M Ward et Xavi Hernandez en vue !

9 novembre 2011

Xavi Hernandez comparé à M Ward

La Vigie #66

C’est terrassé de fatigue, et poussant un monumental soupir qui mêle l’épuisement et le soulagement, que Ciccio s’effondre dans le fauteuil club de la cabine de la Vigie.

 

Ce dernier, dont on se demande bien comment il est au courant de tout ce qui se passe à bord tant il semble rester confiné dans ses quartiers, ne laisse pas le temps à Ciccio de démarrer la conversation : il sait précisément ce que signifie ce long soupir.
- Alors, tu es content, tu ne vas pas à Rio ?

 

Car c’est évidemment de cela qu’il s’agit : l’hypothétique prochaine destination du Sous-Marin faisait faire des cauchemars à Ciccio, des cauchemars de carnaval abominable, de stations balnéaires insupportables, de températures insurmontables et de favelas effroyables. Ciccio garde les yeux fermés et sourit en levant le poing au ciel en signe de victoire :
- Tu sais que dans ma fureur j’aurais pu le blesser, ce taré de Yéti ? Je m’en serais voulu toute ma vie…
- T’inquiète, avec le couteau à beurre tu pouvais surtout te faire mal aux mains, tu sais, répondit en riant la Vigie. Et sinon, pourquoi ne pas aller rencontre M Ward à Barcelone, entre deux matchs de la meilleure équipe de foot du monde ?

 

La Vigie sait très bien ce qu’il fait en disant cela. Outre le côté mystérieux de la présence de la moitié masculine de She & Him en Espagne, sa dernière phrase est surtout une provocation footballistique. Il sait pertinemment à quel point l’unanimité sur le FC Barcelone exaspère Ciccio, l’amoureux du foot anglais, notamment celui pratiqué à Liverpool. Mais Ciccio, malgré ses talents de tacticien d’une médiocrité rare, a la présence d’esprit de ne pas y céder et de rebondir sur la mystérieuse accroche.
- M Ward, de She & Him à Barcelone ? T’es sûr que tu confonds pas avec Josh Rouse, l’amoureux de l’Espagne, qui a officié dans un duo appelé She’s Spanish, I’m American ?

 

Mais au fond de lui, Ciccio sait pertinemment que la Vigie ne confond JAMAIS rien, et que le hasard et la chance n’existent pas dans sa cabine. Aussi, quand il lui montre la photo du M Ward du FC Barcelone, Ciccio comprend immédiatement où il voulait en venir et explose de rire :

 

Quand il joue pas de la musique, il rigole pas, M Ward

Quand il joue pas de la musique, il rigole pas, M Ward

 

Les deux hommes partent dans une crise de rire, accentuée par la photo de M Ward, le vrai, que la Vigie sort d’un de ses nombreux tiroirs :

 

Par contre quand il pose pour les photographes c'est grosse marade

Par contre quand il pose pour les photographes c'est grosse marade

 

Au bout de quelques minutes, les rires se font de plus en plus espacés, faisant place à de simples sourires secoués par quelques saillies, puis se taisent complètement. Le visage de Ciccio se fait de plus en plus sérieux, pour devenir totalement grave. Il fixe un point devant lui, la mâchoire serrée et les sourcils fermés. Puis, sans se tourner vers la Vigie, d’une voix grave et solennelle, il dit une dernière phrase, se lève et quitte la cabine.

 

« N’empêche, le Yéti, j’aurais pu le buter ».

 

 

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Ciccio

Les Coups de Coeur Printaniers du Sous-Marin Jaune

10 mai 2010

 

Les coups de coeur du Sous-Marin Jaune

Périscope #18

Cette semaine, le Yéti veut de l’Amour, de la Joie et de la Paix. Il veut que les gens rayonnent de bonheur, de bonne humeur, d’allégresse. Alors pour arriver à ses fins, il a décidé de demander à ses comparses de lui livrer leurs coups de cœur du moment, les disques qu’ils écoutent en boucle actuellement et qui les rend tout guedins.
En espérant que ces choix te rendront toi aussi, Ô lecteur ami et fidèle, heureux, guilleret et tout sourire.
(Promis, on redevient acerbes les jours suivants, et promis le Yéti arrête de brouter les fleurs qu’il a plantées ce weekend sur le balcon de sa grotte).

