Les Prescriptions du Médecin: Beyond the Black Sea de David Abel

4 février 2012

 

Le Médecin #5

Le Médecin #5


Le Yéti est fatigué. Il a mal au crâne, les jambes qui flageolent, la rate qui se dilate, le foie qu’est pas droit…

 

Les dernières péripéties et les interventions du Commandant ont eu raison de sa bonne humeur. Il arpente les couloirs du Sous-Marin Jaune, à la recherche du Médecin. Il le sait : lui seul pourra le remettre sur pieds.

 

Coup de chance, la porte de sa cabine est ouverte et il est seul.
- Tiens le Poilu ! Entre, entre ! Tu as l’air un peu pâle, ça va ?
- Je me sens vidé, Doc. Tous les derniers évènements qui ont secoué notre Sous-Marin m’ont lessivé. J’ai besoin de sérénité, de calme, de joliesse…

 

Le Médecin regarde le Yéti, il sent le Velu au bout du rouleau. Si ça ne tenait qu’à lui il le mettrait sous Fleet Foxes de suite, pendant une semaine. Mais le Médecin a une bien meilleure idée.
« Yéti, j’ai quelque chose pour toi. Je pense que tu ne connais pas David Abel ? C’est un chanteur né en Nouvelle-Zélande et qui vit à Paris désormais. Il vient de sortir son premier album, Beyond the Black Sea, et c’est exactement ce dont tu as besoin, là, sur le champ. Tiens, on va écouter Potter’s Field ensemble, si tu veux ».
Le Médecin saisit son ordinateur portable, navigue sur Bandcamp et appuie sur Play.

 

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Le très beau Beyond The Black Sea de David Abel

Le très beau Beyond The Black Sea de David Abel

Quelques notes de guitare folk. Puis une voix chaude emplit la cabine du Médecin. Au loin un banjo. Le Yéti s’installe confortablement, il se sent bien.
Il pense à Ciccio qui, c’est sûr, aimera cette chanson (un peu à la façon de Mumford and Sons). Les titres s’enchainent, le Yéti oublie ses tracas. Notamment sur l’épuré et superbe Won’t Come Looking For Me qui lui rappelle le meilleur de Lloyd Cole.

 

Plus loin c’est Out Of the Game qui emporte le Yéti : rythmes chaloupés et ludiques, arrangements finement troussés, refrain en or massif, la chanson est formidable.
Le Yéti sourit, regarde le Médecin, reconnaissant. Et lorsque le Doc rejoue Jesus Gun avec ses machines discrètes (un peu comme chez Hood), le Yéti ferme les yeux : David Abel est désormais un ami, et son album un trésor à chérir avec ferveur.

 

 

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Le Yéti

 

 

3 destinations au choix après Liverpool

31 octobre 2011
Périscope #76

Périscope #76

 

Résumé de l’épisode précédent : les 3 matelots ont passé une nuit agitée. Leurs rêves les ont emporté dans les années 60 et 70, aux côtés de David Bowie, Brian Wilson et des Kinks.

 

Le réveil est difficile pour les 3 matelots, qui se retrouvent autour d’un petit déjeuner. Une fois n’est pas coutume, Ciccio, Fantasio et le Yéti prennent leur boisson matinale ensemble. Le Yéti déguste un chocolat bien chaud en fredonnant Breakfast in America de Supertramp, Ciccio descend une demi douzaine de verres de jus de fruit bien frais, et Fantasio tente de se réveiller avec un mug de café noir. Ciccio brise le calme pour évoquer son dernier rêve, et trouve immédiatement l’empathie des 2 autres matelots.
Tout en dévorant bruyamment une demi-douzaine de biscottes beurrées, le Yéti pousse des cris d’horreur en découvrant le récit de la réunion des Kinks.

 

Qui y sera

Qui sera au concert ?

De son côté, Fantasio hausse les sourcils devant une telle coïncidence. Il arrête de beurrer sa tartine et la plonge machinalement dans son café – fait rarissime pour Fantasio. Que signifient ces 3 rêves qui plongent les matelots dans le passé ? Si l’incident rapproche et fait parler les 3 matelots, Fantasio s’inquiète et cherche des explications. Au même moment, le Radariste fait son apparition dans la pièce.

 

- Salut les matelots ! Il me semblait bien avoir entendu des voix familières. Vous en faites une tronche tous les 3. C’est le changement d’heure ou c’est parce qu’aucun de vous trois n’a eu de place pour les concerts de Metronomy ?
- Non, c’est à cause du rêve qu’on… que j’ai fait cette nuit, répond Ciccio, livide.

 

Direction Liverpool

Direction Liverpool ?

Le sourire de façade du Radariste s’efface. Il se met à expliquer le motif de sa visite.
- Chers matelots, les instruments du Sous-Marin connaissent de graves perturbations. J’ai passé toute la nuit à observer nos radars qui se détraquent sans arrêt. Quelque chose ne tourne pas rond et il nous faut modifier notre itinéraire. Notre objectif est toujours de faire une escale à Liverpool pour rencontrer Echo & The Bunnymen et les Boo Radleys. Mais pour ne rien vous cacher, je vais préconiser au Commandant de faire un détour et de retarder notre escale d’une semaine au moins.

 

En ce qui concerne la perturbation des instruments de navigation, je n’ai pas tellement d’explication, je recherche toujours son origine. Soit elle est de type extérieure et électromagnétique et dans ce cas un détour devrait suffire pour continuer notre route ; soit elle est causée par un élément étranger à bord… et là c’est plus inquiétant. Je vous invite à signaler tout comportement anormal au Commandant : il y a peut être un traitre à bord. Aussi, j’ai demandé au plongeur d’effectuer une sortie pour vérifier les environs du Sous-Marin.

 

Destination Mykonos

Destination Mykonos ?

J’attire aussi votre attention sur un point important : vos disputes et vos désaccords, notamment sur un album, ou un artiste, peuvent perturber le bon fonctionnement du Sous-Marin. Une discussion sur les Fleet Foxes ou sur Coldplay, par exemple, peut fausser mon itinéraire : un excellent moyen de faire sortir le Commandant de ses gonds. Dans le cas où le problème ne serait pas résolu, nous devrons changer d’itinéraire… ce n’est pas ce que je souhaite évidemment. Pour notre prochaine escale après Liverpool, pouvez-vous, s’il vous plait, essayer de vous mettre d’accord sur un lieu de pèlerinage commun ?

 

Le commandant vous propose San Francisco, Reykjavík ou Rio de Janeiro.

Les 3 matelots baissent les yeux, comme des enfants punis. Puis, ils se lancent des regards incrédules : laquelle de ces destinations, après Liverpool, pourrait faire l’unanimité parmi les matelots ?

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Je n’aime pas… déménager mes disques

22 juillet 2011

 

Torpille 14

Torpille #14

 

Chaque semaine, de nombreuses choses contrarient les trois compères du Sous-Marin Jaune. Plutôt que de ruminer sa colère seul dans son coin, le matelot est sommé à chaque fois par ses comparses de s’expliquer. Cette semaine, c’est Fantasio qui en a gros sur la patate. Vas-y, Fanta, tu peux t’épancher !

 

 

Les disques, j’en ai vraiment beaucoup, plusieurs centaines même. Quand je déménage, forcément, les cartons se remplissent vite et les déménageurs font la gueule. Ça ne s’arrange pas quand il faut s’occuper des bouquins de mes étagères, tout aussi nombreux.
La semaine dernière, j’ai été contraint de changer de cabine à bord du Sous-marin Jaune. Pourquoi ce changement ? Dans ma cabine, située à proximité de celle du Yéti, je dormais très mal. Tout d’abord, parce que les ronflements du Yéti traversent les murs et le sas qui nous séparent. Ensuite, parce que je suis réveillé par les activités de somnambule de Ciccio, qui fait les cent pas devant ma cabine, entre 2 h et 3 h du matin, fredonnant chaque nuit l’air de Mykonos des Fleet Foxes.

