A propos du plongeur : pépites et nostalgie

3 octobre 2011
Périscope #72

Périscope #72

Résumé de l’épisode précédent :
Dépité, Ciccio a abandonné son synthétiseur Casio dans les bras du Plongeur. Son interprétation de Ben Folds Five n’a pas rencontré le succès escompté.

 

Ciccio ne sait pas quoi penser : Fantasio n’a pas exprimé de réaction particulière et le Yéti s’est contenté d’exprimer son hilarité naturelle. Il y a quelques années, la situation aurait certainement enflammé Ciccio. Aujourd’hui, il s’en accommode, sans trop qu’il sache s’il s’agit de détachement ou de maturité.

 

Circo de Calexico

Tout un cirque

Il se sent bien dans la cabine du Plongeur. Ce dernier l’a accueilli a bras ouverts, sans le juger, et lui a fait découvrir les étonnants Beau Brummels. C’est tellement difficile de discuter musique avec les gens. On a envie que les autres s’enthousiasment autant que nous pour certains disques. On est généralement déçu et parfois choqués quand une chanson qui nous entête depuis des semaines déclenche l’indifférence sinon l’hilarité. Avec le plongeur, rien de tout cela n’est possible : sa vie paisible semble entièrement dédiée à la recherche de trésors cachés. Rien d’autre ne semble avoir d’importance.

 

Ciccio reste allongé et ferme les yeux. Pendant ce temps là, le Plongeur fait une incursion dans ses carnets de notes. Cela fait moins d’un mois qu’il a été embauché à bord du Sous Marin Jaune, à la demande insistante du Yéti. Pourtant, il a déjà noirci des dizaines de pages avec ses découvertes. Toutes ses trouvailles inouïes, tous ces albums étonnants dénichés au fond des eaux, il les a répertoriés dans un petit carnet. Ici les Beau Brummels, pépite qui a fait le bonheur de Ciccio. Là, un album perdu de Calexico pour Fantasio : Circo, la bande-son d’un improbable spectacle de cirque. Il se souvient encore du visage extatique de Fantasio, le jour où il est remonté à la surface avec cet inédit des compères de Tucson. Ce dernier a ensuite disparu de la circulation pendant plusieurs jours.

 

Deirdre des Beach Boys

Une pépite des Beach Boys

Les autres pages de son carnet sont dédiées au Yéti, l’inénarrable nostalgique du Sous-Marin Jaune. Pour lui, il a mis la main sur une dizaine d’albums enfouis, le plus souvent datant des années 60. Il se souvient de Neon, le merveilleux disque des non moins fantastiques The Cyrcle. Au bout de 5 ou 6 disques miraculeusement repêchés, il s’était dit que la passion du Yéti se rapprochait fortement du fétichisme. Lorsque le Yéti l’avait menacé, lui ordonnant de plonger de nouveau pour rechercher une version alternative de Deirdre des Beach Boys, le Plongeur avait vu rouge.
L’âge d’or de la pop musique, c’est une chose merveilleuse, dont il faut savoir abuser avec modération.

 

Le Plongeur referme son carnet, avec la satisfaction du devoir accompli. Pouvait-on lui reprocher de ne pas faire le job à bord du Sous-Marin Jaune ? Certainement pas. Au même moment, il se souvient que Ciccio n’a pas quitté sa cabine.
Il se retourne et aperçoit le matelot, plongé dans un sommeil agité. Les yeux fermés, il marmonne des propos incohérents. De temps à autres, le Plongeur distingue les termes « ukulélé » et « rock star ».
A quoi rêve-t-il ?

