Le pastiche selon The Pains of Being Pure at Heart

16 mai 2011

 

Périscope #59

Périscope #59

Cette semaine, le Yéti est une nouvelle fois ronchon. Pour changer.
Plusieurs blogs et certains journaux (Magic, Les Inrocks) sont dithyrambiques sur le nouvel album de The Pains of Being Pure At Heart, Belong, et du coup, le Yéti est allé écouter l’album. Et le Yéti est resté interdit. Lui qui a vécu les glorieuses années 90, comment voulez vous qu’il cautionne un disque pareil qui est au mieux une copie carbone de tout ce qui se faisait à l’époque, au pire un pastiche pas drôle du son de ces années indie-pop. Car les ressemblances avec Ride, The Orchids et autres groupes noisy-pop anglais des années 90 sont tellement flagrantes que cela en devient gênant. Du coup le Yéti pense avoir raté un truc avec le cas TBOBPAH.
Il sonne le tocsin, rameute Ciccio et Fantasio à coup de noix de cajou et de binouzes, et leur pose la question : Aimez vous le dernier album de The Pains Of Being Pure At Heart ? Si oui, pour quelle raison ?

 

 

Le Yéti préfère écouter les Field Mice que TPOBPAH...

Le Yéti préfère écouter les Field Mice que TPOBPAH...

Pour préciser sa pensée, ce qui chagrine le plus le Yéti en écoutant The Pains of Being Pure at Heart, c’est qu’il ne voit pas l’intérêt de ce disque ou de cette musique aujourd’hui.
Vous avez 40 ans et avez connu les années 90 ? Belong vous fera sourire, mais juste 5mn. Ensuite vous retournerez vers Skywriting, mètre étalon de la pop indé, meilleur album des inestimables Field Mice.
Vous avez un peu moins de trente ans et vibrez au son de The Xx ou d’un certain folk psyché ? Belong vous semblera un interminable pensum, totalement insignifiant. Le degré zéro de la prise de risques, un album sans couleur, inodore et sans saveur.
Si vous avez moins de 20 ans et que vous aimez Lady Gaga et ou même Kanye West, vous vous êtes trompés de blog et n’avez rien à faire ici !!
Et le Yéti de vous rappeler une règle qu’il suit à la lettre, une devise jamais prise en défaut : toujours préférer l’original à la copie. Toujours.

 

 

...alors que Fantasio n'aime que le nom du groupe...

...alors que Fantasio n'aime que le nom du groupe...

Le Yéti fait la gueule, mais c’est pas grave, c’est aussi pour ça qu’on l’aime. D’ailleurs, s’il ne faisait pas la tronche de temps en temps, il finirait par lasser ses co-matelots, lui qui ne sait jamais dire non, et qui répond généralement « c’est génial j’adore !!! » quand on lui demande son avis sur une baleine ou un plancton produit à bord du Sous-Marin Jaune.
Cela dit, le Yéti a choisi un sujet particulièrement périlleux pour trainer son blues : quoi de plus épineux que le sujet des groupes qui copient bien ou mal, avec ou sans classe? Pour Fantasio, il n’y a pas vraiment de débat, cette distinction est éminemment subjective, et aussi dépendante du timing. En ce qui concerne l’exemple choisi par le gros Yéti velu, c’est plutôt mal barré. Le disque en question est ennuyeux au possible, dans la moyenne constatée chez les Vaccines. On remerciera quand même le groupe d’avoir trouvé un nom de groupe aussi réussi qu’un titre de chanson des Smiths. C’est peu mais c’est au moins ça de pris.

 

 

Allez Rex, va chercher Ray Davies !

Allez Rex, va chercher Ray Davies !

C’est aussi le nom du groupe qui avait intrigué Ciccio lors de son premier album éponyme qui, s’il portait donc un nom digne de Morrissey, proposait une pochette très Belle & Sebastian (deux raisons pour Ciccio de s’y intéresser). Hélas, ni le premier ni le second n’ont réussi à l’intéresser véritablement.
Il semblerait donc que nos amis matelots tombent d’accord, ce qui tiendrait de l’exploit. C’est sans compter l’esprit de contradiction de Ciccio, qui a manqué de s’étrangler sur une noix de cajou en écoutant le Yéti conclure sur un poussif poncif en envoyant paitre les copieurs.
La copie peut avoir des vertus et permettre soit de dépoussiérer un style oublié (Richard Hawley ressuscitant le rockabilly) ou devenu indésirable (le punk rock dans les années 90, ramené par les Strokes et tous les suiveurs britanniques planqués derrière les Libertines), soit aux jeunes générations de creuser un héritage musicale pour y trouver son bonheur (comment Ciccio aurait-il découvert les Kinks sans Parklife de Blur, il y a presque vingt ans ?).
Loin de salir, un groupe « suiveur » peut donc rendre plein de services, et redonner sa noblesse à des artistes trop vite oubliés.