 

Fantasio est équipé pour emballer ses Cds...

Fantasio est équipé pour emballer ses Cds...

J’ai donc commencé mes cartons de CD. Je me suis confronté à la réalité : j’étais en train d’emballer des choses qui ne me servent à rien. Et quoi de plus ennuyeux que de passer du temps à faire des choses inutiles. J’ai même réalisé que je n’avais pas d’attachement particulier à ces objets que j’empilais machinalement. Et quand le souvenir de certains albums remontait à la surface, comme Vauxhall & I de Morrissey acheté il y a plus de 15 ans, j’étais incapable de mettre la main dessus, ayant négligé depuis des années le classement alphabétique.

 

J’ai donc continué à faire mes cartons, un peu comme on emballe de la vaisselle à laquelle on ne tient pas beaucoup. Des objets inutiles qui ne me serviraient jamais dans ma nouvelle cabine, délaissés au profit des MP3 centralisés. Et pourtant, je n’imaginais pas une seule seconde effectuer un tri parmi ces CD, me séparer de certains, mettre des CD à la poubelle ou même les filer au Yéti pour sa culture personnelle. En remplissant un carton des CD des Talking Heads et de XTC, je repensais à ces albums que j’avais adorés, et que j’avais essayé de transmettre à mon ami Ciccio. En vain, puisqu’il est toujours resté insensible à ce pan de la pop.

 

... notamment pour emballer le précieux Fear of Music.

... notamment pour emballer le précieux Fear of Music.

 

A mi-chemin de la préparation des cartons de CD, je me suis arrêté. Je me suis dis que c’était la dernière fois que je procédais à un pareil déménagement, et qu’il faudrait bien que je songe à m’en séparer la prochaine fois. Contemplant un carton rempli des albums de David Bowie, je déplorai la laideur de ces objets, ces conteneurs de musique constitués de matière plastique et de papier bon marché. La poussière recouvrait même les disques les moins écoutés, ces albums achetés au hasard ou par le truchement d’une étiquette « ! » alléchante.
Dans les bas-fonds des pires achats, je retrouvais quelques albums de jazz rock, le boîtier cassé d’un album de Mahavishnu Orchestra. Explication : lorsque je faisais tomber le boîtier d’un CD aimé, je le remplaçais par celui intact d’un disque mal-aimé.

 

 

 

 

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Fantasio

Feu d’artifice et journée nationale du Yéti

11 juillet 2011

 

Périscope #66

Périscope #66

Résumé de l’épisode précédent :

Ciccio écoute Beirut, enfermé dans le salon du Sous-Marin, ignorant les assauts du Yéti. La soirée photo de classes est tombée à l’eau, suite à la disparition de Fantasio. Il est temps pour le Yéti de trouver de nouvelles occupations.

 
Les heures et les jours passent à bord du Sous-Marin Jaune, et la date du 14 juillet est imminente.
Plus qu’ailleurs, il s’y passe forcément quelque chose : c’est le jour de l’anniversaire du Yéti vieux.
Organiser une fête à bord du navire n’est pas forcément chose aisée, et pourtant c’est une grande tradition du Sous-Marin. Ces soirées folles rythment le calendrier des matelots, qui retrouvent ainsi un semblant de vie sociale et une illusion du passage des saisons.

 

L’anniversaire du Yéti est probablement l’événement le plus emblématique de la vie sous-marine, l’un des moments les plus joyeux de l’année. Le Yéti, organisateur de son propre évènement, se dépasse chaque année pour trouver le moyen de surprendre les matelots.

 

Un alter ego du Yéti

Un alter ego du Yéti


2011 ne fait pas exception à la règle. Mais que prépare le Vieux Velu ?
Après avoir quitté les rives de la Californie il y a quelques jours, le navire stationne au beau milieu de l’Océan Pacifique. La mer est calme et le Sous-Marin jaune en a profité pour refaire surface. Le Yéti se hisse, seul, sur le pont du Sous-Marin. Il est venu étudier les derniers détails de son projet fou : préparer un véritable feu d’artifices pour la soirée du 13 juillet. Tout est prévu : le matériel a été acheté chez un ami artificier lors d’une escale à San Francisco. Concernant la préparation et l’exécution, le Yéti n’a aucune inquiétude : il a lu un tutoriel très détaillé sur Internet.

