Peut-on partager la vie de quelqu’un qui n’a pas les mêmes gouts musicaux ?

6 juin 2011

 

Périscope #61

Périscope #61

Alors que Ciccio termine la lecture de son journal dans le salon du Sous-Marin Jaune en écoutant Helplessness Blues, le ton monte à quelques mètres de là.
Pensant d’abord à une nouvelle dispute entre le chef Cuisinier et un des matelots, Ciccio soupire de lassitude.
Il pousse la porte des cuisines, décidé à calmer le jeu une fois de plus. Surprise, ce sont Fantasio et le Yéti qui s’empoignent comme deux bêtes furieuses.
Fantasio montre les dents en signe d’intimidation alors que le Yéti donne de grands coups de pattes avec ses pieds qui ressemblent à des mains.
D’une voix monocorde Ciccio s’enquiert du motif de la discorde et le Yéti lui répond, les larmes aux yeux :
« Il a essayé de mettre mes disques de Coldplay à la poubelle ! »

 

 

Plus fort que Chris Martin

Le Yéti adule Chris Martin


Coldplay, c’est un peu, avec ses poils, le sujet de raillerie préféré des copains du Yéti. Car l’amour du Velu pour la bande à Chris Martin est sincère et va même jusqu’à aller les voir en concert dans des stades. Le Yéti vous voit déjà en train de ricaner, mais le Yéti est fidèle et il trouve que Parachutes est toujours une merveille d’album pop cotonneuse, tout comme le second album et que même si les deux albums suivants sont un peu moins bons, Chris Martin reste un grand mélodiste. Alors, lorsque Fantasio a voulu mettre ses disques à la poubelle, le Yéti a sorti ses griffes avant de craquer et fondre en larmes.

 

 

Et aujourd’hui, alors que le nouveau single de Coldplay est en écoute sur leur site, le Yéti vous dira (avec une petite dose de mauvaise foi) qu’il n’est pas si mal ce titre, malgré des claviers pouraves dignes de Martin Solveig. Il y a notamment cette chouette petite guitare indie qui sonne comme dans les années 90, et puis un pont assez réussi. C’est sûr : cet été, lorsqu’au Palma, la meilleure discothèque de Vierzon, le DJ mettra ce disque, le Yéti ira trémousser ses fesses avec plaisir.

 

 

Encore et toujours les barbus de Seatlle

Forever Barbes

Après quelques minutes éreintantes où les coups (parfois perdus) volent, Ciccio arrive enfin à séparer les deux belligérants. Tout essoufflé, il leur ordonne de se calmer, ou au moins d’aller se battre ailleurs, tant la cuisine, lieu sacré par excellence pour Ciccio, doit rester un havre de paix pour le gourmand barbu.

 

A chaque fois qu’une scène comme celle-ci se produit, il se souvient notamment du jour où le vil Fantasio a voulu brûler le premier album des Fleet Foxes qu’il venait de recevoir, Ciccio se demande comment les trois matelots survivent dans un espace aussi confiné sans s’entretuer. Il se rappelle que le Yéti leur répète inlassablement que sa moitié n’aime pas du tout la même musique (il cite des artistes, notamment québecquois et corses, qui donnent froid dans le dos à Ciccio), mais que cela ne le dérange absolument pas.

 

Ciccio se demande non pas si il arriverait à le supporter, mais surtout si elle arriverait à supporter les 50 heures de musique folk qui se font entendre dans l’appartement chaque semaine.
Mais il n’a pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question : Fantasio, profitant du flottement du matelot barbu, se glisse dans son dos, chipe le premier album de Coldplay au Yéti et se rue vers le hublot le plus proche.

 

 

Alors que Fantasio était bien décidé à faire couler Chris Martin et ses tics, il s’arrête net et laisse tomber le CD sur le sol. Il repense aux paroles de Ciccio, croise le regard perdu du Yéti.
Faisant mine de faire passer la dispute pour une blague de potache, Fantasio pose une main sur l’épaule tremblante du Yéti, en se demandant secrètement quel traitement plus original et plus destructeur il pourrait prochainement infliger aux œuvres de Coldplay.
La simple destruction du support d’enregistrement – l’obsolète CD – n’est pas un châtiment suffisant pour stigmatiser les guilty pleasures du Yéti !

 

 

Josh Tillman et Viggo Mortensen en vue !

