Le Gimmick selon Das Racist

11 mars 2011

 

Le Gimmick selon Das Racist

Le Sonar #9

Qui a dit qu’on ne parlait jamais de hip-hop au Sous-Marin ? Ce n’est pas qu’on en parle jamais, c’est qu’on en parle presque jamais. Nuance. La preuve, par le Yéti.

 

 

Comparé à mes fiers acolytes du Sous-Marin Jaune, je suis un énorme fan de hip-hop.
En réalité, c’est un genre que je connais mal, qui me plait occasionnellement (surtout sur la durée d’un maxi ou d’un single), et qui se résume dans ma discothèque à De La Soul et le Wu Tang Clan. C’est peu, mais déjà beaucoup par rapport à Ciccio et Fantasio.

En fait oui, c'est possible !

En fait oui, c'est possible !

 

Or ces derniers temps, un petit groupe de hip-hop a réussi l’exploit d’accrocher ma platine pendant quelques temps grâce à un album branleur et foutraque, intitulé ironiquement Shut up Dude. Le groupe en question, Das Racist, jouit actuellement d’une belle côte d’amour, plutôt méritée à mon goût, grâce notamment à un titre ENORME : Combination Pizza Hut & Taco Bell.

 

Ce titre est porté par un gimmick original qui plaira aux amoureux de lexicologie et de syntaxe : quelques mots répétés sur des tonalités différentes, donnant des sens et des interprétations différentes à une idée de départ toute simple : est ce que je peux becqueter une Pizza ET un Tacos ? Je vois que vous n’en pouvez plus, que votre curiosité est à son comble, alors Let’s go :

 

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Oui, vous avez raison, c’est du grand n’importe quoi. On n’est pas loin du foutage de gueule intégral et pourtant ce morceau est formidable, très drôle et personnellement je préférerais toujours écouter ce genre d’aquoibonistes à un groupe de rap français me donnant la leçon ou à ce gros prétentieux de Kanye West dont le sens de l’humour est porté disparu depuis des années.

 

Pour revenir au morceau de Das Racist, j’aime beaucoup vers la 46eme seconde, lorsque le groupe prend le parti d’imiter les groupes baggy-Madchester des années 90 en balançant leur gimmick avec un gros reverb. On croirait entendre les Happy Mondays, c’est assez jouissif.

 

Et puis un soir de désœuvrement, je pense que je calculerai le nombre de fois où le groupe dit Pizza Hut et Taco Bell, histoire de voir.
En attendant, tout cela m’a donné faim et je me demande si je vais pouvoir aller ET chez Pizza Hut ET à l’Indiana Tex Mex ce soir…

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

 

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Le Yéti

 

 

En plein revival 90′s avec Suede et Pulp

6 décembre 2010

 

Périscope #41

Périscope #41

Cette semaine, le Sous-Marin Jaune a vécu avec ferveur le retour de deux idoles des années 90 : Suede et Pulp.
Les premiers se sont reformés pour un concert exceptionnel auquel a assisté Ciccio. Les seconds ont annoncé leur reformation pour cet été pour quelques dates, dont a priori une en France, ce qui comble de bonheur le Yéti qui est un fervent supporteur de la bande à Jarvis.
Deux groupes phares de la scène Brit-Pop des années 90 de retour, est ce une bonne nouvelle pour nos oreilles et pour la musique ? Doit-on craindre une reformation des Happy Mondays ? Fantasio cautionne-t ’il ces retours comme ses petits camarades ?

 

 

Fantasio ne veut pas que Blur se reforme...

Fantasio ne veut pas que Blur se reforme...

 

Retours fracassants, vieilles gloires, come backs : pour Fantasio, tout cela fait penser aux affiches qui ornent les stations de métro parisiennes. Des années 60 aux années 90, nombreux sont les groupes qui se reforment. Les raisons de ces retours ne font aucun doute, et Fantasio s’est déjà exprimé à ce sujet dans un précédent périscope. Il comprend très bien l’émotion de ses amis à retrouver Pulp ou Suede sur scène. Il sait très bien qu’il verserait sa petite larme ou frissonnerait s’il se laisser embarquer à un pareil concert, comme lors de la venue de Morrissey à Paris jadis. Mais soyons clair : il ne souhaite voir se reformer AUCUN groupe disparu et est bien trop amoureux des disques pour assister à la parade pathétique des mythes vivants. Pas même Blur, ni Supergrass, reposez en paix les amis !

 

 

... Mais le Yéti ira voir Pulp...

... Mais le Yéti ira voir Pulp...

