Je n’aime pas… la hype, le buzz et autres conneries qui brouillent mon jugement
11 février 2010Je n’aime pas… passer à côté de la hype. Est-ce que c’est grave docteur ?
Quiconque baigne dans la culture indé, et suit un peu ce que tout le monde appelle (terme au combien horripilant même utilisé par des journalistes a priori « sérieux ») le buzz ou la hype a eu peur, un jour, de rater un groupe ou un album important.
Quel est le dernier groupe dont tout le monde parle, qui sauvera le rock en 2010 même si personne ne sait encore si l’un de ses membres est capable de jouer d’un seul instrument ?
Mes premiers souvenirs de ce phénomène remontent à 2004. Il fallait écouter Bloc Party, il fallait absolument se jeter sur des singles comme Banquet, et attendre le premier album comme le messie.
De mémoire, c’est l’une des premières fois où j’ai eu le sentiment d’être piégé par une conspiration. Pourquoi tant de bruit pour si peu ? Pourquoi ce sentiment de culpabilité, qui me poussa à user Silent Alarm plus que de raison ?
Même phénomène, à la même époque avec le groupe Arcade Fire, et plus tard avec Arctic Monkeys. Je me suis souvent demandé si ce n’était tout simplement pas la transformation de la culture indé en culture de masse.
Aujourd’hui, j’ai quand même un peu plus de bouteille que dans les premiers temps de l’ère myspace. J’ai peut-être aussi simplement moins de temps libre, il peut désormais m’arriver de découvrir un groupe après tout le monde, et de l’apprécier pour ce qu’il est, sans avoir à me demander s’il est affreusement surestimé, comme The XX, découvert tardivement fin 2009.
D’aucuns répliqueront que le ressenti d’un buzz est subjectif, et qu’on est pas obligé de sillonner la blogosphère si on a pas envie de suivre la courbe de la hype hebdomadaire ou mensuelle.
Peut-être, mais il faut bien trouver quelque chose à se mettre dans les oreilles, même si en ce qui me concerne le dernier album de Sondre Lerche, complété par l’intégrale des Beatles, peuvent bien m’accompagner quelques semaines/mois/années.
Est-ce que c’est grave, donc, si vous avez peur de passer à côté de la hype ?
Selon votre degré d’addiction à Pitchfork ou aux auto-proclamés faiseurs de tendances (Pitchfork, c’est déjà tellement 2000′), cela peut être grave.
Si un ingrédient musical vieux comme le monde (les percussions africaines ? les harmonies vocales ? le folk avec une guitare en bois ?) vous parait soudain indispensable, tellement différent, faites attention à vous.
Précision : si vous avez moins de 25 ans, vous avez probablement des circonstances atténuantes.
Mais si vous avez mon âge, que vous avez connu le top 50 dans les années 80, et que vous avez peur de passer pour un vioque parce que les Fuck Buttons, ou le nouveau groupe hyper important de la semaine prochaine vous laissent indifférent, prenez deux minutes pour reprendre votre souffle.
Arrêtez tout, oubliez que nous sommes en 2010.
Laissez passer la hype et montez à bord du Sous-marin jaune.
Fantasio