 

Le plus difficile fut de charger la marchandise à bord du Sous-Marin, et de parvenir à la dissimuler, sans que Ciccio et Fantasio s’en aperçoivent.

 

A quatre pattes sur l’avant du Sous-Marin, le Yéti vérifie les emplacements des 100 fusées préparées pour le feu d’artifices. A l’arrière, il en a disposé autant. Il se met à fredonner le titre 4th of July des Beach Boys, chanson qui lui revient toujours à l’esprit quand le jour de son anniversaire, accessoirement le même que celui de la fête nationale française, approche. Il aimerait trouver une chanson mémorable sur le même sujet dans le répertoire de la chanson française, mais rien n’y fait. Il se sent bien plus proche de Dennis Wilson, autre Yéti illustre avant l’heure. Le Yéti vérifie les dernières fusées avant de se relever, le souffle court. Ça y est, tout est prêt pour le grand soir !

 

Né un 14 juillet

Né un 14 juillet

 

Quelques heures plus tard, après un diner festif à base de ragout sucré salé préparé de concert par les 3 matelots, le Yéti dépoussière un vieux 33 tours de Woody Guthrie, qu’il passe sur la platine de la salle à manger.

- Vieux Yéti, tu veux casser l’ambiance ou quoi ? s’exclame Fantasio sur un ton dépourvu de son tact habituel.

- 3 minutes, donnons juste 3 minutes à ce bon vieux Woody ! C’est bien la seule personnalité née un 14 juillet qui mérite de nous imposer sa musique le jour de mon anniversaire.

 

Ciccio qui préfère ne pas s’immiscer dans le débat, se demande toutefois si c’est la musique idéale pour une fête nationale. D’un autre côté, il se dit que c’est toujours mieux qu’une marche militaire ou la voix de Jean-Claude Narcy commentant le traditionnel défilé. Enfin, il ne s’imagine pas imposer au Yéti une nouvelle écoute de I Am From Barcelona  ou à Fantasio une nouvelle piqûre de Fleet Foxes, groupes festifs et exaltés par excellence.

A la suprise de Ciccio, Fantasio n’hésite pas une seconde et remplace Woody Guthrie par une playlist de Of Montreal commençant par Wraith Pinned to The Mist.

 

Comme souvent, la brimade de Fantasio n’entame pas l’énergie du Yéti, qui emmène ses amis sur le pont du Sous-Marin Jaune.
Avant que les 2 matelots aient le temps de réaliser ce qui les attend, la voix du Yéti leur déchire les tympans :
-SURPRISE !

 

La fête selon of Montreal

La fête selon of Montreal


Encore groggy, Fantasio aperçoit le velu craquer une allumette, tandis que résonnent les paroles de Of Montreal
Let’s Have Bizarre Celebrations…
Pendant quelques minutes qui paraissent interminables pour les matelots, s’ensuit un déluge de lumière et de couleurs, un genre frénétique de feu d’artifice où les fusées prendraient pour cible les spectateurs.

 

Au bout de 2 minutes, le feu d’artifice se poursuit, les fusées se mettant d’accord pour exploser à proximité du Yéti. Les deux autres matelots profitent alors d’un spectacle à la hauteur de leur ami velu, vision spectaculaire ayant nécessité des jours entiers de préparation.
A l’approche du bouquet final, le Yéti se mue en une boule de feu rouge et jaune, les fusées décrivant des spirales au ras de sa fourrure, tandis que le pont s’embrase de part et d’autre…

 

Le Yéti survivra-t-il au feu d’artifice ?
Quel cadeau les matelots offriront-ils au Yéti ?

