Le Gimmick selon Cat’s Eyes

13 mai 2011

Le Gimmick selon Cat's Eyes

Le Sonar #12

Le Yéti, non content de polluer le lectorat avec ses disques improbables, revient en deuxième semaine pour essayer de nous vendre les yeux de son chat. Et quoi de mieux qu’un gimmick pour vendre ? Fonce, Yéti !

 

 

Vous allez me dire que c’est une lubie, que je fais une fixette ou pire que j’ai des actions investies sur ce groupe (qu’est ce que vous croyez ? Que je suis le fils de JJ Goldman, Monsieur My Major Company ?!), mais c’est ainsi : un seul disque m’excite réellement aujourd’hui, c’est toujours l’excellent premier album éponyme des Cat’s Eyes.

 

Et comme je vois déjà les incrédules sortir les flingues et les couteaux (range ton opinel, Ciccio, tu vas te blesser), je suis dans l’obligation de vous balancer un énorme gimmick pour vous rallier à ma cause : le premier titre, lui aussi intitulé Cat’s Eyes, et ouvrant magistralement l’album.

 

Zon't un peu vieilli, les Cat's Eyes...

Zon't un peu vieilli, les Cat's Eyes...

Ici, on revient à la base du gimmick, à ses racines, à savoir une petite suite de notes jouées en boucle pour vous faire taper du pied et battre des mains (et hurler à la lune si vous êtes velus comme un Yéti) : soit quelques notes de claviers, assez sombres, répétées inlassablement, accompagnées d’arrangements dingos, et avec par dessus les voix de Faris et Rachel jouant au chat et à la souris.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Qu’il est beau ce gimmick ! De plus il permet de lancer admirablement l’album car c’est certainement le titre le plus catchy du disque, celui qu’on retiendra en premier.

 

Les autres titres sont tout aussi réussis (sauf le bizarre Sooner Or Later) et raviront les fans de Girl Bands des années 60 (j’ai beaucoup pensé aux merveilleuses Shangri La’s en écoutant ce disque) mais aussi au grand Lee Hazlewood pour le coté vicié de la pop.

 

Enfin, à l’heure où les groupes ne pondent plus que des albums de plus d’une heure avec des titres en veux-tu en voilà, même si ceux-ci sont complètement redondants voire bâclés, je remercie les Cat’s Eyes de la jouer court, comme tout grand disque de pop se doit d’être, à savoir entre 30 et 40 mn de musique. Cette concision les honore et rend ce disque encore plus passionnant.

 

 

Concours: le Disque du Mois du Yéti à gagner

27 avril 2011

Trésor #1

Trésor #3


Chaque mois, l’un des matelots du Sous-Marin Jaune choisit un album et pose une petite énigme (en rapport avec l’album). Le premier mail reçu avec la bonne réponse remporte l’album. On ne peut pas faire plus simple !
C’est le Yéti qui s’y colle pour ce mois-ci.

 

 

Au début, lorsque j’ai vu le nom de ce nouveau groupe anglais, j’ai eu peur. Pensez donc, un groupe qui se baptise selon un dessin animé japonais des années 80, vous pouvez craindre le pire : voir le fantôme de Dorothée débouler sans prévenir, les trentenaires se mettre à entonner Capitaine Flam ou Albator, bref le cauchemar.
Heureusement, si le groupe a choisi un patronyme débile, la musique, elle, est bien différente et de grande classe. On croirait en effet entendre sur plusieurs morceaux des inédits de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, rien que ça !

 

Y'a t'il un groupe qui s'appelle Goldorak ?

Y'a t'il un groupe qui s'appelle Goldorak ?

 

En fouillant un peu dans la biographie du groupe, j’ai été surpris de voir que ce petit miracle pop nous venait de la tête pensante d’un groupe fort différent, jouant plutôt un curieux mélange de krautrock matiné de musique gothique, à mille lieux de la finesse de cet opus, tout simplement réjouissant.

 

Quel est le groupe et le nom de l’album que le Yéti cherche à vous faire gagner ?
Question subsidiaire: de quel groupe vient le chanteur-compositeur de ce nouveau combo ?

 

Pour répondre, envoyez un mail avec la bonne réponse à contact@lesousmarinjaune.com, en précisant votre nom, prénom et adresse postale.
Une fois la bonne réponse trouvée, elle sera publiée en commentaire avec le nom du (de la) gagnant(e).

 

 

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Le Yéti

 

 

John Barry, Nancy Sinatra et Lee Hazlewood en vue !

3 novembre 2010

 

Nancy Sinatra et Lee Hazlewood comparés à John Barry

La Vigie #33

A la lecture du titre de ce nouvel article concocté par la Vigie, le lecteur averti lâchera sûrement un petit rire sardonique, persuadé qu’enfin la Vigie va être prise à défaut, car proposant une comparaison totalement non pertinente, étant donné les liens discographiques unissant John Barry, le créateur du fameux thème de James Bond, et Nancy Sinatra, l’interprète sublime de You Only Live Twice.

 

Seul un lecteur encore plus averti ne fera pas cette erreur, et se dira qu’il y a sûrement quelque chose de plus que la Vigie veut dire ici (sinon pourquoi parler de Lee Hazlewood, le seul chanteur au monde qui peut faire rougir Serge Gainsbourg en comparant les filles qu’ils ont fait chanter), probablement un détail qui, malgré son évidence post lecture, n’aura pas été relevé par le premier lecteur, malgré sa culture musicale et son insatiable curiosité.