 

 

C’est une habitude: il y a toujours un disque (un par mois dans les bonnes années, un par trimestre dans les périodes maigres) que Fantasio use jusqu’à la corde. Le reste n’est très souvent qu’indifférence et touché-coulé. La dernière fois que le Yéti lui a lancé une pelote de poil en hurlant « FANTA T’ÉCOUTES QUOI ? », Fantasio en était toujours au même album depuis un bail : La Reproduction de qui vous savez. Sur le mois écoulé, la boucle est un enchainement de 3 albums : MGMT, Morning Benders et Two Door Cinema Club. Cette trinité exaltée sinon hédoniste à l’échelle de Fantasio rendit le Yéti hirsute de bonheur.
Fantasio serait-il devenu un gentil garçon ?

 

She & Him - Volume 2

She & Him - Volume 2

Pour Ciccio, il y a deux manières de répondre à la question du Yéti. Soit on laisse parler son for intérieur, ses tripes, ses sentiments, et, telle une héroïne de roman de Marc Lévy, en interrogeant son cœur sans pour autant dire le moindre mot, on obtient une réponse aussi nette, précise et impressionnante qu’un nombre de ventes d’un livre de Guillaume Musso. Soit, et c’est bien évidemment la solution choisie par Ciccio, on laisse parler LastFM.com (pour une fois que Ciccio trouve une utilité à ce site, il n’est pas mécontent !). La réponse de ce site qui enregistre méthodiquement les noms des artistes, chansons et albums que l’on écoute, est sans appel : les trois albums qu’il a le plus écouté sur les trois derniers mois sont She & HimVolume 2, Goldheart AssemblyWolves and Thieves et ZeusSay Us. Prends ça dans les dents, vieux yéti poilu !

 

Josh Rouse - El Turista

Josh Rouse - El Turista

« Bah, même pas mal !! », beugla le Yéti qui lui aussi aimait bien le nouveau She & Him. Mais quand il regarde d’un peu plus près les disques qui tournent sur sa platine, Le Yéti y voit le nouveau Besnard Lakes, le démentiel nouvel album des Archie Bronson Outfit, mais aussi et surtout le délicat nouvel ouvrage de Josh Rouse, El Turista.
Sur cet album, Josh a eu envie de rendre hommage à plusieurs dieux de la Bossa Nova, comme Antonio Carlos Jobim, Chico Buarque ou Milton Nascimento. Mais là où certains chanteurs sont tétanisés par les maitres brésiliens et rendent une copie sans âme, l’ami Josh a choisi lui de composer modestement 10 perles tropicales en y insufflant son style et en arrangeant le tout de façon simple et légère.
Et le Yéti de se croire sur la plage de Copacabana, entouré de nymphes brésiliennes, en train de gratter quelques accords sur une guitare. El Turista, c’est actuellement le meilleur antidote du Yéti pour s’évader de la grisaille citadine, c’est la potion magique parfaite pour attendre la prochaine escale du Sous-Marin Jaune.

 

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique jetable

26 avril 2010

 

Le Sous-Marin Jaune et la musique jetable

Périscope #16

Cette semaine, le Sous-Marin Jaune fait escale dans une grande ville. Le Yéti, toujours prompt à aller se jeter un godet dans le gosier pour assouvir sa soif, se précipite vers le métro. Et là, c’est le choc : le petit gars qui distribue un des journaux gratuits n’est pas là. Les NMPP font grève et bloquent leurs parutions.
Un peu désarçonné (le Yéti aime bien lire ce genre de feuilles de choux pour passer le temps dans le métro), il sort de sa besace un vieux livre de Jay McInerney qu’il avait commencé de lire et se replonge dedans. Puis se met à réfléchir : pourquoi avoir été désarçonné par ce manque d’informations gratuites. Serait-ce la même chose pour la musique, si Spotify, Deezer ou MySpace venaient à fermer ? Serait-il soudainement perdu ? En plus, ces journaux gratuits, le Yéti les jette dans la poubelle à la fin du trajet. Est-ce la même chose pour la musique : y’a-t-il une musique jetable ?
Ne tenant plus en place, le Yéti sort son gros téléphone portable Fisher Price et demande à Ciccio et Fantasio de le rejoindre fissa à la Taverne des Ours pour discuter le point.