1 juin 2011

 

Viggo Mortensen comparé à Josh Tillman

La Vigie #54

One song to rule them all

 

N’en déplaise aux railleurs de toutes sortes, la Vigie se trouvait lundi soir au concert des Fleet Foxes. Oui, Fantasio, les Fleet Foxes. Et, dans une ambiance moite, pour ne pas dire une étuve totale, ils ont fait passé des frissons dans toute l’assemblée. Certes, il n’aura jamais le même impact que le tout premier, à la Cigale, il y a deux ans, mais tout de même…

 

Pour autant, avant de se laisser submerger par la musique, la Vigie a bien cru qu’elle allait assister à une mise en musique du Seigneur des Anneaux, dès l’arrivée des musiciens. Entre le chanteur Robin Pecknold qui, s’il n’était pas si grand, pourrait facilement être confondu avec un hobbit, et le bassiste Christian Wargo qui cultive une chevelure d’Elfe, la Vigie se sentit vite troublée.

 

Mais c’est le batteur, Josh Tillman, qui aurait pu tout renverser. En effet comment ne pas penser au fier Aragorn, interprété avec brio et passion par Viggo Mortensen…

 

Viggo, le beau gosse qu'a pas peur de se salir pour sauver des semi hommes

Viggo, le beau gosse qu'a pas peur de se salir pour sauver des semi hommes

 

…En voyant le très bon batteur des Fleet Foxes :

 

Josh, le beau gosse qu'a pas peur de se mettre en retrait pour servir brillamment son groupe

Josh, le beau gosse qu'a pas peur de se mettre en retrait pour servir brillamment son groupe

 

Heureusement, il aura fallu de quelques notes pour oublier cette folie et se laisser porter par la musique.

 

Penniless and tired, with your hair grown long

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Mehdi Zannad vs Fugu et JP Nataf

27 mai 2011
Fugu c'est comment ?

Babord - Tribord #10

Fugu, est-ce que c’est mieux que Mehdi Zannad ? Que faut-il penser de Fugue ? Est-ce qu’il vaut mieux chanter des pop-songs en français ou en anglais ? Un joueur français s’imposera-t-il un jour de nouveau à Roland Garros ? Cette semaine, Fantasio tentera de répondre à ces questions, en évoquant les nouvelles chansons de l’auteur de deux albums absolument indispensables.

 

Quoi de plus naturel, pour un fan de pop, des Beach Boys et des Beatles (pour ne prendre que les plus gros clichés et les références absolues), que de chanter en langue anglaise. C’est probablement ce que ce se disait Mehdi Zannad à l’époque de As Found. Personnellement, je suis toujours très sceptique vis à vis de ce choix « contre-nature », même si j’adore cet album et son accent bien reconnaissable.

 

Quand j’ai appris que Fugu se décidait à publier un troisième album sous son nom Mehdi Zannad, j’ai trouvé cela courageux. Plus tard, à l’écoute de l’album, je n’ai pas changé d’avis, mais je me suis dit que c’était un choix plutôt casse-gueule. La transition de l’anglais vers le français serait-elle compliquée ?

 

La fugue de Zannad

La fugue de MZ

Le ton est donné dès le premier titre : Ecoute et ses paroles qui semblent avoir été écrites en anglais avant d’être traduites en français. Et cette voix étonnamment perchée, c’est bien celle de Fugu ? Passé le léger malaise de ces paroles si omniprésentes, qui rappellent le phénomène Arnaud Fleurent-Didier, on se demande ce qui a changé depuis le premier album chanté quasiment intégralement en anglais. On ré-écoute The Best of Us mais aussi Au départ et force est de constater que c’est notre mémoire qui nous joue des tours : Mehdi Zannad chante plutôt mieux qu’avant. Donc il est où le malaise ?

 

Probablement dans l’approche un peu différente et dans la production, qui met l’accent sur les voix. Moins profil bas, la fugue étonne par son côté Coming Out, accentué par les paroles de Ecoute. La limite de l’exercice, celle qui risque de laisser de côté quelques auditeurs, sans doute ceux dont les dents grincent à l’écoute du dernier album d’AFD évoqué ci-dessus, c’est la fragilité de l’edifice, la silhouette frêle des chansons et des refrains.

 

Fugu avant Zannad

Fugu avant Zannad

Mais alors, Mehdi Zannad, c’est moins bien que Fugu finalement ? Et non, car tout n’est pas si simple, et après 20 ou 30 écoutes de Fugue, je n’ai pas encore d’avis tranché sur la question. A moins que la seule répétition des écoutes, parfois en boucle (Le tableau, L’Allemagne et d’autres) se passe des commentaires. J’ai bien été tenté de revenir à mes premiers amours (cf The Best of Us et l’incroyable Pick Me Up), mais contrairement à ce que j’imaginais, je suis toujours revenu à ce troisième album si risqué.

