Je n’aime pas… déménager mes disques

22 juillet 2011

 

Torpille 14

Torpille #14

 

Chaque semaine, de nombreuses choses contrarient les trois compères du Sous-Marin Jaune. Plutôt que de ruminer sa colère seul dans son coin, le matelot est sommé à chaque fois par ses comparses de s’expliquer. Cette semaine, c’est Fantasio qui en a gros sur la patate. Vas-y, Fanta, tu peux t’épancher !

 

 

Les disques, j’en ai vraiment beaucoup, plusieurs centaines même. Quand je déménage, forcément, les cartons se remplissent vite et les déménageurs font la gueule. Ça ne s’arrange pas quand il faut s’occuper des bouquins de mes étagères, tout aussi nombreux.
La semaine dernière, j’ai été contraint de changer de cabine à bord du Sous-marin Jaune. Pourquoi ce changement ? Dans ma cabine, située à proximité de celle du Yéti, je dormais très mal. Tout d’abord, parce que les ronflements du Yéti traversent les murs et le sas qui nous séparent. Ensuite, parce que je suis réveillé par les activités de somnambule de Ciccio, qui fait les cent pas devant ma cabine, entre 2 h et 3 h du matin, fredonnant chaque nuit l’air de Mykonos des Fleet Foxes.

 

Fantasio est équipé pour emballer ses Cds...

Fantasio est équipé pour emballer ses Cds...

J’ai donc commencé mes cartons de CD. Je me suis confronté à la réalité : j’étais en train d’emballer des choses qui ne me servent à rien. Et quoi de plus ennuyeux que de passer du temps à faire des choses inutiles. J’ai même réalisé que je n’avais pas d’attachement particulier à ces objets que j’empilais machinalement. Et quand le souvenir de certains albums remontait à la surface, comme Vauxhall & I de Morrissey acheté il y a plus de 15 ans, j’étais incapable de mettre la main dessus, ayant négligé depuis des années le classement alphabétique.

 

J’ai donc continué à faire mes cartons, un peu comme on emballe de la vaisselle à laquelle on ne tient pas beaucoup. Des objets inutiles qui ne me serviraient jamais dans ma nouvelle cabine, délaissés au profit des MP3 centralisés. Et pourtant, je n’imaginais pas une seule seconde effectuer un tri parmi ces CD, me séparer de certains, mettre des CD à la poubelle ou même les filer au Yéti pour sa culture personnelle. En remplissant un carton des CD des Talking Heads et de XTC, je repensais à ces albums que j’avais adorés, et que j’avais essayé de transmettre à mon ami Ciccio. En vain, puisqu’il est toujours resté insensible à ce pan de la pop.

 

... notamment pour emballer le précieux Fear of Music.

... notamment pour emballer le précieux Fear of Music.

 

A mi-chemin de la préparation des cartons de CD, je me suis arrêté. Je me suis dis que c’était la dernière fois que je procédais à un pareil déménagement, et qu’il faudrait bien que je songe à m’en séparer la prochaine fois. Contemplant un carton rempli des albums de David Bowie, je déplorai la laideur de ces objets, ces conteneurs de musique constitués de matière plastique et de papier bon marché. La poussière recouvrait même les disques les moins écoutés, ces albums achetés au hasard ou par le truchement d’une étiquette « ! » alléchante.
Dans les bas-fonds des pires achats, je retrouvais quelques albums de jazz rock, le boîtier cassé d’un album de Mahavishnu Orchestra. Explication : lorsque je faisais tomber le boîtier d’un CD aimé, je le remplaçais par celui intact d’un disque mal-aimé.