La discothèque du Yéti sent un peu le formol. Parce qu’il a grandi dans les années 90, le Yéti continue encore aujourd’hui d’apprécier tous ces groupes écoutés jusqu’à plus soif quand il était ado et qui ont fait sa culture musicale de base actuelle : les Ride, Happy Mondays et autre Stone Roses. Et puis Pulp bien sur. Alors ce matin, le Yéti s’en fout un peu que Pulp soit de retour pour payer ses impôts et que le retour de Jarvis fasse un peu Le Retour de la Revanche de la Momie : il ira voir Pulp en concert car le groupe a sorti plusieurs albums indispensables (surtout Separations et Freaks) et que Jarvis est une bête de scène, un type attachant et un sacré conteur d’histoires. Bon, bien sur, la nostalgie a ses limites et de là à revoir les Happy Mondays en concert, il ne faut peut-être pas exagérer. Mais lorsque le Yéti voit le monde entier s’esbaudir devant le retour sur scène du sanctifié Leonard Cohen, qui, après avoir perdu toutes ses économies, n’en finit plus de tourner dans des théâtres à 150 euros la place, il se dit que le retour de Pulp cet été semble finalement plus décent.

 

 

... et Ciccio est allé voir Suede.

... et Ciccio est allé voir Suede.

Difficile de ne pas être d’accord avec Fantasio. D’un strict point de vue artistique, le concert pour le concert ne peut rien donner de bien extraordinaire. Certes, pour le concert d’adieu de Supergrass, auquel Ciccio a assisté avec ravissement, le groupe avait ressorti quelques vidéos, mis quelque peu en scène sa carrière, et surtout livré une prestation à la fois longue, poignante et énergique.
Tout comme ce fut le cas pour Suede, le concert de reformation de Pulp ne donnera rien de bien extraordinaire, sinon une nostalgie incroyable pour tous ceux qui, comme Ciccio, se sont éveillés à la musique au début des années 1990. S’il avait un peu plus d’intégrité artistique, Ciccio boycotterait sûrement ce concert. Au lieu de cela, et malgré l’odeur fétide qui règnera dans la salle à cause de la présence d’un individu poilu et chaud comme une baraque à frites, Ciccio en sera, priant secrètement pour entendre le chef d’œuvre absolu de Pulp : Razzmatazz.

 

 

Le Sous-Marin Jaune fait remonter les idoles à la surface

12 juillet 2010

Périscope #26

Le Sous-Marin Jaune et ses idoles

Cette semaine, branle-bas de combat à bord du Sous-Marin Jaune : Fantasio, débarque en salle des machines, tel un Yéti en rogne. Ses amis l’observent, effarés, débiter un discours fleuve, où reviennent les termes « responsabilité », « prise de pouvoir » et « ambition ». Sa diatribe s’achève sur la phrase suivante : « Cette semaine, c’est moi le patron, et vous allez faire ce que je vous dis ».
Ciccio, incrédule mais pragmatique, « Fantasio, tu veux quoi ? »
« D’abord, qu’on mette le cap vers le large et qu’on prenne tous des vacances. Quand on sera partis, on ouvrira des bières et vous me raconterez à quel chanteur/artiste vous vouliez ressembler quand vous étiez petits. »

 

Après avoir accompli ce qu’il lui incombait en salle des machines, le Yéti regagne la cuisine pour ouvrir cette fameuse bière promise par Fantasio. Ah, décidément, il a bien peu de moral, ce Yéti… On lui promet une bière et il accepte sans sourciller le coup d’état de son ami Fantasio ! Tssss…

 

En cuisine, il retrouve Ciccio qui a déjà mangé la moitié des Tucs au fromage et Fantasio qui ouvre cette fameuse bière. Le Yéti se détend et se livre.

Tête de Ian Brown

Ceci est un Yéti

« Quand j’étais ado, moi je voulais ressembler à Ian Brown des Stones Roses ou Clint Boon des Inspiral Carpets ! »

 

Parce que, pour le Yéti, ces types étaient la quintessence même du mec cool, très classe avec leurs fringues psychés et leurs coupes de cheveux des années 60 (genre coupe au bol). Le Yéti était jaloux de leur grande gueule, de leur talent (n’oublions pas que les Inspiral Carpets furent un formidable groupe à singles).

 

Et puis il faut comprendre que pour toute une génération de blancs-becs indie, le Summer of Love de Manchester de 1989 fut une véritable révolution, le premier courant musical qu’ils pouvaient s’approprier. Ces branleurs mancuniens osaient tout, donnaient des interviews démentes sans queue ni tête (n’est ce pas Shaun Ryder et Bez des Happy Mondays ?), avaient le meilleur slogan du monde (Cool as Fuck) et composaient des foutus hymnes à beugler dans sa chambre parisienne. La TRÈS grande classe.
Le Yéti n’a jamais retrouvé cette effervescence depuis, cette excitation… Sentant les larmes lui monter aux yeux, le Yéti s’enquille fissa la moitié de sa bière pour se redonner une contenance.

 

Ciccio, cadet du Yéti d’une petite trentaine d’années, a raté Madchester. Certes, les albums dont parle son vieux collègue ne lui sont pas étrangers, et, qui plus est, il les vénère lui aussi, mais il les a connus après, et la coupe au bol de Clint Boon ne le faisait pas rêver quand il était au lycée.

