une buse en mécanique. Changer des boulons, visser des écrous, faire de la soudure ? Très peu pour le Velu. En revanche, le Yéti est plein de bonne volonté et il sait que le Mécanicien a toujours besoin de bras pour ses petits bricolages.

 

En entrant dans la salle des machines, un étrange silence règne. Les moteurs se sont tus, seuls percent des chœurs sucrés, des Wouhouhouhouh diablement pop. Le Yéti se met instinctivement à chantonner la mélodie. Le Mécanicien surgit d’une allée et sourit.

 

« Tiens la boule de poils, tu viens me rendre visite ? Et je vois que tu apprécies ma musique. »
Le Yéti acquiesce, surtout que le nouveau titre qui passe, Eyes (d’après le lecteur CD portatif utilisé par le Mécanicien), est une vraie bombe avec un riff de guitare comme les aime le Radariste.

 

« Tu vois mon Yéti, et bien cet album c’est le dernier de Peter Bjorn & John. On les avait un peu perdus de vue après le tubesque Young Folks. Et alors que tout le monde les avait enterrés, les revoilà au meilleur de leur forme, tu ne trouves pas ? »

 

Peter Bjorn & John - Gimme Some

Peter Bjorn & John - Gimme Some

Une nouvelle fois, le Yéti ne peut qu’approuver. C’est vrai que cet album est un enchainement parfait de mélodies imparables. Le disque s’ouvre sur le martial Tomorrow has to wait, qui sonne le rappel et accapare tout de suite votre attention. Les catchy Dig a Little Deeper et Second Chance confirment : ici, on ne joue pas de la musique prétentieuse, on s’amuse ! Chez Peter Bjorn et John, on trousse des refrains tout simples qui ricochent dans votre tête à jamais. Mais tout cela sans artifice, sans jamais être putassier : juste une rythmique parfaite, des guitares impétueuses et un chant addictif. La pop music devrait toujours ressembler à cela.

 

Le Mécanicien, ravi de son effet, regarde le Yéti, incrédule.
« Je sais mon Yéti, tu retrouves l’âme de tes 12 ans avec cet album. Tu pensais que la pop, c’était forcément alambiqué comme chez Mercury Rev. Et bing, là, tu redécouvres les rythmes binaires et l’insouciance de ta jeunesse. C’est frais, c’est inoffensif, mais cela fait un bien fou. C’est aussi bien que l’ami norvégien de Fantasio, le petit Sondre Lerche, c’est dire ! ».

 

Et alors que IKYDLM se met enfin à rugir après sa formidable intro psyché, le Yéti ne peut contenir son bonheur et se met à danser au milieu des machines et du cambouis.
L’espace d’un instant, Gimme Some a réussi à faire oublier au Yéti tous les derniers tourments qu’il a subis. Et ça, c’est inestimable.

 

 

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Le Yéti

 

 

Le Sous-Marin Jaune a un joujou extra qui fait crac boum hue

27 septembre 2010

 

Périscope #31

Périscope #31

Ce matin, le Yéti écoute un nouveau titre de Tom Poisson, Trapéziste.
Malgré le texte pas terrible, c’est bien chanté et bien arrangé. Mais le Yéti n’est pas plus emballé que ça. Et puis soudain Tom se met à siffloter. Un peu comme chez Ennio Morricone. Et là, le Yéti dresse l’oreille, est plus attentif, tape du pied.
Fichtre ! Alors que la chanson s’étirait doucement, ce sifflement soudain la rendrait plus intéressante, plus percutante ? Mais pourquoi ? Ce genre de gimmick, tout comme les hand clapping ou une sonnette de vélo, c’est assez artificiel, cela relève du gadget en musique, non ? Et pourtant, le Yéti adore ça les gimmicks, les petits trucs qui rendent une chanson sexy et entêtante. Est-ce grave ? Ciccio et Fantasio partagent ils cette fascination pour les gimmicks ?

 

 

PBJ - Young Folks

PBJ - Young Folks

Pour le Yéti, le plus bel exemple de gimmick réussi reste sur le Young Folks de Peter Bjorn and John : vous virez les sifflotements du début et le morceau perd 50% de son intérêt et de son coté addictif. Car avec ce gimmick là, vous avez envie, vous aussi, de siffloter avec le trio suédois. On est clairement dans le but premier de la pop music : pouvoir chanter la mélodie écoutée, l’avoir dans la tête toute la journée.
Mais le Yéti aime aussi un autre gimmick dont la fonction est plus obscure : les cloches. Prenez Hurricane of Kisses, l’un des joyaux de Welfare Heart de VIOL. Bing, en plein milieu de cette chanson, Ernesto vous colle un carillon qui rend le morceau presque mystique et encore plus beau. Là, le Yéti dirait que ce gimmick-ci apporte une touche sacrée au morceau (Lars van Trier l’avait bien compris dans Breaking the Waves) et sans entrer dans une bigoterie bas du front, on ne peut qu’être ému et touché par ce type d’arrangement.
En y réfléchissant bien, le Yéti se dit qu’il est clairement fan des gimmicks et que c’est même l’une des conditions nécessaires à la réussite d’un morceau pop.

