Sondre Lerche ou le régime norvégien

14 juin 2011

 

Périscope #62

Périscope #62

La vie a repris son cours à bord du Sous-Marin Jaune, les larmes du Yéti ont séché et la dispute autour de Chris Martin et de Coldplay semble bien loin.

 

Ce matin là, après avoir frit et englouti les dernières rations de bacon, Ciccio s’interroge sur le menu des prochains repas.
La veille déjà, Le Yéti s’était inquiété des stocks de charcuterie dramatiquement bas. Les trois matelots devraient-il se contenter de fruits et légumes jusqu’à la prochaine escale ?

 

Ciccio décide de prendre le taureau par les cornes et d’évoquer le sujet auprès de Fantasio, resté muet aux interrogations de ses deux comparses.

 

Il frappe à la porte de la cabine de Fantasio : pas de réponse. Il pousse la porte et découvre un mur recouvert d’une carte de la Norvège sur laquelle est collé un post-it mystérieux :
Petit-Déjeuner : lunsj avec agurk et verre de lait
Diner : fiskeboller et légumes
Jusqu’au 5 octobre 2011

 

 

Le nouveau Sondre Lerche

Le régime Fantasio


Décontenancé et inquiet, Ciccio se rue dans la cabine du Yéti. « Eh, le Velu, je crois que Fantasio fait un régime et suit les préceptes culinaires d’un gourou norvégien ! Il a noté plein de plats bizarres avec des Ø et å pour nos repas ! ». Le Yéti regarde Ciccio affolé. Tout comme son camarade barbu, le Yéti ne plaisante pas sur la nourriture.

 

Il veut bien que Fantasio écoute de la musique norvégienne, notamment Sondre Lerche qui vient de sortir un nouvel album pop finement ciselé ou The Tables, groupe mythique responsable de plusieurs disques psychés délirants à faire passer les Gorky’s Zygotic Mynci pour des Mormons, mais pour les repas, halte à la rigolade !

 

Remonté comme un coucou, le Yéti empoigne le bras de Ciccio et se met à brailler (car un Yéti ne crie pas, il braille) : « Suis moi, Ciccio, on va choper Fantasio et l’obliger à bouffer des pizzas et de la junk food ! Vive l’Amérique, aux chiottes la Norvège ! ».

 

 

L'alter ego de Sondre


Alors qu’il court pour suivre le rythme du Yéti et essayer de garder l’intégrité physique de son bras intacte, Ciccio se rend compte qu’il n’a en fait pas vraiment envie de râler, ou alors pas autant que son poilu ami. Certes, il connaît peu la Norvège, et encore moins sa gastronomie, mais niveau musical, le moins qu’il puisse dire est qu’il apprécie tout ce qui vient de là bas.

 

Des fabuleux folkeux de Kings Of Convenience au mélodieux et excessivement pop Julian Berntzen, en passant bien évidemment par l’excellent Sondre ou l’électrique Whitest Boy Alive, tout lui plait. Après tout, se dit-il, pourquoi ne pas goûter, il se pourrait même qu’il demande du rabe !

 

Un autre bout de Norvège

Un autre bout de Norvège


Petit à petit, comme si ses jambes suivaient sa pensée, Ciccio s’arrête brusquement et se dégage de l’étreinte du Yéti. Celui-ci, allégé du poids de l’autre matelot, accélère malgré lui et fonce droit dans la porte de la cabine de pilotage, que Fantasio venait d’ouvrir pour en sortir. Il relève le Yéti, qui hurle de douleur, et, voyant Ciccio raide comme un piquet à quelques mètres de là, s’approche de lui pour lui demander ce qui est arrivé.

 

 

Un large sourire se dessine sur le visage de Fantasio quand il entend le récit de Ciccio. Il rassure immédiatement les deux autres matelots : il n’a aucune intention d’imposer un régime norvégien à Ciccio et au Yéti. En revanche, il s’est bien promis de prendre tous ses repas à la mode de Bergen, jusqu’au jour du concert parisien de Sondre Lerche, son idole norvégienne en activité. En disant ces mots, Fantasio se rend compte qu’il n’a même pas proposé à amis de l’accompagner à ce concert du mois d’octobre.