 

 

 

 

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Fantasio

Le pastiche selon The Pains of Being Pure at Heart

16 mai 2011

 

Périscope #59

Périscope #59

Cette semaine, le Yéti est une nouvelle fois ronchon. Pour changer.
Plusieurs blogs et certains journaux (Magic, Les Inrocks) sont dithyrambiques sur le nouvel album de The Pains of Being Pure At Heart, Belong, et du coup, le Yéti est allé écouter l’album. Et le Yéti est resté interdit. Lui qui a vécu les glorieuses années 90, comment voulez vous qu’il cautionne un disque pareil qui est au mieux une copie carbone de tout ce qui se faisait à l’époque, au pire un pastiche pas drôle du son de ces années indie-pop. Car les ressemblances avec Ride, The Orchids et autres groupes noisy-pop anglais des années 90 sont tellement flagrantes que cela en devient gênant. Du coup le Yéti pense avoir raté un truc avec le cas TBOBPAH.
Il sonne le tocsin, rameute Ciccio et Fantasio à coup de noix de cajou et de binouzes, et leur pose la question : Aimez vous le dernier album de The Pains Of Being Pure At Heart ? Si oui, pour quelle raison ?

 

 

Le Yéti préfère écouter les Field Mice que TPOBPAH...

Le Yéti préfère écouter les Field Mice que TPOBPAH...

Pour préciser sa pensée, ce qui chagrine le plus le Yéti en écoutant The Pains of Being Pure at Heart, c’est qu’il ne voit pas l’intérêt de ce disque ou de cette musique aujourd’hui.
Vous avez 40 ans et avez connu les années 90 ? Belong vous fera sourire, mais juste 5mn. Ensuite vous retournerez vers Skywriting, mètre étalon de la pop indé, meilleur album des inestimables Field Mice.
Vous avez un peu moins de trente ans et vibrez au son de The Xx ou d’un certain folk psyché ? Belong vous semblera un interminable pensum, totalement insignifiant. Le degré zéro de la prise de risques, un album sans couleur, inodore et sans saveur.
Si vous avez moins de 20 ans et que vous aimez Lady Gaga et ou même Kanye West, vous vous êtes trompés de blog et n’avez rien à faire ici !!
Et le Yéti de vous rappeler une règle qu’il suit à la lettre, une devise jamais prise en défaut : toujours préférer l’original à la copie. Toujours.

 

 

...alors que Fantasio n'aime que le nom du groupe...

...alors que Fantasio n'aime que le nom du groupe...

Le Yéti fait la gueule, mais c’est pas grave, c’est aussi pour ça qu’on l’aime. D’ailleurs, s’il ne faisait pas la tronche de temps en temps, il finirait par lasser ses co-matelots, lui qui ne sait jamais dire non, et qui répond généralement « c’est génial j’adore !!! » quand on lui demande son avis sur une baleine ou un plancton produit à bord du Sous-Marin Jaune.
Cela dit, le Yéti a choisi un sujet particulièrement périlleux pour trainer son blues : quoi de plus épineux que le sujet des groupes qui copient bien ou mal, avec ou sans classe? Pour Fantasio, il n’y a pas vraiment de débat, cette distinction est éminemment subjective, et aussi dépendante du timing. En ce qui concerne l’exemple choisi par le gros Yéti velu, c’est plutôt mal barré. Le disque en question est ennuyeux au possible, dans la moyenne constatée chez les Vaccines. On remerciera quand même le groupe d’avoir trouvé un nom de groupe aussi réussi qu’un titre de chanson des Smiths. C’est peu mais c’est au moins ça de pris.

 

 

Allez Rex, va chercher Ray Davies !

Allez Rex, va chercher Ray Davies !