 

 

Cake - The Distance

Cake - The Distance

Fantasio regarde son ami velu et sort son ordinateur de poche.
Wikipédia : Un gimmick est une cellule de quelques notes de musique capable de capter l’oreille de l’auditeur. Le terme vient du jazz. Il est souvent très court, comme une petite phrase dont le son particulier, le dessin mélodique ou la formule rythmique imprègnera facilement la mémoire, donc la reconnaissance, donc l’identification.
A propos de gimmick, il songe une nouvelle fois à Supertramp, groupe inavouable pétri de gimmicks, d’un tube à l’autre : intro mi-wurlizer mi-bontempi de Logical Song, intro à l’harmonica de School. Dans un style très éloigné mais tout aussi marquant, Fantasio pense aux chœurs de Cake, à l’irruption du mélodica dans The Distance. L’art du gimmick, s’il y en a un, est probablement de savoir utiliser cette figure à bon escient, pour façonner un style musical immédiatement reconnaissable et unique. Le meilleur gimmick entendu dans une chanson pop ? Finalement, se dit Fantasio, les gimmicks qu’il admire le plus sont dans la vraie vie : le rire inimitable du Yéti velu ou encore les blagues à répétition de Ciccio.

 

 

Ray LaMontagne

Ray LaMontagne


Si Ciccio n’a jamais véritablement réfléchi au concept du gimmick, il ne peut qu’abonder aux dires du Yéti, notamment sur deux points en particulier : le clappement (de mains) et le sifflement. Tout comme lui, il remarque qu’il est des morceaux qui sembleraient totalement vides sans leur simple clappement de main, l’exemple le plus immédiat lui venant en tête étant l’intro de Hold You In My Arms de l’adoré Ray Lamontagne. Le clappement étant souvent rajouté après les autres instruments, il imagine Ray et son producteur de l’époque, Ethan Johns, autour du micro en train de taper des mains, un casque sur la tête, les yeux mi-clos pour se concentrer sur le morceau.
Quand au sifflement (qui selon lui est plus morriconien que pop), Ciccio est persuadé qu’il y a dans sa discothèque des albums qu’il n’aurait pas autant aimé à la première écoute sans lui. Il pense au premier album d’Andrew Bird qu’il avait écouté (Weather Systems), et au premier album de Goldfrapp.
De la folk, de l’électro, du western spaghetti… qui a dit que le gimmick était par essence pop ?

 

 

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Le Yéti

 

 

Les Coups de Coeur de l’été du Sous-Marin Jaune

28 juin 2010

 

Périscope #24

C’est officiel, c’est l’été. Le Yéti n’aime pas cette saison. Elle rime avec grosse chaleur, coups de soleil, mecs en marcel, short et tongs, Tour de France, et insupportables tubes de l’été. Du coup, le Yéti est à deux doigts de la déprime et il le sait, son seul moyen pour passer ces mois difficiles sera la consommation à haute dose de musique. Oui, mais quoi ? De la Sunshine Pop ? Du Folk gracile ? De la Power Pop énergique ? De l’Electro dansante ?
Indécis, le Yéti convoque Ciccio et Fantasio immédiatement pour connaître leurs coups de cœur du moment.

 

 

Calexico - The Black Light

Calexico - The Black Light

Fantasio se reconnait complètement dans le vocabulaire et les termes utilisés par le Yéti. Un bon gros coup de soleil, quelques coups de gueule à pousser, mais le coup de cœur de l’été n’est pas encore là – il faut dire que la saison ne fait que commencer. Si Fantasio a des souvenirs d’albums écoutés en boucle tout l’été, il n’est pas si fréquent qu’un album colle avec l’ambiance moite et chaude qu’il accompagne : ce fut le cas du Black Light de Calexico il y a maintenant une éternité. En 2010, Fantasio se surprend à réécouter le plan marketing électro de Uffie, mais ce n’est pas encore le tube de l’été, tout juste un coup de chaud, des rythmes (le Yéti parlerait sans doute plutôt de bon gros beats) chaloupés de saison. Conseil : si votre album de l’été n’est pas arrivé et que vous ne connaissez pas cet opus de Calexico, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 

The Drums - The Drums

The Drums - The Drums

Le gros coup de cœur du moment pour le Yéti est le pétulant premier album des new-yorkais de The Drums. Vous connaissez tous l’amour immodéré du Yéti pour les Beach Boys ( à propos, réécoutez bien Holland, album sous-estimé des garçons de la plage, un must pour cet été). Et du coup, lorsque de jeunes freluquets s’amusent aujourd’hui à revisiter les thématiques de la Sunshine Pop (Soleil, Bagnoles & Filles), et à mettre des guitares surf sur des boîtes à rythme new-wave digne de New Order, le Yéti a les poils qui frétillent, l’œil humide et un large sourire scotché sur son visage.
Bien sur, Let’s go Surfing est un tube ENORME, digne de Peter, Bjorn & John, mais le reste est au diapason, notamment Me and The Moon avec sa guitare à la Siouxsie and the Banshees. Sur que Brian, Carl et Dennis auraient aimé cette pop sans grande prétention mais radieuse, qui fait la fête, avec des refrains en or massif.
C’est évident, le Yéti sait déjà qu’il prolongera son été indien avec The Drums.

 

Allo Darlin'

Allo Darlin'

Fidèle à des techniques d’investigation tellement pointues qu’elles feraient pâlir d’envie les mecs de la série Les Experts, Ciccio s’est immédiatement jeté sur son iPod pour répondre à la question du poilu du Sous-Marin. Grâce à ses listes de lecture savamment composées et améliorées au fil des ans, il est capable en l’espace de quelques secondes d’avoir une vue panoramique des derniers groupes écoutés et appréciés (une vue 360, comme disent les marketeux).
Stanley Brinks, Karen Elson, Hey Hey My My ou Club 8 figurent dans ces listes, mais c’est un autre groupe qui attire son œil. Il s’agit d’une découverte toute récente, d’un premier album co-écrit par deux anglais et deux australiens. Ils jouent de la musique simple, joyeuse, ensoleillée – c’est la définition même de la Twee pop, dont ce groupe est un solide représentant.
Cet été, donc, Ciccio vous encourage à être plus aventureux que le Yéti et moins nostalgique que Fantasio, et d’écouter Allo Darlin’ !

 

 

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Le Yéti