 

Robert Smith est vivant

Ceci n'est pas Ciccio

Non, Ciccio, au moment d’avoir 18 ans, rêvait de ressembler à Robert Smith ! D’aucuns objecteront que les années 90 ne sont pas à proprement parler la période la plus qualitative pour la troupe à Bebert, mais c’est l’époque où il s’éveillait à la musique, et The Cure était son groupe préféré, et donc il mettait des Doc Marten’s coquées marron, se foutait du spray dégueulasse dans les cheveux et adoptait un air contrit en toute occasion.
Le même air contrit dont il se para tandis que le Yéti ravalait ses larmes et avalait sa bière.

 

Blur - The Great Escape

Au lycée avec Fantasio

Fantasio, comme le savent bien ses camarades, n’est pas du genre à passer des heures à deviser sur sa jeunesse, encore moins à dévoiler son intimité. Il préfère écouter ses amis évoquer les années 80-90 (rayer la mention inutile) et étancher leur soif avec des litres de bières. Après le récit du Yéti et la plongée dans la genèse de Ciccio, Fantasio évoque pourtant les années Blur (celles de Parklife et The great escape), l’époque où il s’imaginait dans la peau de Damon Albarn accompagné de ses acolytes à lunettes. Si ces mecs ni beaux ni moches avec des patronymes ordinaires pouvaient y arriver, il y avait des raisons d’espérer.

 

Sur ces paroles, le Yéti se leva et tituba jusqu’aux toilettes. Emprise de l’alcool ou moment de grâce impromptu (ou les deux), Ciccio et Fantasio eurent le même sentiment de voir la silhouette du Yéti habitée par le corps torturé de Ian Brown.

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Fantasio

Il ne faut pas… regarder le derby mancunien sans écouter de la musique de Manchester

17 avril 2010

Pas de Manchester sans musique

La Combinaison #13

Aujourd’hui, c’est derby mancunien. si vous ne savez pas ce que signifient les mots « derby » et « mancunien », ne nous voilons pas la face, il y a de fortes chances que cet article vous emmerde. Je suis pas chien, je vous le dis dès le début, comme ça vous pouvez quitter le site dès à présent…

 

SAUF !

 

Sauf si vous êtes une personne curieuse, plutôt de bon goût, et que vous faîtes confiance à votre Sous-Marin préféré. Dans ce cas, restez, vous allez apprendre plein de choses passionnantes, et en plus écouter un excellent morceau de musique.

 

Commençons par le derby. Ce mot vient du vocabulaire hippique britannique, et désigne une compétition entre rivaux locaux, typiquement (notamment au football) deux clubs d’une même ville (ou au pire géographiquement très proches). Mancunien est un adjectif français (si, si) qui désigne quelque chose ou quelqu’un qui vient de Manchester. Voilà, vous venez d’apprendre deux choses fondamentales, n’ayons pas peur des mots. Et vous avez compris que je m’apprête à regarder le match opposant Manchester City à Manchester United, un sommet du championnat de foot anglais, lui même au sommet du foot européen (je n’ai toujours pas peur des mots).

 

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Or, s’il y a bien une chose insupportable lorsque de l’on regarde du foot à la télé (hormis les supporters et les joueurs, bien sûr), ce sont les commentaires (Thierry Roland fait partie, tout comme Johnny Hallyday, des gens dont j’attends avec impatience la mort). Et, qui dit Manchester dit forcément musique, tant cette ville a vu naître, depuis le milieu des années 70 et la venue des Sex Pistols au Lesser Free Trade Hall (et hop, vous venez encore d’apprendre un truc – dingue, non ?), un nombre de groupes hallucinant, du punk de la fin des années 70 (Buzzcocks) à l’indie rock des années 2000 (Elbow, Doves), en passant par la cold wave (Joy Division, New Order), la pop (The Smiths), ou encore la dance Madchester (Happy Mondays, Stone Roses).

 

Vous l’avez compris, cette scène musicale est tellement riche et abondante que vous avez l’embarras du choix pour remplacer la voix nasillarde et imbécile du premier commentateur venu. Pour ma part, j’ai décidé de commencer par le morceau d’un mes groupes préférés de Manchester. Ce morceau est tonique, lyrique, enlevé… Bref, c’est un peu comme une chevauchée de Ryan Giggs sur le côté gauche de l’attaque :

 

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Si l’intensité du match se maintient, alors enchaînez sur du Madchester ou des Buzzcocks. Si le match devient chiant, plutôt Joy Division ! Mais surtout, surtout, éteignez le son de votre télé.

 

Bref, si vous passez le week-end à réprimer des envies de jetage de télé par la fenêtre, agacés que vous êtes par la succession d’inepties et de remarques, que même un aveugle, conscient, lui au moins, de ses limites, n’oserait faire, tandis que la nuit vous rêvez que Thierry Roland vient vous visiter pour vous jurer que jamais il ne rendra les armes, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

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Ciccio