
Périscope #34
Cette année, une nouvelle fois, on aura beaucoup parlé de musique française avec
Arnaud Fleurent-Didier,
Katerine,
Bertrand Belin ou
Florent Marchet aujourd’hui. Sans oublier les valeurs sures qui ont sorti l’an dernier des albums importants comme
Dominique A,
Benjamin Biolay ou
Miossec.
Le Yéti a envie de savoir aujourd’hui si ses deux acolytes sont touchés par cette chanson française. S’ils ont aimé certains albums et pourquoi. Si le fait que les textes de tous ces chanteurs soient travaillés (dans le registre sérieux ou de la gaudriole) importe pour eux. Si cette chanson française a enfin pu s’affranchir de l’ombre tutélaire des grands (
Gainsbourg –
Bashung –
Brel).

Oui à Florent Marchet !
Le Yéti se souvient d’une période jadis où les français ne jouaient TOUS qu’un vilain rock qui tâche, sans originalité. La faute à
Noir Désir qui aura entraîné dans sa cohorte toute une flopée de suiveurs et de tâcherons bruyants. Et puis est arrivé
Dominique A et rien ne fut plus comme avant. Et le Yéti se mit à revivre, car pour le fan de pop qu’il est, subir la musique soi-disant engagée de
Saez,
Eiffel ou
Aston Villa était pire que le supplice de Tantale.
Alors le Yéti dit oui à tous ces chanteurs français, surtout
Dominique A,
Miossec,
JP Nataf et
Florent Marchet, ses deux chouchous absolus.
Pour Florent,
Rio Baril était sublime, du coup il espère que
Courchevel, qu’il n’a pas encore écouté, sera du même tonneau. Car Florent n’a pas son pareil pour mettre en musique des petits histoires marrantes, touchantes : là où
Arnaud Fleurent-Didier lui semble beaucoup trop intello,
Florent Marchet lui parait plus ludique et terrien. Plus rillettes somme toute.

Oui à Katerine !
Alors que le Yéti verse une larme en repensant à ses souvenirs émus de
Dominique A, Fantasio pense à ses premières écoutes de
Courchevel. Plutôt que de déflorer la découverte, il préfère laisser au Yéti le soin d’être déçu/trèsdéçu/satisfait de ce nouvel album. Puis, sans prétention, il se rappelle ce qu’il s’est dit en écoutant le dernier album de
Katerine : c’est débile, ça ne ressemble à rien, mais j’aime ça. Si
8ème Ciel ou
les Mauvaises Fréquentations sont remplis de chansons dix fois meilleures que les 24 blagues du dernier album, qui peut lui reprocher de s’amuser comme un petit fou et d’avoir envie de toucher un public dix fois plus large ? Pourquoi faudrait-il se fendre d’un nouvel album réservé à une certaine catégorie d’auditeurs, voué à terminer sa vie dans les bacs des soldeurs ? Qui d’autre aurait l’idée de faire poser ses parents pour la pochette d’un disque ? Pas Fantasio, qui en profite pour diffuser les 2 minutes de
La Moustache à bord du Sous-Marin Jaune, prélude à un essayage de moustaches postiches.

Et oui à Dominique A bien sûr !
Sur le fond, Ciccio est on ne peut plus d’accord avec avec ses deux camarades. En y pensant, et alors que le Yéti est en train de dire à Fantasio qu’il, avec sa fausse moustache, ressemble comme deux gouttes d’eau à
Florent Marchet et à Ciccio, ben, comme d’hab’, à
Ringo, il coule sur la joue de Ciccio une larme d’émotion, qui lui rappelle que ce n’est pas si souvent que les trois pensionnaires du vaisseau jaune tombent d’accord.
Le seul bémol dans cette harmonie parfaite, c’est que la phase chanson française de Ciccio se situe derrière lui, il y a quelques années, à l’époque où il ne jurait que par
Les Têtes Raides,
La Tordue,
Dominique A, ou encore
Yann Tiersen. Qu’il semble loin ce temps-là ! Ciccio se demande quel est le dernier album français qu’il a écouté en entier, pour le plaisir, pas parce qu’il venait de sortir et qu’il était curieux (comme ce fut le cas pour
Courchevel).
Perdu dans ses pensées, Ciccio n’a pas senti venir le Yéti dans son dos. Ce dernier, pourtant peu discret car mort de rire à l’idée de la farce néanmoins faiblarde qu’il va faire à son ami, lui met un vilain taquet dans le dos, ce qui a pour effet de faire tomber sa moustache.
Ciccio ramasse sa moustache et se relève en riant, rejoignant ses amis dans une ronde endiablée tandis que dans les enceintes la douce voix de
Françoiz résonne : «
Au Twenty Two Bar ce soir-là, on dansait… ».