Si tu vas à Rio, vas-y sans Ciccio

7 novembre 2011
Périscope #77

Périscope #77

 

Résumé de l’épisode précédent : Le commandant a proposé 3 destinations aux matelots : San Francisco, Reykjavík ou Rio de Janeiro. Les 3 matelots baissent les yeux, comme des enfants punis. Puis, ils se lancent des regards incrédules : laquelle de ces destinations, après Liverpool, pourrait faire l’unanimité ?

 

Le radariste donne un peu de temps aux matelots pour trouver leur prochaine destination :
- Je vous laisse la journée pour parlementer et prendre une décision. Dès que vous vous êtes mis d’accord, vous pouvez prévenir le Commandant. Je peux compter sur vous ? Sans attendre de réponse des matelots, le radariste quitte la scène.

 

Milton du Brésil

Direction Milton ?

Il pousse un soupir de soulagement en imaginant les discussions houleuses à venir. Il jette un regard en arrière avant de rejoindre sa cabine : il aperçoit le visage hilare du Yéti qui effectue une danse improbable, que le Radariste devine d’inspiration brésilienne.

 

- Les amis, c’est décidé, je vous emmène à Rio ! Direction le Brésil, à la rencontre de Milton Nascimento et Os Mutantes. Le Yéti continue sa danse en essayant d’emporter les 2 autres matelots dans le mouvement. Fantasio se laisse bousculer par le Velu, un sourire figé sur le visage. Le dos tourné, Ciccio ne semble pas réagir à l’enthousiasme du Yéti. En silence, il imagine déjà leur périple prochain sur les traces de la pop californienne. Fantasio, pris dans la danse absurde du Yéti, fait une tentative de discussion.

 

- Yéti, moi aussi je rêve de découvrir le Brésil, mais je n’ai jamais eu la chance d’aller en Californie et en Islande. Je pense qu’on devrait commencer par en parler tranquillement tous les 3.

 

La fiancée du Yéti

La danse continue et Ciccio reste immobile.
Le Yéti ne répond pas à la proposition de Fantasio et se projette un peu plus dans le périple brésilien.
- Ooh, But I watch her so sadly…
C’est bien la voix étonnamment douce du Yéti qui se mue pour produire une sorte d’imitation androgyne d’Astrud Gilberto. Au même moment, Fantasio se surprend à taper du pied et à battre la mesure.
- Tall and tanned and young and lovely
BAAAAAAAAAANG !

 

Le chant du Yéti s’interrompt et tout son corps se met à trembler : Ciccio vient de fracasser la carafe de jus de fruits sur le mur à 5 cm du visage du Poilu. Le Yéti et Fantasio n’ont pas le temps de réagir, Ciccio se précipite sur la réincarnation d’Astrud Gilberto. Il prend le Yéti à la gorge, tenant un couteau à beurre à 2 cm de la fourrure du Yéti.
- SI ON PART A RIO JE LE TUE ! JE HAIS LE FOLKORE BRESILIEN !

 

Serenity Now !

Fantasio reprend ses esprits et s’improvise négociateur.
- Ciccio, calme-toi, on n’a rien décidé ! Le Yéti s’est un peu emballé mais il faut encore qu’on en parle, évidemment. La Côte Ouest, ça vous tente ? La pop californienne c’est un truc qu’on aime tous les trois ! Et l’Islande, c’est pas l’endroit idéal pour apaiser les tensions au son de Sigur Rós ?
Le Yéti n’a rien entendu aux paroles de Fantasio et reprend du poil de la bête : « On va à Rio, On va à Rio, On va à Rio ! »
La patience de Ciccio ayant atteint ses limites depuis la chansonnette du Yéti, il choisit de faire une prise du sommeil à l’infatigable adorateur de la Bossa Nova.

 

- Fantasio, tu as envie de revoir le Yéti vivant ?
Alors tu vas voir le Commandant et tu lui expliques qu’on met le cap direction la Californie.

 

Comment va s’achever la prise d’otage du Yéti ?
Quelle sera la destination des 3 matelots ?