 

Les passages du blondinet surdoué dans une salle de concert française sont des occasions beaucoup trop rares pour qu’un fan hésite une seule seconde à s’y rendre.
Mais c’est trop tard : fou de joie, le Yéti a déjà filé en direction des cuisines, pour prendre connaissance des prochains menus continentaux, alors que Ciccio semble s’être volatilisé.

 

 

Où est passé Ciccio ?
Ciccio et le Yéti accompagneront-ils Fantasio au concert de Sondre Lerche ?
Vous aurez toutes les réponses dans le périscope de la semaine prochaine…

 

 

Fantasio

Peut-on partager la vie de quelqu’un qui n’a pas les mêmes gouts musicaux ?

6 juin 2011

 

Périscope #61

Périscope #61

Alors que Ciccio termine la lecture de son journal dans le salon du Sous-Marin Jaune en écoutant Helplessness Blues, le ton monte à quelques mètres de là.
Pensant d’abord à une nouvelle dispute entre le chef Cuisinier et un des matelots, Ciccio soupire de lassitude.
Il pousse la porte des cuisines, décidé à calmer le jeu une fois de plus. Surprise, ce sont Fantasio et le Yéti qui s’empoignent comme deux bêtes furieuses.
Fantasio montre les dents en signe d’intimidation alors que le Yéti donne de grands coups de pattes avec ses pieds qui ressemblent à des mains.
D’une voix monocorde Ciccio s’enquiert du motif de la discorde et le Yéti lui répond, les larmes aux yeux :
« Il a essayé de mettre mes disques de Coldplay à la poubelle ! »

 

 

Plus fort que Chris Martin

Le Yéti adule Chris Martin


Coldplay, c’est un peu, avec ses poils, le sujet de raillerie préféré des copains du Yéti. Car l’amour du Velu pour la bande à Chris Martin est sincère et va même jusqu’à aller les voir en concert dans des stades. Le Yéti vous voit déjà en train de ricaner, mais le Yéti est fidèle et il trouve que Parachutes est toujours une merveille d’album pop cotonneuse, tout comme le second album et que même si les deux albums suivants sont un peu moins bons, Chris Martin reste un grand mélodiste. Alors, lorsque Fantasio a voulu mettre ses disques à la poubelle, le Yéti a sorti ses griffes avant de craquer et fondre en larmes.

 

 

Et aujourd’hui, alors que le nouveau single de Coldplay est en écoute sur leur site, le Yéti vous dira (avec une petite dose de mauvaise foi) qu’il n’est pas si mal ce titre, malgré des claviers pouraves dignes de Martin Solveig. Il y a notamment cette chouette petite guitare indie qui sonne comme dans les années 90, et puis un pont assez réussi. C’est sûr : cet été, lorsqu’au Palma, la meilleure discothèque de Vierzon, le DJ mettra ce disque, le Yéti ira trémousser ses fesses avec plaisir.

 

 

Encore et toujours les barbus de Seatlle

Forever Barbes

Après quelques minutes éreintantes où les coups (parfois perdus) volent, Ciccio arrive enfin à séparer les deux belligérants. Tout essoufflé, il leur ordonne de se calmer, ou au moins d’aller se battre ailleurs, tant la cuisine, lieu sacré par excellence pour Ciccio, doit rester un havre de paix pour le gourmand barbu.

 

A chaque fois qu’une scène comme celle-ci se produit, il se souvient notamment du jour où le vil Fantasio a voulu brûler le premier album des Fleet Foxes qu’il venait de recevoir, Ciccio se demande comment les trois matelots survivent dans un espace aussi confiné sans s’entretuer. Il se rappelle que le Yéti leur répète inlassablement que sa moitié n’aime pas du tout la même musique (il cite des artistes, notamment québecquois et corses, qui donnent froid dans le dos à Ciccio), mais que cela ne le dérange absolument pas.