 

Une fois qu’on a fait le tour de la question, comparé les qualités de Fugu et de son alter ego, on réalise que rien n’a changé : le talent est le même, quelques variations près, Au Revoir revisite Pick Me Up avec succès. Si vous êtes comme moi, vous aimerez même le mélange de charme (les choeurs, la mélodie) et de maladresse des paroles de Comment faire.
Si vous préférez les barbus habités qui récitent des paroles interchangeables en anglais comme si leur pilosité en dépendait, vous pouvez retourner du côté de Fleet Foxes, c’est moins risqué. Oui, je sais, c’est nul.

 

Une idée pour le prochain album de Fugi Zannu : garder les paroles en français et s’éloigner un peu de la formule pop ultra-classique. C’est super, admirable, un délice à écouter, mais le salut est peut-être ailleurs, comme le laissent supposer les morceaux moins formatés comme L’ Allemagne. Pourquoi pas chercher du côté d’un (une fois n’est pas coutume) excellent barbu français ? Une sorte de super groupe composé de JP Nataf et de Mehdi Zannad, ça aurait de la gueule, non ?

 

Pour finir, on conseille le visionnage du clip Ecoute à ceux qui n’ont pas froid aux yeux :
Ecoute – Mehdi Zannad par ThirdSideRecords

Sans oublier JP Nataf : Viens me le dire de JP Nataf

 

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Fantasio

Faut-il s’intéresser aux Fleet Foxes ?

7 mai 2011

 

Fleet Foxes

L'extincteur #8

Il est comment, le nouveau Fleet Foxes ? Fantasio tente de répondre.

 

 

La rumeur grandissante, les chroniques bien senties d’albums leakées : tout va très vite pour un album. Celui-là, ce n’est pas n’importe lequel, c’est celui des Fleet Foxes, plus grosse sensation post Arcade Fire, groupe dont la popularité a grimpé en flèche il y a maintenant trois ans. C’est aussi le deuxième album du groupe de Seattle, et comme nul n’est sensé l’ignorer, le deuxième album est un moment de solitude et de perdition pour d’innombrables groupes adulés. La rumeur est donc bien là : il serait pas terrible, le nouveau Fleet Foxes, ou plus précisément décevant.

 

La suite est cousue de fil blanc : vous avez adoré le premier album et écouté en boucle Sun Giant (surtout Mykonos hein, ça vous rappelle les vacances d’il y a deux ans). Alors il y a de grandes chances que vous soyez déçu par ce nouvel opus : pas de titres aussi forts que sur le premier album, pas la même énergie, trop homogène. Les barbus n’ont pas échappé à cette règle immuable de la carrière musicale, et les critiques élogieuses de Pitchfork n’y feront rien. Ah tiens, comme avec le deuxième album d’Arcade Fire, l’anecdotique Neon Bible.

 

Deuxième possibilité : vous n’avez jamais aimé/adulé/compris les Fleet Foxes. Evidemment, comme moi, comme beaucoup d’autres, vous avez quand même essayé d’apprécier mais l’histoire d’amour n’a jamais fonctionné. Comme moi peut-être, ce que vous préférez du groupe ce sont les premières secondes a capella de Sun It Rises. Le reste vous ennuie, vous fait penser à une sorte de Supertramp néo folk ethéré pour fans illuminés tapant dans leurs mains. Vous n’avez jamais eu envie de vous réchauffer au coin d’un bon feu de cheminée en écoutant White Winter Hymnal.

 

Si vous êtes dans ce cas, l’écoute du nouveau Fleet Foxes , si vous l’osez, ne devrait pas provoquer la déception. Vous constaterez que les Foxes sont toujours coincés quelque part dans les années 70, et vivent paisiblement dans la même secte imaginaire. Tout juste ont-ils décidé de se diversifier en élevant moutons et chèvres.

 

Alors moi aussi, j’ai voulu gouter cet Helplessness Blues que l’on dit décevant et-puis-finalement-pas-si-mal-si-l’on-est-patient. Je l’avoue, avant d’écouter le disque attentivement, j’ai frissonné à la vision de la pochette de l’album, et préféré fermer les yeux. Et puis je l’ai écouté plusieurs fois, sans jamais aller jusqu’au bout du disque.

 

Les Fleet Foxes, on s’en serait douté, c’est évidemment toujours un peu la même chose. L’equipe hirsute, contrairement  à ce que pourrait laisser penser le titre (du soleil de Mykonos à la noirceur du blues et de la déprime), tout roule, à commencer par les chansons, qui débordent toujours autant de choeurs. On continuera de les comparer aux Beach Boys, et la comparaison reste toujours aussi absurde.

 

La barbe ?

Faut-il se raser ou pas ?


