Aller à Liverpool sans rencontrer les Christians et FGTH

21 novembre 2011
Périscope #79

Périscope #79

 

Résumé de l’épisode précédent : La décision du Commandant est prise : la prochaine destination du Sous-Marin Jaune sera Reykjavik en Islande.
Le Yéti se libère de l’emprise de Ciccio, son intégrité physique de nouveau mise à mal. Une fois de plus, il suscite involontairement les rires des autres matelots.

 

Le Sous-Marin Jaune flotte, immobile, au large de Liverpool. Depuis plusieurs jours, les instruments de navigation sont perturbés. Le Sous-Marin se heurte maintenant à une sorte de champ magnétique empêchant les matelots de jeter l’ancre à Liverpool.

 

Qui ça ?

Le Commandant, qui n’admet jamais ses erreurs, a choisi de nier les faits :
- Liverpool ? Nous n’avons jamais décidé de faire une escale dans ce lieu infâme. Nous partons pour Reykjavik demain !
- Mais Commandant, lui a répondu le radariste, les matelots tenaient vraiment à s’arrêter pour marcher sur les pas des Beatles.

 

Mais le Commandant, qui ne tolère pas non plus la contradiction, a choisi (une fois de plus) de tourner le dos au Radariste, et d’ignorer ses suggestions. Si il y a une chose qu’il a comprise depuis qu’il officie aux côtés du Commandant, c’est que ses décisions sont inflexibles. Toute discussion, aussi argumentée et raisonnée soit-elle, est peine perdue.
Triste mais pas désespéré, le Radariste est bien décidé à convaincre le Plongeur d’effectuer une descente en scaphandre pour inspecter les environs.

 

There she goes

- Mec, tu crois que c’est vraiment le bon moment pour rechercher des pépites ? S’étonne le Plongeur lorsque le Radariste lui propose son plan. Le Commandant risque de piquer un scandale s’il apprend ça…
- Tu rigoles ? Imagine les merveilles que tu vas trouver dans les environs : Liverpool, c’est quand même autre chose que Reykjavik ! Et puis tu n’as pas envie de comprendre ce qui nous empêche d’approcher Liverpool ?

 

Les Beatles, Echo & The Bunnymen, The La’s, Gomez… inutile d’aller chercher très loin pour décider le Plongeur : il ne peut pas rater cette occasion de plonger à quelques encablures de la ville d’origine du groupe de John Lennon et Paul McCartney. Il imagine déjà la tête des matelots, si sa plongée s’avérait fructueuse. Il ne perd pas une seconde de plus et enfile sa combinaison. Il vérifie une dernière fois son équipement et s’apprête à plonger.

 

Chauve qui peut

Le Plongeur n’est pas déçu : les fonds de la mer sont jonchés de démos, de faces B et de pochettes alternatives des Beatles. Mais très vite, son attention est frappée par la présence de ce qui ressemble à un énorme massif de corail.

 

Intrigué, le plongeur approche, et découvre une sorte de muraille semblant s’étendre sur plusieurs centaines de mètres, sorte de ligne Maginot sous-marine. Approchant enfin de la muraille, il reconnait le visage et les lunettes de Gary Christian, chanteur des Christians. Un peu plus loin il aperçoit des initiales répétées à l’infinie : FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH, FGTH. Proche du malaise, le Plongeur met plusieurs secondes à retrouver ses esprits, alors que les souvenirs de son adolescence lui vrillent le crâne. RELAX !
Pris de panique, le plongeur se décide à faire demi-tour.

 

Comment se termine le périple du Plongeur? Le Sous-Marin Jaune pourra-t-il finalement faire escale à Liverpool ?

 

La suite la semaine prochaine…

 

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Fantasio

3 destinations au choix après Liverpool

31 octobre 2011
Périscope #76

Périscope #76

 

Résumé de l’épisode précédent : les 3 matelots ont passé une nuit agitée. Leurs rêves les ont emporté dans les années 60 et 70, aux côtés de David Bowie, Brian Wilson et des Kinks.