 

Ciccio se demande non pas si il arriverait à le supporter, mais surtout si elle arriverait à supporter les 50 heures de musique folk qui se font entendre dans l’appartement chaque semaine.
Mais il n’a pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question : Fantasio, profitant du flottement du matelot barbu, se glisse dans son dos, chipe le premier album de Coldplay au Yéti et se rue vers le hublot le plus proche.

 

 

Alors que Fantasio était bien décidé à faire couler Chris Martin et ses tics, il s’arrête net et laisse tomber le CD sur le sol. Il repense aux paroles de Ciccio, croise le regard perdu du Yéti.
Faisant mine de faire passer la dispute pour une blague de potache, Fantasio pose une main sur l’épaule tremblante du Yéti, en se demandant secrètement quel traitement plus original et plus destructeur il pourrait prochainement infliger aux œuvres de Coldplay.
La simple destruction du support d’enregistrement – l’obsolète CD – n’est pas un châtiment suffisant pour stigmatiser les guilty pleasures du Yéti !

 

 

Noah & The Whale – Last Night On Earth

8 avril 2011

 

Noah And The Whale

L'exctincteur #6


Il est comment, le nouveau Noah & The Whale ? Le Yéti tente de répondre.

 

 

J’attendais le nouvel album de Noah & The Whale avec beaucoup d’impatience, limite trépignements. Pas pour les mêmes raisons que mon barbu préféré, Monsieur Ciccio, qui ne jure que par le plutôt bon premier album (intitulé Peaceful, the World Lays Me Down), mais surtout pour l’excellent second opus du groupe, le très sombre The First Days of Spring, dont les magnifiques arrangements pour cordes accompagnaient avec merveille la dépression de Charlie Fink, compositeur du groupe.

 

Last Night on Earth, leur troisième album, était donc enfin disponible et je me sentis très vite fort dépourvu.

 

La bonne nouvelle, c’était que Charlie allait mieux. Il s’était remis de sa séparation avec Laura Marling, il semblait d’humeur guillerette et plutôt légère.
La mauvaise nouvelle, c’était que sa musique en était nettement moins intéressante, plus classique, plutôt du genre « vite écoutée, vite oubliée ». Charlie avait notamment décidé de pimenter quelques compositions en y injectant quelques claviers très cheaps, sonnant très années 80. Passons sur le fait que ouh-la-la des claviers années 80, comme c’est original !, pour regretter que ceux-ci n’étaient même pas utilisés de façon originale, mais qu’ils sonnaient presque comme de l’euro-dance italienne (ok, j’exagère un peu, mais ces claviers n’apportent rien aux chansons et ne sont que des gadgets pour tenter de nous prouver que Noah & The Whale a évolué).

 

Noah and The Whale

Le retour de la baleine

Et au moment où j’allais jeter cet album aux oubliettes (car désolé, mais actuellement il y a d’autres albums nettement plus enthousiasmants à écouter comme le nouveau Metronomy ou Connan Mockasin), je sentis une irrépressible envie de le ré-écouter, une fois et encore une fois. Diable, un sortilège serait-il associé à cette petite galette qui paraissait bien inoffensive ? La réponse est oui, et elle réside dans la voix de Charlie.

 

Peut-on sauver un disque uniquement pour la voix de son chanteur ? Oui, mille fois oui, et cet album le prouve. Ok, les compos sont assez faiblardes, mais il y a un truc dans la voix de Charlie qui fait qu’on y revient et qui vous touche. Cette voix grave, on sait désormais qu’elle peut aussi être fragile, comme l’a démontré l’intégralité de The First Days of Spring. Et c’est ce que l’on guette finalement sur cet album, les moments les plus noirs, ceux où Noah & The Whale nous séduit parce que le groupe ne sonne plus comme un ersatz de Coldplay (sincèrement, sur Life is Life, on a vraiment l’impression d’entendre Chris Martin !).

