Le Gimmick selon Echo & The Bunnymen

29 octobre 2010

Le Gimmick selon Echo and the Bunnymen

Le Sonar #1

Récemment, sous l’impulsion du Yéti, les matelots du Sous-Marin Jaune avaient disserté sur les meilleurs gimmicks de l’histoire planétaire depuis le crépuscule de l’aube de la nuit des temps de la musique pop rock (pour les fainéants qui n’ont pas cliqué sur le lien précédent – je parle du truc souligné, dans la phrase, là – rappelons qu’un gimmick est un espace musical, peuplé de quelques notes ou d’un bruit spécifique, capable de capter l’oreille de l’auditeur et de le rendre fou amoureux de la chanson dans laquelle ledit espace est placé).
Aussi avons-nous décidé, à l’unanimité, d’y consacrer une nouvelle mini rubrique : le Sonar !
Honneur au Yéti, donc, qui inaugure aujourd’hui ce nouvel espace de liberté d’expression unique dans le monde du blog musical.

 

 

Je suis vieux. Très vieux. J’ai connu un certain rock indé que les moins de… fichtre je ne sais plus trop, ne peuvent pas connaitre.

 

Ainsi, j’ai vécu la grande aventure Echo & The Bunnymen dans les années 80. Avec ferveur et passion, car Ian McCulloch était (reste) mon idole quand j’étais gamin, pour sa morgue, sa classe, sa voix et pour ses chansons. Parmi elles, l’inoxydable Rescue, présente sur le premier album des Hommes-Lapins, Crocodiles. Ce titre s’ouvre sur un énorme gimmick, quelques notes entêtantes de guitare qui carillonnent, d’une pureté cristalline avant que Ian ne vienne y foutre le feu.

 

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Aujourd’hui encore, c’est l’un de mes riffs préférés. D’une grande simplicité certes, mais pour moi le meilleur exemple d’un certain son anglais typique des années 80. Un son qui n’a pas trop mal vieilli, je trouve, et qui ne vous colle pas un cafard monstre comme celui des nombreux comparses d’Echo à l’époque (The Cure et Joy Division en tête). Un gimmick qui prouve à lui seul la grande classe de ce groupe sous-estimé et souvent raillé.

 

Mais tremblez, bande de sauvageons ! Un jour, Ian reviendra avec un album solo qui enterrera tout le monde, un album que l’on rangera entre Richard Hawley et Scott Walker. Je le sais, je l’ai lu dans le marc de mon café ce matin.

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Foals – Total Live Forever

24 juin 2010

Foals, c'est bien ou pas

Babord - Tribord #3

Après le coup de grisou des Bleus à la Coupe du Monde, c’est le clash à bord du Sous-Marin Jaune : Le Yéti et Ciccio ne sont pas d’accord à propos de l’album des Foals. Fantasio, une fois n’est pas coutume se pose en arbitre de leur violente confrontation.



Ciccio :
C’est un lieu commun : il est impossible d’avoir une première écoute objective. Il y a de nombreuses raisons à cela, et ce même lorsqu’il s’agit d’un groupe tout neuf, dont personne n’a jamais entendu parler. A la limite, la seule exception possible à cette règle serait d’écouter un album sans pouvoir voir la pochette, le nom du groupe, le nom de l’album, le nombre et le titre des morceaux. Et puis si possible avoir les yeux fermés.


Pour le nouvel album de Foals, le biais principal pour moi est le fait que je n’ai pas aimé le premier album, Antidotes. Bien sûr, je ne l’ai pas trouvé aussi insupportable que l’odeur du Yéti après son jogging dominical, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans.


Foals - Total Live Forever

Foals - Total Live Forever

Je suis donc immédiatement méfié de Total Life Forever, d’autant que les gens qui m’en ont parlé m’ont dit qu’il était très décevant par rapport à son prédécesseur. Moins bien qu’un truc que je n’ai pas aimé ? Ouh là, ça fait peur…

Mais toute personne qui a fait (et a compris les grandes règles) des mathématiques après la sixième sait que – et – font +, et que donc plutôt que d’avoir peur, j’aurais du trouver cela encourageant.


Bref, oubliant mathématiques, logique, objectivité et avis d’amis, je me suis lancé dans l’écoute d’une traite, sans m’arrêter, et je n’ai pas été déçu. En quelques semaines, au gré de mes listes de lectures, j’ai écouté certains morceaux, comme notamment le fantastique Blue Blood, tout en montée progressive et tension sous-jacente, près de 10 fois.

The Cure - Faith

The Cure - Faith

L’ensemble de l’album est très homogène, et évoque pour moi l’album Faith, de The Cure, qu’on aurait accéléré et remixé, pour qu’il donne moins envie de se tirer une balle (ceci n’est pas une critique, Faith est un de mes albums préférés). Donc on a des morceaux qui pourraient presque passer en club (Miami, Total Life forever), mais dont le fond de l’air reste bien cold. L’excellent Spanish Sahara est également un bon exemple de cette fraiche tension, avec son introduction très (trop ?) calme, planante, et sa conclusion à fond les manettes.