 

La suite au prochain épisode du périscope…

---------------------
Fantasio

La Musique du Routard

28 mars 2011

 

Périscope #55

Périscope #55

Le Yéti a pris exceptionnellement une semaine de vacances laissant à Ciccio et Fantasio le soin de piloter avec hardiesse le Sous-Marin Jaune. A son retour, le gros velu est tout excité de retrouver ses comparses, surtout après le désert musical qu’il a traversé.
En effet, si la destination choisie par le Yéti lui a bien apporté satisfaction pour le soleil et le repos, on ne peut pas en dire autant pour la musique où il n’y avait rien de bien excitant à se mettre sous la dent.
Le Yéti a manqué de sagacité, car voilà un sujet à ne pas prendre à la légère : quelle musique doit on choisir lorsqu’on part en vacances ? Doit on se forcer à écouter les radios locales pour être dans l’ambiance ? Doit on partir avec une sélection de CDs en rapport avec la destination choisie ? Doit on forcément écouter Jean-Louis Murat quand on part en Auvergne ou les Fleet Foxes lorsque l’on traverse le grand Ouest américain ?
Les 3 matelots vous donnent leurs préférences.

 

 

 

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Doit on écouter The Carter Family dans les campagnes américaines...

Ciccio a envie de rire devant la naïveté, pourtant légendaire, du Yéti. Mais merde, ÉVIDEMMENT qu’un voyage, ça se prépare musicalement ! La sélection musicale doit même être le PREMIER élément auquel on doit accorder de la réflexion, car il ne faut jamais, au grand JAMAIS, laisser les locaux vous imposer leur musique (surtout quand on part dans le pays du Zouk, Yéti…).
Chez Ciccio, tout est bien huilé : tandis que sa douce moitié étudie les guides culturels et prépare les excursions, balades et visites, lui s’imprègne des paysages, de la culture, de l’histoire, et en produit une liste d’albums à jouer à des moments précis du voyage.
Le meilleur exemple est le road trip qu’ils ont fait en 2009, parcourant 10 000 kilomètres à travers 14 états des Etats-Unis. Chaque paysage ou lieu avait sa musique : Moriarty ou Ray Lamontagne dans les grandes plaines du Dakota, la bande originale du Seigneur des Anneaux sur le crépuscule des fumées de Yellowstone, Calexico dans Joshua Tree, la bande originale de The Straight Story au milieu des champs de l’Iowa, The Carter Family dans les villages paumés du Kansas et, moment sublime et flippant à la fois, Ennio Morricone lors de la traversée de la Death Valley.
Non seulement le mélange des paysages et de la musique garantit un voyage inoubliable, mais en plus les émotions ressurgissent, intactes, lors de la ré-écoute de ces morceaux, longtemps après.

 

 

 

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

... ou de la musique folklorique egyptienne au Caire...

En matière de voyages, le Yéti fait tout le contraire de Ciccio. En effet, le Velu aime bien être surpris et c’est pour cela qu’en vacances, s’il part dans une contrée nouvelle, il emporte rarement de la musique, préférant miser sur la découverte.
Cela lui a parfois réussi (il garde d’excellents souvenirs musicaux en Afrique notamment) et parfois moins comme en Australie où les radios locales dégueulaient un rock FM épouvantable obligeant, lui et sa sœur, à aller acheter dans une grande surface quelques disques plus délicats dont le méconnu (et très bon) Pocket Symphony de Air. En règle général, le Yéti aime donc se la jouer couleur locale car il se dit que quitte à découvrir un pays, autant le faire à fond. Manger de la tête de poisson au son de la Kora, oui. Découvrir le Wadi Rum au son de Noir Désir, non !
Et le Yéti de se rêver Marco Polo de la musique à chaque fois qu’il a la chance de partir à l’étranger, espérant surprendre ses amis à son retour en mettant un disque de musique folklorique égyptienne sur sa platine, disque qui ira moisir au fin fond de sa discothèque ensuite, car c’est bien connu : les souvenirs de vacances finissent forcément dans une boite en carton au fond d’un placard.

 

 

 

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

... ou Milton Nascimento au Brésil ?

