Aimez vous Brahms ?
24 janvier 2011Cette semaine, profitant d’une escale à Paris (oui, le sous-marin jaune peut naviguer sur la Seine), le Yéti est allé voir Nikolai Lugansky jouer du Schumann, du Brahms et surtout du Chopin. Le concert fut magnifique et le Yéti s’est surpris à siffloter une polonaise toute la soirée.
Finalement tout ceci n’est pas très surprenant puisque la musique dite classique aujourd’hui était certainement le rock’n’roll des siècles précédents.
Curieux, le Yéti se demande si ses comparses sont eux aussi sensibles à la musique classique, s’il y a un auteur qu’il vénère, et si la musique classique, on y vient que quand on vieillit parce que quand on est ado, c’est la musique qu’écoutent nos parents, et ça, c’est pas punk du tout.
Fantasio imagine la scène avec un plaisir certain : le Yéti, Ciccio et Fantasio assistant à un concert de musique classique. Une situation incongrue à plus d’un titre : Il faudrait déjà que les 3 comparses parviennent à passer les services de sécurité. Ensuite, Ciccio s’endormirait au bout de quelques minutes, pendant que Fantasio ferait semblant d’écouter attentivement l’orchestre. Enfin, le Yéti se ferait remarquer d’une manière ou d’une autre, par un rire nerveux ou un grincement de dents, avant de quitter la salle en hurlant que André Rieu est beaucoup plus rock’n'roll que tout ça. Non, décidément, le sous-marin jaune n’est pas bien placé pour parler de musique classique en dehors des expérimentations des Beatles.
Le Yéti regarde Fantasio et sourit. Effectivement, il n’est pas très qualifié pour parler de musique classique : il n’y connaît rien en solfège et autres signes kabbalistiques qu’on trouve sur une portée. Pourtant, le Yéti est venu à la musique classique par la Pop. Avant, il exécrait toutes ces symphonies ou opéras qui le gonflaient royalement. Et puis il a découvert les arrangements pour cordes de l’immense Van Dyke Parks pour les Beach Boys, a aimé le coté symphonique des albums de Scott Walker, et finalement s’est retrouvé avec des disques de Grieg ou de Schubert dans sa discothèque. Aujourd’hui, le Yéti met même Erik Satie sur le même piédestal que Brian Wilson ou Paul McCartney : des virtuoses de la mélodie, du gimmick qui tue, d’une sensibilité qui vous touche durablement. Comme quoi, tout arrive.

Dis pas du mal de Mozart, parce que c'est mon pote !
Il ne lui reste alors plus qu’à rentrer chez lui et à mettre le Concerto pour Clarinette de Mozart, encore un morceau découvert « par hasard », dans l’énorme Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier.
Ciccio a vu au moins 150 fois la scène inoubliable dans laquelle Dewaere et Depardieu forcent Serrault à écouter Mozart. Il rêverait de pouvoir faire la même chose au sein du Sous-Marin : Ciccio Dewaere et Fantasio Depardieu en train de maltraiter Yéti Serrault afin de lui faire entendre raison à propos de Bob Dylan :
Yéti : Je tiens à vous dire qu’il est 5h du mat, et que demain je me lève tôt pour aller travailler à la banque, donc vous allez couper votre zinzin, sinon j’appelle les flics !
Ciccio : Toi tu vas venir écouter Bob Dylan avec nous !
Yéti : Mais je m’en fous de Bob Dylan, je l’emmerde Bob Dylan, moi.
Ciccio : Dis pas du mal de Bob Dylan, parce que c’est mon pote !
Fantasio : Ferme ta gueule, et ouvre tes oreilles…