 

 

Le Sous-Marin Jaune aime les Beatles mais pas Steve Jobs

22 novembre 2010

 

Périscope #39

Périscope #39

Toute cette semaine, Fantasio a arboré un sourire béat dans le Sous-Marin Jaune. Gentil, poli, discutant volontiers de fadaises, on l’aurait cru tout droit sorti d’un épisode des Bisounours. Surpris au début, Ciccio et le Yéti sont rapidement devenus très inquiets, se demandant s’il ne fallait pas emmener leur fidèle acolyte d’urgence à l’hôpital.
N’y tenant plus, ils lui demandent enfin ce qui rend leur camarade aussi joyeux. « Mais les gars, vous n’avez pas vu la nouvelle ?? Les Beatles sont ENFIN disponibles sur iTunes !! C’est magnifique !! ENFIN !! ».
Le Yéti et Ciccio se regardent incrédules. « Ben les gars, ne me dites pas que cela vous indiffère ? C’est LA nouvelle du mois de Novembre, non ? ».

 

 

Revolver sur iTunes ? Ca le fait pour le Yéti

Revolver sur iTunes ? Ça le fait pour le Yéti

Le Yéti est un peu abasourdi et déçu: il pensait que Fantasio avait déniché un inédit d’ XTC. Alors les Beatles sur itunes, cela ne lui fait a priori ni chaud ni froid. De plus, il a déjà en CD tous les albums importants des Fab Four…
Et puis, le Yéti se met à réfléchir. Et s’il se la jouait un peu plus altruiste et qu’il pensait aux autres ? Les Beatles, tout comme les Beach Boys et les Kinks, c’est la source en pop music. Or quand on est collégien ou même étudiant, on trouve que les CD des Beatles sont souvent hors de prix, car rarement en promotion. Le Yéti se souvient avoir attendu de travailler pour s’offrir Revolver. Alors si aujourd’hui, un djeun peut s’offrir l’intégrale des Beatles pour moitié prix et enfin délaisser Lady Gaga ou les Maroon 5, et bien oui, le Yéti applaudit des deux paluches !
Mais bon sang, bien sur que Fantasio a raison : les Beatles sur iTunes, c’est la fin d’un certain élitisme par l’argent, d’une scandaleuse ségrégation par le porte-monnaie, c’est une EXCELLENTE nouvelle ! Et pour fêter ça, il va aller voir si certaines archives ou pièces rares des Beatles ne sont pas en vente sur la plateforme à la pomme, quitte à renflouer une nouvelle fois les caisses déjà pleines de Steve Jobs (le Yéti n’est pas à une contradiction près…).

 

Steve Jobs va s'en mettre plein les fouilles...

Steve Jobs va s'en mettre plein les fouilles...

En entendant le Yéti parler, Ciccio se sent comme après avoir vu le dernier film de Pierre Carles, Fin de concession (qu’il recommande chaudement, au passage) : il ne sait pas s’il doit rire aux éclats du ridicule de la situation ou bien pleurer toutes les larmes de son corps face à la réalité cruelle.
Comment peut-on s’imaginer une seule seconde que les Beatles, le groupe le plus souvent cité au monde comme influence, aient besoin d’iTunes pour être « démocratisés » d’une part, et d’autre part que Jobs, le patron de la seule boîte au monde dont les produits sont impossibles à obtenir autrement qu’à prix fort, aille casser les prix des albums des Fab Four pour le bien du plus grand nombre ?
Non, pour Ciccio, il s’agit là d’un non événement total, comparable au nouvel album de Ray Davies, qui figure pourtant, au même titre que les Beatles, dans son panthéon musical.

