Le Sous-Marin Jaune joue la CAN
1 février 2010La semaine dernière, tous les fans de foot avaient les yeux braqués sur l’Afrique et la CAN.
Le Sous-Marin Jaune n’a pas échappé à cette folie du ballon rond et le climat à bord du submersible fut tendu jusqu’à la finale. Surtout avec le Yéti, grand supporter des Pharaons Égyptiens qui a pu pavoiser toute la nuit après la victoire finale de ses chéris.
Mais la CAN fut aussi un prétexte pour quelques discussions enfiévrées sur la musique africaine, chacun des matelots ayant ses préférences.
Tout le monde le sait : Ciccio n’est pas à proprement parler un grand connaisseur de l’Afrique. Son climat, ses insectes, ses animaux sauvages, ses déserts sont autant de choses qu’il tient en horreur, peut-être presque autant que le dernier film de Clint Eastwood sur Mandela. Pourtant, ses idéaux universalistes devraient pousser Ciccio à ouvrir grand ses bras à l’Afrique, et à la laisser prendre la place musicale qui lui revient. Certes, il a acheté le dernier album d’Amadou et Mariam, mais c’était en grande partie pour honorer un de ses héros, Damon Albarn, admiratif du travail qu’il avait notamment fourni sur le fabuleux Sabali. Et c’est là qu’un parallèle intéressant se dessine : fan intransigeant de musique et de foot, Ciccio vénère l’Angleterre dans les deux domaines (à vrai dire, Liverpool est sa terre gazonnée promise dans les deux cas), et ne laisse que peu de place à l’Afrique dans sa discothèque et sur les terrains.
Fantasio, qui connaît Ciccio depuis des lustres, s’est d’ailleurs toujours demandé pourquoi son acolyte n’écoute quasiment pas de musique noire (ou plutôt, de musique africaine ou afro-américaine). Alors que certains l’auraient vite soupçonné à tort de racisme, Fantasio s’est toujours contenté de constater que la seule musique noire qui trouverait ses faveurs serait celle des blancs becs à la Paul Weller. Allez Ciccio, un petit Chuck Berry ? En cherchant bien, vous trouverez peut-être un album de Louis Armstrong chez lui.
Pourtant, dans ses rêves les plus fous, Fantasio imagine Ciccio allier sa faiblesse pour le foot à la musique africaine. Il le voit assister à la finale de la CAN, écoutant en boucle un album de Fela Kuti. Malheureusement, cette vision est bien éloignée de la réalité, le Nigeria ayant d’ailleurs disparu de la compétition depuis quelques temps.
Finalement, le seul fan transi de la CAN fut donc le Yéti qui a suivi la compétition avec passion, osant même des parallèles abracadabrants entre les équipes et ses groupes de musique préférés.
Ses chouchous absolus, les Pharaons d’Egypte, ont joué dur et de façon réaliste, comme dans un blues rocailleux des Tinariwen, grand groupe touareg. Le Ghana a en revanche joué comme Mulatu Astatke, le génial compositeur éthiopien : il y avait de la folie et du rythme dans cette équipe, cela lui a plu. Tout le contraire de la décevante Côte d’Ivoire, trop européenne, sans âme, un peu comme le dernier Vampire Weekend peut être ?
Seul regret du Yéti : que les Écureuils Béninois n’aient pas réussi à passer les poules. Quant on se surnomme Les Écureuils en football (au lieu des Lions ou des Guépards), on devrait être admis en quart de finale d’office.
PS : une âme charitable peut elle expliquer à Fantasio pourquoi la CAN n’a pas lieu tous les 4 ans ?