C’est aussi le nom du groupe qui avait intrigué Ciccio lors de son premier album éponyme qui, s’il portait donc un nom digne de Morrissey, proposait une pochette très Belle & Sebastian (deux raisons pour Ciccio de s’y intéresser). Hélas, ni le premier ni le second n’ont réussi à l’intéresser véritablement.
Il semblerait donc que nos amis matelots tombent d’accord, ce qui tiendrait de l’exploit. C’est sans compter l’esprit de contradiction de Ciccio, qui a manqué de s’étrangler sur une noix de cajou en écoutant le Yéti conclure sur un poussif poncif en envoyant paitre les copieurs.
La copie peut avoir des vertus et permettre soit de dépoussiérer un style oublié (Richard Hawley ressuscitant le rockabilly) ou devenu indésirable (le punk rock dans les années 90, ramené par les Strokes et tous les suiveurs britanniques planqués derrière les Libertines), soit aux jeunes générations de creuser un héritage musicale pour y trouver son bonheur (comment Ciccio aurait-il découvert les Kinks sans Parklife de Blur, il y a presque vingt ans ?).
Loin de salir, un groupe « suiveur » peut donc rendre plein de services, et redonner sa noblesse à des artistes trop vite oubliés.

 

 

Le Sacre Du Printemps par Morrissey, B.B et Erland & The Carnival

4 avril 2011

 

Périscope #56

Périscope #56

 

Plus de doutes possible, le printemps est de retour : adieu les gros pulls de laine, bonjour les chemises à fleurs et une certaine indolence. Les trois matelots du Sous-Marin jaune ont ressorti les transats et ont aménagé le pont du submersible en temple du farniente.
Le Yéti sirote un diabolo menthe, il est bien et il a envie de jouer : « Bon les gars, on va faire un petit jeu. Pour fêter le retour du Printemps, chacun doit trouver une chanson qu’il aime bien avec le mot Printemps dans le titre et expliquer ce que ça lui évoque. Ok ? »

 

 

Morrissey - Vauxhall And I

Morrissey - Vauxhall And I

Pfo pfo pfo pfo pfo pfo pfo pfo pfa pfa pfa pfa pfa pfa pfa pfa pfo pfo
Les (vrais) connaisseurs auront reconnu ici la fabuleuse intro à la basse de Spring-Heeled Jim, de Morrissey. Ce morceau est probablement le meilleur de l’album Vauxhall And I (1994), album particulier à plusieurs titres, aussi bien pour le Mozzfather que pour Ciccio. Pour Momo, cet album avait été unanimement reconnu par les critiques, qui avaient boudé le crasseux précédent Your Arsenal. Ils voyaient là un retour de l’ex-chanteur des Smiths au meilleur niveau de son ex-groupe. Ils ne savaient pas, par contre, que Morrissey allait de nouveau les décevoir un an plus tard, puis carrément disparaître de la carte musicale, ne revenant qu’au milieu des années 2000. Ciccio ne le savait pas non plus, lui qui venait de découvrir ce chanteur un an ou deux plus tôt, en écoutant Ouija Board lors d’une soirée de lycée enfumée. Spring-Heeled Jim revêt donc une signification toute particulière, à mi-chemin entre découverte joyeuse (qui mènera rapidement à une autre découverte, encore plus goulue, des Smiths) et la cruelle sensation d’avoir raté l’époque glorieuse, d’être arrivé un poil trop tard.
C’est dans ces moments-là, et seulement dans ces moments-là, que Ciccio jalouse l’âge avancé du Yéti. Ah… Si lui aussi avait eu 53 ans au milieu des années 90, il en aurait vécu, des aventures musicales légendaires…

 

 

 

Bertrand Burgalat - Portrait robot

Bertrand Burgalat - Portrait robot

Fantasio est tenté de ne rien ajouter à l’évocation de Ciccio, tant l’album Vauxhall & I fait partie des albums les plus chargés en souvenirs, ce qui évoquent une période de découvertes musicales inouïes, et pas seulement. Il se dit d’ailleurs que « les jeunes » qui ne connaissent pas Morrissey ou les Smiths ont une chance incroyable, et qu’il remonterait volontiers le temps pour revivre cela. Néanmoins le Yéti veille au grain et il faut bien se prêter au petit jeu du patron du périscope. Fantasio préfère éviter une nouvelle référence aux Beach Boys qui ont utilisé toutes les saisons dans leurs chansons : trop facile ! Il préfère faire appel à un autre B.B : Bertrand Burgalat et son mollasson Spring isn’t Fair, extrait du non moins cotonneux album Portrait-Robot. Un titre plutôt minimaliste, assez éloigné de la béatitude des Garçons de la Plage. En réécoutant la chanson, l’accent franchouille et la voix nonchalante de Burgalat, Fantasio renouvelle son admiration pour un artiste à la production aussi singulière que maniérée : il préfère finalement ce chemin à celui emprunté par Philippe Katerine, plus populaire mais beaucoup moins écoutable.

 

 

 

Erland & the Carnival - Nightingale

Erland & the Carnival - Nightingale

Fantasio a évité de faire référence aux Beach Boys et le Yéti se dit qu’il doit en faire de même. Pour célébrer le retour du printemps, le Yéti ne voit rien de mieux aujourd’hui que d’écouter en boucle le primesautier Springtime, sur le nouvel album d’Erland & The Carnival, Nightingale. Avec son refrain pop, sa rythmique bondissante, ses chœurs emplis de aaahaha et de voix qui se dédoublent, ce titre accompagne parfaitement la sortie d’hibernation du Velu. En effet, l’hiver a totalement engourdi le Yéti et après avoir écouté beaucoup de musiques boisées et lourdes, il a envie d’entendre des choses plus légères avec le printemps, des mélodies pleines de trompettes, de guitares qui cavalent et de chantilly. Et pour le moment, en attendant Noah & The Whale et le prochain Fleet Foxes, le nouvel album d’Erland & The Carnival sera le parfait compagnon de ce beau mois d’avril.

 

 

 

 

Morrissey et Julia Stone en vue !

16 février 2011

 

Julia Stone comparée à Morrissey

La Vigie #44

Rien de tel qu’un petit son de guitare étouffé, tout en retenue, pour lancer un morceau qui va tout faire pêter.

 

On imagine les deux gratteux en train de se regarder, le sourire jusqu’aux oreilles en pensant à ce qui va arriver, le batteur en train d’affûter ses baguettes et de compter le rythme dans sa tête, et puis le chanteur, la tête un peu baissée sur son micro, dont il tient le pied entre ses deux mains, tout en suivant la rythmique avec son corps.

 

Et puis tout monte d’un cran : le chanteur lance sa voix, le batteur martyrise sa grosse caisse, des petits gimmicks de guitare apparaissent ici et là, le son étouffé devient de plus en plus suffoquant. Ca monte, ça monte, et puis BAM ! Ca explose :

 

Irish blood, English heart... UK flag!

Irish blood, English heart... UK flag!

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Il faut dire que, à l’instar de son guitariste qui attend une plombe avant d’envoyer la purée, Morrissey s’était fait attendre (7 ans tout de même entre – le faiblard – Malajusted, dernier album avant le single Irish Blood, English Heart), tant et si bien qu’on se demandait s’il ne faisait pas un peu exprès de nous faire attendre (notamment au vu de la prolixité qui fut la sienne dans les années 2000.

 

Mais au moins, quand il est revenu, les fans, dont la Vigie fait partie, n’auront pas été déçus.

 

Ce qui est loin d’être le cas avec la (belle ?) Julia Stone.
Ce morceau pourrait être à lui seul une belle analogie de l’album : on en attend beaucoup, et finalement ça tombe un peu à plat.

 

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La guitare étouffée, qui suscite cette envie de s’envoler, est comparable au dernier album qu’elle a enregistré avec son clodo de frère, et qui était si bon qu’il a poussé la Vigie à se jeter sur The Memory Machine. Plus dure fut la chute…

 

La Vigie espère simplement que les deux australiens seront à la hauteur lors de leur prestation scénique au (tout nouveau et parait-il tout beau) Trianon, à Paris, en avril prochain !