 

Ces derniers temps, un fait a quelque peu déstabilisé le Yéti. Avec l’arrivée de Spotify et autre Deezer, et avec le format MP3 facile à partager, le Yéti s’est mis à ingurgiter une quantité monstrueuse de musiques gratuites et à en régurgiter tout autant. Le nouveau Massive Attack ? Une écoute sur Spotify et puis plus rien, zou à la poubelle. Le premier album de Delphic ? Une écoute rapide pour voir que finalement, c’est exactement ce quoi il s’attendait, et hop aux oubliettes.
Cette attitude, « J’écoute, je jette », a fait peur au Yéti et lui a profondément déplu. Lui qui avant écoutait le même album pendant un mois entier, il avait désormais l’impression de trahir les valeurs musicales qu’il défendait.
Il faut dire qu’à l’heure d’Internet et de l’ADSL, il est facile de perdre les pédales et de n’être qu’un entonnoir tout juste bon à écouter vaguement un fond sonore. Sans tomber dans le coté réactionnaire « C’était mieux avant », le Yéti regrette quand même les années 90 où les Inrocks donnaient chaque mois envie d’acheter 3 disques qu’on allait user jusqu’à la corde.
Et si aujourd’hui, le Yéti tente une diète de disques et de nouveautés en se focalisant que sur quelques disques qu’il adore (les nouveaux Archie Bronson Outfit, Josh Rouse et MGMT), il se dit que jamais il n’a été aussi prêt de rebasculer du coté obscur du gavage d’oie prôné par le consumérisme effréné de la société actuelle.

 

The Tallest Man on Earth va t'il finir à la poubelle ?

The Tallest Man on Earth va t'il finir à la poubelle ?

Attentif au cri du coeur poussé par le yéti, Fantasio posa une main qui se voulait rassurante sur l’épaule hirsute de son ami.
- Tu sais, mon Yéti, ça doit faire une dizaine d’année qu’on est entrés dans l’ère de la consommation frénétique de musique. Tu débarques ou quoi ?
Fantasio espérait que son geste d’amitié atténuerait sa réaction plutôt laconique.
Cela dit, ce que racontait le Yéti, Fantasio l’avait déjà vécu, c’est un sentiment qu’il sentait bien. Il se souvenait très bien des temps de Napster. Il y a 10 ans, il achetait facilement une demi-douzaine de disques par moi. Aujourd’hui, il consomme, comme tout le monde, et il doit reconnaître qu’il l’a bien cherché.
En revanche, Fantasio ne se reconnait pas tellement dans les propos du Yéti. Certes, il « jette » les MP3 de The Tallest Man On Earth qui ne lui plaisent pas, mais pour lui finalement ce geste est l’équivalent des écoutes qu’il pratiquait au casque à la Fnac, lorsqu’il avait encore le loisir de se promener devant les bacs.
- Le Yéti, là ou je te rejoins, c’est que nous sommes des entonnoirs à musique. Ce qui ne correspond pas à nos gouts de trentenaires bien façonnés, on le recrache quasi instantanément. Tu crois pas qu’il faut simplement essayer de donner un peu plus de temps aux disques que l’on découvre ?
A ces mots, le Yéti éclata en sanglots.

 

Un objet en voie de disparition: le Cd...

Un objet en voie de disparition: le Cd...

Ciccio, encore tout essoufflé par son sprint vers la taverne, fut surpris de voir le Yéti pleurer. S’il n’a jamais utilisé ni Deezer ni Spotify (il prétend ne jamais y trouver ce qu’il cherche !) ni aucun journal gratuit (il prétend que la presse est pourrie !), Ciccio se sent pourtant comme un matelot dans son sous-marin lorsqu’on lui parle de la multiplication des possibilités d’écoute gratuite, qu’il considère comme un pré-requis indispensable à l’achat de l’album en question. Car oui, Ciccio fait partie des derniers acharnés à acheter de la musique. Pas des mp3, hein ! Non, des compact discs.
Alors, évidemment, se pose le problème du temps. Comment faire pour donner autant de temps qu’avant à un album ? Va-t-on passer à côté d’albums plus difficiles d’accès, qui demandent au minimum trois écoutes avant de pouvoir les apprécier ?
Selon Ciccio, la réponse est NON ! Confiant dans son réseau, il pense que si l’album qu’il a raté mérite vraiment le détour, il y aura bien un magazine, un ami, un webzine, bref une voix pour s’élever et le rappeler à l’ordre.