The Jam et Doves en vue !

9 juin 2010

Doves comparé à The Jam

La Vigie #19

C’est à une nouvelle sorte de comparaison que va s’essayer la Vigie aujourd’hui ! En effet, elle ne vous proposera pas de reconnaître une mélodie, de trouver les similarités dans les implantations de barbe de deux chanteurs, ou encore de se concentrer sur une ligne de basse. Certes, elle vous demandera malgré tout, comme l’avait dit si bien Depardieu chez Tavernier, de fermer votre gueule et d’ouvrir vos oreilles, mais dans une optique légèrement différente.

 

Mais commençons par ce qui nous intéresse : la musique.

 

En 1982, Paul Weller enregistre avec son groupe de l’époque The Jam l’un des meilleurs titres de sa carrière : Town Called Malice. Ecoutez, c’est fabuleux :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

23 ans plus tard, Doves enregistre un autre morceau, dont le titre seul vous fera comprendre l’angle de cet article : Black And White Town. Pas moche non plus :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Qu’est-ce qui rassemble ces morceaux, donc ?

 

Vous aussi vous avez envie de donner à manger aux canards ?

Vous aussi vous avez envie de donner à manger aux canards ?

En premier lieu il y a leur introduction. On peut y entendre une référence claire à la Northern Soul britannique, elle même très endettée auprès de Tamla Motown. Notons au passage que cette touche Soul n’est pas très présente dans la discographie de ces deux groupes (certes, Town Called Malice figure sur The Gift, dernier album the The Jam avant que Paulo aille enregistrer de la Soul blanche avec son pote Mick Talbot dans The Style Council), ce qui accrédite la thèse de l’hommage de Jimi (Goodwin, chanteur de Doves) à Paul. Vous suivez ?

 

Continuons, et passons aux paroles. Le thème général, là encore commun aux deux morceaux, est assez clair, et bien résumé dans le titre : l’aliénation par la ville. Il est vrai que Doves parle plus spécifiquement des villes de banlieues, ces « satellite towns », mais le constat est plus ou moins le même. La ville nous fait du mal (encore plus quand elle est mal conçue, et c’est un thème cher à Paul Weller puisqu’il l’aborde dans un autre morceau figurant sur le même album, The Planner’s Dream Goes Wrong, et qu’il a mis le mot town dans plusieurs de ses morceaux, Strange Town, Boy About Town), elle nous oppresse, nous enfonce. « It’s almost stone cold dead », balance Paul, alors que Jimi dit être « ten feet underground ».

 

Et puis, si le constat est le même, la conclusion diffère. Weller a(vait) encore de l’espoir. Il faut se relever, se battre, changer les choses.« It’s up to us to change this town called malice », « I’d sooner put some joy back in this town called malice » gueule Paul.

 

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Jimi, lui, conseille de se tirer, pour ne pas se faire écraser : « you better make sure that you don’t crack you’re head on that pavement, man », et aussi « I gotta get out of this satellite town ». Rappelons au passage que ce morceau est issu d’un album intitulé Some Cities, dont le morceau éponyme évoque le pouvoir des villes, mais de manière plus nuancée : « Some cities crush, some cities heal, some cities laugh, while other cities steal ».

 

Est-ce le cynisme des années 2000 qui fait dire cela ? Pourtant, dans les années 80, en pleine crise Tatchérienne au Royaume Uni, l’espoir se faisait rare. C’est probablement le cas pour Weller, qui manie le contre-pied à peu près aussi bien que la Rickenbacker (souvenez-vous de Man In The Cornershop et son apologie sournoise de la petite entreprise soutenue par Dieu lui-même).

 

Bref, cynisme ou pas, nous avons là un bel hommage au glorieux aîné, et la Vigie espère que vous saurez l’apprécier à sa juste valeur.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

---------------------
Ciccio

Il ne faut pas… regarder le derby mancunien sans écouter de la musique de Manchester

17 avril 2010

Pas de Manchester sans musique

La Combinaison #13

Aujourd’hui, c’est derby mancunien. si vous ne savez pas ce que signifient les mots « derby » et « mancunien », ne nous voilons pas la face, il y a de fortes chances que cet article vous emmerde. Je suis pas chien, je vous le dis dès le début, comme ça vous pouvez quitter le site dès à présent…

 

SAUF !

 

Sauf si vous êtes une personne curieuse, plutôt de bon goût, et que vous faîtes confiance à votre Sous-Marin préféré. Dans ce cas, restez, vous allez apprendre plein de choses passionnantes, et en plus écouter un excellent morceau de musique.

 

Commençons par le derby. Ce mot vient du vocabulaire hippique britannique, et désigne une compétition entre rivaux locaux, typiquement (notamment au football) deux clubs d’une même ville (ou au pire géographiquement très proches). Mancunien est un adjectif français (si, si) qui désigne quelque chose ou quelqu’un qui vient de Manchester. Voilà, vous venez d’apprendre deux choses fondamentales, n’ayons pas peur des mots. Et vous avez compris que je m’apprête à regarder le match opposant Manchester City à Manchester United, un sommet du championnat de foot anglais, lui même au sommet du foot européen (je n’ai toujours pas peur des mots).

 

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Allez, Thierry, fais nous plaisir...

Or, s’il y a bien une chose insupportable lorsque de l’on regarde du foot à la télé (hormis les supporters et les joueurs, bien sûr), ce sont les commentaires (Thierry Roland fait partie, tout comme Johnny Hallyday, des gens dont j’attends avec impatience la mort). Et, qui dit Manchester dit forcément musique, tant cette ville a vu naître, depuis le milieu des années 70 et la venue des Sex Pistols au Lesser Free Trade Hall (et hop, vous venez encore d’apprendre un truc – dingue, non ?), un nombre de groupes hallucinant, du punk de la fin des années 70 (Buzzcocks) à l’indie rock des années 2000 (Elbow, Doves), en passant par la cold wave (Joy Division, New Order), la pop (The Smiths), ou encore la dance Madchester (Happy Mondays, Stone Roses).

 

Vous l’avez compris, cette scène musicale est tellement riche et abondante que vous avez l’embarras du choix pour remplacer la voix nasillarde et imbécile du premier commentateur venu. Pour ma part, j’ai décidé de commencer par le morceau d’un mes groupes préférés de Manchester. Ce morceau est tonique, lyrique, enlevé… Bref, c’est un peu comme une chevauchée de Ryan Giggs sur le côté gauche de l’attaque :

 

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

 

Si l’intensité du match se maintient, alors enchaînez sur du Madchester ou des Buzzcocks. Si le match devient chiant, plutôt Joy Division ! Mais surtout, surtout, éteignez le son de votre télé.

 

Bref, si vous passez le week-end à réprimer des envies de jetage de télé par la fenêtre, agacés que vous êtes par la succession d’inepties et de remarques, que même un aveugle, conscient, lui au moins, de ses limites, n’oserait faire, tandis que la nuit vous rêvez que Thierry Roland vient vous visiter pour vous jurer que jamais il ne rendra les armes, c’est que vous l’avez bien cherché.

 

---------------------
Ciccio