Je n’aime pas… le nouvel album de M83

9 décembre 2011

 

L'artilleur

L'Artilleur #3


Alors que le Commandant sonne le tocsin pour rameuter ses troupes à bord du Sous-Marin Jaune, l’Artilleur, qui est resté sur le submersible, fidèle au poste, s’interroge.

 

« Tiens v’là le gradé qui proclame l’état d’urgence… Il doit se passer quelques choses de grave. Quoi qu’avec lui, je me méfie. Si ça se trouve, c’est juste parce qu’il n’y a plus de Benco à la cuisine et que Monsieur le Commandant n’en aura pas demain matin pour son petit déjeuner…
Pfff… S’ il croit que je vais me lever pour aller voir ce qui se passe, il rêve le Maréchal.. Tiens, je vais plutôt me mettre le nouveau disque de M83, Hurry Up, We’re Dreaming ! Si le petit Anthony Gonzalez est resté fidèle aux matrices de ses premiers albums, le déluge sonique qui m’attend va me faire du bien ! »

 

L’Artilleur ouvre le CD et, surprise, constate qu’ Hurry Up we’re Dreaming est un double album. Il prend donc le premier Cd, le pose sur sa chaine hi-fi et s’installe confortablement sur le lit de sa cabine. Sur le bien nommé Intro, la chanteuse de Zola Jesus se met à susurrer d’étranges incantations. L’Artilleur commence à sourire, puis Anthony se met à chanter et le titre vire en eau de boudin, ça sent la musique pour les stades de foot. L’Artilleur est blême. Midnight City déroule ensuite des beats assez lourds, ca bastonne sévère, le refrain est impeccable, mais gros comme un pudding allemand. L’Artilleur se remet à penser à Saturday = Youth, l’album précédent de M83: un album sur le fil, où on sentait qu’Anthony pouvait basculer dans le mauvais goût à tout moment, mais un album qui finalement tenait le cap et se révélait être tout simplement magnifique.

 

Le gros son de M83

Le gros son de M83

Sur Hurry Up, We’re Dreaming, malheureusement, M83 tombe tout de suite dans le mauvais goût avec l’horrible saxo piqué à Wham sur Midnight City. La suite n’est plus qu’un long chemin de croix pour l’Artilleur : M83 a définitivement abandonné les strates de guitares de l’incroyable Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts, pour jouer de la variété tatapoum moderne. Il n’y a plus la moindre trace d’émotions, on retrouve des OhOhOh à la Coldplay, une voix emphatique comme chez Muse et des claviers en plomb.

 

A certains moment, l’Artilleur entend des choses qu’il aime (Raconte Moi une Histoire, Year One, One UFO, ), mais c’est assez rare. Et en entendant le grandiloquent My Tears Are Becoming a Sea ouvrir le deuxième CD, le fondu de la dynamite éructe : « Merde, Anthony, tu as vendu ton âme aux années 80 ?! C’est quoi cette soupe ? Super, tu vas devenir une star aux States, mais ce sera sans moi ! » Et ni une, ni deux, l’Artilleur prend le Cd et le balance par son hublot dans la mer.

 

« Génial, je suis en rogne. Bon, je vais voir ce que fomente l’autre débile d’adjudant là haut. Ça va chier ! »

 

 

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Le Yéti

 

 

Le Sous-Marin Jaune part en virée avec Franck Ribery

3 mai 2010

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique putassière

Périscope #17

Cette semaine, on a parlé que de ça : du Riberygate (sic). Qui est aussi le Benzemagate.
Sincèrement, ici, dans le Sous-Marin Jaune, on s’en fout comme de l’an 40, de ces footeux qui vont aux putes : ça a existé, ça existe et ca existera toujours. En revanche, ca permet de faire un petit parallèle marrant en musique sur le mot pute (pas un très joli mot de la langue française soit dit entre nous) : on parle souvent de musique putassière ou racoleuse. Et là, chacun a une interprétation différente. Des exemples différents.
Alors cette semaine, en hommage à Zahia D. qui va faire tomber l’équipe de France avant même les poules de qualif’ du mondial, le Yéti demande à ses comparses de partager leur expérience en musique putassière, de nous dire en quoi certaines musique sont racoleuses.

