John Lennon et Hugues Aufray en vue !
19 janvier 2011Tout amateur de musique un peu averti et (ne nous voilons pas la face) légèrement snob, comme la Vigie sait l’être quand l’amour de la Musique avec un grand M est en jeu, aura tôt fait de prendre un raccourci en lisant le titre de cet article, tonnant de colère en s’écriant : « Je le savais qu’Hugues Aufray avait pompé John Lennon sur Stewball ! » (chanson plus connue pour tous ceux qui, comme la Vigie, ont fait les colos de vacances, sous le nom de « La chanson du cheval blanc avec le père qui chiale pour la première fois quand son fils a 15 ans »).
En effet, quiconque s’est un peu penché sur la carrière (sic) d’Aufray aura remarqué que quand il s’agit de « rendre hommage » aux chanteurs anglo-saxons, il n’est généralement pas le dernier (la Vigie ne résiste pas au bonheur de vous citer une ou deux traductions des titres de morceaux de Dylan, dont on espère simplement qu’ils n’ont pas dégoûté le monde entier d’écouter le grand Bob : Ce que je veux surtout pour All I really want to do et l’immense Knock knock ouvre toi porte d’or pour Knocking on heaven’s door).
Commençons par les faits. Stewball, c’est ça (je vous demande de prêter une attention toute particulière sur les plans de caméra vers le public, en délire quand il entonne les lalalala) :
Et la chanson de Lennon, dont la mélodie vocale est exactement la même (mais avec des paroles un poil plus intéressantes, sauf peut-être pour les enfants en colonie de vacances – je vois d’ici la question chiante au mono « Dis, Sylvain, à quoi ça sert la guerre ? ») :
Mais organiser une curée sur ce pauvre Hugues serait un peu injuste. Certes, la chanson n’est pas de lui, mais au moins il aura eu l’idée de se l’approprier avant John, vu que Stewball est sorti avant Happy Xmas (prends ça, lecteur snob !).
Il s’agit en fait d’une chanson traditionnelle irlandaise, maintes fois reprises (The Hollies, Peter Mary and Paul, Joan Baez). Contrairement à ce que l’on pourrait croire également, Lennon n’a pas été le seul à changer les paroles. Hugues les a lui aussi transformées, mais s’en s’éloigner du thème de départ, qui voyait le narrateur regretter de ne pas posséder Stewball, et surtout de ne pas avoir parié sur lui lors de la course, ce qui aurait fait du héros un homme libre. Alors que chez Hugues, le père du narrateur a acheté Stewball pour gagner une course, mais ce con de canasson a perdu, ce qui fait pleurer ledit père (le cheval est le meilleur ami de l’homme MON CUL !)
Ce qui reste incroyable avec ces chants traditionnels (notamment les chants irlandais, comme She moved through the fair, que la Vigie adore), c’est que quelle que soit la personne qui les chante, ils gardent leur force mélodique. Vous n’êtes pas d’accord ?
Allez, avouez-le que vous avez envie de rejouer la vidéo d’Hugues Aufray, là, tout de suite…
Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.
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Ciccio