 

Parlons de John Barry, donc. Ce compositeur très connu (Amicalement vôtre à la télé, Out Of Africa au cinéma, pour n’en citer que deux), est le créateur non seulement du thème de James Bond, mais aussi des morceaux titres d’une bonne douzaine de films (les premiers, les meilleurs, parmi lesquelsGoldfinger, From Russia With Love et bien sûr You Only Live Twice).

 

Loin de la Vigie l’idée de vous faire l’affront de penser une demi seconde que vous ne savez pas ce qu’est le thème de James Bond mais, pour le plaisir, et également pour les besoins de notre petite comparaison hebdomadaire, le voici agrémenté d’images indispensables :

 

 

Vous entendez les cuivres qui relancent le morceau, à partir de la quarantième seconde environ ? Évidemment que vous les connaissez par cœur, là n’est pas la question.
La question serait plutôt : est-ce que vous entendez les violons faire la même chose ici, aux alentours de 2m38 (puis de nouveau à 3m14) :

 

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En fait, la vraie question est : pourquoi avoir mis ce clin d’œil gigantesque à James Bond ? (clin d’œil d’autant plus évident que Summer Wine et You Only Live Twice sont tous les deux sortis en 1967). Sans en avoir la moindre idée, la Vigie parierait sur une blague potache du génial Lee Hazlewood, qui s’est probablement dit que ça ne pouvait pas faire de mal de capitaliser un peu sur le succès de la musique de Barry.

 

A moins que Lee n’ait tout simplement eu une vision, il y a 43 ans, d’un taré de musique assis devant son ordinateur, se raclant le cerveau pour trouver des analogies musicales, et qu’il se soit dit qu’il allait lui donner un petit coup de pouce…

 

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Le Sous-Marin Jaune passe la St Valentin avec Richard Hawley

15 février 2010

 

Richard Hawley est grand, très grand

Périscope #6

Mercredi dernier, un fait notable et important s’est produit à Paris: le meilleur concert de l’année 2010 a eu lieu. Ok, l’année est loin d’être terminée, mais on sait déjà que ce concert marquera durablement les esprits. L’homme responsable de cet engouement s’appelle Richard Hawley et le Sous-Marin Jaune vous dit pourquoi cet artiste est IMMENSE.

 

Si l’ on demande à Fantasio ce qu’il pense de Richard Hawley, il vous répondra au moins deux choses. La première, c’est que rien ne ressemble autant à un album de Richard Hawley qu’un album de Richard Hawley. Même voix profonde, même nonchalance, même élégance, même si Lady’s Bridge et Coles Corner se distinguent aisément dans la mémoire de Fantasio. Il se souvient d’un concert en 2008, où il avait ressenti un mélange de sérénité, de chaleur… et d’ennui. Sur scène, le style du crooner britannique tombait parfois dans la monotonie. Il avait alors conclu qu’il préférait définitivement les disques aux concerts, de même qu’il préférait la littérature à la vraie vie.
La deuxième chose que Fantasio dirait à propos de Richard, c’est qu’en 2010, ne pas connaître Richard Hawley, ne pas avoir eu l’occasion l’apprécier ses chansons, c’est quand même un peu se moquer du monde.
Un observateur attentif lui répondrait cependant qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et découvrir Truelove’s Gutter ou un de ses prédécesseurs, ainsi qu’il n’est jamais trop tard pour écouter autre chose de Roy Orbison que Pretty Woman.

 

Richard Hawley

Richard Hawley

Justement, Le Yéti est le dernier à bord du submersible à avoir déclaré sa flamme pour Richard. Au début, il ne comprenait pas trop la fascination de Ciccio et Fantasio pour Richard Hawley. Et puis Truelove’s Gutter lui est tombé sur sa trombine velue, et il a compris.
Compris que la voix de cet homme était l’une des plus belles aujourd’hui, l’égale de Scott Walker ou de Lee Hazlewood. Compris que ce gars composait des chansons poignantes, à faire chialer n’importe quelle grosse brute épaisse et poilue (n’importe quel Yéti donc). Compris enfin que Richard était un gars bien, attachant, cultivé, rare dans le cirque de la musique rock (il suffit de lire son interview dans le n°5 du magazine Eldorado pour tomber raide dingue fou amoureux du gars. Si, si).
Aujourd’hui, le Yéti comble son retard à vitesse grand V et écoute la discographie de Monsieur Hawley en boucle. Et jalouse en secret Ciccio qui a pu assister, lui, au fameux concert de l’Alhambra.

 

Son dernier album: Truelove's Gutter

Son dernier album: Truelove's gutter

A ce propos, Ciccio a bien du mal à comprendre pourquoi le Yéti s’enthousiasme autant pour un concert auquel il n’était pas, et dont Ciccio lui-même ne lui a pas parlé. Il imagine le Yéti, le soir du concert, seul dans sa chambre, torse nu, les fenêtres ouvertes, le poil au vent glacial de février, écoutant le fantastique Truelove’s Gutter tout en se fouettant le dos à l’aide d’un martinet, et murmurant dans sa barbe « t’es pas allé au concert, hein ? Tiens, prends ça, c’est bien fait pour toi. Et puis tiens ! Ca c’est pour toutes les fois où tu me fais chier avec tes groupes inconnus… ». Pendant qu’au même moment, Ciccio, lui, se disait qu’enfin, Richard Hawley avait sublimé sa musique sur scène, montrant tout le chemin parcouru depuis le pourtant déjà fabuleux premier titre de son premier album, Something Is. Oui, le dernier album de Richard Hawley est son meilleur, et si vous êtes pas d’accord il envoie la mafia de Sheffield s’occuper de vous et de votre famille.