 

Le réveil est difficile pour les 3 matelots, qui se retrouvent autour d’un petit déjeuner. Une fois n’est pas coutume, Ciccio, Fantasio et le Yéti prennent leur boisson matinale ensemble. Le Yéti déguste un chocolat bien chaud en fredonnant Breakfast in America de Supertramp, Ciccio descend une demi douzaine de verres de jus de fruit bien frais, et Fantasio tente de se réveiller avec un mug de café noir. Ciccio brise le calme pour évoquer son dernier rêve, et trouve immédiatement l’empathie des 2 autres matelots.
Tout en dévorant bruyamment une demi-douzaine de biscottes beurrées, le Yéti pousse des cris d’horreur en découvrant le récit de la réunion des Kinks.

 

Qui y sera

Qui sera au concert ?

De son côté, Fantasio hausse les sourcils devant une telle coïncidence. Il arrête de beurrer sa tartine et la plonge machinalement dans son café – fait rarissime pour Fantasio. Que signifient ces 3 rêves qui plongent les matelots dans le passé ? Si l’incident rapproche et fait parler les 3 matelots, Fantasio s’inquiète et cherche des explications. Au même moment, le Radariste fait son apparition dans la pièce.

 

- Salut les matelots ! Il me semblait bien avoir entendu des voix familières. Vous en faites une tronche tous les 3. C’est le changement d’heure ou c’est parce qu’aucun de vous trois n’a eu de place pour les concerts de Metronomy ?
- Non, c’est à cause du rêve qu’on… que j’ai fait cette nuit, répond Ciccio, livide.

 

Direction Liverpool

Direction Liverpool ?

Le sourire de façade du Radariste s’efface. Il se met à expliquer le motif de sa visite.
- Chers matelots, les instruments du Sous-Marin connaissent de graves perturbations. J’ai passé toute la nuit à observer nos radars qui se détraquent sans arrêt. Quelque chose ne tourne pas rond et il nous faut modifier notre itinéraire. Notre objectif est toujours de faire une escale à Liverpool pour rencontrer Echo & The Bunnymen et les Boo Radleys. Mais pour ne rien vous cacher, je vais préconiser au Commandant de faire un détour et de retarder notre escale d’une semaine au moins.

 

En ce qui concerne la perturbation des instruments de navigation, je n’ai pas tellement d’explication, je recherche toujours son origine. Soit elle est de type extérieure et électromagnétique et dans ce cas un détour devrait suffire pour continuer notre route ; soit elle est causée par un élément étranger à bord… et là c’est plus inquiétant. Je vous invite à signaler tout comportement anormal au Commandant : il y a peut être un traitre à bord. Aussi, j’ai demandé au plongeur d’effectuer une sortie pour vérifier les environs du Sous-Marin.

 

Destination Mykonos

Destination Mykonos ?

J’attire aussi votre attention sur un point important : vos disputes et vos désaccords, notamment sur un album, ou un artiste, peuvent perturber le bon fonctionnement du Sous-Marin. Une discussion sur les Fleet Foxes ou sur Coldplay, par exemple, peut fausser mon itinéraire : un excellent moyen de faire sortir le Commandant de ses gonds. Dans le cas où le problème ne serait pas résolu, nous devrons changer d’itinéraire… ce n’est pas ce que je souhaite évidemment. Pour notre prochaine escale après Liverpool, pouvez-vous, s’il vous plait, essayer de vous mettre d’accord sur un lieu de pèlerinage commun ?

 

Le commandant vous propose San Francisco, Reykjavík ou Rio de Janeiro.

Les 3 matelots baissent les yeux, comme des enfants punis. Puis, ils se lancent des regards incrédules : laquelle de ces destinations, après Liverpool, pourrait faire l’unanimité parmi les matelots ?