 

Pour ces quelques fêlures (Just Before We Met et The Line), on laissera Last night On Earth pas trop loin de notre platine.

 

 

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Le Yéti

 

 

2011, l’année de Portishead ?

10 janvier 2011

 

Périscope #44

Périscope #44

Le Yéti est excité comme une puce : c’est la nouvelle année et il va retrouver ses deux vieux camarades à bord du Sous-Marin Jaune.
Un an déjà que le submersible navigue dans les eaux profondes de l’indie-pop, et pas une once de fatigue ou de résignation à bord, toujours cette même euphorie lorsqu’il s’agit de défendre un disque aimé. Ciccio et Fantasio sont bien là, fidèles au poste, et après les effusions d’usage, le Sous-Marin Jaune part en mer.

 

La douce quiétude de ce début d’année ne durera que quelques minutes, le Yéti déboulant dans la cuisine tout en transe : « Les gars, Portishead va peut être sortir un disque cette année !! Yihaaaaaa !! Regardez le communiqué de Geoff Barrow » :

 

« Il n’y aura PAS de téléchargements gratuits. Il n’y aura PAS de morceaux bonus. Il n’y aura PAS de remixes. Il n’y aura PAS de making-of. Il n’y aura PAS de contenu additionnel. Il n’y aura PAS de partenariats. Il n’y aura PAS de lignes de vêtements. Il n’y aura PAS de photos dans les tabloïds. Il n’y aura PAS de prix unitaire à 25£. Il n’y aura PAS de street marketing. Il n’y aura PAS de tapage sur Myspace. Il n’y aura PAS de producteur célèbre. Il n’y aura PAS de nouvelles sur twitter. Il n’y aura PAS de concerts organisés pour la presse ou les blogueurs. Il n’y aura PAS de rencontres organisées avec les fans. Il n’y aura PAS de versions raccourcies des morceaux. Il n’y aura PAS d’exclusivité iTunes. Il n’y aura PAS de lancement pour la presse. Il n’y aura PAS d’édition asiatique. Il n’y aura RIEN pour plaire aux radios : juste la musique et nous« .

 

« et PAS d’album ? » lance sarcastique Fantasio. Ciccio et le Yéti rigolent, il a raison le Fantasio !
Geoff est il un Amish de la musique ou bien a-t-il raison de dénoncer la communication à outrance sur les réseaux sociaux et le merchandising exacerbé qui gravite autour de la musique ?

 

 

Portishead - Third

Portishead - Third

Le Yéti a toujours aimé Portishead. Sa musique mais aussi son rythme de travail : le groupe n’en fait qu’à sa tête, sortant des albums que lorsqu’il en a envie ou qu’il se sent prêt. Du coup, dans leur discographie, deux chefs d’œuvre absolus, Dummy et Third, et une place à part dans le panthéon personnel du Gros Velu. Mais si le communiqué de Geoff mérite le respect pour sa démarche pure, le Yéti ne peut masquer une légère déception devant cette attitude presque autiste du groupe. Ok, trop de merchandising tue la valeur de la musique, mais le rock’n’roll a toujours été fait de futilités comme ces t-shirts souvent hideux mais qu’on aime porter, ou la recherche de remixes ou bootlegs dont le fan se délecte. En tombant dans une ascèse sincère mais dure, le Yéti ne souhaite qu’une chose : que ce nouvel album soit aussi bon et aventureux que Third, sinon il promet à ses petits chéris de Bristol un retour de bâton ultra violent .

 

Goldfrapp: Portishead avec une plume dans le cul ?

Goldfrapp: Portishead avec une plume dans le cul ?

