Les musiques de film en général et John Barry en particulier

7 février 2011

 

Périscope #49

Périscope #49

 

Pour le Yéti, la disparition de John Barry la semaine dernière fut une triste nouvelle tant ce compositeur de génie était capable de transcender un film juste par sa partition sonore. Lorsqu’il regarde sa discothèque, le Yéti est même étonné de voir qu’il a acheté plusieurs BO composées par le maitre anglais sans même avoir vu le film (par exemple Dead Fall ou The Knack).

 

Le Yéti se demande si ses comparses ont eu la même relation que lui vis-à-vis de John Barry et de la musique de film en général ? Sont ils capables d’écouter une BO sans même avoir vu un film ? Qui voient ils pour succéder à John pour composer des BO aussi classes ?

 

 

The Chase par John Barry

The Chase par John Barry

Pas besoin de tortiller du derrière : pour le Yéti, John Barry était le plus grand, juste devant Ennio Morricone. Ainsi, sa BO composée pour Au Service Secret de sa Majesté, ou bien pour The Chase (film avec Marlon Brando) restent des musts dans leur genre. Ce que le Yéti apprécie le plus chez John, c’est son coté pop, très Swinging London, et le fait qu’il était capable de trouver des gimmicks incroyables à travers des instruments souvent peu utilisés (la BO d’ Amicalement Votre en est le parangon). Aujourd’hui, pour le Yéti, seul Howard Shore semble en mesure de marcher sur les traces de John. Ou alors ce petit nouveau là, Jon Hopkins dont la BO pour Monsters est un vrai petit bijou. Mais les gars ont encore du travail pour se hisser au niveau de John.

 

 

 

Une musique un peu plus inventive que le Nième Bond...

Une musique un peu plus inventive que le Nième Bond...

En regardant la longue liste des compositions de John Barry, Ciccio se dit qu’en fait non seulement il ne possède aucune de ces bandes originales, mais qu’en plus sorti de James Bond (qui compose tout de même 80% de sa filmographie…) il ne connaît pas grand chose.
Ses maîtres historiques à lui s’appellent plutôt Bernard Hermmann, le compositeur attitré de Hitchcock, et EVIDEMMENT le gigantesque Ennio, partenaire du grand Sergio.
Tiens, c’est amusant, deux couples. En regardant de plus près, il découvre que, tout comme au football où il a une préférence pour ces joueurs qui passent une carrière dans un unique club, il aime les réalisateurs qui font appel au même compositeur pour l’ensemble de leur oeuvre. Un exemple lui vient immédiatement en tête : Tim Burton et le génial Danny Elfman, dont il écoute régulièrement la musique (et la voix) sur la bande originale de Nightmare Before Christmas.

 

 

Danny et Brett vont guincher tout seul désormais

Danny et Brett vont guincher tout seul désormais


Coincé entre ses deux comparses, Fantasio hésite un moment à tirer les oreilles de Ciccio pour lui montrer la discographie de John Barry, lui rappeler le générique de la série Persuaders. L’ironie est d’ailleurs que Fantasio se réveille chaque matin depuis janvier au son de ce titre. Mais, puisque Ciccio évoque l’incroyable Bernard Hermann, il lui parait difficile et malvenu de tancer son ami.

 

Enfin, pour répondre à l’appel du yéti, l’autre ironie réside dans le fait que le dernier album acheté par Fantasio n’est rien d’autre qu’une musique de film : OSS 117, Rio ne répond plus ou un excellent pastiche de Hermann, Schifrin, et autres évocations pop plus acidulées. Plutôt que d’évoquer cet hommage, Fantasio se décide à mettre la B.O de Bullitt sur la sono du Sous-marin jaune. La bande sonore idéale pour une lutte à mains nues entre matelots.

 

 

John Barry, Nancy Sinatra et Lee Hazlewood en vue !

3 novembre 2010

 

Nancy Sinatra et Lee Hazlewood comparés à John Barry

La Vigie #33

A la lecture du titre de ce nouvel article concocté par la Vigie, le lecteur averti lâchera sûrement un petit rire sardonique, persuadé qu’enfin la Vigie va être prise à défaut, car proposant une comparaison totalement non pertinente, étant donné les liens discographiques unissant John Barry, le créateur du fameux thème de James Bond, et Nancy Sinatra, l’interprète sublime de You Only Live Twice.

 

Seul un lecteur encore plus averti ne fera pas cette erreur, et se dira qu’il y a sûrement quelque chose de plus que la Vigie veut dire ici (sinon pourquoi parler de Lee Hazlewood, le seul chanteur au monde qui peut faire rougir Serge Gainsbourg en comparant les filles qu’ils ont fait chanter), probablement un détail qui, malgré son évidence post lecture, n’aura pas été relevé par le premier lecteur, malgré sa culture musicale et son insatiable curiosité.