 

Rien ne vaut Beatles Rock Band pour réconcilier nos 3 matelots

Rien ne vaut Beatles Rock Band pour réconcilier nos 3 matelots

Fantasio, ravi d’avoir trouvé une nouvelle occasion d’évoquer les Beatles – ça change des Beach Boys – laisse ses deux amis circonspects et se précipite dans sa cabine. Il tire un carton planqué sous son lit, couvert de poussière. Fier et toujours aussi bêtement heureux, il retourne vers ses amis et pose le carton devant Ciccio et le Yéti. Il en ressort une guitare en plastique qu’il balance au Yéti poilu et sort les pièces qui constituent une batterie flanquée du logo des Beatles. Ciccio, qui a déjà enfilé son casque pour écouter Ray Lamontagne, n’a pas entendu Fantasio remonter – à moins qu’il fasse volontairement la sourde oreille. Alors que le Yéti, parfois un peu lent à la détente, interroge Fantasio sur ces mystérieux instruments, celui-ci rafraichit la mémoire du poilu :
« Putain mon Yéti c’est Beatles Rock Band ! Tu me dois toujours une partie. Ciccio, tu es partant ? »
Les deux comparses s’exécutent, craignant une nouvelle dépression nerveuse de Fantasio.

 

 

Je n’aime pas… les tubes de l’été

8 juillet 2010

Je n'aime pas les tubes de l'été

Torpille #9

Je n’aime pas les tubes de l’été. Tous les tubes de l’été en général et sans restriction, à travers le monde entier ? Là je m’avance un peu, car je n’ai aucune idée des ravages de ce phénomène, sur le continent asiatique par exemple. En 2010, on peut quand même supposer que, la mondialisation aidant, la terre entière aime le même film que le Yéti (Sex and the City 2), lit le même livre que le Yéti (le dernier Harlan Coben) et écoutait la même chanson en boucle (Poker Face de Lady Gaga) que le Yeti (notre financier hirsute a toujours un an de retard sur l’actualité musicale) sous les tropiques cet été.

 

Un petit coup d’œil aux tops du moment donne une idée des forces en présence cet été : Katie Perry (joli sosie de Zooey Deschanel, mais disque hideux loin de She & Him) cartonne aux Etats-Unis et au Royaume-uni. Shakira est aux sommets des tops allemands et autrichiens. Quelques mouvements de bassins pour, comme Ciccio et tous les germanophiles, oublier la désillusion de la Mannschaft en Afrique du Sud. Lady Gaga remet ça en France avec Téléphone.

Katie Perry est belle habillée

Katie Perry Deschanel

Côté album, c’est Eminem qui arrive en tête des meilleures ventes un
peu partout, mais pas en Europe ou la niaiserie de Katie Melua fait le
consensus.

 

Entre l’ex héros du hip-hop devenu adulte (?) et la
chanteuse transparente au nez retroussé, choisissez votre camp.
Mais où sont donc passés nos tubes de l’été météores, les Would I Lie
to You
de Charles & Eddy, More than Words des indispensables Extreme
et That’s just the way it is baby des Rembrandts ?
Partis avec nos souvenirs et les meilleures boums de fin d’année
scolaire organisées par le Yéti. Décrochés du mur de nos chambres d’adolescents, les posters des groupes éphémères.

 

Extreme - More Than Words

Extreme - More Than Words

Que dire du cru 2010 ? Il est encore un peu tôt pour faire le bilan et
savoir si Jessy Matador (beau nom de scène, c’est déjà ça) marquera la
petite histoires des tubes pourris de l’été.
Les ventes de disques étant ce qu’elles sont, on peut toutefois se demander si le concept même de tube de l’été n’est pas en danger de mort.
A moins que le dispositif Hadopi ne booste les chiffres de cet été et
sauve la création estivale. Il serait bien dommage de voir disparaître tout un pan de la culture française et international. Ou que le Yéti, sauveur international de la musique sous toutes ses formes, n’ait une idée de génie pour sauver le monde.

 

Avant de quitter ce blog pour partir en vacances, ou tout simplement
parce que vous avez autre chose à faire, donnez-nous le titre qui pour
vous est associé à jamais à l’expression tube de l’été.
Le cœur du yéti balance entre la Lambada et Soca Danse. Et vous ?