Pour Fantasio, le Yéti a tout compris sans le savoir : Portishead n’est pas très rock’n'roll. Quiconque a eu l’occasion de voir le groupe (le mot n’est pas adapté) en concert le sait très bien : Portishead n’est pas une bête de scène. C’est même la quintessence du groupe de studios : sa particularité et son génie tient à sa capacité à créer un son incroyable, si inimitable que chacun peut s’y casser les dents. Comme Goldfrapp par exemple, ersatz ayant eu la bonne idée (marketing) d’imiter en surface le trip de Barrow tout en travaillant les faiblesses de Portishead, à savoir la chaleur et le côté bling-bling (Fantasio est trop poli pour dire « pute »). Un peu comme comme Coldplay pour Radiohead, en somme.
Fantasio se demande pourquoi le Yéti snobe l’album Portishead, tout aussi parfait que Dummy, et se dit que les mots de Geoff ne font que surjouer la définition de Portishead : un groupe pas comme les autres, le seul à n’avoir besoin que de ses disques pour fasciner.

 

Arcade Fire en live, tout ce que Portishead ne fera jamais

Arcade Fire en live, tout ce que Portishead ne fera jamais

Pendant ses vacances, Ciccio a eu la joie de voir un ami québécois, passionné de musique, notamment lorsqu’elle est faite à Montréal. Ce dernier lui disait que parmi les groupes qu’il aimait beaucoup, Arcade Fire était le seul qu’il n’avait jamais vu en concert, parce qu’il trouve insupportable, poseur et hautain le côté « on fait un concert dans une salle de 20 places et on l’annonce la veille sur Internet avec un mot de passe à découvrir au terme d’un jeu de piste de 3 heures ».
Les concerts, et par extension la musique, doivent selon lui se passer de ces petits jeux à la con. Soit c’est bon, et le public (pas les critiques, pas TF1, pas la Fnac, pas Pascal Nègre) détient la réponse. Il convient ensuite au groupe de répondre à cette sollicitation du public de la manière la plus ouverte possible.
Ciccio a été sensible aux arguments de son ami montréalais, tout comme il est sensible au discours de Geoff. Et, même s’il n’a pas supporté le dernier album en date du groupe, il tendra une oreille attentive en direction du prochain.

 

 

Pour rendre hommage à la ligne pure et dure de Geoff Barrow, et surtout pour fêter ses 1 an, le Sous-Marin Jaune va faire tout le contraire très prochainement et vous faire gagner des Cds grâce à un petit jeu très intelligent à base d’énigmes et de devinettes ! On vous en dit plus cette semaine…

 

 

Le Sous-Marin Jaune et les disques de la honte

6 septembre 2010

 

Périscope #29

Le Sous-Marin Jaune et les disques honteux

Confortablement installé dans la pièce à vivre du Sous-Marin Jaune, le Yéti profite de l’absence momentanée de Ciccio et Fantasio pour se mettre un petit disque à lui, un plaisir coupable dont il n’a jamais parlé à ses amis, un disque dont il pourrait avoir honte et pourtant qu’il affectionne, un disque qui lui vaudrait le bûcher auprès des fans de pop rock indé : Breakfast In America de Supertramp. Ah, The Logical Song ! Oh, Take The Long Way Home !
Mais soudain, c’est le drame: Ciccio et Fantasio déboulent dans la pièce, entendent la soupe du Yéti et se mettent tout d’abord à hurler de rire, puis inquiets demandent au Yéti si vraiment il aime ce disque ?
Le Yéti, embarrassé, est bien obligé de faire son coming-out : Oui il aime Supertramp ! Pas au point d’aller les voir à Bercy cet automne, mais assez pour les écouter de temps en temps. Voilà, c’est dit.
Mais vous les gars, en cherchant bien, votre discothèque est elle irréprochable ? Vous n’avez pas un disque qui fait un peu tâche entre Radiohead et Sonic Youth, mais pourtant que vous écoutez souvent avec plaisir ? Mmmh ?? Allez avouez !!