 

La suite au prochain épisode…

 

 

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Fantasio

Le Gimmick selon Echo & The Bunnymen

29 octobre 2010

Le Gimmick selon Echo and the Bunnymen

Le Sonar #1

Récemment, sous l’impulsion du Yéti, les matelots du Sous-Marin Jaune avaient disserté sur les meilleurs gimmicks de l’histoire planétaire depuis le crépuscule de l’aube de la nuit des temps de la musique pop rock (pour les fainéants qui n’ont pas cliqué sur le lien précédent – je parle du truc souligné, dans la phrase, là – rappelons qu’un gimmick est un espace musical, peuplé de quelques notes ou d’un bruit spécifique, capable de capter l’oreille de l’auditeur et de le rendre fou amoureux de la chanson dans laquelle ledit espace est placé).
Aussi avons-nous décidé, à l’unanimité, d’y consacrer une nouvelle mini rubrique : le Sonar !
Honneur au Yéti, donc, qui inaugure aujourd’hui ce nouvel espace de liberté d’expression unique dans le monde du blog musical.

 

 

Je suis vieux. Très vieux. J’ai connu un certain rock indé que les moins de… fichtre je ne sais plus trop, ne peuvent pas connaitre.

 

Ainsi, j’ai vécu la grande aventure Echo & The Bunnymen dans les années 80. Avec ferveur et passion, car Ian McCulloch était (reste) mon idole quand j’étais gamin, pour sa morgue, sa classe, sa voix et pour ses chansons. Parmi elles, l’inoxydable Rescue, présente sur le premier album des Hommes-Lapins, Crocodiles. Ce titre s’ouvre sur un énorme gimmick, quelques notes entêtantes de guitare qui carillonnent, d’une pureté cristalline avant que Ian ne vienne y foutre le feu.

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Aujourd’hui encore, c’est l’un de mes riffs préférés. D’une grande simplicité certes, mais pour moi le meilleur exemple d’un certain son anglais typique des années 80. Un son qui n’a pas trop mal vieilli, je trouve, et qui ne vous colle pas un cafard monstre comme celui des nombreux comparses d’Echo à l’époque (The Cure et Joy Division en tête). Un gimmick qui prouve à lui seul la grande classe de ce groupe sous-estimé et souvent raillé.

 

Mais tremblez, bande de sauvageons ! Un jour, Ian reviendra avec un album solo qui enterrera tout le monde, un album que l’on rangera entre Richard Hawley et Scott Walker. Je le sais, je l’ai lu dans le marc de mon café ce matin.

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

De la désertion en général, au Sous-Marin Jaune en particulier

1 mars 2010

 

De la désertion en général, au Sous-Marin Jaune en particulier

Périscope #8

Cette semaine, Fantasio a déserté le Sous-Marin Jaune.
Alors que le submersible faisait escale à Valparaiso, le fougueux Fantasio a mis le nez dehors, vu le soleil et s’est mis à rugir : « MOUHAHAHA, SOLEIL !! ».
Depuis, plus aucune nouvelle. On raconte que certains l’ont vu en train de faire la sieste sous le porche d’un rade miteux de la ville, d’autres sur la plage en train de se faire dorer la couenne…

 

Le Yéti et Ciccio se retrouvent donc seuls et soudain ils se demandent si la qualité de leurs écrits va être la même sans Fantasio. Ce blog va-t-il soudainement devenir fade et inintéressant l’espace d’une semaine ?
Et plus généralement, de s’interroger sur l’impact de la désertion d’un membre éminent d’un groupe, sur la qualité d’un album, d’un concert, d’une chanson…

 

 

Oasis - Version 4.0 ?

Oasis - Version 4.0 ?