 

 

Qu’est ce qui fait basculer un riff, une mélodie vers le putassier ?
Pour le Yéti, c’est souvent un arrangement un peu gros, pas très fin dont le but est de flatter très vite nos émotions, notre plaisir. Le meilleur exemple reste pour le Yéti les boites à rythme vous remuant tout de suite vos royales fesses.
Sur le nouvel album des Archie Bronson Outfit, l’excellent Coconut, le Yéti avait ainsi trouver les nouvelles boites à rythme utilisées par le groupe un peu putassières car provoquant tout de suite une envie de danser comme un canard sans tête. Alors que sur Cherry Lips, facile meilleure chanson du groupe ever, il n’avait pas eu besoin de cette facilité pour provoquer la même chose.
Et du coup, le Yéti de se dire que finalement, un effet putassier n’est pas forcément une mauvaise chose. On peut trouver les synthés des Midnight Juggernauts un peu putassiers, mais c’est tellement jouissif que ça reste bon. De même un abus de chœurs chamallow peut se révéler facile et racoleur, mais souvent chouette et plaisant (comme chez les Thrills). Tout l’art du putassier étant de rester de bon goût, ce que ne seront jamais les claviers d’ Eric Serra ou les effets pompiers de Muse.

 

Le R&B aujourd'hui: classe et discret

Le R&B aujourd'hui: classe et discret

De son coté, Ciccio a eu bien du mal à répondre à la demande pour le moins velue du Yéti. En effet, comme ce dernier l’a justement fait remarquer, tout est ici question de point de vue. Untel qualifiera telle musique de putassière principalement parce qu’il ne l’aimera pas, ou, plus précisément, parce qu’elle correspondra à un style de musique qu’il connaît et rejette. Ciccio, par exemple, dira que ce qui est désigné aujourd’hui comme R’n'B est putassier (et cela n’est pas totalement étranger au fait que l’on voit dans les clips de ces chansons des femmes dont les habits n’ont rien à envier à celles dont la « profession » est à l’origine de cet article).
Donc, si Ciccio dit à un fan de R’n'B que sa musique est putassière, qu’est-ce qui pourrait bien empêcher ledit fan de rétorquer à Ciccio que la musique dont il remplit ses oreilles du soir au matin (mettons le folk, juste pour mettre un nom) l’est également ?

 

Bowie, version racolage avec China Girl

Bowie, version racolage avec China Girl

Quant à Fantasio, fidèle a ses habitudes, il eut d’abord envie de répondre au Yéti : une musique putassière, c’est une musique qui fait bouger ton gros cul poilu. Puis, il se mit à réfléchir, et à se dire que puisque le Yéti partait de l’affaire Ribery, du mot pute, et de l’hypocrisie des relations tarifées, autant se poser les mêmes questions avec la musique.
Pourquoi devrait on se la jouer aussi hypocrite en matière de musique ? Est-ce que ce n’est pas faire la pute, – sans mauvais jeu de mots -, que de vendre un morceau à une publicité ?
En tout, cas, cette compromission communément répandue n’a l’air de déranger personne.
Deuxième point : toute frontière entre le racoleur et le pas racoleur et la classe fait doucement rigoler Fantasio, fan absolu de David Bowie, homme dont les orientations musicales sont passées par tous les degrés du racolage, en passant par ceux du génie.
Évidemment, en matière de racolage, cela fait beaucoup plus cool de parler d’un groupe qui fait danser les filles sur les dance-floors, que d’évoquer la capacité du fantôme de Claude François à réunir les invités d’un mariage sur le parquet de la salle des fêtes. Pourtant, rien de ressemble plus à une fesse de Yéti en mouvement sur la piste qu’une autre fesse de Yéti.
Remonté comme une horloge, Fantasio profita d’un moment d’inattention de Ciccio pour pousser le Yéti, accoudé sur le pont du Sous-Marin jaune. Puis, se rappelant qu’un Yéti ne flotte pas, il lança une bouée de sauvetage à destination de son acolyte, sur la quelle il avait pris soin de stabyloter « LA MUSIQUE CÉRÉBRALE N’EXISTE PAS ».

 

 

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Le Yéti