 

 

Supertramp - Breakfast In America

Supertramp - Breakfast In America


Le Yéti a soudain un doute : pourquoi aime t’ il parfois écouter du Supertramp ? On est assez loin des Beach Boys ou de Broadcast, ses deux groupes chéris absolus.
Peut être par nostalgie, car il a découvert Breakfast in America un été chez un copain d’enfance, alors qu’il avait 10 ans. Un disque qui appartenait au grand frère de cet ami. Et ils l’ont écouté en boucle ce disque… Même si ce coté sépia-souvenir-souvenir joue un peu, le Yéti se souvient avoir aussi beaucoup écouté à cet âge là un disque de Christopher Cross qui s’avère aujourd’hui être une grosse daube périmée et qui a très mal vieilli.
Non, il faut bien le reconnaître, ce que le Yéti aime toujours chez Supertramp, ce sont les mélodies qu’on retient facilement et qui tiennent bien la route. Et puis ce son si particulier chez Supertramp, qu’il a retrouvé sur le second album de Daft Punk, Discovery. Un son rond, agréable, doux comme du coton, un peu comme chez Coldplay, autre groupe fétiche du Yéti et qu’il défend avec fougue devant les ayatollahs du rock indépendant pur et dur. Avec Supertramp et Coldplay en étendard, le Yéti est donc prêt à être fusillé par Télérama et les Inrocks (ou tout autre intégriste de l’indie-rock). Et ça, ça l’amuse beaucoup.

 

 

Marion, Menswear, Sleeper... Des groupes que Ciccio aime bien

Marion, Menswear, Sleeper... Des groupes que Ciccio aime bien

De son coté, si Ciccio a ri si fort en entrant dans la salle où le Yéti s’abandonnait à son plaisir coupable, c’est tout simplement parce que voir le Yéti danser, c’est à peu près aussi drôle qu’un bon Louis de Funès. Car, et il l’avoue sans honte, Ciccio ne connaît pas bien Supertramp, et il n’avait donc aucune idée de ce que son compagnon pouvait bien écouter. Car l’aspect « coupable » du plaisir ne vient pas de ce que l’on écoute, mais bien de l’idée qu’on se fait du regard de l’autre (le fameux goût des autres).
La discothèque de Ciccio n’est certes pas parfaite, mais il sait très bien que la plupart de ses amis trouverait ridicule son amour de la Britpop des années 90, d’autres ne supporteraient pas sa « musique de cowboy », tandis que certains ne comprendraient pas sa passion pour Georges Brassens..

 

Bon, après, il y a ceux qui n’aimeront de toutes façons rien, et il y a pour cela un beau spécimen dans le Sous-Marin !

 

Indifférent à la provocation gratuite de son comparse, Fantasio se souvient de la remarque entendue jadis dans les couloirs du lycée, ‘de toute façon, toi, t’aimes rien…’ sans doute à propos d’un film ou d’un disque.

Luxophonic, c'est merveilleux

C'est merveilleux

Si le goût se fait en écoutant et en regardant – pas en lisant la presse spécialisée, on efface difficilement la nostalgie (au minimum, le souvenir auditif) provoquée par Supertramp, dès lors où l’on écoutait la radio dans les années 80. A propos de disques honteux, Fantasio se souvient avec horreur des CD du passé, passés en boucle sur son discman, avant l’âge de raison : Bryan Adams (période Kevin Costner), Genesis (période The Way We Walk). Ça, c’est du lourd. Sorti de ces exemples douloureux appartenant au passé, Fantasio aime à dire qu’il n’a honte de rien, même pas de son penchant pour une certaine musique sirupeuse, appelée généralement easy listening (cf l’excellente compilation Luxophonic).

 

Alors quand il entend Ciccio affirmer qu’il ne connait pas bien Supertramp, il a envie de rire très fort, lui aussi. Qui n’est pas capable de reconnaître Logical Song dès les premières mesures ? Bien que reconnu pour son manque de cœur, sa méchanceté et sa mauvaise foi, Fantasio ne résiste pas à l’envie de serrer Le Yéti dans ses bras, tout en se demandant quel moyen il utiliserait pour éradiquer Coldplay du Sous-Marin Jaune.