 

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

En plein revival 90′s avec Suede et Pulp

6 décembre 2010

 

Périscope #41

Périscope #41

Cette semaine, le Sous-Marin Jaune a vécu avec ferveur le retour de deux idoles des années 90 : Suede et Pulp.
Les premiers se sont reformés pour un concert exceptionnel auquel a assisté Ciccio. Les seconds ont annoncé leur reformation pour cet été pour quelques dates, dont a priori une en France, ce qui comble de bonheur le Yéti qui est un fervent supporteur de la bande à Jarvis.
Deux groupes phares de la scène Brit-Pop des années 90 de retour, est ce une bonne nouvelle pour nos oreilles et pour la musique ? Doit-on craindre une reformation des Happy Mondays ? Fantasio cautionne-t ’il ces retours comme ses petits camarades ?

 

 

Fantasio ne veut pas que Blur se reforme...

Fantasio ne veut pas que Blur se reforme...

 

Retours fracassants, vieilles gloires, come backs : pour Fantasio, tout cela fait penser aux affiches qui ornent les stations de métro parisiennes. Des années 60 aux années 90, nombreux sont les groupes qui se reforment. Les raisons de ces retours ne font aucun doute, et Fantasio s’est déjà exprimé à ce sujet dans un précédent périscope. Il comprend très bien l’émotion de ses amis à retrouver Pulp ou Suede sur scène. Il sait très bien qu’il verserait sa petite larme ou frissonnerait s’il se laisser embarquer à un pareil concert, comme lors de la venue de Morrissey à Paris jadis. Mais soyons clair : il ne souhaite voir se reformer AUCUN groupe disparu et est bien trop amoureux des disques pour assister à la parade pathétique des mythes vivants. Pas même Blur, ni Supergrass, reposez en paix les amis !

 

 

... Mais le Yéti ira voir Pulp...

... Mais le Yéti ira voir Pulp...

La discothèque du Yéti sent un peu le formol. Parce qu’il a grandi dans les années 90, le Yéti continue encore aujourd’hui d’apprécier tous ces groupes écoutés jusqu’à plus soif quand il était ado et qui ont fait sa culture musicale de base actuelle : les Ride, Happy Mondays et autre Stone Roses. Et puis Pulp bien sur. Alors ce matin, le Yéti s’en fout un peu que Pulp soit de retour pour payer ses impôts et que le retour de Jarvis fasse un peu Le Retour de la Revanche de la Momie : il ira voir Pulp en concert car le groupe a sorti plusieurs albums indispensables (surtout Separations et Freaks) et que Jarvis est une bête de scène, un type attachant et un sacré conteur d’histoires. Bon, bien sur, la nostalgie a ses limites et de là à revoir les Happy Mondays en concert, il ne faut peut-être pas exagérer. Mais lorsque le Yéti voit le monde entier s’esbaudir devant le retour sur scène du sanctifié Leonard Cohen, qui, après avoir perdu toutes ses économies, n’en finit plus de tourner dans des théâtres à 150 euros la place, il se dit que le retour de Pulp cet été semble finalement plus décent.

 

 

... et Ciccio est allé voir Suede.

... et Ciccio est allé voir Suede.

Difficile de ne pas être d’accord avec Fantasio. D’un strict point de vue artistique, le concert pour le concert ne peut rien donner de bien extraordinaire. Certes, pour le concert d’adieu de Supergrass, auquel Ciccio a assisté avec ravissement, le groupe avait ressorti quelques vidéos, mis quelque peu en scène sa carrière, et surtout livré une prestation à la fois longue, poignante et énergique.
Tout comme ce fut le cas pour Suede, le concert de reformation de Pulp ne donnera rien de bien extraordinaire, sinon une nostalgie incroyable pour tous ceux qui, comme Ciccio, se sont éveillés à la musique au début des années 1990. S’il avait un peu plus d’intégrité artistique, Ciccio boycotterait sûrement ce concert. Au lieu de cela, et malgré l’odeur fétide qui règnera dans la salle à cause de la présence d’un individu poilu et chaud comme une baraque à frites, Ciccio en sera, priant secrètement pour entendre le chef d’œuvre absolu de Pulp : Razzmatazz.