Yeasayer – Odd Blood

18 février 2010

 

Chronique de Yeasayer - Odd Blood

Touché coulé #2

Il y a des albums qui donnent envie de danser dans la rue, d’autres de se lover sous la couette au chaud, d’autres enfin de tomber amoureux. Et puis il y a des albums qui vous collent une migraine infernale, à vous rendre fou. Le second album des Yeasayer est de ceux-là et je ne suis pas près d’en reprendre une louche. Non merci.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Yeasayer, disons que ce groupe new-yorkais joue une musique rock plutôt expérimentale, inspirée par les rythmes et la musique africaine. Oui, encore un. A ce sujet, nous rappelons à notre aimable clientèle qu’il faut toujours préférer l’original aux copies de Fela Kuti. Car à bord du Sous-Marin Jaune, nous allons vraiment finir par nous fâcher tout rouge si un nouveau groupe à la The Very Best ramène sa fraise le mois prochain.

 

Ceci étant dit, je reviens à mon ragoût de mouton et au Yeasayer, et précise avant toute chose que j’avais plutôt bien aimé leur premier album, All Hour Cymbals. Ma déception fût donc immense en découvrant cet infâme pudding qu’est Odd Blood, leur second et dernier album en date.

 

Yeasayer - Odd Blood

Yeasayer - Odd Blood

Odd Blood est en effet tout sauf digeste. Cet album me donne des aigreurs d’estomac (The Children et sa voix trafiquée), des maux de têtes (l’éreintant Rome) et enfin des sueurs froides (l’impossible Strange Reunions)
En écoutant cet album rempli de blips, blops, blurps, j’ai d’abord eu l’impression d’entendre un groupe essayant de faire un ersatz du très bon Merriweather Post Pavilion d’Animal Collective. Malheureusement le groupe a oublié ses chansons en route (l’interminable I Remember), sonnant parfois plus comme du mauvais Timbaland (si, si, comme sur Love Me Girl ) quand ce n’est pas carrément comme de l’eurodance italienne des années 80 (l’épouvantable O.N.E).

 

Puis, en réécoutant l’album, j’ai compris que les Yeasayer avaient pour ambition d’inventer le funk du 21eme siècle. Tout simplement.
Malheureusement, l’effet est totalement raté : le dance floor s’est totalement vidé, laissant John Travolta lessivé, la tête farcie comme une dinde de Thanksgiving, le cœur au bord des lèvres. La faute à tout ce fatras électronique, ces bouts de mélodies concassées, sans queue ni tête, et à cette voix exaspérante manquant totalement de groove.
Il est temps pour moi de faire une cure de Primperan.

 

 

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Le Yéti

 

 

Le Sous-Marin Jaune joue la CAN

1 février 2010

 

Commentaires sur la CAN

Périscope #4

La semaine dernière, tous les fans de foot avaient les yeux braqués sur l’Afrique et la CAN.
Le Sous-Marin Jaune n’a pas échappé à cette folie du ballon rond et le climat à bord du submersible fut tendu jusqu’à la finale. Surtout avec le Yéti, grand supporter des Pharaons Égyptiens qui a pu pavoiser toute la nuit après la victoire finale de ses chéris.
Mais la CAN fut aussi un prétexte pour quelques discussions enfiévrées sur la musique africaine, chacun des matelots ayant ses préférences.

 

Tout le monde le sait : Ciccio n’est pas à proprement parler un grand connaisseur de l’Afrique. Son climat, ses insectes, ses animaux sauvages, ses déserts sont autant de choses qu’il tient en horreur, peut-être presque autant que le dernier film de Clint Eastwood sur Mandela. Pourtant, ses idéaux universalistes devraient pousser Ciccio à ouvrir grand ses bras à l’Afrique, et à la laisser prendre la place musicale qui lui revient. Certes, il a acheté le dernier album d’Amadou et Mariam, mais c’était en grande partie pour honorer un de ses héros, Damon Albarn, admiratif du travail qu’il avait notamment fourni sur le fabuleux Sabali. Et c’est là qu’un parallèle intéressant se dessine : fan intransigeant de musique et de foot, Ciccio vénère l’Angleterre dans les deux domaines (à vrai dire, Liverpool est sa terre gazonnée promise dans les deux cas), et ne laisse que peu de place à l’Afrique dans sa discothèque et sur les terrains.

 

Le Légendaire Fela Kuti

Le Légendaire Fela Kuti

Fantasio, qui connaît Ciccio depuis des lustres, s’est d’ailleurs toujours demandé pourquoi son acolyte n’écoute quasiment pas de musique noire (ou plutôt, de musique africaine ou afro-américaine). Alors que certains l’auraient vite soupçonné à tort de racisme, Fantasio s’est toujours contenté de constater que la seule musique noire qui trouverait ses faveurs serait celle des blancs becs à la Paul Weller. Allez Ciccio, un petit Chuck Berry ? En cherchant bien, vous trouverez peut-être un album de Louis Armstrong chez lui.
Pourtant, dans ses rêves les plus fous, Fantasio imagine Ciccio allier sa faiblesse pour le foot à la musique africaine. Il le voit assister à la finale de la CAN, écoutant en boucle un album de Fela Kuti. Malheureusement, cette vision est bien éloignée de la réalité, le Nigeria ayant d’ailleurs disparu de la compétition depuis quelques temps.

 

Tinariwen

Tinariwen

Finalement, le seul fan transi de la CAN fut donc le Yéti qui a suivi la compétition avec passion, osant même des parallèles abracadabrants entre les équipes et ses groupes de musique préférés.
Ses chouchous absolus, les Pharaons d’Egypte, ont joué dur et de façon réaliste, comme dans un blues rocailleux des Tinariwen, grand groupe touareg. Le Ghana a en revanche joué comme Mulatu Astatke, le génial compositeur éthiopien : il y avait de la folie et du rythme dans cette équipe, cela lui a plu. Tout le contraire de la décevante Côte d’Ivoire, trop européenne, sans âme, un peu comme le dernier Vampire Weekend peut être ?
Seul regret du Yéti : que les Écureuils Béninois n’aient pas réussi à passer les poules. Quant on se surnomme Les Écureuils en football (au lieu des Lions ou des Guépards), on devrait être admis en quart de finale d’office.

 

PS : une âme charitable peut elle expliquer à Fantasio pourquoi la CAN n’a pas lieu tous les 4 ans ?