Fantasio a quitté le navire pour quelques jours, le Yéti a trouvé un nouveau travail : cette semaine, Ciccio s’est senti bien seul à bord du Sous-Marin Jaune. En même temps, quand on est seul, on est peinard, on fait ce qu’on veut, c’est bien connu.
C’est d’ailleurs après cette réflexion rapide et peut-être même un peu simpliste que certains membres de groupes sont partis, parfois l’espace d’un album seulement, faire de la musique tout seul.

 

Les exemples sont foison, de l’engueulade bilatérale (The Beatles, pour ne citer qu’eux… Ciccio aurait bien cité le nom d’Oasis, ne serait-ce que pour faire chier Fantasio, d’autant qu’il n’est pas là et du coup Ciccio fait ce qu’il veut – ce ne serait d’ailleurs que justice, au vu des engueulades à répétition entre les frères Gallagher d’une part, et du nombre impressionnant de membres du groupe qui se sont fait virés d’autre part) à la désertion (Bernard Butler, guitariste fondateur de Suede), en passant par le renvoi (Jay Bennet, viré de Wilco) ou la mise au repos forcé (Brian Wilson, gentiment « protégé » par ses frères et cousins des Beach Boys), ou même encore la parenthèse (pas toujours) enchantée (Thom Yorke, qui bidouille hors de Radiohead). Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas en tirer de conclusion particulière : parfois, le soliste faisait mieux sans les autres, parfois (voire souvent) il faisait moins bien.
De là à dire que le groupe est forcément meilleur que la somme des individus, il n’y a qu’un pas, que Ciccio se refuse à franchir, préférant citer le grand Georges pour conclure : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons » (à la lecture de cette citation, certains d’entre vous pourraient être tentés de virer un ou plusieurs membres de leur groupe pour ne pas dépasser les quatre membres ; dans ce cas, Ciccio vous conseille, vous conjure, vous implore de conserver votre batteur).

 

The Beach Boys - Version 1.0

The Beach Boys - Version 1.0

Contrairement à Ciccio, Le Yéti croit en l’alchimie. Celle qui transforme le plomb en or. Et en matière de musique, il en est persuadé : en cas de désertion d’un musicien important, le groupe est bon pour l’hospice pour vieux, la boite à souvenirs. Echo & The Bunnymen sans Ian Mc Culloch (oui, le groupe a tourné sans Ian dans les années 90) ? Aux chiottes. Morcheeba sans Skye Edwards ? Aucun intérêt. Même Blur sans Graham Coxon est plus fade (quoique, Think Tank est une merveille d’album).
Pourquoi ? Parce que dans un groupe, le plus important est la cohésion de l’ensemble et l’histoire du groupe, ce qui les rassemble, les galères du début, les premières groupies, la première tournée internationale. C’est de là que sortent les meilleurs concerts, les meilleurs morceaux.

 

L’histoire de la musique pullule d’exemples de groupes ayant changé le bassiste / batteur pour un meilleur, plus carré, mais qui n’a pas le même vécu. Résultat : oui, c’est en place, mais souvent moins bien. Pas d’âme.
Un seul bémol pourrait faire écrouler la théorie du Yéti : les Beach Boys. En concert, sans Brian Wilson, c’était mieux, car Brian était tétanisé par la scène. Sur disque, pendant la convalescence de Brian, le groupe s’en est remis à Carl et Dennis, les deux autres frangins. Et le Yéti de penser que ces albums (Carl & the Passions, Sunflower – où Brian n’apparaît qu’épisodiquement) valent bien mieux que ceux où Brian sera de retour (15 Big Ones, Love You). Mais les Beach Boys sont à part. L’exception qui confirme la règle.
La preuve, le Sous-Marin Jaune sans l’ami Fantasio, c’est moins virevoltant. Il nous manque, notre père fouettard préféré.
C’est décidé, le Yéti va chausser ses espadrilles, prendre Ciccio sous son bras poilu et arpenter les ruelles de Valparaiso pour aller récupérer Fantasio par la peau du cou et le ramener dans le submersible. Tudiou.