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Fantasio

Le Sous-Main Jaune Hope They Die before They Get Old

19 avril 2010

 

Le Sous-Marin Jaune se cherche un manager

Périscope #15

Cette semaine, le Yéti est inquiet. Alors que le Sous-Marin Jaune faisait escale aux iles Cayman, il a accepté ce nouveau travail dans une banque bizarre, où il contrôle des produits auxquels il ne comprend rien tout en faisant croire qu’il a tout pigé. Mais surtout, le Yéti est obligé de travailler. Beaucoup. Et il n’est pas habitué, alors il ronchonne.
En plein débat sur les retraites, il se demande si ce débat touche aussi nos amis musiciens. Quand on voit Leonard Cohen ou Mulatu Astatké, l’inoxydable musicien éthiopien, il se dit que non, jamais un musicien ne prendra sa retraite, et heureusement. Pourtant, plein de petits jeunots déjà vieux feraient mieux de la prendre, leur retraite. Tiens, c’est une question pour ses camarades, ça : les gars, qui vous voudriez voir prendre sa retraite, dans les musiciens aujourd’hui ?

 

 

C’est un phénomène qui a souvent fasciné le Yéti : les groupes très jeunes qui jouent une musique ultra datée, périmée depuis des lustres. Des jeunes déjà vieux. La première fois qu’il a eu cette impression, c’est en écoutant dans les années 90 un groupe anglais, The Music, dont le premier album était une ignoble ragougnasse rock pompée sur les années 70. The Darkness lui avait fait le même effet, plus tard, avec ce faux revival heavy metal à la Black Sabbath.
Aujourd’hui, force est de constater qu’entre les petits groupes pop sans imagination qui cherchent à ressembler à leurs ainés californiens (au hasard la dernière sensation galloise du moment, The School) et ceux qui en France, tentent de refaire du Noir Désir (Luke), le Yéti a de quoi envoyer plein de groupes à la retraite ou même en hospice.
Car le Yéti ne pardonne plus aux copistes, à tous ces faiseurs sans imagination qui tentent aujourd’hui de vous refourguer le même disque qu’une pépite sortie en 1967. C’est pour cela que le Yéti pardonnera tout aux Broken Bells, le nouveau projet de Danger Mouse avec le leader des Shins. Si le disque est loin de tenir ses promesses, les gars auront tenté à travers cette pop quelques jolies choses. Idem pour Caribou, dont le nouvel album est souvent fatigant, mais ne sent pas le formol.

 

 

George Harrison est éternel

George Harrison est éternel


A propos de formol, le grand George l’a dit il y a bien longtemps : «le temps ne fait rien à l’affaire».
«Quand on est bon, on est bon», souhaiterait ajouter Ciccio, avec humilité, et tout le respect qu’il doit à son glorieux ainé. Si l’on commence à juger des carrières sur des critères aussi peu pertinents que l’âge trop avancé du capitaine, alors pourquoi ne pas également instaurer un âge minimum (Jordy était-il trop jeune ?), une association de couleurs interdites (tout le monde en jaune et noir, sinon la musique est forcément à chier !) ou encore une coupe de cheveux réglementaires (cheveux longs, idées courtes…). Bref, cela n’a aucun sens, et ce n’est pas étonnant de voir que même notre Président de la République bien aimé partage l’avis de Ciccio, ce Président qui semble dire que le talent n’a pas d’âge, et qu’il ne faut donc pas le brider avec des règles idiotes de départ à la retraite.

 

 

Neil Young doit il prendre sa retraite ?

Neil Young doit il prendre sa retraite ?

Quant à Fantasio, cette semaine il a eu la main lourde : d’une torpille, il s’est imaginé parvenir à pousser l’éternel Bono vers la retraite. D’aucuns ont ri doucement lorsqu’ils ont vu le missile faire Pschiiit à quelques mètres du crétin d’Irlande.

 

Interrogé par le Yéti, notre Fantasio se fait laconique :
- C’est vrai qu’il y a des gens qui sont malheureusement beaucoup trop loin de la retraite, comme Lady Gaga et David Guetta. A ceux là, je donne un carton rouge : tout le monde peut grandir et/ou changer. Sinon, je suis pour que le départ en retraite soit obligatoire à partir de 50 ans pour certaines personnes. »
A partir de 50 ans ? Quelles personnes ?
- Je n’ai pas encore fini d’écrire la liste, elle s’allonge chaque jour. On y retrouve Sting, Peter Gabriel, Mark Knopfler mais aussi Bob Dylan, Madonna.
Bob Dylan ? Fantasio serait-il tombé sur la tête ?
- Non, je ne blague pas… je ne me suis pas encore décidé en ce qui concerne Neil Young, je me tâte.
Plus qu’un coup de gueule facile contre les têtes de gondole, Fantasio serait-il tout simplement anti-vieux ?