Fantasio écoute ses amis avec attention, enfin surtout Ciccio, cette fois-ci, puisque ses propos l’interrogent. S’il admire des groupes comme Calexico qui parviennent à innover tout en recyclant un certain folklore, pour Fantasio tout cela relève de l’imaginaire et du fantasme. Malgré son goût pour les voyages, il n’a pas parcouru tous les continents, se contentant de l’Afrique et de l’Amérique du Nord. C’est donc logiquement qu’il a découvert (comme tout le monde) des pays comme le Brésil à travers leur musique, avec ou sans clichés, merci Caetano Veloso et Milton Nascimento. Mais écouter de la musique mexicaine en visitant les pyramides aztèques ? Non, Fantasio ne s’imagine pas une seule seconde préparer un voyage en programmant la bande sonore qui va bien (on parle bien de voyage à l’étranger, pas de congés payés en bord de mer), et il ne s’est jamais posé la question. Pourquoi essayer de superposer l’imaginaire au réel ? Le voyage c’est donc l’abandon de son attirail habituel : son téléphone mobile, et donc la musique qu’il contient. Mais, en écoutant le récit de Ciccio, il se met à imaginer ce que pourrait donner son prochain départ à Chypre sur fond de musique folkorique

 

 

 

Vers une overdose de Folk ?

7 mars 2011

 

Périscope #52

Périscope #52

Le Yeti est malade. Couché au fond de son lit. Le médecin lui a diagnostiqué une Folkïïte aigüe, c’est-à-dire un abus de Folk Music. Il faut dire que depuis trois ans, le Yéti a ingurgité quantité d’albums à base de guitares sèches, qu’il en a aimés beaucoup, mais qu’aujourd’hui, alors que pleins de groupes français se rêvent Cocoon à la place de Cocoon, et que Pitchfork nous vend chaque jour un barde différent, il vient de choper une crise de foie et a l’impression d’avoir fait le tour du genre. Bien sur, à bord du Sous-Marin Jaune, ce ras-le-bol ne doit certainement pas être partagé par Ciccio (s’il devait rester un fan de folk sur Terre, ce serait lui), mais le Yéti se demande si Ciccio arrive toujours à prendre du plaisir en découvrant un nouvel artiste folk ? N’a-t-il pas l’impression de tourner en rond ? Fantasio est-il du même avis que le Yéti, lui qui aime tant la pop et qui déteste les effets de mode ? La folk lui donne t-elle l’impression de se mordre la queue ?

 

 

Les chouchous Folk du moment de Ciccio : Band of Horses

Les chouchous Folk du moment de Ciccio : Band of Horses

Ciccio trouve la question du Yéti amusante car, pas plus tard qu’il y a dix jours, lors du concert inoubliable (et le mot est affreusement faible) de Band Of Horses auquel il assistait, en écoutant les toutes premières notes du groupe en première partie, dont le chanteur s’accompagnait d’un harmonica et d’une guitare en bois, Ciccio se disait la chose suivante : « c’est fou, mais dès qu’on me met un harmonica et une guitare en bois sur une mélodie un tant soit peu potable, je suis conquis ».
Il est vrai que les groupes reprenant cette formule sont légion depuis quelques années. Ciccio pense pouvoir dater sa conversion de la musique pop britannique à la folk américaine aux environs du changement de siècle (donc 2000 pour 99% des gens, et 2001 pour les pointilleux). Si sa soif de folk ne s’est jamais tarie depuis, s’enrichissant de tous les courants cachés derrière ce simple mot (country, blues, soul, americana, rock sont quelques exemples de variations de la folk), une question le taraude depuis dix ans : Ciccio écoute-t-il beaucoup de folk parce qu’il s’est plongé corps et âmes dans ce style, ou bien a-t-il simplement succombé à la mode ? En d’autres termes, y avait-il dans les années 1990 autant de groupes de folk que dans les années 2000 ?
Ciccio n’en sait rien, remarquant au passage que les artistes phares de sa discographie folk contemporaine (juste histoire d’exclure les monstres sacrés des années 1960-70) se situent dans les années 2000 (4271 morceaux étiquetés Folk depuis 2000 dans l’iPod de Ciccio, contre… 257 pour les années 90) : Denison Witmer, Alela Diane, Andrew Bird, Herman Düne, Calexico, La Maison Tellier, Micah P. Hinson, Moondoggies, Band Of Horses, et bien évidemment le grand, le beau, le seul et l’unique Ray Lamontagne.

