Les rêves des matelots, Part III
24 octobre 2011Ce soir, Ciccio s’endort dans la cabine du Plongeur. Il a passé la soirée à s’émerveiller des pépites découvertes récemment. Ses paupières se ferment alors qu’il découvre l’album de Jonathan Wilson, pépite parmi les pépites malgré sa pochette à mi-chemin entre un vieux Steely Dan et un vieux Genesis.
Ciccio se retrouve au début des années 60, dans un hôtel du Nord de Londres. Autour de lui il reconnait des visages familiers : les 2 frères Ray et Dave Davies. Pete Quaife sort de la salle de bain en titubant et en riant très fort.

La classe anglaise
Très vite, l’enthousiasme de Ciccio de se retrouver à proximité de ses idoles éternelles s’émousse. Les visages des frères Davies sont sombres et fermés. La discussion fait rage. Malgré l’accent à couper au couteau, Ciccio parvient à comprendre quelques bribes de la conversation et à les traduire en français.
- Ray, je sais pas comment te le dire. Mais ton nouveau batteur c’est vraiment de la merde. Tu peux m’expliquer pourquoi tu l’as préféré à Mick ?
- De la merde ? C’est pas toi qui me disait que tu en avais plus qu’assez des histoires de cœur de Mick ? Et en dehors de la barbe et du look, je vois pas ce que tu lui reproches, à notre nouveau batteur.

Un batteur comme Ciccio ?
A l’autre bout du canapé la conversation s’envenime autour des 2 frères Davies. Dave s’adresse directement à Ciccio et lui reproche d’avoir ruiné le titre You Really Got Me.
- Tu nous as pourri ce qui devait être notre premier succès. Quand on l’a répété sans la batterie c’était beaucoup mieux ! Maintenant ça fait 3 mois que le single est sorti et notre maison de disques veut qu’on prenne la porte.
Ciccio reste muet, et son enthousiasme a cédé la place à une peur panique.
- Dave, on est un groupe et notre échec est celui du groupe. Ciccio n’y est pour rien. On va bosser comme des dingues pour rebondir. On a plein de chansons en stock…

Le monde sans Ray Davies
La lutte continue, Dave empoigne sa volumineuse guitare et frappe Ray à la tête. La tête de ce dernier vient heurter le radiateur de la pièce, recouvrant la moquette d’une flaque de sang.
Ciccio pousse un nouveau cri d’horreur.
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
Le plongeur pose une main sur la bouche de Ciccio pour étouffer son cri.
- Hé mec, tu vas te calmer oui ? J’avais l’impression que tu dormais paisiblement mais là ça vire au cauchemar mon pote…
Ciccio ouvre les yeux, et la vision du visage serein du Plongeur suffit à ralentir son rythme cardiaque quasi instantanément, et à éloigner l’hypothèse terrifiante d’un monde sans Ray Davies.
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Fantasio