 

Parlons de John Barry, donc. Ce compositeur très connu (Amicalement vôtre à la télé, Out Of Africa au cinéma, pour n’en citer que deux), est le créateur non seulement du thème de James Bond, mais aussi des morceaux titres d’une bonne douzaine de films (les premiers, les meilleurs, parmi lesquelsGoldfinger, From Russia With Love et bien sûr You Only Live Twice).

 

Loin de la Vigie l’idée de vous faire l’affront de penser une demi seconde que vous ne savez pas ce qu’est le thème de James Bond mais, pour le plaisir, et également pour les besoins de notre petite comparaison hebdomadaire, le voici agrémenté d’images indispensables :

 

 

Vous entendez les cuivres qui relancent le morceau, à partir de la quarantième seconde environ ? Évidemment que vous les connaissez par cœur, là n’est pas la question.
La question serait plutôt : est-ce que vous entendez les violons faire la même chose ici, aux alentours de 2m38 (puis de nouveau à 3m14) :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

En fait, la vraie question est : pourquoi avoir mis ce clin d’œil gigantesque à James Bond ? (clin d’œil d’autant plus évident que Summer Wine et You Only Live Twice sont tous les deux sortis en 1967). Sans en avoir la moindre idée, la Vigie parierait sur une blague potache du génial Lee Hazlewood, qui s’est probablement dit que ça ne pouvait pas faire de mal de capitaliser un peu sur le succès de la musique de Barry.

 

A moins que Lee n’ait tout simplement eu une vision, il y a 43 ans, d’un taré de musique assis devant son ordinateur, se raclant le cerveau pour trouver des analogies musicales, et qu’il se soit dit qu’il allait lui donner un petit coup de pouce…

 

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

The Divine Comedy – Solo Show – Salle Pleyel (Paris) – Jeudi 8 Juillet

15 juillet 2010

 

Neil Hannon à Pleyel

L'extincteur #3

Si j’idolâtre les disques de Divine Comedy, je restais nettement plus circonspect par rapport aux concerts de mon Irlandais préféré. En effet, ce que j’aime dans les chansons de Neil Hannon, ce sont leurs arrangements léchés et parfois un peu surannés, un peu comme si Ennio Morricone donnait rendez-vous à John Barry pour faire de la pop music. Or en live, il est souvent impossible à Neil de reproduire la féérie de ses mélodies et on a souvent droit à une version sur l’os de ses chansons. Je me souviens notamment d’un concert à la Cigale, après l’album Regeneration où j’avais passé mon temps à bailler devant la fadeur (un comble !) de l’interprétation. Dès lors, lorsque l’on m’a dit que Neil Hannon passait à la Salle Pleyel, haut lieu de la musique classique à Paris, j’étais enthousiaste, m’attendant à voir le bonhomme accompagné par moult cuivres et cordes.

 

« Caramba, encore raté ! » comme dirait Ramon dans l’Oreille Cassée. En effet, Pleyel accueille Neil au piano ou à la guitare, mais tout seul, en Solo Show.
En première partie, la divine Alela Diane jouera avec son père une heure de country folk de rêve. L’acoustique de la salle sied à merveille à la voix d’Alela, j’ai les poils qui se dressent sur mes bras à plusieurs reprises. Bon, ce ne sera pas le cas de tout le monde, mes partenaires de concert roupillant sec pendant cette première partie (Honte à vous. Que le grand Wacondah vous poursuive jusque dans vos nuits)…

 

Neil Hannon de Divine Comedy

Neil Hannon de Divine Comedy

Puis Neil arrive, se met au piano et entame d’entrée Our Mutual Friends. Et tout de suite je comprends que ce concert va être grand.
Ok, il y aura des pains, des oublis de texte, mais Neil a décidé de faire le show en jouant un peu de tous ces albums (mention spéciale à Geronimo, sublime titre de Promenade, à At The Indie Disco tiré de son dernier LP et surtout Don’t Look Down, proprement ahurissant).
Un peu cabotin, Neil n’a pas son pareil pour se mettre le public dans sa poche. Drôle, facétieux, Neil est un crooner-dandy moderne de génie, surtout lorsqu’il livre une reprise tubesque au piano du Time to Pretend de MGMT.

 

Tout au long de cet excellent concert, je n’aurai de cesse de me dire que chaque chanson tient formidablement la route en version épurée, à la guitare ou au piano, preuve de l’immense talent mélodique du bonhomme.
Le public réservera un triomphe à The Divine Comedy (3 rappels – 3 Standing Ovations – les garçons se roulant par terre de bonheur, les filles hurlant le prénom de Neil de façon quasi orgasmique…).

 

Et aujourd’hui, en ce petit matin tranquille de juillet, je vous ordonne d’aller écouter son dernier album BANG goes to the Knighthood, car c’est d’ores et déjà un classique de l’année 2010.

 

 

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Le Yéti