 

La suite la semaine prochaine…

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Fantasio

La Musique du Routard

28 mars 2011

 

Périscope #55

Périscope #55

Le Yéti a pris exceptionnellement une semaine de vacances laissant à Ciccio et Fantasio le soin de piloter avec hardiesse le Sous-Marin Jaune. A son retour, le gros velu est tout excité de retrouver ses comparses, surtout après le désert musical qu’il a traversé.
En effet, si la destination choisie par le Yéti lui a bien apporté satisfaction pour le soleil et le repos, on ne peut pas en dire autant pour la musique où il n’y avait rien de bien excitant à se mettre sous la dent.
Le Yéti a manqué de sagacité, car voilà un sujet à ne pas prendre à la légère : quelle musique doit on choisir lorsqu’on part en vacances ? Doit on se forcer à écouter les radios locales pour être dans l’ambiance ? Doit on partir avec une sélection de CDs en rapport avec la destination choisie ? Doit on forcément écouter Jean-Louis Murat quand on part en Auvergne ou les Fleet Foxes lorsque l’on traverse le grand Ouest américain ?
Les 3 matelots vous donnent leurs préférences.

 

 

 

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Ciccio a envie de rire devant la naïveté, pourtant légendaire, du Yéti. Mais merde, ÉVIDEMMENT qu’un voyage, ça se prépare musicalement ! La sélection musicale doit même être le PREMIER élément auquel on doit accorder de la réflexion, car il ne faut jamais, au grand JAMAIS, laisser les locaux vous imposer leur musique (surtout quand on part dans le pays du Zouk, Yéti…).
Chez Ciccio, tout est bien huilé : tandis que sa douce moitié étudie les guides culturels et prépare les excursions, balades et visites, lui s’imprègne des paysages, de la culture, de l’histoire, et en produit une liste d’albums à jouer à des moments précis du voyage.
Le meilleur exemple est le road trip qu’ils ont fait en 2009, parcourant 10 000 kilomètres à travers 14 états des Etats-Unis. Chaque paysage ou lieu avait sa musique : Moriarty ou Ray Lamontagne dans les grandes plaines du Dakota, la bande originale du Seigneur des Anneaux sur le crépuscule des fumées de Yellowstone, Calexico dans Joshua Tree, la bande originale de The Straight Story au milieu des champs de l’Iowa, The Carter Family dans les villages paumés du Kansas et, moment sublime et flippant à la fois, Ennio Morricone lors de la traversée de la Death Valley.
Non seulement le mélange des paysages et de la musique garantit un voyage inoubliable, mais en plus les émotions ressurgissent, intactes, lors de la ré-écoute de ces morceaux, longtemps après.

 

 

 

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

En matière de voyages, le Yéti fait tout le contraire de Ciccio. En effet, le Velu aime bien être surpris et c’est pour cela qu’en vacances, s’il part dans une contrée nouvelle, il emporte rarement de la musique, préférant miser sur la découverte.
Cela lui a parfois réussi (il garde d’excellents souvenirs musicaux en Afrique notamment) et parfois moins comme en Australie où les radios locales dégueulaient un rock FM épouvantable obligeant, lui et sa sœur, à aller acheter dans une grande surface quelques disques plus délicats dont le méconnu (et très bon) Pocket Symphony de Air. En règle général, le Yéti aime donc se la jouer couleur locale car il se dit que quitte à découvrir un pays, autant le faire à fond. Manger de la tête de poisson au son de la Kora, oui. Découvrir le Wadi Rum au son de Noir Désir, non !
Et le Yéti de se rêver Marco Polo de la musique à chaque fois qu’il a la chance de partir à l’étranger, espérant surprendre ses amis à son retour en mettant un disque de musique folklorique égyptienne sur sa platine, disque qui ira moisir au fin fond de sa discothèque ensuite, car c’est bien connu : les souvenirs de vacances finissent forcément dans une boite en carton au fond d’un placard.

 

 

 

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

Fantasio écoute ses amis avec attention, enfin surtout Ciccio, cette fois-ci, puisque ses propos l’interrogent. S’il admire des groupes comme Calexico qui parviennent à innover tout en recyclant un certain folklore, pour Fantasio tout cela relève de l’imaginaire et du fantasme. Malgré son goût pour les voyages, il n’a pas parcouru tous les continents, se contentant de l’Afrique et de l’Amérique du Nord. C’est donc logiquement qu’il a découvert (comme tout le monde) des pays comme le Brésil à travers leur musique, avec ou sans clichés, merci Caetano Veloso et Milton Nascimento. Mais écouter de la musique mexicaine en visitant les pyramides aztèques ? Non, Fantasio ne s’imagine pas une seule seconde préparer un voyage en programmant la bande sonore qui va bien (on parle bien de voyage à l’étranger, pas de congés payés en bord de mer), et il ne s’est jamais posé la question. Pourquoi essayer de superposer l’imaginaire au réel ? Le voyage c’est donc l’abandon de son attirail habituel : son téléphone mobile, et donc la musique qu’il contient. Mais, en écoutant le récit de Ciccio, il se met à imaginer ce que pourrait donner son prochain départ à Chypre sur fond de musique folkorique