 

 

Mais ce Barbu là colle des boutons à Fantasio

Mais ce Barbu là colle des boutons à Fantasio

En évoquant la folk, ou plus généralement, les artistes et les albums évoqués par Ciccio, le Yéti tend une perche à Fantasio. Dans folk, il y a à la fois l’idée d’une musique qui ne change pas beaucoup (plutôt traditionnelle) et la définition d’un style intemporel. Car s’il y a bien un paradoxe avec la folk, c’est que l’on parle ici de mode alors que le genre évoqué n’est pas vraiment lié à une époque. Cela dit, si Fantasio n’aime pas trop faire rentrer les disques dans des cases, il n’aime pas le côté caricatural de nombreux musiciens associés à ce qu’on appelle ici la folk. Les exemples qui lui viennent le plus naturellement sont le hirsute Devendra Banhart et la stridente Joanna Newsom, deux énergumènes qu’il imagine sortis d’un sketch parodique. Mais, pour chaque exemple horripilant, il peut trouver des candidats beaucoup plus supportables/talentueux, certains sortis du bestiaire folk de Ciccio. Enfin, il ne peut évoquer cette tendance durable sans souligner la complaisance d’un genre dans lequel il est facile de se lancer (une barbe + une guitare en bois + une voix de chèvre = un disque) comme de se plonger (en bon et sage trentenaire, on y retrouve vite ses repères sans risquer le traumatisme auditif). Évidemment, on pouvait dire la même chose du retour du rock il y a 10 ans. Ceux qui parviennent à sortir du lot ont donc d’autant plus de mérite !

 

 

Espers, le groupe folk préféré du Yéti

Espers, le groupe folk préféré du Yéti

Pour le Yéti, Fantasio a mis le doigt sur ce qu’il reproche au Folk ces derniers temps: une tendance à la caricature et à l’imitation timorée des œuvres de Nick Drake ou de Bob Dylan. De nombreux albums folk lui semblent interchangeables, sans une réelle personnalité, et il ne sait plus trop si c’est Bon Iver qui chante sur tel disque ou Conor Oberst. Vous lui rétorquerez qu’avec une guitare et un harmonica, il est normal de ne pas être très original, mais justement, c’est ce qui gêne le Yéti aujourd’hui: à quoi bon écouter une énième chanteuse de folk lorsque tout lui semble avoir été dit dans les années 60-70.
Finalement aujourd’hui, les disques de folk que le Yéti aime le plus sont ceux qui empruntent des chemins de traverse comme les disques d’Espers (car, non, ce folk n’a rien à voir avec la folk anglaise des années 70), ou alors l’electro-folk, sous-genre puant l’arnaque sur le papier, mais se révélant finalement assez fascinant (The Rip de Portishead étant un bel exemple).

 

Cela étant dit et comme le suggérait Fantasio, si le Yéti remplace le mot Folk par Rock ou Pop dans cet article, il s’aperçoit que les arguments cités par ses camarades restent valables et que le musique n’est bien qu’un perpétuel recommencement. Peut-être même pire pour le Rock, genre momifié par excellence ?

 

 

Le Sous-Marin Jaune et la Musique Folklorique

20 septembre 2010

 