Bizarrement, deux groupes me sont venus à l’esprit en écoutant Bedouin Dress et ses gimmicks déjà entendu il y a 3 ans. Le premier c’est les Magic Numbers, groupe fétiche de Ciccio dont Robin Pecknold (superbe patronyme s’il en est) se rapproche, qui évolue certes dans un registre plus « pop », mais qui dégage la même intention et la même énergie, le même volonté de vous emporter quelque part en vous chantant très fort dans les oreilles, toutes barbes dehors. Evidemment, en ce qui me concerne, je ne vois que les miettes de pain de mie restées collées dans la barbe, et je reste à quai. Le second groupe, c’est Supertramp période Give A Little Bit – typiquement le genre de comparaison qui tuerait la carrière du groupe si un vrai journaliste l’utilisait. Simon & Garfunkel ça fait plus classe quand même non ?

 

 
Mais si vous êtes comme moi et que vous vous calmez / adoucissez avec l’âge, vous aurez un peu d’indulgence pour les chansons de Helplessness Blues, pour ce groupe qui a peut-être flippé quelques instants à l’idée que tout son crédit et sa fanbase de désintéresse de lui, et parte à la recherche de nouveaux barbus plus mignons.
 
Mais prudence, ne vous risquez pas non plus à ré-écouter Mykonos, parce que ça a déjà pris un bon coup de vieux.
Et ceux qui n’ont jamais écouté les Fleet Foxes, que penseraient-ils de ce second album, si c’était leur point d’accès à l’univers fleuri de la bande à Robin Pecknold ?
Et vous, fan ou novice, vous en pensez quoi ?
 
 

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Fantasio

Faut-il partir en vacances avec The Do ?

15 avril 2011

 

Slippery Slope

L'extincteur #7

Il est comment, le nouveau The Do ? Fantasio tente de répondre.
 
 
S’il y a un disque qui se prête à la controverse, c’est plutôt celui des Fleet Foxes. Mais 1 : en bon Fantasio que je suis, je m’en fiche éperdument, et 2 : le nouveau disque des Fleet Foxes n’est pas sorti, nous attendrons donc le mois de mai pour évoquer les chèvres de Seattle.

 

Vous vous souvenez du premier album de The Do ? Intronisé duo parisien international et cool, le disque m’avait bien gonflé avec ses poses et ses chansons irritantes au possible. Vous me direz donc : comment et pourquoi revenons-nous à The Do malgré le traumatisme (n’ayons pas peur des mots) A Mouthful ? Pourquoi tant de mal ?

 

Slippery Slope (ou Both Ways Open Jaws) débarque en 2011 et je me fais rapidement à l’évidence : c’est vachement bien, aussi bon que la pochette est moche. Un charme plutôt désinvolte se dégage des chansons, grâce à un mélange d’application, d’invention et de décontraction. En somme, le duo parvient à faire sonner comme évidentes et cool des chansons qui sont relativement élaborées.

Je regrette juste que l’album ne soit pas intitulé Slippery Slope, parce que c’est une expression géniale qui colle complètement à l’exercice du deuxième album. Ce serait une belle preuve d’auto-dérision. Et Both Ways Open Jaws, c’est comme un titre de chanson de Radiohead post OK Computer – illisible.

Slippery Slope

Pire pochette ever


Le deuxième album, c’est bien le terrain glissant de tous les écueils. La différence, c’est que contrairement au premier album, où la fraîcheur de la nouveauté prime, on ne vous pardonne rien au deuxième essai.
Comment se renouveler sans décevoir ? Comment créer sans se tromper ou se vautrer lamentablement ?

 

Logiquement, le matelot pervers que je suis devrait plutôt avoir envie de savonner la planche, souhaiter que le groupe se plante en beauté. Mais force est de constater que Both Ways Open Jaws tire son épingle du jeu.

 

Au lieu de s’enfoncer dans la redite, The Do lache prise et s’en tire admirablement, comme sur le réussi Gonna be Sick!

Non seulement c’est un beau titre (comme l’ensemble de l’album, ce n’est qu’un exemple marquant), pétri d’inventions sonores et bien chanté, mais en plus il prépare admirablement à une journée/semaine/période difficile : gonna throw up mais j’y arriverais quand même.

Tout bien réfléchi, le nouveau The Do, c’est plutôt pas mal pour un départ en vacances donc, d’autant plus si vous ne supportez pas la voiture, le car ou l’avion.
 
En plus, il parait que Ciccio, qui est justement en vacances cette semaine, aime beaucoup cet album. Il appréciera donc, à son retour, que le Sous-Marin Jaune ait gardé un peu de son âme.

 

 

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Fantasio