 

 

 

Les Coups de Coeur Printaniers du Sous-Marin Jaune

10 mai 2010

 

Les coups de coeur du Sous-Marin Jaune

Périscope #18

Cette semaine, le Yéti veut de l’Amour, de la Joie et de la Paix. Il veut que les gens rayonnent de bonheur, de bonne humeur, d’allégresse. Alors pour arriver à ses fins, il a décidé de demander à ses comparses de lui livrer leurs coups de cœur du moment, les disques qu’ils écoutent en boucle actuellement et qui les rend tout guedins.
En espérant que ces choix te rendront toi aussi, Ô lecteur ami et fidèle, heureux, guilleret et tout sourire.
(Promis, on redevient acerbes les jours suivants, et promis le Yéti arrête de brouter les fleurs qu’il a plantées ce weekend sur le balcon de sa grotte).

 

 

C’est une habitude: il y a toujours un disque (un par mois dans les bonnes années, un par trimestre dans les périodes maigres) que Fantasio use jusqu’à la corde. Le reste n’est très souvent qu’indifférence et touché-coulé. La dernière fois que le Yéti lui a lancé une pelote de poil en hurlant « FANTA T’ÉCOUTES QUOI ? », Fantasio en était toujours au même album depuis un bail : La Reproduction de qui vous savez. Sur le mois écoulé, la boucle est un enchainement de 3 albums : MGMT, Morning Benders et Two Door Cinema Club. Cette trinité exaltée sinon hédoniste à l’échelle de Fantasio rendit le Yéti hirsute de bonheur.
Fantasio serait-il devenu un gentil garçon ?

 

She & Him - Volume 2

She & Him - Volume 2

Pour Ciccio, il y a deux manières de répondre à la question du Yéti. Soit on laisse parler son for intérieur, ses tripes, ses sentiments, et, telle une héroïne de roman de Marc Lévy, en interrogeant son cœur sans pour autant dire le moindre mot, on obtient une réponse aussi nette, précise et impressionnante qu’un nombre de ventes d’un livre de Guillaume Musso. Soit, et c’est bien évidemment la solution choisie par Ciccio, on laisse parler LastFM.com (pour une fois que Ciccio trouve une utilité à ce site, il n’est pas mécontent !). La réponse de ce site qui enregistre méthodiquement les noms des artistes, chansons et albums que l’on écoute, est sans appel : les trois albums qu’il a le plus écouté sur les trois derniers mois sont She & HimVolume 2, Goldheart AssemblyWolves and Thieves et ZeusSay Us. Prends ça dans les dents, vieux yéti poilu !

 

Josh Rouse - El Turista

Josh Rouse - El Turista

« Bah, même pas mal !! », beugla le Yéti qui lui aussi aimait bien le nouveau She & Him. Mais quand il regarde d’un peu plus près les disques qui tournent sur sa platine, Le Yéti y voit le nouveau Besnard Lakes, le démentiel nouvel album des Archie Bronson Outfit, mais aussi et surtout le délicat nouvel ouvrage de Josh Rouse, El Turista.
Sur cet album, Josh a eu envie de rendre hommage à plusieurs dieux de la Bossa Nova, comme Antonio Carlos Jobim, Chico Buarque ou Milton Nascimento. Mais là où certains chanteurs sont tétanisés par les maitres brésiliens et rendent une copie sans âme, l’ami Josh a choisi lui de composer modestement 10 perles tropicales en y insufflant son style et en arrangeant le tout de façon simple et légère.
Et le Yéti de se croire sur la plage de Copacabana, entouré de nymphes brésiliennes, en train de gratter quelques accords sur une guitare. El Turista, c’est actuellement le meilleur antidote du Yéti pour s’évader de la grisaille citadine, c’est la potion magique parfaite pour attendre la prochaine escale du Sous-Marin Jaune.