Périscope #30

Périscope #30

« « YOUHOUHHHHHHHHHHHHHH !! Y’A QUELQU’UN ???  »
On reconnaît un Yéti à sa discrétion, c’est sa marque de fabrique. Le Yéti est donc revenu dans le Sous-Marin Jaune, après une semaine à roucouler avec sa douce à Malte, très jolie petite île méditerranéenne que les crétins balaient à tort d’un revers de la main (« Pffff, Malte ??? Rien à Fout’ là-bas !! C’est un tas de ruines ! »). Tant mieux les gars, restez à Agadir ou à St Tropez, on n’a pas besoin de vous à La Valette.
Le Yéti retrouve ses deux comparses dans la salle à manger du submersible et après les effusions d’usage (« Rhooo, le Yéti, tu es encore plus poilu qu’avant, non ? »), il part tout excité vers la chaine hi-fi et rugit : « Les gars : écoutez ce que je vous ai ramené de Malte : de la musique FOLKLORIQUE MALTAISE !! Y’a de la mandoline, c’est E-X-T-R-A !! ». Et le Yéti de faire hurler les enceintes avec une bonne soupe pour touriste de synthés cheaps, de chants stridents et de la dite mandoline désaccordée. Caramba, encore raté !
Mais prévisible en fait. La Musique Folklorique, c’est forcément insupportable à écouter, non ? Qui écoute réellement la musique des Derviches Tourneurs chez lui ? Faut il assassiner tous les joueurs de cithare et de marimba de part le monde ? Le Reggae est-il devenu une musique folklorique jamaïcaine ?

 

 

Le Yéti n'aime pas les Fest-Noz

Le Yéti n'aime pas les Fest-Noz

C’était sur une petite place à La Valette, un vieux moustachu grattait quelques notes sur une vieille mandoline, il faisait bon, le Yéti avait aimé cet instant fugace et avait voulu recréer la grâce de ce moment avec ce CD des meilleurs chants folkloriques maltais.
Mais le folklore ne survit pas à un déracinement. Dans le Sous-Marin Jaune, n’importe laquelle des musiques folkloriques sonnerait comme un truc kitsch, ou pire comme soi-disant de la world music tout juste bon à figurer dans une compilation Café Costes.
Le Yéti pense du coup qu’on ne peut apprécier des musiques ou chants traditionnels que sur place, dans le pays d’origine où ils sont joués. Ok, c’est très contraignant, un peu triste, mais sincèrement, il y a toujours eu un coté pathétique à vouloir recréer un immense Fest-Noz à Paris ou écouter coûte que coûte des chants basques dans un TER miteux qui vous emmène sur votre lieu de travail.

 

... ni les chants corses...

... ni les chants corses...

Quand il aperçoit les CD folkloriques du Yéti, Fantasio est très partagé. Sa première réaction est de prendre la main du Yéti et de partir dans une danse maltaise, de se laisser emporter par l’énergie primitive de son ami. Mais, tout bien réfléchi, il se dit qu’il aurait eu la même réaction affectueuse, quelle que soit la musique rapportée par le Poilu. Une triple compilation de musique Cajun ? C’est parti mon kiki ! Un greatest hits des polyphonies corses ? Si le Yéti n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Sans lui, Fantasio se souvient qu’il est méchant et qu’il déteste les étiquettes, les genres musicaux, les dossiers dans lesquels on classe la musique. Comment supporter une musique qui se cantonne à un rôle très précis dès le départ ? Non, nous n’utiliserons pas d’autres instruments que le genre musical que nous avons choisi. Non, nous ne sortirons jamais du cadre très strict que nous imposons. Programme prévisible et chiant en perspective.
A cet instant, Fantasio se tourna vers Ciccio : son ami allait-il lui répliquer que ce cadre est une contrainte très propice à la créativité ?

 

... Mais comme Ciccio et Fantasio, il aime Beirut.

... Mais comme Ciccio et Fantasio, il aime Beirut.

Ciccio se laissa le temps de la réflexion. Au départ il avait voulu remercier Fantasio de penser à sa place, réduisant la profonde et prolixe parole de Ciccio à une vague référence à la littérature expérimentale qui lui est si chère.
Mais si Ciccio a mis du temps à réagir, c’est qu’il a un rapport très compliqué à la musique folklorique. Par défaut, il est attiré par elle, et il n’aime rien moins que de faire comme le Yéti, à savoir revenir d’un voyage avec de la musique du cru. Cependant, il se rend compte que ce qu’il aime le plus, c’est le mélange.
Calexico prend les mariachi, la country, et modernise le tout et c’est fantastique. Beirut fait pareil avec la musique d’Europe de l’est, ou encore Janet Klein avec la musique occidentale des années folles.
Bref, « Touche pas à mon folklo », a envie de crier Ciccio, se posant en adepte du mélange.

 

 

Les Coups de Coeur de l’été du Sous-Marin Jaune

28 juin 2010

 

Périscope #24

C’est officiel, c’est l’été. Le Yéti n’aime pas cette saison. Elle rime avec grosse chaleur, coups de soleil, mecs en marcel, short et tongs, Tour de France, et insupportables tubes de l’été. Du coup, le Yéti est à deux doigts de la déprime et il le sait, son seul moyen pour passer ces mois difficiles sera la consommation à haute dose de musique. Oui, mais quoi ? De la Sunshine Pop ? Du Folk gracile ? De la Power Pop énergique ? De l’Electro dansante ?
Indécis, le Yéti convoque Ciccio et Fantasio immédiatement pour connaître leurs coups de cœur du moment.

 

 

Calexico - The Black Light

Calexico - The Black Light

Fantasio se reconnait complètement dans le vocabulaire et les termes utilisés par le Yéti. Un bon gros coup de soleil, quelques coups de gueule à pousser, mais le coup de cœur de l’été n’est pas encore là – il faut dire que la saison ne fait que commencer. Si Fantasio a des souvenirs d’albums écoutés en boucle tout l’été, il n’est pas si fréquent qu’un album colle avec l’ambiance moite et chaude qu’il accompagne : ce fut le cas du Black Light de Calexico il y a maintenant une éternité. En 2010, Fantasio se surprend à réécouter le plan marketing électro de Uffie, mais ce n’est pas encore le tube de l’été, tout juste un coup de chaud, des rythmes (le Yéti parlerait sans doute plutôt de bon gros beats) chaloupés de saison. Conseil : si votre album de l’été n’est pas arrivé et que vous ne connaissez pas cet opus de Calexico, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 

The Drums - The Drums

The Drums - The Drums

Le gros coup de cœur du moment pour le Yéti est le pétulant premier album des new-yorkais de The Drums. Vous connaissez tous l’amour immodéré du Yéti pour les Beach Boys ( à propos, réécoutez bien Holland, album sous-estimé des garçons de la plage, un must pour cet été). Et du coup, lorsque de jeunes freluquets s’amusent aujourd’hui à revisiter les thématiques de la Sunshine Pop (Soleil, Bagnoles & Filles), et à mettre des guitares surf sur des boîtes à rythme new-wave digne de New Order, le Yéti a les poils qui frétillent, l’œil humide et un large sourire scotché sur son visage.
Bien sur, Let’s go Surfing est un tube ENORME, digne de Peter, Bjorn & John, mais le reste est au diapason, notamment Me and The Moon avec sa guitare à la Siouxsie and the Banshees. Sur que Brian, Carl et Dennis auraient aimé cette pop sans grande prétention mais radieuse, qui fait la fête, avec des refrains en or massif.
C’est évident, le Yéti sait déjà qu’il prolongera son été indien avec The Drums.

 

Allo Darlin'

Allo Darlin'

Fidèle à des techniques d’investigation tellement pointues qu’elles feraient pâlir d’envie les mecs de la série Les Experts, Ciccio s’est immédiatement jeté sur son iPod pour répondre à la question du poilu du Sous-Marin. Grâce à ses listes de lecture savamment composées et améliorées au fil des ans, il est capable en l’espace de quelques secondes d’avoir une vue panoramique des derniers groupes écoutés et appréciés (une vue 360, comme disent les marketeux).
Stanley Brinks, Karen Elson, Hey Hey My My ou Club 8 figurent dans ces listes, mais c’est un autre groupe qui attire son œil. Il s’agit d’une découverte toute récente, d’un premier album co-écrit par deux anglais et deux australiens. Ils jouent de la musique simple, joyeuse, ensoleillée – c’est la définition même de la Twee pop, dont ce groupe est un solide représentant.
Cet été, donc, Ciccio vous encourage à être plus aventureux que le Yéti et moins nostalgique que Fantasio, et d’écouter Allo Darlin’ !

 

 

---------------------
Le Yéti