Récemment, après deux ou trois écoutes toujours plus enthousiastes de cet album, je me suis dit qu’en fait j’avais rien compris au premier, et que je me devais de lui donner une seconde chance. N’ayant hélas pas réussi à l’écouter jusqu’au bout, je me dis que finalement, mon écoute de Total Life Forever était aussi objective que possible.



Le Yéti :
J’ai voulu aimer ce disque. De toutes mes forces. Car je sens bien que cet album est important, un peu comme The Xx l’an dernier. Alors, j’ai écouté cet album sans relâche, au casque chez moi, au bureau, en marchant, en courant. Mais à chaque fois, je lâche prise. Inexorablement. Lassé, fatigué par ces percussions rêches et ces rythmes syncopés. K.O. dès le 2ème round.

The XX

The XX

La presse a souvent été tenté de présenter ce disque comme un OK Computer bis. Mais à mes yeux, il manque à cet album un ingrédient essentiel pour se hisser au niveau du faramineux opus de la bande à Thom Yorke : les mélodies.

J’ai en effet souvent l’impression d’entendre sur ce disque une longue suite de climats, d’atmosphères. Bien sur, c’est chouette tout cela, mais ça manque de corps, de chair pour tenir en haleine jusqu’au bout et pour fixer mon attention.

Et puis autre souci pour moi, ce disque suinte la claustrophobie, une moiteur étouffante qui le rend difficile à écouter. Pourtant j’ai aimé des disques lourds et oppressants (de Joy Division au Third de Portishead), mais il n’y a ici aucune fascination à entendre les étranges mélopées de Yannis Phillipakis : juste l’impression d’entendre la même chanson avec ces sempiternelles percussions africaines dont les groupes à la mode aujourd’hui usent et abusent. Une vague posture arty qui me laisse froid et indifférent, et cela malgré quelques fulgurances et quelques chansons bien foutues.

Dommage, j’ai vraiment voulu aimer ce disque…


Il ne faut pas… regarder le derby mancunien sans écouter de la musique de Manchester

17 avril 2010

Pas de Manchester sans musique

La Combinaison #13

Aujourd’hui, c’est derby mancunien. si vous ne savez pas ce que signifient les mots « derby » et « mancunien », ne nous voilons pas la face, il y a de fortes chances que cet article vous emmerde. Je suis pas chien, je vous le dis dès le début, comme ça vous pouvez quitter le site dès à présent…

 

SAUF !

 

Sauf si vous êtes une personne curieuse, plutôt de bon goût, et que vous faîtes confiance à votre Sous-Marin préféré. Dans ce cas, restez, vous allez apprendre plein de choses passionnantes, et en plus écouter un excellent morceau de musique.

 

Commençons par le derby. Ce mot vient du vocabulaire hippique britannique, et désigne une compétition entre rivaux locaux, typiquement (notamment au football) deux clubs d’une même ville (ou au pire géographiquement très proches). Mancunien est un adjectif français (si, si) qui désigne quelque chose ou quelqu’un qui vient de Manchester. Voilà, vous venez d’apprendre deux choses fondamentales, n’ayons pas peur des mots. Et vous avez compris que je m’apprête à regarder le match opposant Manchester City à Manchester United, un sommet du championnat de foot anglais, lui même au sommet du foot européen (je n’ai toujours pas peur des mots).

 

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Or, s’il y a bien une chose insupportable lorsque de l’on regarde du foot à la télé (hormis les supporters et les joueurs, bien sûr), ce sont les commentaires (Thierry Roland fait partie, tout comme Johnny Hallyday, des gens dont j’attends avec impatience la mort). Et, qui dit Manchester dit forcément musique, tant cette ville a vu naître, depuis le milieu des années 70 et la venue des Sex Pistols au Lesser Free Trade Hall (et hop, vous venez encore d’apprendre un truc – dingue, non ?), un nombre de groupes hallucinant, du punk de la fin des années 70 (Buzzcocks) à l’indie rock des années 2000 (Elbow, Doves), en passant par la cold wave (Joy Division, New Order), la pop (The Smiths), ou encore la dance Madchester (Happy Mondays, Stone Roses).

 

Vous l’avez compris, cette scène musicale est tellement riche et abondante que vous avez l’embarras du choix pour remplacer la voix nasillarde et imbécile du premier commentateur venu. Pour ma part, j’ai décidé de commencer par le morceau d’un mes groupes préférés de Manchester. Ce morceau est tonique, lyrique, enlevé… Bref, c’est un peu comme une chevauchée de Ryan Giggs sur le côté gauche de l’attaque :

 

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Si l’intensité du match se maintient, alors enchaînez sur du Madchester ou des Buzzcocks. Si le match devient chiant, plutôt Joy Division ! Mais surtout, surtout, éteignez le son de votre télé.

 

Bref, si vous passez le week-end à réprimer des envies de jetage de télé par la fenêtre, agacés que vous êtes par la succession d’inepties et de remarques, que même un aveugle, conscient, lui au moins, de ses limites, n’oserait faire, tandis que la nuit vous rêvez que Thierry Roland vient vous visiter pour vous jurer que jamais il ne rendra les armes, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio