Aimez vous Brahms ?

24 janvier 2011

 

Périscope #47

Périscope #47

Cette semaine, profitant d’une escale à Paris (oui, le sous-marin jaune peut naviguer sur la Seine), le Yéti est allé voir Nikolai Lugansky jouer du Schumann, du Brahms et surtout du Chopin. Le concert fut magnifique et le Yéti s’est surpris à siffloter une polonaise toute la soirée.
Finalement tout ceci n’est pas très surprenant puisque la musique dite classique aujourd’hui était certainement le rock’n’roll des siècles précédents.
Curieux, le Yéti se demande si ses comparses sont eux aussi sensibles à la musique classique, s’il y a un auteur qu’il vénère, et si la musique classique, on y vient que quand on vieillit parce que quand on est ado, c’est la musique qu’écoutent nos parents, et ça, c’est pas punk du tout.

 

 

Le truand André Rieu

Le truand André Rieu

Fantasio imagine la scène avec un plaisir certain : le Yéti, Ciccio et Fantasio assistant à un concert de musique classique. Une situation incongrue à plus d’un titre : Il faudrait déjà que les 3 comparses parviennent à passer les services de sécurité. Ensuite, Ciccio s’endormirait au bout de quelques minutes, pendant que Fantasio ferait semblant d’écouter attentivement l’orchestre. Enfin, le Yéti se ferait remarquer d’une manière ou d’une autre, par un rire nerveux ou un grincement de dents, avant de quitter la salle en hurlant que André Rieu est beaucoup plus rock’n'roll que tout ça. Non, décidément, le sous-marin jaune n’est pas bien placé pour parler de musique classique en dehors des expérimentations des Beatles.

 

 

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Erik Satie, que le Yéti kiffe grave

Le Yéti regarde Fantasio et sourit. Effectivement, il n’est pas très qualifié pour parler de musique classique : il n’y connaît rien en solfège et autres signes kabbalistiques qu’on trouve sur une portée. Pourtant, le Yéti est venu à la musique classique par la Pop. Avant, il exécrait toutes ces symphonies ou opéras qui le gonflaient royalement. Et puis il a découvert les arrangements pour cordes de l’immense Van Dyke Parks pour les Beach Boys, a aimé le coté symphonique des albums de Scott Walker, et finalement s’est retrouvé avec des disques de Grieg ou de Schubert dans sa discothèque. Aujourd’hui, le Yéti met même Erik Satie sur le même piédestal que Brian Wilson ou Paul McCartney : des virtuoses de la mélodie, du gimmick qui tue, d’une sensibilité qui vous touche durablement. Comme quoi, tout arrive.

 

 

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !

Pour Ciccio, la musique classique, c’est un peu comme le jazz : plein de noms qu’il ne connaît pas, des possibilités qui paraissent infinies, un monde totalement nouveau à explorer… Il subsite malgré tout une attirance forte : dès qu’il a la chance d’en écouter un peu (ce qui reste très rare), Ciccio prend beaucoup de plaisir, et se promet d’explorer le compositeur dont on lui dit le nom, nom qu’il oublie au bout de quelques minutes hélas.
Il ne lui reste alors plus qu’à rentrer chez lui et à mettre le Concerto pour Clarinette de Mozart, encore un morceau découvert « par hasard », dans l’énorme Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier.
Ciccio a vu au moins 150 fois la scène inoubliable dans laquelle Dewaere et Depardieu forcent Serrault à écouter Mozart. Il rêverait de pouvoir faire la même chose au sein du Sous-Marin : Ciccio Dewaere et Fantasio Depardieu en train de maltraiter Yéti Serrault afin de lui faire entendre raison à propos de Bob Dylan :
Yéti : Je tiens à vous dire qu’il est 5h du mat, et que demain je me lève tôt pour aller travailler à la banque, donc vous allez couper votre zinzin, sinon j’appelle les flics !
Ciccio : Toi tu vas venir écouter Bob Dylan avec nous !
Yéti : Mais je m’en fous de Bob Dylan, je l’emmerde Bob Dylan, moi.
Ciccio : Dis pas du mal de Bob Dylan, parce que c’est mon pote !
Fantasio : Ferme ta gueule, et ouvre tes oreilles…

 

 

Le Gimmick selon The Left Banke

20 novembre 2010

Le

Le Sonar #2

Ce week-end, le Yéti nous propose un nouveau Gimmick, et on ne va pas s’en plaindre. Ne craignez rien, The Left Banke n’est pas un collectif de dangereux gauchistes est allemands, mais bien un de ces groupes pop des années 60 aujourd’hui hélas oubliés.
Allez Yéti, montre nous ce qu’ils ont dans le bide !

 

 

Lorsque vous demandez à un fan de Pop son disque préféré de tous les temps, il vous répondra invariablement Pet Sounds des Beach Boys ou Revolver des Beatles. Pourtant intérieurement, ce petit cachotier pensera « Pffff, foutaise ! Le plus grand disque de pop du monde de la galaxie de l’univers, c’est le premier album des Left Banke ».

 

Et il aura bien raison.

 

Groupe hélas méconnu... la faute à leur look ?

Groupe hélas méconnu... la faute à leur look ?

Entre 1966 et 1969, Les Left Banke ont publié deux fantastiques albums de pop baroque où Michael Brown, auteur compositeur du groupe, se révèle être un immense génie, pas loin de Brian Wilson ou Curt Boettcher.
Pour vous en assurer, ruez vous sur l’intégrale du groupe, There’s Gonna Be A Storm, où aucune des 26 chansons n’est à jeter.

 

Et ce n’est certainement pas le cas de I Haven’t got the Nerve, un petit bijou de power pop, porté par un gimmick au clavecin trois étoiles.

 

La première fois que j’ai entendu cette chanson, j’ai dû me la passer 10 fois de suite tant je trouvais ce gimmick efficace et percutant. De plus, la majorité des chansons pop de l’époque (nous sommes en 1966) sont articulées autour d’un riff de guitares ou d’un accord de piano. Et bing, là, les Left Banke déboulent avec cette petite suite entêtante au clavecin, et c’est l’extase. Foutrement original et totalement addictif. Ecoutez donc :

 

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Ah ah, mais oui, il est terrible ce morceau ! D’ailleurs, je ne suis pas le seul à trouver ce morceau génial. Le grand Lou Barlow par exemple a samplé ce gimmick pour son excellent Natural One, titre phare de son groupe récréatif The Folk Implosion.

 

Pardon ? Mais oui, cliquez à nouveau sur le bouton PLAY du player, je vois bien que vous ne pouvez plus résister !

 

 

Si vous aussi vous pensez à un gimmick (un riff, quelques notes de trompettes, des clappements de main, un sifflotement…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

The Beach Boys et Nada Surf en vue !

15 septembre 2010

Pulp comparé à The Kinks

La Vigie #26

A l’occasion de la rentrée, la Vigie souhaite élargir encore un peu plus son champ d’exploration des semblables. Après les artistes sosies, les accords sosies, les thématiques de morceaux sosies, la Vigie vous propose aujourd’hui d’inaugurer la série des faux-sosies.

 

Les faux-sosies sont à la chanson ce que l’homonyme est à la grammaire, et le faux-ami à la traduction : une indication dans une mauvaise direction. Cette série consistera donc à prendre deux morceaux ayant exactement le même titre, mais sonnant complètement différemment, car joué par deux artistes différents.
La condition sine qua non de ce choix sera l’amour que la Vigie porte aux les titres évoqués (ça semblait évident mais ça va mieux en le criant).

 

Le titre choisi aujourd’hui est on ne peut plus de circonstances : Do It Again (que l’on pourrait traduire pour les anglophobes et Yétis de ce monde par « Recommence », ou « Refais-le » ou encore, pour ceux que la Coupe du Monde de football n’a pas dégoûté définitivement de Nicolas Anelka, par « On r’met ça », tout en se tapant fièrement le côté gauche de la poitrine avec la main droite).

 

Au départ, Do It Again, c’est un titre du groupe préféré de tous les temps du Yéti (dingue comme on ne fait que parler de lui pendant son absence cette semaine), The Beach Boys :

 

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On donne quelle note à cet album ?

On donne quelle note à cet album ?

Ce morceau est issu du l’album 20/20, un album post Smile, donc post pétage de plombs de Brian Wilson. Pourtant, et même si ce dernier ne figure pas sur la pochette de l’album, il aurait composé la mélodie (le prématurément dégarni Mike Love écrivant les paroles). Ce n’est pas un morceau anodin, et ce pour deux raisons au moins.
La première, c’est qu’il marquait un retour au travail après une longue période d’inactivité (sans Brian, un peu « parti », c’est tout de même plus dur d’écrire de la musique), et que ce retour a eu lieu chez Brian lui-même.
La seconde, c’est qu’il signalait un revival du « son » Beach Boys (par « son » Beach Boys, la Vigie entend bien évidemment le style qui les a fait connaître, basé sur une architecture ultra pop et des mélodies vocales fabuleuses).
C’est un morceau un peu bâtard, certes, mais terriblement bien fichu, et qui donne beaucoup de plaisir aux oreilles.

 

Mais Do It Again, c’est aussi une excellente chanson de leurs très sous estimés compatriotes de chez Nada Surf :

 

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Meilleur morceau de l’album The Weight Is A Gift (album compliqué car situé immédiatement après l’énorme Let Go, mais très bon album malgré tout), Do It Again est du pur Nada Surf (pas de retour vers la source chez eux : ils ne l’ont jamais vraiment quittée), avec batterie basico-efficace, guitare jamais trop lourdingue, mélodie vocale impeccable et (surtout) choeurs au diapason.

Pochette pourrie mais grand album

Pochette pourrie mais grand album

Le twist de la chanson, ce qui fait qu’elle explose en comparaison du reste de l’album, c’est le pont final, qui démarre au bout de 2m20. Au départ, rien de particulier : on est dans la même configuration du premier pont de 1m30 (« I spent all my energy… »).

 

Mais les choses s’accélèrent, nos sens sont mis à rude contribution dès 2m50 de morceau, moment où nous atteignons son apogée, avec une combinaison paroles pas si cons / mélodie vocale parfaite qui file des frissons à la Vigie rien qu’en l’évoquant, et qui boucle la boucle en évoquant le titre de l’album (ce qui est souvent le cas pour le meilleur morceau d’un album) :
Maybe this weight was a gift
Like I had to see what I could lift

 

Avec derrière les wouhouhouhou et la reprise du « I spent all my energy… », nous assistons purement et simplement à 40 secondes de bonheur parfait. La chanson se termine d’ailleurs là-dessus, il eut été stupide et vain d’essayer de mettre quoi que ce soit après.

 

Tout comme il semble assez stupide et vain d’essayer de trouver une fin à cet article, même si c’est précisément ce que la Vigie, dont le mot défi réveille tous les muscles qu’il lui reste, va tenter de faire devant vos yeux ébahis et admirateurs, en racontant qu’elle a trouvé dans sa discothèque deux autres titres qui auraient pu figurer dans cet article : Do It Again de la superbe Sarah Vaughan et le Royorbisonien If I Could Do It Again de Findlay Brown.

 

 

Si vous aussi vous voyez des sosies partout (artistes, pochettes, chansons…), n’hésitez pas à en faire part à la Vigie du Sous-Marin Jaune, ou à le mettre dans un commentaire.

 

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Ciccio

Je n’aime pas… les sempiternelles comparaisons aux Beach Boys

4 mars 2010

Tout le monde ressemble aux Beach Boys

Torpille #4

Je n’aime pas… les sempiternelles comparaisons aux Beach Boys. Je parle évidemment des analogies classiques reprises régulièrement par la critique rock (le critique rock français adore les étiquettes), mais aussi par les webzines, par la blogosphère et tout ce qui est capable d’émettre un avis critique sur la musique (c’est-à-dire n’importe qui), y compris l’équipage du Sous-marin jaune.

 

Certes, la critique musicale est un exercice aussi balisé de clichés que le rock, et la chronique web ou papier se doit d’évoquer un album ou un artiste de la façon la plus précise et imagée possible. Je m’appuie sur l’exemple des Beach Boys (cf les « harmonies vocales » de Gigi), parce que c’est probablement le groupe « classique » le plus cité par la critique rock, parce que -j’imagine- c’est à la fois moins « bateau » que les Beatles, et moins obscur que Left Banke pour le grand public.

 

Ce type de comparaisons souffre d’au moins deux défauts rédhibitoires :
1/ c’est profondément déceptif de comparer le tout venant aux Beach Boys (meilleur groupe du monde de tous les temps après XTC). Oui, certaines chansons des Shins rappellent furieusement certaines chansons du groupe de Brian Wilson. Mais 95 % des comparaisons concernent des albums qui ne possèdent pas l’ombre du génie des Beach Boys – si le génie, même dans l’art mineur qu’est la pop, était une chose courante, ça se saurait. Je parle ici des Garçons de la plage, mais je me souviens d’une époque ou un nouvel album sur deux était comparé à Radiohead, autre grand classique des comparaisons à la noix.

 

2/ c’est faire preuve d’un manque d’imagination indécrottable (je sais de quoi je parle, je suis passé par là).

Les Beach Boys, encore eux

Les garçons de la plage

Quand je lis la chronique d’un album que je ne connais pas, je n’ai en général pas eu l’occasion de l’écouter, j’ai donc envie d’imaginer ce à quoi l’album pourrait ressembler, ou envie d’avoir envie d’écouter l’album, en fonction des indications données par la chronique. J’en suis venu à repérer, avant de lire une chronique, les noms des artistes cités. En fonction des noms cités, je prends le temps ou non de lire la chronique, et de trouver un moyen d’écouter un extrait de l’album en question. C’est un peu triste, mais ces comparaisons ne sont rien d’autres que des tags qui permettent au lecteur de s’y retrouver en tant que « consommateur de musique ».

 

Comparer un groupe au Beach Boys, c’est finalement (et ce n’est probablement pas le meilleur hommage à rendre aux Wilsons & Friends) choisir un dénominateur commun. Si « ça » ressemble aux Beach Boys, on sait au moins que ça ne ressemble pas à Beyoncé ou à Bénabar, pour citer deux artistes évoluant dans des catégories différentes mais placés à la même lettre de l’alphabet. A moins que…

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Fantasio