 

La suite la semaine prochaine…

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Fantasio

Fleet Foxes – Helplessness Blues

8 juillet 2011

 

Fleet Foxes

L'extincteur #9

 

Fantasio avait dézingué le deuxième album des Fleet Foxes, mais le Yéti s’offre un droit de réponse et tente une réhabilitation.

 

 

Partout, on nous le dit, on nous le répète : le plus dur pour un groupe de musique, c’est le fameux cap du deuxième album.
Mais ici, à bord du Sous-marin Jaune, Ciccio a récemment dit avec brio tout le mal qu’il pensait de cette grotesque idée. Et pour une fois, je suis assez d’accord avec lui et me permets d’enfoncer le clou.

 

En effet, c’est selon cette théorie lourdingue que la blogosphère (et nous aussi, il faut bien le reconnaître) a jugé un peu hâtivement le second album des Fleet Foxes, Helplessness Blues. Il est temps de faire acte de contrition tant ce nouvel album s’avère finalement dense, passionnant et (presque) aussi bon que le premier.

 

Le premier reproche fait à cet album est qu’il n’est pas très original, les Fleet Foxes se contentant de creuser leur sillon, à savoir un folk pastoral porté par des chœurs célestes. D’un autre coté, on ne demandait pas aux Fleet Foxes de devenir les nouveaux Aphex Twin ou de tenter un cross over entre la bourrée auvergnate et le Gnawa. Heureusement.

 

Pour moi, ce reproche ne tient donc pas. Surtout qu’en écoutant bien ce nouvel opus, on s’aperçoit que par deux fois le groupe s’éloigne du format traditionnel des chansons pop-folk (sur The Plains / Bitter Dancer et sur The Shrine / An Argument) pour tenter d’écrire des petites symphonies de poche. Pour moi, c’est déjà une preuve d’originalité et une petite révolution.

 

Le second album des Fleet Foxes, Helplessness Blues

Le second album des Fleet Foxes, Helplessness Blues

Le second reproche fait est que cet album est une pâle copie de Simon & Garfunkel ou très inspiré du folk anglais (Pentangle & Fairport Convention). Déjà, il y a pire comme comparaison. Ensuite, ce n’est pas aussi flagrant qu’on veut nous le faire croire. Le folk des Fleet Foxes est tout de même assez actuel et ne fait pas daté (contrairement à d’autres, au hasard Midlake). Et puis le folk anglais est plus rêche, plus brut (et parfois plus chiant aussi, il faut bien le reconnaitre). Alors que chez les Fleets Foxes, il y a une joliesse de l’ensemble qui ne rebute pas et au contraire soulage, met du baume au cœur.

 

D’ailleurs, je suis désolé, mais sur l’année 2011, je préférerais écouter mille fois Helplessness Blues que mille fois le dernier album expérimental de Current 93, aussi passionnant soit-il. Faire de la musique immédiatement accessible est un art, profondément casse-gueule, et les Fleet Foxes ont réussi à l’insuffler dans leur folk : que leur nom soit loué sur les trois prochains siècles.

 

Enfin, il y a sur cet album plusieurs sommets qui pour moi enterrent définitivement toutes les critiques des grincheux : l’ouverture sur Montezuma est une petite merveille qui, de plus, opère une transition habile entre le premier album et le nouveau. Il y a ensuite le morceau éponyme, Helplessness Blues, quintessence de l’art des Fleet Foxes , un folk boisé servi par une mélodie imparable et des guitares formidables. Enfin, l’ultime sommet: l’incroyable et stupéfiant The Shrine / An Argument vers la fin du disque. Tout y est, le folk, le blues, la pop, le rock et surtout la musique cosmique (ou l’acid folk si cher aux Allemands) avec ce final démentiel, de très très haute volée.

 

Ce titre est d’ailleurs pour moi vers quoi pourrait tendre le groupe pour son troisième album pour cette fois-ci surprendre un peu plus. Et là, je serai peut-être un peu moins tendre si le troisième album est un pur décalque du second, voire du premier.

 

 

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Le Yéti