Le Sous-Marin Jaune se cherche un manager
12 avril 2010La semaine dernière, le gotha branchouille de la musique pleurait des larmes de crocodiles : Malcolm Mc Laren, l’homme qui avait créé les premiers boys bands punk avec les New York Dolls et les Sex Pistols, avait passé l’arme à gauche.
Un type bizarre, le Malcolm. Un dandy anglais qui nous a fait prendre Sid Vicious pour un génie de la musique. Chapeau Malcom, vous avez été un roi de la communication et du marketing en fait.
Et le Yéti de se demander si en musique, tous les producteurs ont été aussi cyniques que Malcolm. Si par essence, un manager n’est juste bon qu’à piquer l’oseille du groupe et à lui faire faire les pires conneries pour être sûr de vendre du skeud…
Damned et triple fuck, le Yéti est troublé. Il bondit hors de sa caverne (oui, la cabine du Yéti dans le Sous-Marin Jaune ressemble à une grotte) et choppe Ciccio qui prenait sa douche tranquillement et Fantasio qui sirotait un Pimm’s sur le pont pour leur poser la question.
« Quoi ? Tu dis quoi ? Yéti ? Le rôle du…? MANAGER ? Merde, tu vois pas que je suis sous la douche ?! Mais enlève les poils de tes yeux et ouvre les, bordel. Oui, je suis sous la douche, et je vous emmerde, toi et ton manager à la con – tiens, tu veux pas me passer le savon, là, sur le lavabo ? Non, pas celui-là, à gauche là, non, att… celui… à gauche A GAUCHE MERDE ! Bon laisse tomber, je vais me débrouiller. C’est bon, laisse moi. Oui, je vais réfléchir à ta question. BARRE TOI à la fin. Allez, j’ai presque fini… »
Voilà en substance ce qu’a pu entendre le Yéti après avoir posé sa question à Ciccio. Ou plutôt ce qu’il aurait entendu si les poils épais et drus qui sont les siens ne lui bouchaient pas les oreilles, qu’il a pourtant grandes.
Ca lui fait une belle jambe au Yéti, la réponse de Ciccio. Parce que lui, le Yéti, il n’aime pas les managers. En fait il a le très douloureux souvenir de l’abominable Docteur Landy qui avait fait de Brian Wilson (le Dieu du Yéti, rappelons le), un chiffon, un ectoplasme dans les années 80-90. Eugene Landy, initialement psychologue, s’était improvisé manager d’un Brian à la dérive et avait cherché à le remettre dans les pattes de Mike Love, le canard des Beach Boys, pour relancer la cash machine des Garçons de la Plage. Et comme cela ne suffisait pas à Landy, il avait aussi produit plusieurs horribles albums solo de Brian. Ici, on avait donc affaire à un manager rapace qui profite de l’aura d’un artiste pour se remplir les poches facilement. Un gars qui n’apporte rien à la musique, juste un parasite.
Et quand récemment, le Yéti a appris que la manager du grand Leonard Cohen l’avait ruiné et piqué jusqu’à son dernier sesterce, votre boule de poil préférée s’est dit que tous les managers révélaient finalement les pires instincts de l’être humain : avidité et absence de scrupule.
Heureusement pour le Yéti, Fantasio est lui plus loquace. Pour lui, le manager est une figure un peu bizarre. Certes, il y a des personnalités des plus emblématiques, comme Brian Epstein. Fantasio se souvient très bien des interviews des Beatles, encadrés par le petit Epstein amoureux de John Lennon (enfin, il parait): les membres du groupes ressemblaient à des enfants. Après sa disparition, le manager des Beatles est devenu… Paul McCartney. Le mec forcément antipathique parce qu’il prend des décisions aussi artistiques que commerciales « pour le bien du groupe », qui fait aussi parfois le sale boulot (négocier les contrats, parler à la presse, vider les comptes en banque…).
Un manager donc, ça n’a pas forcément grand chose à voir avec la musique (même si McCartney a composé et enregistré quelques dizaines de titres écoutables). Mais imaginez un monde sans Internet et sans MP3. Dans ce monde-là, il faut bien un manager dépressif pour « faire » un groupe comme les Beatles.
Le Sous-marin jaune, lui, malgré les tentatives de putsch occasionnelles des uns et des autres, n’a pas souhaité faire appel à un manager pour gérer ses intérêts. Il continue donc de naviguer à vue, jusqu’à nouvel ordre.






